jeudi 19 novembre 2009

Un coeur intelligent



Un va-et-vient entre l'actualité et la sagesse.

Tandis que, en lieu et place des grandes batailles auxquelles il se préparait, don Quichotte était régulièrement confronté à la trivialité de la réalité tangible, c'est la trancendence du réel, son étrangeté irréductible qui déconcertent le donquichottisme de Jim.[...] Cervantès inaugure le roman moderne au sens que lui donne Hegel d'un conflit entre la poésie du coeur et la prose des circonstances. A propos de Lord Jim, Un coeur intelligent, A.Finkielkraut, p.195

mercredi 18 novembre 2009

Quizz familial



Qui suis-je?

-Un "couillu" qui aime les marinettes
-Un waffen qu'est né sur un porte-avion
-Le Marlon Brando du guiers
-Un chamois niortais
-Le gardien de la 3 du SO chambéry
-Un "moi-à-17-ans-j'étais-un-autre bonhomme" écoutant de la musique tahitienne


mardi 17 novembre 2009

Le petit bulletin des nouveautés que l'on reçoit dans sa boîte à courriels

Comme tous les mardis, j'attends avec impatience la mi-journée, car vers 13h56, je reçois dans ma boîte la lettre des nouveautés hebdomadaires et radiophoniques de canal académie. Je pourrais calmer mon impatience en allant sur le site dès le matin, mais je me tiens à ce petit rituel qui me voit parcourir (mes yeux surtout) de haut en bas le chapelet des nouveautés. Je suis abonné à tout un tas de newsletters ou petits bulletins des nouveautés comme j'aimerais qu'on les appelle. Celle de Canal Académie est ma préférée. En règle générale, je télécharge certaines émissions d'histoire où nous avons tout loisir d'écouter d'obscurs et passionnés historiens qui font le sel de la connaissance, du gai savoir. Puis, le soir venu, je me dirige vers mes cours du soir et grâce aux vertus de la baladodiffusion, je traverse la ville et ses bruits. Parfois en compagnie du maréchal Foch, comme la semaine dernière où ravi, je m'étais promis de faire une transcription de l'émission sur ce blog. Je me souviens d'une excellente émission sur l'euthanasie que je m'étais promis de divulguer au plus grand nombre.

Cette semaine, je recommanderais une émission sur Winston Churchill (ici).

dimanche 15 novembre 2009

Jette

Hôtel communal, place du cardinal Mercier, Jette, 17h09 vers les années 2000-2010


mardi 10 novembre 2009

Symphonie n*3, Mendelssohn



Mendelssohn part faire un petit tour de l'Écosse, dont les paysages et la nature lui inspirent une symphonie. Succès critique de l'année.

L'expérience de Milgram

Je soumets à nos psychologues en herbe, nos lecteurs de magazine psychologique ou nos assidus de forum de discussion, un extrait du film I comme Icare, d'Henri Verneuil. Je l'avais vu à l'époque sur la chaîne franco-allemande et je ne me souviens d'à peu près rien, sauf de l'expérience de Milgram que le réalisateur, bien que ce soit tout à fait en dehors du sujet du film, reproduit longuement au beau milieu de l'histoire. Par la suite, La BBC a proposé sa propre expérimentation.
L'objectif réel de l'expérience est de mesurer le niveau d'obéissance à un ordre même contraire à la morale de celui qui l'exécute. Des sujets acceptent de participer, sous l'autorité d'une personne supposée compétente, à une expérience d'apprentissage où il leur sera demandé d'appliquer des traitements cruels (décharges électriques) à des tiers sans autre raison que de « vérifier les capacités d'apprentissage ».





Si notre ami Théo Luke passait par ici, je lui demanderais son avis sur l'expérience et son protocole.

