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dimanche 22 juillet 2012

La chance et la radio

Pour notre mariage français, nous avions loué une voiture afin de parcourir sans trop d'aventure la distance qui séparait l'aéroport de bord de mer à notre lieu de villégiature. Premièrement, nous avions flâné dans cette belle ville qu'était La Rochelle, puis nous avions emprunté les nationales des terres intérieures. Il y eut, je l'avais oublié, énormément de rond-points. Nous avions, certes fait un détour à Fouras, mais nous avions vite cheminé vers Saintes. A bord de la voiture, j'écoutai la radio, me laissant guider par le hasard de la programmation de France-Culture. Je découvrais l'émission de Marie Richeux, une productrice très critiquée sur le forum Regards sur France Culture, c'était, il faut bien le reconnaître, très maniérée et oubliable. Les lectures des textes n'étaient pas désagréables. Dans la foulée, une émission dont j'ai oublié le nom mais pas l'animateur, Martin Quenehen, lui aussi raillé par les auditeurs critiques du forum, malgré ses efforts et la certitude qu'il affichait dans les mérites de son programme. On y parlait du grand banditisme à Nice avec un goût appuyé pour le sensationnel ("vous pouvez nous dire en exclusivité pour France-Culture") et l'impuissance à cacher cette excitation toute bourgeoise devant les vrais durs. Quelques jours plus tard, j'avais déplacé le curseur vers France musique, mais je me suis senti tout aussi peu chanceux. Ce ne fut que le lundi, à hauteur de Rochefort, que j'ai pu écouter l'émission de sciences Continent Sciences, traitant des centrales nucléaires et une émission d'histoire avec de nombreux invités spécialistes de la Restauration. Bien souvent, il y a des programmes qu'on se jure d'écouter car ils allient exigence, haute tenue et érudition, pourtant, elles restent des années dans ce qui est désormais nos fonds de tiroir, c'est-à-dire nos playlistes de ballado-diffusion. J'étais bien content à ce moment de n'avoir rien d'autre à faire que de les écouter.

mardi 3 avril 2012

L'humour roi

Alain Finkielkraut s'est à de nombreuses reprises élevé contre une certaine tyrannie des comiques qui envahit les médias. Il a dénoncé une forme d'humour conformiste qui rabaisse en moquant ou insultant ceux qui ne pensent pas selon une ligne de conduite tracée par la "bien-pensance" (entre guillemets). Ce serait, si j'ai bien compris, un rire mesquin et agressif hissant du rang de comique au piédestal de procureur celui qui s'en gargarise. Je me souviens d'un article du journal Le soir (très précieux, ce journal, car il affirme naïvement les manières de pensée sans les nuances et circonvolutions à double-bandes des professionnels du "chocage" français) dont le titre était "les humoristes, ces nouveaux éditorialistes". Ce qui, d'une part, n'est pas très aimable pour les journalistes qui se donnent beaucoup de mal à être des intellectuels quitte à délaisser le terrain, mais illustre bien le nouveau rang de l'humour qui reprend la bannière de la résistance, de l'insoumission et de la hauteur critique. Même si je n'aime pas trop le mélange des genres, je n'ai pas d'opinion bien arrêté sur le sujet. L'émission, Répliques, diffusée samedi, qui avait pour invité celui qui écrit les textes de Laurent Gerra (que je trouve pertinent et drôle dans les imitations de Sarkozy, Bayrou, Delanoë, Rocard ou Jack Lang) pourrait nous informer sur la question.

jeudi 9 février 2012

L'historien allemand et Jeanne d'Arc

Pour sa première émission consacrée à Jeanne d'Arc, La fabrique de l'histoire a choisi d'inviter l'historien allemand G.Krumeich qui à la marge d'une œuvre dédiée à la première guerre mondiale a écrit deux livres sur Jeanne d'Arc dont le second ponctue vingt années de réflexion. L'idée était bienheureuse, le résultat fut probant. Il a été question de la figure mythique qui a traversé les deux France demeurant un incessant objet de récupération. Ce n'est pas la première fois que je l'entends, mais il se confirme que la figure de Jeanne d'Arc aussi mystérieuse soit-elle fascine tous les historiens qui ont travaillé sur le sujet. En tant qu'étranger, Gerd Krumeich a apporté un témoignage rafraîchissant sur la vie des idées en France. L'impossibilité pour un étranger de se vouloir s'approprier une telle figure nationale, la méfiance de l'histoire officielle (malgré les gens compétents qui la font) et la place que cela laisse aux mythographes ont été mentionnés et expliqués. Une bonne émission sur une aventure intellectuelle.

