mercredi 29 avril 2009

Les chants de la nuit

C'est la nuit : à présent toutes les fontaines qui jaillissent parlent à plus haute voix. Et mon âme aussi est une fontaine qui jaillit.
C'est la nuit : à présent s'éveillent tous les chants des amoureux. Et mon âme aussi est le chant d'un amoureux.
Quelque chose d'inapaisé, d'inapaisable est en moi ; et qui veut parler à haute voix.
F.Nietzsche, Ainsi parla Zarathoustra, p.173


Émissions à écouter:

"La morale de la langue", avec Renaud Camus, l'auteur du Syntaxe ou l'autre dans la langue, Répertoire des délicatesses du français contemporain, charmes et difficultés de langue du jour; ici

"Qu'est-ce que le christianisme?" avec Gérard Mordillat, auteur de Jésus sans Jésus et Jean-Marie Salamito ici; Emission animée par Finkielkraut, polémique sur l'institution de l'Eglise dans les premiers temps du christianisme

"Regards sur l'Euthanasie", entretien avec le professeur Lucien Israël, auteur de Les dangers de l'euthanasie à écouter ici; Emission importante dont je reparlerai.

Une lecture de bon père de famille

Source

Dans la livraison de l'economist datant de la semaine du onze avril, il y a en couverture, sur fond noir, un fragment d'un discours de Barack Obama, dont la mise en page forme le nuage d'un champignon nucléaire. C'est bien entendu en référence à son rêve qu'il a formulé : "I have a dream of a world without nuclear weapons". Je passe vite (alors que je ne devrais pas) sur le fait que le discours de Prague se veut comme le discours historique qui devrait faire date, symbole pour l'histoire de l'œuvre du nouveau président américain. Le magazine anglais a étudié les cent premiers jours du nouveau gouvernement américain dans un article critique très intéressant que vous pouvez bien sûr lire ici (Coming down to Earth). Dans ce numéro-ci, du sérieux as usual. Il profite de cette déclaration dont l'idéalisme est écornée par le lancement du missile nord-coréen le lendemain pour remettre en question la sécurité d'un monde sans nucléaire. Pendant que je vous tiens, je vous envoie directement à l'éditorial Charlemagne qui narre la désastreuse impression que peut donner à l'étranger le front désuni de l'union européenne (A surfeit of leaders), éloquent, puis picorez les bonnes choses, notamment sur le FMI, le tremblement de terre en Italie, le rôle des fonds activistes, le remaniement ministériel en Espagne et tutti quanti.

Une saine lecture dans le lit, le soir, les enfants couchés, un verre d'armagnac sur le chevet de nuit (vous avez cette soirée profiter d'un concert de musique classique pour dîner avec madame et le repas vous empêche de vous endormir).


mardi 28 avril 2009

Oublis et postérité

Au regard des commémorations de nos grands défunts, on peut dire que certains ont plus belle mort que d'autres. Un professeur de français mien nous expliquait qu'un homme de lettres fraîchement décédé au grand dam de la société cultivée passait en quelques mois dans un état d'oubli, plus ou moins long d'une cinquantaine d'année que l'on appelait "purgatoire", avant de revenir, porté par de précieux critiques qui travaillent avec passion à faire entrer l'oeuvre ensevelie dans la postérité. Il serait, si le vocable n'était si tristement connoté, l'occasion de parler de lobbying. L'année 2009 offre un moment riche en anniversaires de décès, il est intéressant donc de nous pencher sur les forces et courants. Pour celui qui suit de près l'actualité, fait le nécessaire pour être un moderne, il ne lui aura pas échappé que nous célébrons en grande pompe les deux cent cinquante ans d'Haëndel, alors que nous passons sous silence les deux cent ans de la naissance de Mendelssohn. En outre, peu ou prou ont une pensée recueillie et respectueuse pour le cinq centième anniversaire de Jean Calvin. Qui s'émeut du fait que Ionesco aurait eu cent ans aujourd'hui? Je suis bien incompétent pour lire dans les entrailles de notre époque et pour connaître les raisons pour lesquelles on célèbre plutôt un Tel et pas un Autre, tout aussi génial que soient l'un que l'autre. J'ai peut-être une idée sur le fait qu'on omet de célébrer le deux cent cinquantième anniversaire de la mort de Tocqueville, préférant jeter toutes nos forces dans la glorification du cent deuxième anniversaire de la naissance ... de Jacques Tati.