dimanche 8 novembre 2009

Un coeur intelligent

Dans Un coeur intelligent, Alain Finkielkraut réunit en neuf chapitres sa lecture personnelle de livres qui l'ont marqué. Si l'intellectuel démontre une certaine forme de rancune envers notre époque, force est de constater qu'il se rattrape dans les exercices d'admiration littéraire. Au constat de notre temps post-littéraire, il tient à montrer en dépit des croyances qui courent que la littérature peut être riche de leçons et d'apprentissage, qu'elle peut délivrer des clés de compréhension, qu'elle peut changer un homme. Il revient donc sur ces livres, la plupart des romans, qu'il replace dans un contexte général et personnel. Parmi les neufs livres choisis, j'en ai lu par le passé deux, Histoire d'un allemand et La tâche, conseillé que je fus par Finkielkraut lui-même, dont j'apprécie à travers ses émissions notamment la finesse et l'enthousiasme de lecteur. Finkielkraut a participé avec fougue aux événements de mai 68, l'intelligentsia progressiste de l'époque a modelé ses premières aventures intellectuelles, on s'aperçoit que ces lectures ont permis de le tempérer et de faire de la modération un principe de vie. mêdén ágan, "rien de trop". C'est devenu ma devise.
Ici, il entend démontrer que la littérature permet la juste mesure entre l'émotion et la raison.

vendredi 6 novembre 2009

La vie de Beethoven


Je me suis procuré il y a quelques mois une vieille édition d'une biographie de Beethoven. La couverture qui gît a côté n'est pas celle qui orne le livre que je tiens à proximité. Celle-ci est celle de la quarante-sixième édtion, celle-là, la mienne, est la cent-vingt-troisième, je commence bien mal mon entreprise de recension des livres non-lus de ma bibliothèque sur ce blog. Le livre traîne sur une étagère, mais, en bonne place, entre Contre les dégoûts de la vie de J.Dutourd, que jai acheté par correspondance et que je n'ai pas lu et Le bourgeois de Paris de F.Dostoievski, que j'ai lu et dont je ne me souviens de rien sauf que j'avais beaucoup aimé. J'avais acheté compulsivement La vie de Beethoven parce que j'ai sporadiquement une dilection pour la lecture des biographies, c'est instructif, divertissant et n'étant pas une oeuvre d'art se lit rapidement. De plus, c'est truffé d'anecdotes et je ne retiens rien de mieux que les anecdotes. Beethoven a vécu à Bonn, ville que je connais, peut-être, je reconnaîtrais quelque coin de rue, j'ai déjà vu la façade de sa maison. Enfin, le livre est rédigé par Edouard Herriot, un homme politique de la IIIème République. Ce fut un normalien, jalors e tente le coup, comme tenterait le coup mon arrière-petit-fils qui lirait la vie de Nelson Mandela rédigé par Jack Lang (je prie pour que cela n'arrive pas).

mercredi 4 novembre 2009

L'aquoibonisme des doigts gourds





"Socrate l'Athénien illustre le plaisir de l'élargissement, au début du Phédon, quand le gardien vient lui ôter les fers : il frotte ses chevilles engourdies. Socrate va mourir mais peu importe : il trouve du plaisir à frotter ses jambes nues abîmées dont on vient de retirer les fers".

Pascal Quignard, La barque silencieuse, chapitre XXXII, p. 97


Sent from My Minitel

mercredi 28 octobre 2009

North Yorkshire







Bolton Abbey, Skipton, North Yorkshire
Un très beau site de photographie : We English, qui entreprend de saisir l'âme d'un pays, à travers les gens incrustés dans les paysages nationaux.

vendredi 23 octobre 2009

La république des professeures



Ces opinions sur l'école et son évolution me paraissent les plus pertinentes. Qu'en pensez-vous?

mercredi 21 octobre 2009

Millenium People


Dans Millenium People, le psychologue David Markham vaque à ses occupations à l'institut Adler (un hommage à notre doux éditorialiste?) qui lui confie des missions d'études et de conseils autour de la psychologie dans les environnements professionnels et notamment la psychologie du travail dans l'univers industriel. Son quotidien est troublé lorsqu'il se trouve embarqué au centre de nébuleuses contestatrices menées par la classe de la petite-bourgeoisie cultivée qui prône une action terroriste contre des symboles d'oppression. Les cibles de leur attaque violente permettent à Ballard, l'auteur, de revisiter les lieux qui lui sont chers et qui firent sa réputation de visionnaire. Les aéroports, les hôpitaux désaffectés qu'on rasent au profit de vastes lotissements, parking, et vidéoclubs de banlieue, toute la suburbia paisible, coeur des ténèbres morne, tranquille, silencieux lieux et non-lieux d'où sortiront l'apocalypse. Une bombe a explosé dans l'aéroport international, tuant la premièr femme de David Markham. Il se renseigne et se trouve approché pour participer à l'attaque d'une exposition de chien au centre de Londres, la destruction d'un vidéoclubs et l'incendie de la cinémathèque. Il ne comprend pas bien ses révoltes qui n'ont d'autres buts semble-t-il de pimenter le quotidien des bourgeois désoeuvrés tels de vulgaire Julien Coupat de fiction. A ce stade de la lecture, je commence à perdre patience devant les exactions répétitives, d'autant que tout français qu'il m'est permis d'être, je suis obsédé par le style, qui ici n'est guère une préoccupation (on dirait du Dantec), mais gageons que par la suite, je ne pourrai "échapper au malaise que l'auteur instille avec maestria" (c'est promis, c'est marqué derrière).