Émission à écouter

dimanche 18 décembre 2011

Hommages

J'ai appris à la lecture du blog d'une connaissance anglaise que l'intellectuel Christopher Hitchens est mort. Je ne le connaissais absolument pas. Devant l'admiration qu'il semble susciter, j'ai parcouru sa fiche wikipédia. Ce n'est pas la première fois que je découvre qu'une personnalité intellectuelle a eu l'heur de se déployer sans moi, malgré les études d'élite que j'ai faites. C'est dans ce moment là que la petite chronique d'Alexandre Adler me manque, car lui n'aurait pas manqué de dérouler le parcours intellectuel du défunt. Fortuitement, une autre grande figure meurt aujourd'hui, Vaclav Havel. Dieu merci, je le connais, je l'ai même lu. Encore une fois, je pense que seul Adler aurait en quatre minutes au-bout-du-fil donné l'hommage mérité à ce grand homme.

jeudi 15 décembre 2011

Ratage médiatique

France culture s'efforce au détriment de sa vocation originelle à devenir une radio généraliste de service publique. L'émission des Matins est là pour le confirmer, est là pour l'ancrer dans sa nouvelle mission. Cette saison, elle entend être présente dans la campagne présidentielle, comme tout le monde. C'est ainsi que les différents candidats à l'élection suprême défilent au micro. Ces dernières semaines, une émission particulière a beaucoup fait parler d'elle de telle sorte à ce que je me sois forcé de l'écouter. C'était celle qui passait sur le grill Mme Le Pen. Elle fut de l'avis unanime un ratage total. Le chef de la rédaction politique s'étant même invité dans l'émission du médiateur pour se confondre en plates excuses. Comme dit, je l'ai écoutée, mis en appétit par le spectacle annoncé d'un rendez-vous manqué. J'ai toujours déploré qu'on se serve de Culture comme d'un tremplin vers des médias mieux exposés. Il était clair que Hubert Huertas, le chef de la rédaction politique, voulait se "faire" Le Pen pour faire monter sa côte et qu'il a été mis en situation d'échec faisant se demander aux fidèles auditeurs non seulement si France Culture devait faire ce genre de programme mais aussi si elle en était capable. Ce qui est bien cruel pour nos ambitieux. Quels ont été les ingrédients du ratage? Je dirais l'impréparation flagrante de Huertas qui pensait qu'avec son angle d'attaque (car c'était d'attaque dont il était question) il allait déstabiliser Le Pen. Il affirmait que Le Front national n'apportait rien de nouveau, qu'il portait à incandescence les mauvaises nouvelles. Or, s'il y a bien un point qu'il faut concéder à travers la marginalité corrosive du Front National, c'est l'exclusivité de ses thèmes simplistes repris par la suite par les démagogues du moment. Huertas a été renvoyé dans ses filets, seulement, il s'est accroché toute l'émission durant à son crédo. Le problème a été, je pense, que les chroniques ont opposé leur idéologie, qui pour le moment n'est pas porté par la vérité de l'actualité. Un second élément était l'égo de Huertas qui l'a poussé dans des retranchements de puérilité et d'invectives. Tout cela, donc, était un inintéressant programme où nous ne pûmes pour nous consoler nous réjouir d'une punition publique, mais il est triste que les moments de radio originaux passent par ce type d'esclandre.