Qu'à cela ne tienne

L'œil flemmard, je regardai une émission de télévision animée et même mouvementée, car elle traitait sur le mode polémique d'une affaire qui émeut l'opinion, les familles des victimes et les journalistes. C'était brouillon et bruyant, je suppose que c'est ce genre de débat passionné qui pousse des centaines de milliers de gens à rester éveillés (ou alors le chômage). N'étant pas spécialiste de la question et étant sensible à un point tel que seule l'émotion me ferait avoir un avis concerné, je prends donc du recul et même des pincettes pour ne pas m'engager. J'ai des proches qui ont eu à faire avec la justice de la France et j'en suis venu à la conclusion, que je me ferai justice moi-même, priant pour ne pas être en prise avec cette toute-puissante et vorace institution un peu à la manière des gaulois qui je le subsume, priaient pour que le ciel ne leur tombe pas sur la tête. J'ai été frappé d'une consternation si acide qu'elle vira très vite en amusement à l'audition d'une banale anecdote, celle qui explique que les étudiants magistrats de la nouvelle promotion ont voulu la nommer Promotion Burgaud. Il m'est venu à l'esprit l'idée de nommer mon prochain groupe de musique punk "Le juge Burgaud". "Jean-Luc et les voitures du peuple" m'allait bien, mais "le juge Burgaud" contient sa dose d'agressivité, de provocation et de curiosité qui siéraient à mes choix musicales (mineures). Par la suite, et me reconcentrant sur l'indignation de l'aéropage télévisé, j'entendis de la bouche d'un ponte l'expression "Qu'à cela ne tienne", expression que je n'emploie pas, si étrangère, d'ailleurs, qu'elle ne peut être autre chose, dans sa rareté qu'une excentricité, une coutume dans une zone grise du jargon ou alors seulement prononcé dans un but comique. Je me suis alors demandé qui l'avait utilisé pour qu'elle résonne ainsi dans ma caboche. Edouard Baer, monsieur Manatane? non, je m'en souviens maintenant, c'est François Hollande, dans un grand jour. Ah, François, tu me manques déjà.

lundi 27 avril 2009

Thiers avant la crise


Source

Thiers est une commune du département du Puy-Dôme, mais contrairement à ce que son affectation administrative laisserait accroire, la ville se déploie sur les versants du Forez, donnant toute sa vigueur à la Durolle, qui par le tumulte de ses eaux domptés permet aux rouets l'aiguisage des couteaux dont la localité peut, à raison, s'en enorgueillir (Voir l'excellente émission de Petitrenaud à son sujet).

Almendralejo - Thiers : 1414 km

jeudi 23 avril 2009

Le libre-échange est-il coupable ?

Christian Saint-Etienne est un économiste de renom international. Il a écrit un article dans les Echos pas plus tard que ce matin. Je le livre tout chaud à votre réflexion.

La faible croissance du Pib qui va toucher nos économies les prochaines années devraient entraîner des discours populistes de la part de politiciens opportunistes et avide de la déception du consommateur frustré et de la rancœur de l'imposable. Je nous conseille donc de nous pencher sur cette crise aka "l'événement le plus intéressant de mes trente premières années." Christian Saint-Etienne, c'est à vous.

Le libre-échange est-il coupable ?

Source : Les Echos du jour

La hausse du chômage, consécutive à la crise financière qui frappe l'économie mondiale depuis l'automne 2008, suscite inquiétudes et propositions visant à contrôler le libre-échange. De quoi parle-t-on ? Le libre-échange suppose que la spécialisation des producteurs dans leurs domaines d'excellence permet d'améliorer le bien-être collectif. Plutôt que de produire du blé, du vin et des chaussures, un producteur a intérêt à produire du blé en obtenant de meilleurs rendements et à acheter du vin et des chaussures à d'autres producteurs. (Ricardo, hé, hé)

En quoi ce principe de libre-échange serait-il responsable des difficultés économiques actuelles ?

La promotion des échanges fondés sur des avantages comparatifs, sur le plan international, suppose que tous les pays obéissent aux mêmes règles de droit et aux mêmes normes sociales et environnementales. Or, par exemple, les travailleurs chinois subissent des niveaux élevés de pollution et ne bénéficient que d'une protection sociale très réduite en dehors des membres des administrations et des entreprises publiques. Normalement, il faudrait imposer aux produits venant de Chine des taxes compensatoires pour tenir compte de ces éléments. L'Organisation mondiale du Commerce (OMC) a refusé jusqu'ici de prendre en compte ces éléments nouveaux, en dépit de nombreux débats. Il est clair que cette opposition n'est plus tenable. Le commerce international doit intégrer les écarts de normes sociales et environnementales par des taxes compensatoires, ce que le sommet du G20 a soigneusement évité d'aborder.

L'Europe a toujours adopté une vision de très grande ouverture au libre-échange, en sorte qu'elle est aujourd'hui la zone la plus ouverte au monde. Elle n'exige même pas de réciprocité dans l'ouverture aux échanges, c'est-à-dire que les marchés des pays avec lesquels elle commerce soient aussi ouverts que les siens. Il ne faut donc pas imputer au libre-échange ce qui est dû à la politique commerciale européenne, à la fois naïve et laxiste.

Ensuite, la Banque centrale européenne ne mène pas une politique de change offensive. Elle a accepté sans réagir la très forte montée de l'euro de 2005 à l'été 2008. La zone euro est la seule zone monétaire qui n'a pas d'objectifs de change car il n'y a pas d'accord entre les pays membres de la zone sur le niveau approprié du taux de change.

Quant à la France, elle perd des parts de marché massivement depuis 1999, notamment à l'intérieur de la zone euro : ce n'est pas le libre-échange international qui explique ces pertes de parts de marché alors que l'Allemagne a su maintenir les siennes, notamment en augmentant massivement ses exportations vers la France et l'Italie. Les principaux déséquilibres au sein des échanges extérieurs de la France ne sont pas dus au libre-échange mais à des choix européens contestables et à des faiblesses économiques manifestes en France.

Notre pays souffre notamment de n'avoir pas su favoriser le développement de ses petites et moyennes entreprises, en sorte qu'il nous manque aujourd'hui, à population résidente donnée sur le territoire métropolitain, 10.000 entreprises de 500 personnes pour avoir des taux d'activité de la population comparables à ceux des pays dont la croissance à moyen terme est plus équilibrée que la nôtre. Les donneurs d'ordres dans l'industrie et la distribution écrasent leurs propres sous-traitants français alors que les entreprises industrielles allemandes et japonaises protègent les leurs.