Source de l'image
J'écoutai son rire généreux rebondir contre les murs de pierre et se projeter dans les dortoirs silencieux, comme s'il invitait les fantômes de ses enfants morts à sortir jouer. p.168


Photomaton



J'ai trouvé un site qui propose d'adapter votre tête aux différents "looks "qui eurent cours dans les décennies précédentes. C'est amusant cinq minutes si on s'ennuie... au bureau. Je vais chercher une photo de ce diable d'Accompagnaman et je vous dis quoi. C'est assez éloigné de la réalité, mais disons nous que ce ne sont que les premiers pas du photomontage pour les débutants.





mercredi 14 octobre 2009

Alain Finkielkraut

Cher ami,

J'ai reçu ton texto et te remercie d'avoir pensé à moi à l'écoute d'Alain Finkielkraut.

Il est pour moi celui qui m'a donné envie de lire Péguy, Pasternak, Ricoeur, Arendt, R. Camus, Roth, la princesse de Clèves, Baudrillard et fait connaître Sloterdijk, Safranski, Mendelssohn, Mendelstam, Toulet, Chateaubriand, Hafner, Grossman, Kundera, tant d'auteurs ignorés par l'université et qui me permet d'avoir une petite culture qui peut faire de moi un honnête homme. Je n'aime donc pas qu'on le traite de clown. C'est un phare formidable, un passeur, pour qui je voue de la gratitude et de la reconnaissance. Des professeurs allemands ont confirmé l'excellence de la défaite de la pensée, livre célébré par bien des universités. Peut-être est-il trop intempestif concernant l'actualité, mais cela m'est égal puisque je me moque des thèmes d'actualité et les sujets brûlants me laissent froids, ce ne sont pas mon fond de commerce. Cependant, je constate qu'il n'est pas tout à fait à côté de la plaque à propos du conflit yougoslave, de l'inquiétante extase d'internet, des dérives du système éducatif ou du racisme anti-français. Peut-être sont-ce les raisons de ce déferlement de haine dont il est objet et qui peuvent saisir des amis qui me sont proches. Je leur recommande d'écouter les émissions qu'il anime depuis vingt ans, ce sont des puits de savoir et d'hauteur intellectuel et contre laquelle les détracteurs sont bien en peine d'opposer une disputatio autre que l'insulte ou le ricanement. Certes il ne participe pas à la célébration du présent, néanmoins, nous sommes nombreux à apprécier notre temps au motif de sa seule présence.

mardi 13 octobre 2009

Le mystère et l'ennui

source

Nous approchions de Heathrow, cité aérienne échouée en pleine banlieue, mi-station spatiale, mi-bidonville. Nous sortîmes de l'autoroute pour nous engager sur la Grand West Road, entrant dans une zone d'usines à deux étages, de bureaux de location de voitures et de réservoirs géants. Nous nous retrouvions dans un univers marin invisible, qui parvenait à combiner le mystère et l'ennui. En un sens, il semblait parfaitement approprié que mon ex-femme se retrouvât ici même à l'hôpital, entre la vie et la mort, dans cet endroit qui hésitait entre l'éveile et le rêve.
Millenium people, J.G. Ballard, Denoël & D'Ailleurs, p.34

La banlieue universelle, phénomène majeur de notre ère de grandes migrations, de déracinement. J.G. Ballard, l'heure de vérité.