mardi 15 novembre 2011

Les nouveaux chemins

Raphaël Enthoven, l'animateur des nouveaux chemins de la connaissance sur France-culture, a décidé après cinq ans de loyaux services de prendre du recul et de confier les rênes de son émission à son collaboratrice Adèle Van Reeth qu'il était loisible d'entendre à la fin de son programme au cours d'un journal de la philosophie. Le programme, un des plus appréciés de la chaîne, perdait son guide. Il était intéressant d'entendre comment son successeur reprendrait le flambeau. Pour avoir été une proche collaboratrice, nous ne serions pas surpris qu'Adèle van Reeth, philosophe de formation, suivrait l'exemple satisfaisant de son mentor. Nous le retrouvons en effet dans les intonations, le choix d'un entretien au long cours peu corseté par un canevas strict. A travers quelques émissions entendues, Musil et la bêtise, la série sur Balzac, Maine de Biran, il est cependant permis de constater les premières empreintes d'une productrice qui prend le temps de s'émanciper. Ce qui m'a frappé est le choix des sujets, résolument philosophiques et littéraires. Les extraits musicaux sont classiques et plus classieux aussi, particulièrement bien choisis, à mon goût, lors de l'émission sur le Père Goriot. Les extraits lus sont plus longs. Il semble que les choix consistent à effacer le clinquant de l'ancien producteur vedette (qui fait carrière à la télévision). Pour l'instant, tout donne l'impression que la productrice se dédie entièrement à la qualité de son programme et ne s'en sert pas comme d'un tremplin vers des horizons plus exposés, comme c'est malheureusement devenu trop souvent le cas dans cette station.

vendredi 15 juillet 2011

France Culture, (sic) 2011

Quelqu'un de joueur et de charitable pourrait se rendre sur la page de l'émission de Radio Libre de la prestigieuse station France Culture et corriger les stupéfiantes erreurs et coquilles. Je sais d'expérience que l'été est la saison de tous les stagiaires et donc de tous les risques. Mais je ne pense pas que le patron aimerait qu'on dise : "Voilà le France Culture d'Olivier Poivre d'Arvor".

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émission spéciale festival Paris Quartier d'été 0

16.07.2011 - 15:30

En pleine tournée des festivals, Radio Libre reviens à Paris cette semaine, et se penche sur la programmation du festival Paris Quartier d'été, qui prend place dans les jardins, cours et salles de spectacle de la capitale du 14 juillet au 9 août.

Patrice Martinet, directeur du théâtre de l'Athénée à Parie et directeur du festival Paris Quartier d'été ouvrira l'émission, avec son regard sur l'actualité de cette édition du festival.

En plateau les interprètes Brigitte Seth et Roser Montllo Guberna, fondatrices de la compagnie Toujours après minuit. Danseuses, comédiennes, chanteuses, parleront des pièces El Como Quieres, en tournée dans divers lieux de Paris et Avant Propos au théâtre Le Monfort.

à leurs côtés, la photographe Agathe Poupeney, mémoire du festival, dont les travaux sont exposés dans la cour d'honeur des invalides .

....

Exceptionellement, l'instant musical de l'émission ballaiera la programmation musicale du festival, en donnant à écouter plusieurs artistes programmé cet été, en préambule à leurs représentations dans Paris.

Copier-coller d'origine, à l'heure où je vous parle.

jeudi 23 juin 2011

La vie des autres sur Twitter

J'ai ri. Le grand mainstreamologue® Martelf, le Bélivaux de la Kultur radio überkonnecté* a son aura qui buzze. On le soupçonne d'être Gourou sous le nom de digitale Martine. Il est obligé de démentir (What a destin!), dure la vie de second couteau tireur de ficelle :

Frederic Martel

vendredi 10 juin 2011

Ma vie sur twitter

Les temps sont durs sur twitter. Mon ami Cécile revient à la maison et doit rattraper les machines en retard et je n'ai pas grand chose à me mettre sous la dent. En cette semaine de grande fatigue, je ne suis pas exigeant, pourtant. Il faut reconnaître que pas grand monde de mes connaissances ne twitte. Le meilleur moment, le tweet de la semaine, nous vient de l'impeccable Martel. Le monsieur anime une émission sur France-culture, pour être dans le mouv tout autant que dans le buzz, celui-ci twitte au cours de ses émissions, j'ai essayé de calculer le rapport espace-temps virtuel et je me rends à l'évidence, ce mec twitte quand il parle et vice-versa. Champion! Mais alors quand il anime une émission, parle, twitte et balance en même temps, je dis surchampion et ouvrez les guillemets.
Je dis à Guillaume Pépy que les smiles sont une énorme arnaque en direct sur #massecritique



A la semaine prochaine.