Le libre-échange est comme l'eau : on peut nager dessus ou se noyer dedans. Le résultat dépend du nageur et non de l'eau !

Que faire ? Que l'Europe balaie devant sa porte en intégrant la réciprocité dans les échanges et en promouvant l'intégration des coûts environnementaux dans les prix à l'importation. Que la zone euro se dote d'un gouvernement économique cohérent et d'une politique de change pour peser sur les parités entre l'euro, le dollar, le yuan et le yen. Enfin, Il faut que la France réforme les pratiques de son appareil de production et qu'elle réforme sa sphère publique pour en améliorer l'efficacité et baisser le poids des prélèvements sur l'activité productive. Tant que l'Europe et la France n'auront pas de stratégie d'action cohérente avec la nature du monde tel qu'il est, il ne sert à rien d'accuser le libre-échange de maux qui lui sont étrangers.

Christian Saint-Etienne est membre du Conseil d'analyse économique

L'homme qui n'aimait pas l'orgue


Dans l'émission que j'écoute à l'instant, il est question de Balzac et de sa passion pour la musique. On relève dans La duchesse de Langeais, des pages qui confirment la grande admiration de l'écrivain pour l'orgue. Puis se joue une pièce de Bach par le doux nommé Bernard Foccroulle. Je trouve pour ma part, que même si l'orgue est un instrument si complexe que pour en être son maître, il faut être tout à la fois, magicien, son assistante, mécanicien, et employé de restauration rapide, ces talents mêlés ne suffisent pas à rendre l'instrument onirique et passionnant. Il nous arrive de regarder sa montre et d'attendre que la messe se passe. ca reste pour l'heure de la grande pompe, un peu incompréhensible.Est-ce parce que nous sommes si loin de Dieu, comme le suggérerait le texte de Balzac? Mais peut-être qu'il viendra un temps où on raffolera de ce son.

Ci-gît les pages sus-mentionnés, Honoré de Balzac, La duchesse de Langeais Chapitre I La sœur Thérèse (dédié à Frantz Liszt), source
"L’orgue est certes le plus grand, le plus audacieux, le plus magnifique de tous les instruments créés par le génie humain. Il est un orchestre entier, auquel une main habile peut tout demander, il peut tout exprimer. N’est-ce pas, en quelque sorte, un piédestal sur lequel l’âme se pose pour s’élancer dans les espaces lorsque, dans son vol, elle essaie de tracer mille tableaux, de peindre la vie, de parcourir l’infini qui sépare le ciel de la terre? Plus un poète en écoute les gigantesques harmonies, mieux il conçoit qu’entre les hommes agenouillés et le Dieu caché par les éblouissants rayons du Sanctuaire les cent voix de ce chœur terrestre peuvent seules combler les distances, et sont le seul truchement assez fort pour transmettre au ciel les prières humaines dans l’omnipotence de leurs modes, dans la diversité de leurs mélancolies, avec les teintes de leurs méditatives extases, avec les jets impétueux de leurs repentirs et les mille fantaisies de toutes les croyances".

lundi 20 avril 2009

Une vie de chien

En écho au réverbère crochu de Céline, cette citation; saurez-vous en trouver l'auteur?
...J'ai mené une vie de chien, voilà le sûr -je dis une vie de chien, non pas une chienne de vie, -je ne regrette pas de l'avoir menée, mais elle a vraiment trop servi, trop souffert, il a trop plu dedans, il est inutile de la fermer à clef, j'ai bien le droit d'y laisser entrer les passants, il n'y reste pas un prestige à casser.

À sa plus haute tension, l'espérance finit par nous consumer.



jeudi 16 avril 2009

Feu d'artifice électrique dans le cortex


Pour bon nombre de coureurs, le lecteur mp3 est indissociable de la pratique de la course à pieds. Des chercheurs américains ont toutefois conclu que cette pratique n'est pas sans risque.

Les médecins du sport de l'université de Caroline du Nord ont conclu que le corps du coureur se modifie en une grande pompe à cortisole sous l'influence de la musique, selon Runner's World. Ce qui n'est pas forcément souhaitable pour les personnes d'un âge moyen.

"Sous l'influence d'une ligne de basse rapide tonitruante se déclenche une sorte de feu d'artifices électrique dans le cortex", prévient la chercheuse Kimberley Brownley. "En combinaison avec la cadence de course, le corps entre dans une dynamique de 'fight or flight-modus*'. Votre niveau de prestation va augmenter, mais du fait de l'influence de la musique sur votre cerveau, comme si vous aviez un pitbull sanguinaire sur vos talons."

"Les médecins conseillent de bouger, à raison, aux candidats aux infarctus. Mais lorsque le niveau d'hormones du stress est aussi élevé, un risque existe", conclut Brownley.

source
*A set of physiological changes, such as increases in heart rate, arterial blood pressure, and blood glucose, initiated by the sympathetic nervous system to mobilize body systems in response to stress.

