mercredi 28 octobre 2009

North Yorkshire







Bolton Abbey, Skipton, North Yorkshire
Un très beau site de photographie : We English, qui entreprend de saisir l'âme d'un pays, à travers les gens incrustés dans les paysages nationaux.

vendredi 23 octobre 2009

mercredi 21 octobre 2009

Millenium People


Dans Millenium People, le psychologue David Markham vaque à ses occupations à l'institut Adler (un hommage à notre doux éditorialiste?) qui lui confie des missions d'études et de conseils autour de la psychologie dans les environnements professionnels et notamment la psychologie du travail dans l'univers industriel. Son quotidien est troublé lorsqu'il se trouve embarqué au centre de nébuleuses contestatrices menées par la classe de la petite-bourgeoisie cultivée qui prône une action terroriste contre des symboles d'oppression. Les cibles de leur attaque violente permettent à Ballard, l'auteur, de revisiter les lieux qui lui sont chers et qui firent sa réputation de visionnaire. Les aéroports, les hôpitaux désaffectés qu'on rasent au profit de vastes lotissements, parking, et vidéoclubs de banlieue, toute la suburbia paisible, coeur des ténèbres morne, tranquille, silencieux lieux et non-lieux d'où sortiront l'apocalypse. Une bombe a explosé dans l'aéroport international, tuant la premièr femme de David Markham. Il se renseigne et se trouve approché pour participer à l'attaque d'une exposition de chien au centre de Londres, la destruction d'un vidéoclubs et l'incendie de la cinémathèque. Il ne comprend pas bien ses révoltes qui n'ont d'autres buts semble-t-il de pimenter le quotidien des bourgeois désoeuvrés tels de vulgaire Julien Coupat de fiction. A ce stade de la lecture, je commence à perdre patience devant les exactions répétitives, d'autant que tout français qu'il m'est permis d'être, je suis obsédé par le style, qui ici n'est guère une préoccupation (on dirait du Dantec), mais gageons que par la suite, je ne pourrai "échapper au malaise que l'auteur instille avec maestria" (c'est promis, c'est marqué derrière).

Source de l'image
J'écoutai son rire généreux rebondir contre les murs de pierre et se projeter dans les dortoirs silencieux, comme s'il invitait les fantômes de ses enfants morts à sortir jouer. p.168


Photomaton



J'ai trouvé un site qui propose d'adapter votre tête aux différents "looks "qui eurent cours dans les décennies précédentes. C'est amusant cinq minutes si on s'ennuie... au bureau. Je vais chercher une photo de ce diable d'Accompagnaman et je vous dis quoi. C'est assez éloigné de la réalité, mais disons nous que ce ne sont que les premiers pas du photomontage pour les débutants.





mercredi 14 octobre 2009

Alain Finkielkraut

Cher ami,

J'ai reçu ton texto et te remercie d'avoir pensé à moi à l'écoute d'Alain Finkielkraut.

Il est pour moi celui qui m'a donné envie de lire Péguy, Pasternak, Ricoeur, Arendt, R. Camus, Roth, la princesse de Clèves, Baudrillard et fait connaître Sloterdijk, Safranski, Mendelssohn, Mendelstam, Toulet, Chateaubriand, Hafner, Grossman, Kundera, tant d'auteurs ignorés par l'université et qui me permet d'avoir une petite culture qui peut faire de moi un honnête homme. Je n'aime donc pas qu'on le traite de clown. C'est un phare formidable, un passeur, pour qui je voue de la gratitude et de la reconnaissance. Des professeurs allemands ont confirmé l'excellence de la défaite de la pensée, livre célébré par bien des universités. Peut-être est-il trop intempestif concernant l'actualité, mais cela m'est égal puisque je me moque des thèmes d'actualité et les sujets brûlants me laissent froids, ce ne sont pas mon fond de commerce. Cependant, je constate qu'il n'est pas tout à fait à côté de la plaque à propos du conflit yougoslave, de l'inquiétante extase d'internet, des dérives du système éducatif ou du racisme anti-français. Peut-être sont-ce les raisons de ce déferlement de haine dont il est objet et qui peuvent saisir des amis qui me sont proches. Je leur recommande d'écouter les émissions qu'il anime depuis vingt ans, ce sont des puits de savoir et d'hauteur intellectuel et contre laquelle les détracteurs sont bien en peine d'opposer une disputatio autre que l'insulte ou le ricanement. Certes il ne participe pas à la célébration du présent, néanmoins, nous sommes nombreux à apprécier notre temps au motif de sa seule présence.