mercredi 1 juin 2011

Kolakowski : éducateur , Répliques du 28 mai

En 2009 disparaissait l'intellectuel polonais Leszek Kolakowski. Je le connaissais (peu) parce que Jacques Dewitte le citait abondamment dans son livre sur l'Europe et Finkielkraut, passeur de l'intelligence de la mittel Europa, en parlait de temps en temps. Je m'étonnais d'ailleurs qu'il ne fit pas d'émission pour saluer le penseur dont l’œuvre est trop méconnu en France. Ce samedi, prenant pour prétexte la sortie d'un livre sur son œuvre, il y consacra une émission de bonne facture. Je pensais que Kolakowski devait l'essentiel de son parcours intellectuel à sa lutte contre le marxisme et le communisme, mais j'y apprends que c'est en tant que raisonneur de l'histoire des religions qu'il a accédé à une pensée critique du marxisme. A travers la notion paradoxale du pêché originel, il rejoint dans l'esprit de résistance A.Soljeniitsyne.

" S’il existait seulement quelque part des gens mauvais, commettant leurs méfaits dans l’ombre, et s’il suffisait seulement de les séparer du reste de la société et de les détruire ! Mais la frontière qui sépare le bien du mal passe au cœur de chaque être humain et qui est prêt à détruire une partie de son cœur ?"
Alexandre Soljenitsyne

mardi 31 mai 2011

Le grain de sel

On devrait toujours mettre son grain de sel avec des pincettes (Sous-titre de ma revue imaginaire)

Quelques recommandations pour mon ami du bout du monde, le joggeur casqué, papajulien (Que Dieu te Remi Garde!)

Je te recommande l'émission Tire ta langue du dimanche 15 mai. L'invité un professeur d'anglais de Besançon a fait une thèse sur la titrologie des journaux anglais aka Contribution à la caractérisation du titre de presse britannique comme genre discursif spécialisé. La première partie de l'émission est byzantin, mais la suite devrait te ravir toi qui est tout autant anglophile qu'interessé par l'économie des médias. A travers des exemples précis, on y évoque la langue particulière qui est celle que l'on utilise pour faire les titres et l'évolution de cette langue depuis la présence du mogul Murdoch à la tête de journaux populaires. Si intéressant que j'ai même pensé que cela vaudrait la peine d'en faire une émission hebdomadaire like Vie anglaise, la langue et les médias. J'aurais un demi-million de questions à poser à Jean-Louis Legalery.
Sur le site de France culture, des professeurs d'anglais révulsés par une mauvaise intonation de l'invité le discrédite. La France est un des rares pays, je crois, où des débats pour une syllabe mal accentuée, peuvent attteindre ces degrés d'intensité. Je vais placer un commentaire pour calmer ce beau monde à la manière d'accompagnaman le grand : "ouaw, calm down!"

Je te recommande cette émission de poésie, A quoi ça rime? Nous ne sommes pas connus pour être des inconditionnels de la poésie, mais cette émission offre la curiosité de suivre Xavier Darcos présenter son anthologie historique de la poésie française. C'est passionnant. Ce que je vais dire est trivial mais la poésie gagne beaucoup à être lu publiquement et écouté, comme le théâtre. L'émission en deux soirs est remarquable, je vais probablement acheter l'anthologie. A un moment, il est question des aphorismes de René Char, j'ai très honte des miens (heureusement que ce n'est qu'un blog sous pseudonyme).

Je te recommande l'émission un jour dans l'histoire qui évoque longuement la personnalité de Lattre de Tassigny, il est aussi question de Churchill et du rôle qu'il a joué pour la promotion de la France au rang des pays vainqueurs. C'est épique et passionnant. Je te renvoie aussi vers l'émission sur Jacques Bainville. Christophe Dickès affirme que la culture est en train de se droitiser à l'heure actuelle. Je le crois aussi, nous pourrions en discuter.

J'hésite à te recommander des émissions d'économie et de sciences, je ne sais si tu es versé dans ces domaines. Néanmoins, les scientifiques sont très généralement des personnalités humbles, savantes et didactiques. Ils aiment transmettre leur savoir, j'ai entendu l'émission sur quarante ans de neurosciences, j'ai appris beaucoup de choses et les anecdotes sont retentissantes.

mardi 12 avril 2011

De chaque branche, goutte vertes, des bourgeons clairs, on sent dans les choses ouvertes frémir les chairs


De bonnes émissions pour vos promenades.