Faites entrer AccusaMan

J'entends, je crois entendre, les nombreux grincheux qui ricanent sur mon intérêt marqué pour l'émission télédiffusée, "Faites entrer l'accusé". Serait-ce les réminiscences de ma lecture prolongée pour un tabloïd bruxellois nommé dh ? Serait-ce cette longue pratique du fait divers épié derrière un clavier? Serait-ce mon goût pour le trafic canin et les agressions gratuites dans les transports publics qui me jettent dans mon canapé, frissonnant de voyeurisme épouvanté devant cette émission chiche en haut tenue intellectuelle? Mes doux amis, je suis au regret de devoir vous détromper avec véhémence et sachez qu'il m'en coûte, ricanants. Il est des grands noms de la culture, des esprits fins, infiniment plus finauds que le tenancier de ce weblog, tout sympathique que je suis, qui ont une passion pour le fait divers macabre et rebondissant. Avez-vous lu de Gide André, "la séquestrée de Poitiers"? Savez-vous que Cioran se passionnait pour l'affaire Dominici et que Colosimo a écrit sur une affaire criminelle que j'évoquais plus tôt? Et Mazarine Pingeot qui a commis un livre sur la femme qui congelait ses gamins dans un congélo coréen? Je peux vous le dire, moi, tous regarderaient "Faites entrer Accusaman" et ils tiendraient un weblog ou une chronique dans des magazines de télévision destinés aux membres de l'éducation nationale. Voici chers amis contrariants pour cette mise au point.

Thierry Paulin est un adolescent qui erre de foyer en foyer à la recherche de l'affection que sa nature insouciante, gaie requiert. Lorsqu'il débarque à Paris, aux débuts des années 80, il se préoccupait peu de savoir si l'abolition de la peine de mort, promulgué il y a quelques mois pour le nouveau gouvernement, était une bonne chose ou pas. Ce qui intéressait Thierry, c'était : faire la nouba et organiser la nouba. Une vie de noctambule acharné. il nourrit de folles ambitions dans le milieu de la nuit, mais l'argent lui manque. C'est ainsi qu'il se met à massacrer des petites dames âgées qui ne demandaient qu'à vieillir tranquillement et dignement, abandonnées de tous. rien ne semblait l'arrêter. Quelques vingts meurtres sont commis, sans remords, répandant la psychose dans les quartiers parisiens, le XVIIème, le XIVème, puis le XIème. Ce devait être une ambiance bizarre que ces assassinats crapuleux -le motif est connu l'argent des dérisoires porte-monnaie de vieilles dames, qui remettaient en question l'abolition de la peine de mort. il devait être possible à ce moment-là de craindre que cet acte révolutionnaire n'ouvrît les vannes du crime généralisé. La France a l'espace d'un instant frissonné.

mercredi 15 avril 2009

De Verlossing

Magda va mourir, ses proches se sont réunis dans la maison familiale où la malade proche de la mort est hantée par des visions de sa sœur défunte revenue l’ennuyer et qui va l'aider à passer de vie à trépas. Hugo Claus met en scène de façon volontairement naturaliste quoique surréaliste. Ce qui me permet de savourer le patois flamand, les intonations populeuses et l'univers de l'écrivain en images. Ce n'est pas un grand film. On y retrouve une teinte glauque digne du cinéaste Aki Kaurismaki, avec, en plus l'obsession de la grandeur des personnes malgré leur nature sale et décevante. On peut toutefois percevoir des thèmes récurrents de l'auteur et des prémisses de son opinion sur l'euthanasie qu'il s'infligera vingt après.
Une petite curiosité pour les fidèles de l'écrivain.

mardi 14 avril 2009

Un fait divers parisien - Le sentiment d'insécurité a encore frappé

Nous sommes toujours sur la lancée de ce fait divers pascal (qui n'y est pour rien) et qui fait couler beaucoup d'encre, un tsunami de réactions comme s'il pleuvait des dépêches sur une agence de presse en Irak. Il y a que c'est urgent il faut colmater le réel.

François Bégaudeau (écrivain, acteur, professeur de français agoraphile, palme d'or) :"Mais c'est des gamins! J'y vais banco; C'est vrai que la seule question qui compte, c'est : les a-t-on refoulé d'une discothèque? ah! pas simple".

Max Gallo (académicien, historien, Mitterandien Sarkozyste) : "De tout temps, la France a été un champ de batailles, en revanche, cette embuscade picrocoline ne rentre pas dans l'histoire de notre patrie. Néanmoins, je connais un homme qui saura redresser le pays, sur les pas de Bonaparte, dans la droite ligne de l'axe franco-allemand et son respect, c'est Nicolas Sarkozy".

D.D, militant socialiste qui tait son nom : "ça m'arrive tous les jours. Je vote socialiste, mais c'est vrai que je peux pas marcher tranquille dans la rue sans me faire importuner. Je ne suis pas raciste, mais quand je vois un groupe de quatre ou cinq écoliers issus de la diversité et de la colonisation, je change de trottoirs. Après bon, il faut savoir passer à autre chose, les élections approchent et il faut faire barrage au front National ".

Samuel Huntington (intellectuel méconnu, qui, de sa tombe) : "Voici enfin venu le temps du choc des civilisations....Tant que ce conflit tribal à l’échelle globale ne se manifeste que par la multiplication des conflits métalocaux, il reste gérable. Vous pouvez vous réferer à l'ensemble de mon oeuvre".

Un fait divers parisien II

La banale vidéo qui circule sur l'internet continue de provoquer réactions et remous qui font malgré tout les délices de la blogosphère en émoi. Nous recueillons pour notre part quelques réactions de quelques autorités qu'elles soient hautes zou petites.