mardi 13 octobre 2009

Le mystère et l'ennui

source

Nous approchions de Heathrow, cité aérienne échouée en pleine banlieue, mi-station spatiale, mi-bidonville. Nous sortîmes de l'autoroute pour nous engager sur la Grand West Road, entrant dans une zone d'usines à deux étages, de bureaux de location de voitures et de réservoirs géants. Nous nous retrouvions dans un univers marin invisible, qui parvenait à combiner le mystère et l'ennui. En un sens, il semblait parfaitement approprié que mon ex-femme se retrouvât ici même à l'hôpital, entre la vie et la mort, dans cet endroit qui hésitait entre l'éveile et le rêve.
Millenium people, J.G. Ballard, Denoël & D'Ailleurs, p.34

La banlieue universelle, phénomène majeur de notre ère de grandes migrations, de déracinement. J.G. Ballard, l'heure de vérité.

dimanche 11 octobre 2009

Contre révolution

Ce doit être étrange pour un acteur de mai 68 d'être jugé par l'ordre moral qui prévaut trente ans après. C'est glaçant de se dire que la liberté insouciante que nous accordait l'air du temps peut nous être reproché trente plus tard. Que Polanski soit jugé pour les délits dont on le poursuit depuis des décennies, c'est une affaire judiciaire, juste susceptible de lever un sourcil des spectateurs de Faites entrer l'accusé. Une mère de famille un peu hippie dépose sa charmante fillette de treize ans chez un photographe qu'elle sait être mandaté par un magazine trouble et sulfureux et dont la séance va basculer dans l'obscène et le sordide. Chacun peut se faire un avis sur cette affaire judiciaire un peu tordu où on met la main sur un prévenu trente ans après les faits dans un pays qui fait subitement du zèle et où la victime souhaitait ne plus avoir à revenir sur l'affaire, un fait divers grave, traumatisant et abominable. Sur ce, deux hystèries, deux morales radicales se sont empilées conférant à ce cas outre, des effluves nauséeuses, un intéressant combat moral qui fera quelques débris. La première manifestation hystèrique fut la levée de boucliers immédiates des professionnelles de la profession, de la caste d'une intelligentsia médiatique, culturelle qui protége un des leurs et clame haut et fort leur privilège de nouvelle aristocratie touche-pas-à-mon potiste au-delà du bien et du bien dont il nous sermonne ad journalam televisam. L'impudeur des nouveaux clercs, candides, éclate dans un contexte où la liberté de jouir sans entrave a dépassé la limite permise de la décence. Outre un corporatisme de nouveaux châtelains, on pressent la défense d'un air du temps où ce genre de pratique borderline était toléré comme un signe de témérité, d'avant-garde et de libération dans le joyeux bordel de la liberté sexuelle. C'était sans se rappeller que le consensus autour de Mai 68 était sérieusement éméché. Déjà les premières lézardes aux célébrations d'un "âge des lumières" apparurent lors des premiers procès de la période en question. Les déçus, les perdants et les sourcilleux commencaient à chercher les preuves de sa médiocrité au mieux, de sa perversité, au pire. Les procureurs fomentent des livres noirs. Après trente années de clémence, dont a bénéficié une de ces icônes, les procès idéologiques donnent lieu désormais aux chasses à l'homme. C'est la seconde manifestation qui, en réaction, prend un écho important, massif, imprécateur. L'air du temps n'est plus trop encline à protéger les indélicates cochoncetés d'un de ses apôtres sous couvert d'individualisme et de libération des mentalités. En tant que réactionnaire, on peut être effrayé par le fait que l'établissement d'un ordre puritain s'accompagne d'une violence terrible et haineuse véhiculée par l'internet et la résonnance médiatique. Les temps changent. La parenthèse d'une révolution pacifique se refermera probablement dans la violence de l'enfer. est-ce ce combat qui se joue en ce moment? A ver.

mercredi 7 octobre 2009

Accompagnateur contre les gravats

Une partie du plafond d'une salle de cinéma de l'UGC Toison d'Or, à Bruxelles, s'est effondrée mardi à la fin de la séance de 19H30. Personne n'a été blessé dans l'incident. Une dizaine de salles ont été fermées.

mardi 6 octobre 2009

Péage sur les autoroutes de l'information

Les abonnés de tout pays de l'hebdomadaire britannique The Economist ont reçu un mail dans lequel était énoncé que désormais la consultation des articles sur le site internet ne serait permis qu'aux seuls abonnés, pour les autres, ce sera payant. Le magazine met fin à une politique qui consistait à mettre en ligne l'intégralité des éditions, sans que j'en comprenne bien les motifs par ailleurs. Comme le Wall Street Journal, il y quelques semaines, c'est au tour d'une des sommités de disparaître du monde de la gratuité virtuelle. La révolution internet balbutie ses business plans. La joyeuse anarchie de la toile s'estompe laissant place nette à l'ordre mercantile. La gratuité était une folie inconsidérée. Disons-nous au moins que notre génération aura connu le vent de liberté des premiers temps des pirates du web.