Milan Kundera publié dans la bibliothèque de la Pléiade, Répliques du 9 avril

Philippe Muray, un critique de notre temps, Les nouveaux chemins du 8 avril

Liszt, par Gilles Cantagruel, canal académie

Rigueur ou relance, le dilemme de Buridan ou la politique économique face à la dette, Nicolas Bouzou, sur canal académie

Le parcours inclassable d'un philosophe politique : Pierre Manent

mardi 5 avril 2011

On a poussé mamie dans les orties

On s'est bien amusé ce matin sur les chemins de la connaissance. Dans l'esprit potache qui en fait sa moderne marque de fabrique, l'émission de R.Enthoven s'est plu à mélanger les genres dans un relativisme sadique qui fit cohabiter Finkielkraut, l'invité au titre de "mécontemporain" du moment qu'on espère aigrir davantage et des chansons de hip-hop, du rock honni et Publicités de Gotainer. S'imagine-t-on à la préparation du programme les gaussements de nos amphitrion si prompts à choquer le "réac", nouveau bourgeois antimodèle? Je le crois, tant ce sont efforcés nos parvenus du micro à insister sur l'archaïsme de notre intellectuel du samedi. Cela faisait penser aux insistances de Demorand qui en bon journaliste insolent, voulait à tout prix que Finkielkraut avoue qu'il est de droite. La même technique de harcèlement, la même volonté d'exaspération.

jeudi 17 mars 2011

Une vie, une oeuvre

Papajulien, puis-je te recommander une émission qui accompagne nombre de mes dernières promenades? Elle s'appelle Une vie, une oeuvre. Ce sont des documentaires bien faits. J'en ai écouté quelques-uns. Voici mon classement provisoire.

1.Wagner
-personnage fascinant
2.H.Pinter
-Très rapidement, le documentaire a su me rémémorer l'univers que je connaissais
3.B.Pascal
-le documentaire n'hésite pas à affronter la complexité du mathématicien croyant
4.Carl Theodor Dreyer
-On passe des extraits du film en bande-son, à l'aveugle, j'ai rêvé
5.Diogène de Sinope
-Michel Onfray sait se rendre aimable.
6.W.Faulkner
-un entretien du sudiste en français

J'ai commencé par le meilleur, ce qui donne un crédit illimité.

dimanche 13 mars 2011

A nous deux Wagner

Je découvre que la station radiophonique France-culture propose une émission, Une vie, une oeuvre consacrée à la biographie d'artistes, d'intellectuels, aux grands de l'esprit. A disposition de la ballado-diffusion, il y a Richard Wagner, que je vais écouter en premier, avant Baudelaire ou Diogène, afin de voir ce que vaut cette émission, qui s'organise selon une production tournante. Ce principe de production tournante me plaît. Sous la bannière d'une émission, plusieurs producteurs se chargent de l'animer à tour de rôle, selon leurs efforts et leur goûts tout en respectant un cahier des charges qui est la marque de fabrique identifiable du programme en question. On évite ainsi la routine et la saturation des quotidiennes comme celle que peut connaître les matins de cette même chaîne où l'unique producteur ne peut tout assumer sans se fatiguer ou être débordé.
J'ai choisi Wagner car ces derniers temps, je le rencontre souvent, au programme de l'opéra, près de Nietzsche, même dans la sitcom que je regarde au soir. C'est ce que j'appelerais mon moment Wagner. Il est dans l'air, nos rencontres deviennent incontournables. Darwin est dans ce même cas. Je baigne sans le vouloir dans une mare wagnérienne. Peut-être m'accroche-t-il plus que d'autres et que je me dis que " on y est, on ne peut plus en échapper". Il est là comme un fantôme hospitalier.
Avez-vous votre Wagner?

jeudi 24 février 2011

Seriez-vous prêt à renoncer au capitalisme?