Nicolas Sarkozy (Président de la République France 2009) : "si y en a qui croient qu'on peut ratonner comme ça en toute impunité, qui compte pas sur moi pour les laisser faire. J'irais moi même s'il le faut, montrer à ces abrutis de quel bois je me chauffe. C'est quand même pas acceptabe. Vous croyez vraiment que ce qui prend le bus tôt le matin ont envie d'être importuné. Nous vivons une période difficile, mes chers compatriotes, je demande à chacun de garder son calme, de ne pas sombrer dans la violence et ne pas se faire justice soi-même. L'Etat s'assurera et je m'y engage à garantir la sécurité de tous, car prendre le bus est une liberté. C'est pourquoi je demanderai à chaque policier de tenir des statistiques précises sur les ratonnades dans les bus, avec obligation de résultat".

Laurent Mucchielli (sociologue) : "Le phénomène des violences urbaines est un épiphénomènes qui ne peut pas en tant que tel faire l'objet d'un sujet d'étude scientifique et sérieux, les agressions dans le bus encore moins. La délinquance baisse, c'est un fait. Il ne faut pas prendre l'émoi occasionné par une vidéo que les médias ne jugent même pas bons de diffuser pour une réalité sociologique. Par ailleurs, on note que la taille des sujets est petite et leur accoutrement quasi-puéril, si ce n'est mimétique, il s'agit donc d'une délinquance juvénile confrontée tous les jours à la violence de parents incapables d'assumer leur rôle, brisés par le chômage. Le sociologue doit se méfier comme de la peste du café du commerce et du moralisme. L'agression dans les autobus est un phénomène ancien, qui est concommitant à l'utilisation des bus. Il faut juste remplacer les blousons noirs par les survets nike et on a la manifestation gonflée médiatiquement d'un phénomène ancien, bien accepté dans sa normalité normative par les groupes sociaux. Je crains pour ma part une explosion du phénomène de vidéosurveillance".

d'Almendralejo (moi-même) : "Ma nuit a été en partie gâchée, je n'ai pas pu lire comme je le souhaitais. Après mon jogging, j'ai joué à Pacman. Je crois que le policier qui a diffusé la vidéo a accomplit un acte de résistance, il a bravé son administration et risque de sévères peines. Comment les français peuvent-ils continuer à baisser la tête? C'est un peuple lâche, qu'on ne vienne pas me parler de résistance, sinon, je me fâche rouge et j'insulte sur mon blog".

La Halde.fr (Haute autorité) : "Monsieur, à la question de savoir si les actes montrés par la vidéo étaient à caractère raciste et discriminatoire, la réponse est non. Le groupe était selon les images hétérogène ethniquement, mixte et métis, l'interlocuteur était quant à elle uniformément homogène. Il y a manifestement une séquence qui ne revêt aucun caractère raciste, d'autant plus que l'injure proféré "sale français" émane de français eux-mêmes et rélève davantage d'une attitude masochiste. En revanche, nous notons une violation caractérisée des conditions de diffusion et de vie privée, c'est pourquoi nous transmettons dans les plus brefs délais le dossier à la commission nationale information et liberté (CNIL). Cordialement, la Halde"

lundi 13 avril 2009

Un fait divers parisien


Suite au déplorable faits divers récupéré par des sites d'extrême-droite, les personnalités les plus qualifiés et les intellectuels les plus estimables ont souhaité réagir pour tenter de comprendre. En exclusivité sur ce blog quelques extraits.

Pascal Perrineau (directeur du Centre de recherches politiques de Sciences Po, Cevipof): Les chiffres ainsi que les enquêtes d'opinions sont grâce à notre institut très pointues: on constate un déficit de popularité du président Sarkozy, qui n'a pas su convaincre son électorat traditionnel de la pertinence de ses plans de relance du pouvoir d'achat. Dans un monde dominé par l'image, et encore une fois, les chiffres le prouvent, il fallait puiser dans les grands thèmes qui ont fait ses succès électoraux. A quelques mois des élections européennes cruciales pour son mi-mandat, il fallait remobiliser l'électorat de droite, déçu par son mariage avec Carla Bruni. Cette vidéo - non-destiné a être vu, je le rappelle- tombe à pic pour soulever chez les français ce sentiment d'insécurité qui peuple à 47% l'imaginaire des français. Sarkozy s'est fait élir sur ça, il le sait, il veut déstabiliser une gauche qui est crédité d'excellentes intentions de vote par ce coup qui flatte à l'extrême-droite qu'il maîtrise très bien par ailleurs.

Alain Soral (boxeur) : La France a peur, si vous voulez, parce que la jeunesse se réveille. Les déshérités, les véritables prolos, commencent à mettre des gifles à la bourgeoisie-bohème de Sciences-Po. C'est pas innocent que le petit mec, mou de la bite, qui gémit à sa maman est un type formaté par l'école des élites. Dans une analyse marxiste, ça en dit long sur les futurs patrons qui licencient, c'est une réminiscence de leur déficit sexuel et masculin. C'est une lopette... qu'il vienne prendre des cours de boxe avec moi, et on verra si la France de demain, elle pourra dire amen au complot judéo-sioniste du grand capitalisme mondialisé, si vous voulez.