"De mon temps, fiston, on trouvait de tout sur internet, des contenus incroyables, on s'échangeait des fichiers, on écoutait des retransmissions de conférences les plus obscures et les plus palpitantes, on créait même des réseaux sociaux, bon on s'insultait beaucoup aussi sans le savoir, j'avais mon petit blog, et on pouvait voir des vidéos de faits qu'on ne voulait pas montrer à la télévision, nous vivions notre Mai 68, le mai de ceux qui ont connu celui de 68 essaient de fliquer à coup de loi et de vigilance citoyenne."

Les maisons fantômes

vendredi 2 octobre 2009

Bazancourt

Dimanche dernier, nous sommes allés à Reims. Nous en avons profité pour faire un crochet par un des villages où j'habitais. C'était Bazancourt. En venant de Laon, nous prîmes les départementales à partir de Guignicourt. Après des noms en-y, les villages terminaient à partir d'ici en -court, je me doutais que nous étions sur le bon chemin. Les villages, petits et mornes, étaient posés dans des forêts, des bosquets qui ne durent leur heureuse existence qu'aux rivières qui les nourrissaient. En cette après midi ensoleillée, cela nous fit bonne impression. Nous longions une rivière, parfois, les routes nous en éloignaient, alors c'était les vastes champs à perte de vue, aveuglants de platitude, comme si l'espace s'était absentée, laissant en substance le néant. Bazancourt s'est bâti le long de la Suippe et contrairement aux statistiques de notre temps a très peu cru, durant mes treize années d'absence. Quelques nouvelles constructions dans le lotissement de maisons préfabriquées empiètent sur les champs de betterave qui alimentent l'immense sucrerie, vaisseau fumant sur la mer calme. Nous avons marché. Le temps a bien fait son ouvrage, le chemin de terre que nous traversions malgré la pluie pour gagner le collège a été goudronné, on a même fait construire un petit terrain de sport. Surtout, le collège n'a plus grand chose à voir avec le tas de tôle qui a accueilli deux des années de ma longue adolescence. Il flambe de nouveauté, cette partie du village me paraît plus vert. L'autre partie, la gauche de la départementale, est figée dans le temps, de grandes demeures dont la pierre m'évoque les vieux pavillons de banlieue parisienne, des fermes trop grandes et désertées et des routes qui se perdent dans les champs. Le temps a discrètement fait son ouvrage.

jeudi 1 octobre 2009

Interlude

Notre vie n'aura été qu'un interlude entre ces deux oublis (Maeterl., Autre monde, 1942, p. 39)



Fauré n'est pas seulement le nom d'une résidence universitaire d'un campus grenoblois, comme je l'ai cru en tant qu'étudiant de la ville, c'est avant tout un compositeur renommé. Dans l'émission de ce matin, il y était question de Théophile Gautier et de la musique. Avant que les batteries de mon lecteur mp3 ne flanchent, j'eus le temps d'apprendre que le célèbre écrivain, bien que novice en la matière s'était mué en féroce critique, dénigrant l'opéra italienne, lui préférant la musique allemande ou française. Il a par la suite composé des textes qui furent mis en musique par le compositeur sus-nominé dans une interprétation que vous avez loisir de découvrir dans la vidéo et qui ouvrit l'émission.

Les réjouissances musicales ne s'arrêtent pas là, chers amis. Ce mois-ci peut être considéré comme faste (sans le furious). J'ai en souvenir le concert du Swedish Radio Choir, qui en marge du klarafestival a offert une prestation nocturne dans une église. C'était des chants religieux, le Kyrié était très impressionnant et l'ensemble de bonne facture (même si c'était gratuit). Je cherche une version enregistrée pour la faire entendre à un ami choriste et néanmoins fan de Baratier qui fait carrière au Canada. Il y avait aussi un programme de fado à la Monnaie, dont la partie folklore assurée par Cristina Branco était superbe et émouvante, richement orchestrée, cependant que la partie assurée par le ténor allemand trop savante à mon goût. Je ne vous cache pas qu'il m'arrivait de regarder ma montre. Enfin, dans ma ville, il y a eu tout un tas de manifestations où se jouaient de la musique classique dans la rue, des manifestations se piquant d'avoir lieu en des endroits inédits. Ainsi l'orchestre national s'est produit sur les escaliers d'une galerie très fréquentée durant la pause déjeuner. Je ne comprends pas ces initiatives qui se veulent probablement démocratiques, mais ce n'est respectueux pour personne, ni pour les musiciens contraints de jouer devant un public fuyant, inintéressé, se montrant comme des accordéonistes de métro, ni la musique qui se mêle aux pollutions sonores qu'engendrent une ville et ni pour les badauds, les promeneurs ou les bureaucrates qui n'ont rien demandé. Mais cela est paraît-il le nouveau leitmotiv des pontes de l'art officiel. L'art est dans la rue.