La semaine dernière, il y a eu dans l'émission radiophonique Les nouveaux chemins de la connaissance, une rediffusion de la semaine consacrée à Marx. Ce n'était pas inintéressant, mais pas complètement satisfaisant. Un des intérêts de ce programme est la lecture à voix haute de bribes de l'œuvre du penseur et nous pouvons le dire, le jeune Marx écrit bien. Marx est un penseur passionnant, car il satisfait à tous les niveaux de compréhension et d'implication; pour le dire plus trivialement, il y a à boire et à manger. Ce que ne sont pas privés les différents intervenants qui picoraient dans les gamelles les plus alléchantes, au détriment des poubelles de l'Histoire, on aurait aimé davantage de contradictions, surtout dans les points de vues économiques. Marx est un philosophe hégélien qui dans son travail d'interprétation du monde, constatant les contradictions mortelles, s'est mis en tête de le transformer. C'est pourquoi de philosophe, il a pris place dans la nouvelles discipline montante : l'économie politique. Ce qui a d'amusant parmi les invités marxiens (on ne dit plus marxistes), c'est leur vision archaïque du monde du travail, un des invités a pris comme exemple : le meunier. A de nombreuses reprises, nous pouvions entendre des lamentations sur le capitalisme d'aujourd'hui et le sort atroce qu'il réserve aux sociétés qu'il vampirise ("Quand on voit ce qu'on voit"...). J'aurais aimé un diagnostic plus détaillé du capitalisme d'aujourd'hui qui ne se satisfasse pas du Schadenfreude de la dernière et toute récente crise. L'espérance de vie augmente, les pays du monde connaissent la richesse, le niveau général de l'éducation est à un niveau paroxystique, les révolutions techniques s'enchaînent sans qu'on puisse encore les digérer et rien n'empêche "la conscience écologique" qui trouvera une concrétisation sur le marché, la réduction du temps de travail et l'avènement du divertissement. Rien donc qui ne fasse penser aux conditions propices à la révolte. De ce fait, je ne suis pas sûr que les peuples soient prêts à renoncer au capitalisme.

samedi 8 janvier 2011

Mi-saison

Répliques, l'émission que Finkielkraut tient le samedi matin, est un peu sur France Culture, comme l'église au milieu du village. La station publique a tant changé, bouleversé, révolutionné sa grille pour entrer de plein-pied tous les jours dans la modernité et l'actu, qu'on s'étonne de voir subsister ce programme après vingt-deux années de loyaux services. Cette année pourtant, j' y ai été moins fidèle, l'émission n'avait pas le même intérêt, oscillant entre le quelconque et le rebattu. Ce qui ne vaut pas, même à l'heure de la ballododiffusion et du culte de la personnalité, de se lever dès potron-jacquet. Hormis les entretiens avec Houellebecq, aimable discussion et Pierre Manent, les émissions ordinaires avaient un goût ordinaire avec les invités très présents (Ferry, Bruckner, Julliard, Reynié, Glucksmann, etc...) et des thèmes ressassés (populisme, guerre d'Irak, Sarkozy,etc...). Les rediffusions n'étaient même pas celles d'émissions marquantes. Un producteur en petite forme qui me semble-t-il néglige son émission. Toutefois, le programme des semaines à venir s'annonce plus roborative, Finkielkraut se recentre sur la littérature pour des émissions espérons-le, érudites et instructives.

mardi 28 décembre 2010

Génie du botulisme

Cette année aura été une belle année pour les fanatiques de l'intellectuel-potache BH Lévy. Celui-ci n'a pas été avare dans ses efforts pour amuser la galerie, justifiant enfin les nombreux passages dans les médias où les affidés-obligés guettaient la fanfaronnade de l'histrion-philosophe. L'affaire Botul nous avait médusé, bien que passé sous silence, le cas Taddeï valait son pesant de poilade, la confusion Cassen achève l'année en beauté. Le public de fidèles ne s'est pas trompé sur l'état de forme de leur guide-bouffon se présentant en masse à son dernier rendez-vous, intitulé, les vingt ans de la règle du jeu, nom emblématique d'une publication qui enseigne qui commande ici. A l'année prochaine.

dimanche 19 décembre 2010

Au coin de l'oreille

Au coin de l'oreille est un titre qui sonne mieux que Oreilles au chaud (C'est pour cela qu'il est déjà pris).