Marie-Pierre de la Gontrie (secrétaire nationale du PS aux libertés publiques et à la justice, auteure de le Livre noir sur les libertés publiques) : Ces actes inqualifiables qui consistent à dévoiler des vidéos destinées à être non-vues sont une atteinte au droit à l'image et un nouveau pas dans la répression des classes défavorisées. En sortant de leur contexte d'utilisation privée ou semi-privée ces images, on viole les chartes élémentaires de la Cnil et le respect des libertés. Des millions de personnes ont vu ces images à caractère privée et nous transforme de fait en petit flic et procureur. Prendre le bus sous le règne du président Sarkozy signifie que nos libertés sont bafouées. Le règne de Big Brother s'étend dans nos sphères d'intimité et de socialisation contrôlé par l'Etat. C'est encore un exemple à charge de plus a ajouté au Livre noir sur les libertés publiques.


Alexandre Adler (historien, journaliste): Lorsqu'en février 1977, à Abu Dhabi, le grand fils du cheick Adaam-Al-islam déclarait devant un parterre d'officiel chiites de Jordanie du sud reprenant à mon ami Bismarck ces sages paroles : "On peut tout faire avec une baïonnette, sauf s'asseoir dessus", il ne s'imaginait pas par un effet papillon inédit les faits divers déplorables, désagréables mais dérisoires des autobus parisiens. Car que s'est-il passé en réalité? L'élection d'Obama a changé beaucoup de choses de chaque côté de l'Atlantique. La crise financière marginalise le secteur tertiaire, le sentiment antisémite gagne les banlieues qui cultivent un ressenti douloureux du conflit israëlo-palestinien, mais c'est plus que cela qui fait qu'un jeune blanc de type caucasien est roué de coup dans un transport public comme il le serait dans n'importe quelle banlieue du Nigeria ou d'Afrique du Sud. C'est un sentiment d'impunité et de toute-puissance qui gagnent les déçus du protectionnisme. Alors que va-t-il se passer? Mes fidèles auditeurs le savent, il m'arrive de me tromper, mais dans ce cas-ci, il est évident, le futur s'annonce pour le moins délicat. Le protectionnisme et la chute du Yuan vont entraîner une paupérisation des classes moyennes de l'occident laïc, ajoutant à l'arrêt de l'immigration un fort sentiment de solidarité antisémite qui sont à l'image des guerres houleuses des Pays-bas au XVIIème siècle un climat de tension et de guerre civile d'une rare ampleur. C'est bien ce qui s'annonce aujourd'hui et à quoi nous devons nous préparer.

Gibi (journaliste d'investigation au Jdd et bien connu de nos services) : C'est une tronche de fake (ah! elle est bien bonne). Cette vidéo n'a aucun contenu informatif, ma déontologie m'oblige à ne pas me prononcer. D'après Morandini, c'est un canular de Gérald Dahan (-le-petit-patapan).

Lilian Thuram (futur ministre, intellectuel et joueur de football, réécrit par un journaliste du monde) : Le cri de détresse de ces jeunes me fait mal. C'est l'histoire de quatre excités qui mettent à mal des politiques d'intégration. C'est un spectacle désolant, mais je crois que ces jeunes ont gravé en eux les images des abus de la colonisation. C'est une sorte de hymne à leur père, ils font courber l'échine à ceux qui ont bafoué la dignité du peuple métis.

Christine Boutin (ministre d'Etat) : Ce sont des images affreuses, horribles qui sont diffusées sur des médias grand public. Il faut donc les retirer, car elles heurtent les sensibilités et ne décrit pas une situation plus complexe et plus humaine qu'on veut bien le dire. Depuis la prise de fonction de Nicolas Sarkozy, nous œuvrons pour un contrôle responsable des images. Les enfants ne doivent pas voir ça[...] J'ai appris que la scène avait eu lieu à proximité de Montparnasse, un quartier de Paris intra-muros, je me félicite de cette mixité sociale dans des quartiers auparavant imperméables à la diversité. Ce sont les premiers fruits de notre politique du logement et nous ne nous arrêterons pas là.

Je ne suis pas doué dans l'art du pastiche, mais c'est un exercice assez plaisant, j'ai pu le constater il y a peu. Et après tout, je suis chez moi, je continuerai.


dimanche 12 avril 2009

Le contemporain selon Agamben


J'ai lu dans l'avion un petit ouvrage qui reprend une conférence tenue par le philosophe Giorgio Agamben en 2007 et dont l'intitulé était "Qu'est-ce que le contemporain?". Très intéressant. J'ai pensé au mécontemporain Péguy et au Bernanos, des conférences regroupées dans l'ouvrage La liberté, pour quoi faire? à la lecture des phrases :
"Celui qui appartient véritablement à son temps, le vrai contemporain, est celui qui ne coïncide pas parfaitement avec lui ni n'adhère avec ses prétentions et se définit, en ce sens, comme inactuel [(c'est le Nietzsche de "considérations inactuelles")], mais précisément pour cette raison, précisément par cet écart et par cet anachronisme, il est plus apte que les autres à percevoir et à saisir son temps.[...]. Un homme intelligent peut haïr son époque, mais il sait qu'il lui appartient irrévocablement. (p.9-p.10)
aux modernes anti-modernes, définis par Compagnon, qui rendent caduques les attaques de réactionnaire et aussi, plus loin, à la notion de temps et de présent chez Bergson.

