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samedi 25 août 2012

Les révoltes fiscales


Charles VI fut paradoxalement le premier roi berger. Durant l'hiver 1389/1390, le jeune roi fait un voyage en Languedoc afin d'apaiser les révoltes fiscales provoquées par les excès de Jean de Berry. Le trésorier Bétizac est brûlé à Toulouse puisqu'il faut bien négocier sa réconciliation avec Gaston Phébus comte de Foix et de Béarn. Ce dernier qui se fait vieux, n'a jamais prêté hommage au roi d'autant  qu'il se dit prince par la grâce de Dieu. Mais il a malencontreusement étranglé son fils légitime et seul héritier (qui avait projeté de l'empoisonner, il est vrai) et doit se prêter à quelques arrangements avec le roi. Jeanne d'Arc, Colette Beaune, p.149

Trop d'impôt tue l'impôt revu en trop d'impôt tue tout court.

jeudi 9 février 2012

L'historien allemand et Jeanne d'Arc

Pour sa première émission consacrée à Jeanne d'Arc, La fabrique de l'histoire a choisi d'inviter l'historien allemand G.Krumeich qui à la marge d'une œuvre dédiée à la première guerre mondiale a écrit deux livres sur Jeanne d'Arc dont le second ponctue vingt années de réflexion. L'idée était bienheureuse, le résultat fut probant. Il a été question de la figure mythique qui a traversé les deux France demeurant un incessant objet de récupération. Ce n'est pas la première fois que je l'entends, mais il se confirme que la figure de Jeanne d'Arc aussi mystérieuse soit-elle fascine tous les historiens qui ont travaillé sur le sujet. En tant qu'étranger, Gerd Krumeich a apporté un témoignage rafraîchissant sur la vie des idées en France. L'impossibilité pour un étranger de se vouloir s'approprier une telle figure nationale, la méfiance de l'histoire officielle (malgré les gens compétents qui la font) et la place que cela laisse aux mythographes ont été mentionnés et expliqués. Une bonne émission sur une aventure intellectuelle.

Émission à écouter

jeudi 20 octobre 2011

Primaire

Les français, turfistes jusqu'au jugement dernier, ont exprimé leur goût immodéré pour le pain et les jeux à l'occasion de la primaire, élection télévisée du délégué de classe. Plus que le cirque, plus que le concours de miss, c'est la course hippique qui me vient à l'esprit.... Féroce de Lille dépassé par le hollandais roublard, avant que sur la corde, Beau du Bourg ne vienne jouer le trouble-fête et blabla.... Facebook s'emballe, Martel réécrit ses prophéties sur Twitter. Du rêve en veux-tu en voilà. Pendant ce temps, on ne sait pas si l'euro va finir le mois.

dimanche 8 mai 2011

Histoires oubliées

Bien que la France ait subi une terrible déroute en 1940 ("L'étrange défaite" de Marc Bloch), ait vécu sous l'occupation, elle a été considérée parmi les vainqueurs en 1945. Il règne dans l'inconscient des français un sentiment de victoire et de résistance généralisée qui intriguent les étrangers francophiles. Comment la France est-elle passée du camp des vaincus au rang des vainuqueurs? Un historien, Jean-Christophe Notin, a consacré un livre sur l'armée française qui contribua à la défaite des allemands, à travers les campagnes de Tunisie, d'Italie et d'Allemagne. Invités de la dernière heure, les soldats firent preuve d'un enthousiasme et d'un héroïsme qui leur permirent de remporter des batailles que la postérité passe sous silence. C'est ce que relate l'historien qui mêle dans son étude les composantes militaires et politiques. Je vous invite à écouter l'émission un jour dans l'histoire tout à fait exceptionnel de par l'érudition, la richesse des informations et la truculence des anecdotes

vendredi 13 août 2010

Ils quittèrent la France

Pour me constituer une histoire de l'émigration française (qui doit exister), l'alimenter de façon lacunaire, partielle, au hasard des lectures, je consigne sur ce blog des extraits de livres qui en parle.


En 1661, Louis XIV monta sur le trône. il interpréta bientôt l'édit de Nantes dans un sens restrictif et vexatoire : comme le texte ne précisait pas que les protestants pouvaient bâtir de nouveaux temples, il fit détruire tous ceux qui avaient été construits depuis 1599. Des limitations du droit de propriété leur furent imposées. Certaines écoles leur furent interdites.
Nombreux étaient les huguenots qui sentirent que les vraies persécutions risquaient de recommencer. Dans les années qui précédèrent la révocation de l'édit de Nantes, entre soixante mille et cent mille protestants quittèrent la France pour trouver refuge en Hollande.
La suite des événements leur donna raison. Le 17 octobre 1685, au cours d'une cérémonie solennelle, Louis XIV révoqua l'édit de Nantes. Pour les protestants demeurés en France, la situation était tragiquement claire : privés de tout droit ils étaient placés dans l'obligation de se convertir. Quant aux passteurs, ils avaient deux semaines pour quitter la France. (...)
Quarante mille à soixante mille huguenots de plus réussirent cependant à fuir le royaume. De 1572 à 1686, deux cent mille à trois cent mille protestants préférèrent tout abandonner plutôt que leur croyance et prirenmt les chemins de l'exil volontaire.
Comme ils étaient en général plus instruits que la moyenne des Français, qu'ils étaient bons artisans, ils n'eurent guère de problème d'intégration. L'Angleterre, la Prusse, l'Amérique mais surtout la Hollande, les accueillirent volontiers.

Bernard Lugan, Huguenots et Français, ils ont fait l'Afrique du Sud, éd. La Table Ronde, p.58

Le livre est passionnant, et ne trahit pas les excellents extraits vidéos dans lesquels intervient l'auteur.