Cette semaine, Dames en Herren, du moelleux comme un tapis de neige sur les trottoirs glissants.
J'écoute avec amusement une compilation de standards rock traduits en espagnol et convertis en surf-music par un groupe inconnu et qui le restera, The Straitjackets. L'espagnol sera la langue de la worldmusic ou ne sera pas.
Je ne sais pas trop quoi penser de Thierry de Montbrial, peut-être Papa Julien peut m'y aider. Il a les atours d'un savant, l'élocution et le bibliographie d'un connaisseur, son ouvrage Rapport Ramsès, paru chaque année, avec son centre d'étude est souvent cité, mais je ne trouve rien de profond et d'original que nous sachions déjà, à moins me dis-je que c'est chez lui que les éditorialistes et perroquets viennent piocher pour débiter les choses entendues et rebattues (Les Etats-unis sont en déclin relatif, les Bric montent en puissance, on est dans un tourment financière, il faut plus de coordination dans la mondialisation, etc...). J'ai plus appris en écoutant la compilation The World this Year de The Economist, simplement factuel. Faites-vous une idée ici.
Nous étions un jeudi soir et j'écoutais une émission tout en me promenant. C'était la première fois que j'écoutais sérieusement Du grain à moudre. On y avait invité un économiste américain, inconnu en France, Robert H. Frank, on a parlé de son livre que j'aimerais lire, Luxury Fever: Money and Happiness in an Era of Excess. Les intervenants se cantonnaient dans leur champ d'expertise, alors que le livre balaie économie, sociologie et éthique. Canal Académie, de son côté, a fourni son lot habituel de bonnes livraisons. Je découvrais la biographie et même l'existence du Prince de Ligne, "le plus grand des wallons", spectateur et perdant magnifique d'une Europe en perpétuelle refondation. Enfin, le Rendez-vous des musiciens offrait une bonne émission sur G.Bizet. Avant de sourire, AG, mon fidèle lecteur disparu, pensez à cette phrase de Nietszche, "L'orchestration de Bizet est la seule que je supporte encore".

dimanche 12 décembre 2010

Une semaine, France-Culture, par l'entremise des nouveaux chemins de la connaissance, a diffusé une série d'émissions qui prenait pour thème quatre personnages de la Recherche du temps perdu. C'était instructif et intéressant, animé par un enthousiasme communicatif, sans trop de pédanterie pour le badaud ignorant que je représente si bien et intentionné par la transmission du goût d'en découvrir davantage. Attiré par les nombreux commentaires élogieux et plein de gratitude laissés sur le site, j'ai téléchargé les émissions que j'ai écouté en plusieurs temps. J'ai aimé l'émission sur Albertine, celle sur la Verdurin était coupée, sur le baron de Charlus, agréable et la dernière qui se concentrait sur Charles Swann un peu en-deçà. Il y a eu à vrai dire un incident curieux qui m'a nécessité un temps certain pour en dissiper le trouble qu'il m'a coûté. L'invitée, une spécialiste de l'œuvre de Proust, je crois même qu'elle y consacre sa vie, affirme qu'elle a compté à la main les occurrences de Swann dans toute la Recherche et qu'elles étaient au nombre de cinq cents, autant que celles de Charlus, voulant dire par là que Swann est à peine mentionné par rapport à l'importance qu'il occupe dans toute l'œuvre. Peu de temps après, mais pas tout de suite, l'animateur, R.Enthoven, philosophe et sémillant, la reprend pour corriger : "non, madame, je viens de vérifier il y a 1647 occurences de Swann". Un passage a dû être coupé au montage, car on n'entend pas l'invitée se défendre et elle ne parle plus pendant un moment assez long enchaînant sur un autre aspect, toute honte bue. J'ai trouvé, même au nom de la vérité, cette reprise disgracieuse. Je ne crois pas que l'animateur, occupé à son émission "d'août à juillet, du lundi au vendredi", puisse dans ses moyens, quoiqu'il semble travailleur et savant, lire toute la Recherche pour préparer son émission, comme il ne peut pas lire tout Hannah Arendt la semaine dernière, et enchaîner sur l'œuvre de Bergson. Il est aidé d'une bombardée de collaborateurs, qu'il cite tous les jours au commencement de son émission. C'était inélégant, parce qu'il a pris un ton je-monte-sur-mes-grands-chevaux, alors que probablement il venait de consulter google. J'ai eu du mal à avoir un avis tranché de suite, je crois qu'il a été pris dans le piège du ton qu'il aime employer -un ton dramatique et sautillant, d'autant qu'il faisait tout pour montrer qu'il connaissait La Recherche, plaçant de-ci de-là quelques informations complémentaires, pas toujours utiles et même accessoires et coupantes. J'ai souvent pensé à un sketch comique qui pourrait en être extrait. Cependant, ces émissions furent d'excellentes invitations à la lecture de l'œuvre.