Puis j'ai été saisi par cette définition :
Contemporain est celui qui reçoit en plein visage le faisceau des ténèbres de son temps.
L'évocation des off-cells de la neuropsysiologie et la notion d'obscurité dans l'astrophysique, sont, si vous me permettez l'expression, éclairant et bien plus explicite que leur intitulé le laisse penser, croyez-moi. Vous pouvez vous plonger de bon cœur dans cet ouvrage précis.






samedi 4 avril 2009

La version Claus selon Josse De Pauw

Ces temps-ci, parmi les beaux jours d'Avril, les services culturels de la ville proposent un cycle consacré à Hugo Claus, l'écrivain de génie, "pervers et rance". Ses films, dont il n'était pas fier, paraît-il, et une pièce (un monologue autobiographique) sur sa vie dissolue, tiennent l'affiche. Ils devraient remuer les dépôts du livre lu il y a quelques mois.
Josse de Pauw, acteur bilingue, joue des séries d'interviews de Claus faisant les questions et les réponses, sous la forme d'un monologue. Ce dernier devait probablement se faire ses propres interviews dans sa tête, afin d'être prêt à les restituer aux journalistes; les formules sont travaillées, les images belles. Il fait de l'entretien un genre littéraire à part entière. De surcroît, l'homme est malin, arrogant, hâbleur, habile, fabulateur, irrespecteux, bluffeur et provocant. Le type idéal qui se la raconte avec talent. Le malicieux Claus insistait beaucoup sur la valeur du mensonge, si bien que ce qu'il venait à dire était toujours dévalué par le doute, et, pourtant, il en ressortait toujours des éléments de vérité. Il le dit lui-même : "le sauvetage du monde est dans le mensonge, mais le mensonge s'effrite quand quelqu'un le croit."C'était brillant, épatant et drôle. L'acteur incarne à merveille l'écrivain de telle sorte qu'on sentait naître la fusion.
Chaudement recommandé.

La vie est ailleurs




jeudi 2 avril 2009

Keynes et les zombies

Je reviens, si vous le voulez bien, sur l'éclatement de la bulle financière, ou ce qui est mieux connu sous le label, la plus-grande-crise-depuis-1929. Je cherchais un article qui remet en cause l'absolu nécessité des plans massifs d'Etat. Nous entendons souvent de la bouche des politiciens que les plans ne sont assez importants, mais s'est-on interrogé sur la pertinence de ces plans de relance qui endette les états. Je reproduis un article d'Augustin Landier et David Thesmar qui s'interrogent sur les politiques keynésiennes et les travers qu'elles induisent. C'est assez stimulant et pédagogique, isn't it?

Keynes et les zombies, publié dans le journal Les Echos, le 1er avril2009

Face au creusement de la récession, et à l'ampleur des moyens mis en œuvre outre-Atlantique pour relancer l'économie, un consensus semble se former : il faudra un second plan de relance. La logique de ces plans de relance est keynésienne. Lorsque l'État donne du revenu aux agents (entreprises, ménages), ceux-ci le dépensent, ce qui crée en retour davantage d'activité, de revenu et à nouveau de dépense. C'est l'effet multiplicateur : en théorie, chaque euro de dépense publique doit engendrer plusieurs euros d'activité supplémentaire. En pratique, pourtant, les macroéconomistes sont bien loin d'être unanimes sur l'existence du miracle keynésien. Selon certaines estimations basées sur l'histoire passée, chaque euro de dépense publique crée moins de 1 euro de PIB. Il y a donc des pertes en ligne.

La réponse française à cette incertitude est celle de la relance par l'investissement. L'idée est simple. Puisqu'on n'est pas sûr de pouvoir redémarrer la machine en stimulant directement le pouvoir d'achat, il pourrait sembler plus judicieux de soutenir l'investissement. Ainsi, les deniers publics serviraient au moins à accroître la croissance de long terme. La politique économique en France cherche donc à faire d'une pierre deux coups : relancer la demande à court terme en investissant pour l'avenir via la politique de grands travaux (autoroutes), la protection des industries stratégiques (automobile), la subvention de l'investissement (extension des garanties de crédit).

Mais, précisément parce qu'ils sont taillés pour ce double emploi, ces dispositifs risquent de peser durablement sur la capacité de notre pays à retrouver le chemin de la croissMaance. Lors d'une récession, certains secteurs subissent des vagues de faillites et de restructurations. Dans ces cas, la tentation est grande de chercher à protéger les emplois et les entreprises menacés via des subventions à l'investissement, à l'emploi, voire des protections tarifaires. Mais outre que les nécessaires ajustements doivent tôt ou tard se produire, les interventions publiques dans la politique d'investissement détournent les ressources que certaines entreprises pourraient mettre à profit pour se développer, pour les diriger vers des entreprises sans avenir mais à fort poids politique.

La « décennie perdue » de l'économie japonaise nous apporte un exemple frappant des effets pervers de ce type de cécité. A l'aube des années 1990, les banques ont continué à prêter aux entreprises en faillite, car cela leur évitait de reconnaître les créances douteuses dans leurs bilans. Ce faisant, le système bancaire japonais, avec la bénédiction des pouvoirs publics, a entretenu une armée de zombies, qui ont mobilisé capital et travail tout au long des années 1990 dans des secteurs et des entreprises sans perspective. Privées de ressources, les entreprises saines se sont étiolées, perpétuant la stagnation économique pendant près de dix ans. Les morts-vivants ont donc vampirisé les vivants en les privant de ressources. Plus proche de nous, l'expérience des réformes bancaires des années 1980 en France montre que le fait de laisser les banques prêter seulement aux entreprises rentables, plutôt que de multiplier les prêts subventionnés, a été un bon moyen de promouvoir l'emploi et la croissance.

De cette analyse, nous tirons deux leçons pour la France d'aujourd'hui. Premièrement, pour préserver notre capacité à croître dans le moyen terme, il faut laisser le marché opérer les restructurations douloureuses. Il faut cesser de maintenir une industrie déclinante sous perfusion de fonds publics mais au contraire accélérer le transvasement du capital et des hommes de notre économie vers les services : l'obsession industrialiste de nos hommes politiques est à ce titre néfaste. Deuxièmement, quelle que soit en définitive la taille du multiplicateur keynésien, orienter les fonds publics vers les ménages paraît très largement préférable à la relance par l'investissement. En effet, la subvention de l'investissement aboutit toujours à encourager les entreprises peu rentables à investir davantage et à protéger les secteurs déclinants. A l'inverse, la relance par la consommation permettra de limiter la casse sociale liée aux nécessaires restructurations à venir. La relance keynésienne par la consommation n'est sans doute pas le miracle de la multiplication des pains mais elle aura au moins le mérite de nous éviter la nuit des morts-vivants.

Augustin Landier est professeur assistant à l'université de New York (NYU Stern). David Thesmar est professeur associé à HEC et directeur scientifique du BNP Paribas Hedge Fund Center


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mercredi 1 avril 2009

La production du rire

Les historiens de l'économie datent la production du rire aux premières années de l'an deux-mille. Au début, de fabrication artisanal, son usage courant a permis aux entreprises de passer assez rapidement au stade industriel. Le son du pouffement de rire fut dans ses balbutiements délivrés dans des boîtes où des techniciens du son mixaient des rires épars et collectés auprès de joyeux volontaires. Mais avec l'apparition de la bonne humeur comme mode de civilisation, le rire est devenu un accessoire indispensable à la compagnie de l'homme. Les chaînes de télévision, bien sûr, mais aussi les métros des zones périurbaines sont d'importants et d'insatiables clients. Ainsi, des rieurs professionnels, des rieurs de vocation, diplômés, ont rejoint des sociétés dont l'organisation et le sens aigu de la compétition n'ont toujours rien à envier aux multinationales et as du marketing. Les centres du rire de Gagny-sur-Oise et de Lupiac-lès-Toulouse sont d'immenses hangars de la gaudriole, qui regroupent des employés souriants qui chaque matin satisfont à leur quota de rire, dispatché en fin de journée au quatre coins de la planète. Force est de reconnaître que la France, en tant que patrie de Sim et Stéphane Guillon, est une nation pionnière dans le rire et la texture du rire gaulois est un label de qualité, incontestablement. Néanmoins, on a craint les délocalisations. La région d'hiperbad en Inde a annoncé un complexe du rire de quelques dix mille mètres carrés, permettant d'inonder le marché du rire, d'un rire bon marché et modulable, ce que ne peut proposer pour l'instant les producteurs français, qui se plaignent de la trop grande réglementation qui les accable, faisant dire malicieusement à un entrepreneur qui tient à rester anonyme, "On ne peut plus rire de tout".

La calendre est super enfoncée (annoucement with guitars)

(en écoute)

La calendre est super enfoncée,
Et la peinture a bien morflé,
Le moteur gauche s'est fait la malle,
On dirait un kart à pédales !
Comment j'vais dire ça à papa...
Au centre ils voudront plus de moi,
Le rétro gauche est tout pété, et les planitrons sont tombés!

Oh putain Goldorak est mort
Impossible de le r'démarrer
Alala Goldorack est mort
C'est sûr mon père i'va me tuer !
Il faut que j'arrive à joindre Alkor.
Je crois que l'delco est pété
Allez, des couilles , j'suis prince d'Euphor
Je vais quand même pas me mettre à chialer !

Je m'revois bien sortir d'la boîte
Après sur la p'tite route je déboîte,
J'ai vu débouler le lapin, j'ai lancé les fulguro-poings !
Pourtant c'était bien au Xenon, Venusia était trop canon!
Elle s'est cassée avec Bioman , et maintenant j'me prend un platane !!

Et voilà Goldorak est mort
Impossible de le r'démarrer
Et ben ouais Goldorack est mort
C'est sûr mon père i'va me tuer.
Comment je m'ai mangé le rebord
Et le rail de sécurité !
Sans dec' je préfèrerai être mort
Au contrôle technique là c'est rapé..

Madame, pardon de vous déranger, est-ce que je pourrais téléphoner ?
Ouai, je sais, je suis habillé marrant..., Pour le Japon je fais le 01 devant ?
Allo papa j'ai un pépin... Je suis entre Tergnier et Amiens,
Ouai, ouai, je sais j'ai pas pris mon portable .. ah ok il est sur la table., écoute, écoute...

Ecoute papa, il faut que j'te dise.
Oui, je sais, j'ai pas pris ma carte grise...
Bon y a des trucs plus importants !
Putain, c'est bon, passe-moi maman !!
Quoi.. j'ai jamais eu d'maman ?
Mais tu m'l'avais pas dit avant ...
Je croyais que tu m'cachais ma mère
Parce que c'était le grand stratéguerre.

Et voilà Goldorak est mort
Impossible de le r'démarrer
Et ben ouais Goldorak est mort
Il t'reste du câble à remorquer ?
C'est bon me traite pas de tête de mort
Je sais qu'c'est cher pour réparer,
Faut d'mander des pièces à Albator
Et il fait raquer l'enculé..

Goldorak est mort...

Fatals Picards, en concert à Bruxelles