dimanche 11 octobre 2009

Contre révolution

Ce doit être étrange pour un acteur de mai 68 d'être jugé par l'ordre moral qui prévaut trente ans après. C'est glaçant de se dire que la liberté insouciante que nous accordait l'air du temps peut nous être reproché trente plus tard. Que Polanski soit jugé pour les délits dont on le poursuit depuis des décennies, c'est une affaire judiciaire, juste susceptible de lever un sourcil des spectateurs de Faites entrer l'accusé. Une mère de famille un peu hippie dépose sa charmante fillette de treize ans chez un photographe qu'elle sait être mandaté par un magazine trouble et sulfureux et dont la séance va basculer dans l'obscène et le sordide. Chacun peut se faire un avis sur cette affaire judiciaire un peu tordu où on met la main sur un prévenu trente ans après les faits dans un pays qui fait subitement du zèle et où la victime souhaitait ne plus avoir à revenir sur l'affaire, un fait divers grave, traumatisant et abominable. Sur ce, deux hystèries, deux morales radicales se sont empilées conférant à ce cas outre, des effluves nauséeuses, un intéressant combat moral qui fera quelques débris. La première manifestation hystèrique fut la levée de boucliers immédiates des professionnelles de la profession, de la caste d'une intelligentsia médiatique, culturelle qui protége un des leurs et clame haut et fort leur privilège de nouvelle aristocratie touche-pas-à-mon potiste au-delà du bien et du bien dont il nous sermonne ad journalam televisam. L'impudeur des nouveaux clercs, candides, éclate dans un contexte où la liberté de jouir sans entrave a dépassé la limite permise de la décence. Outre un corporatisme de nouveaux châtelains, on pressent la défense d'un air du temps où ce genre de pratique borderline était toléré comme un signe de témérité, d'avant-garde et de libération dans le joyeux bordel de la liberté sexuelle. C'était sans se rappeller que le consensus autour de Mai 68 était sérieusement éméché. Déjà les premières lézardes aux célébrations d'un "âge des lumières" apparurent lors des premiers procès de la période en question. Les déçus, les perdants et les sourcilleux commencaient à chercher les preuves de sa médiocrité au mieux, de sa perversité, au pire. Les procureurs fomentent des livres noirs. Après trente années de clémence, dont a bénéficié une de ces icônes, les procès idéologiques donnent lieu désormais aux chasses à l'homme. C'est la seconde manifestation qui, en réaction, prend un écho important, massif, imprécateur. L'air du temps n'est plus trop encline à protéger les indélicates cochoncetés d'un de ses apôtres sous couvert d'individualisme et de libération des mentalités. En tant que réactionnaire, on peut être effrayé par le fait que l'établissement d'un ordre puritain s'accompagne d'une violence terrible et haineuse véhiculée par l'internet et la résonnance médiatique. Les temps changent. La parenthèse d'une révolution pacifique se refermera probablement dans la violence de l'enfer. est-ce ce combat qui se joue en ce moment? A ver.

samedi 10 octobre 2009

Salvador Dali on Tv



Very funny.

mercredi 7 octobre 2009

Accompagnateur contre les gravats

Une partie du plafond d'une salle de cinéma de l'UGC Toison d'Or, à Bruxelles, s'est effondrée mardi à la fin de la séance de 19H30. Personne n'a été blessé dans l'incident. Une dizaine de salles ont été fermées.

mardi 6 octobre 2009

Péage sur les autoroutes de l'information

Les abonnés de tout pays de l'hebdomadaire britannique The Economist ont reçu un mail dans lequel était énoncé que désormais la consultation des articles sur le site internet ne serait permis qu'aux seuls abonnés, pour les autres, ce sera payant. Le magazine met fin à une politique qui consistait à mettre en ligne l'intégralité des éditions, sans que j'en comprenne bien les motifs par ailleurs. Comme le Wall Street Journal, il y quelques semaines, c'est au tour d'une des sommités de disparaître du monde de la gratuité virtuelle. La révolution internet balbutie ses business plans. La joyeuse anarchie de la toile s'estompe laissant place nette à l'ordre mercantile. La gratuité était une folie inconsidérée. Disons-nous au moins que notre génération aura connu le vent de liberté des premiers temps des pirates du web.

"De mon temps, fiston, on trouvait de tout sur internet, des contenus incroyables, on s'échangeait des fichiers, on écoutait des retransmissions de conférences les plus obscures et les plus palpitantes, on créait même des réseaux sociaux, bon on s'insultait beaucoup aussi sans le savoir, j'avais mon petit blog, et on pouvait voir des vidéos de faits qu'on ne voulait pas montrer à la télévision, nous vivions notre Mai 68, le mai de ceux qui ont connu celui de 68 essaient de fliquer à coup de loi et de vigilance citoyenne."

Les maisons fantômes

vendredi 2 octobre 2009

Bazancourt

Dimanche dernier, nous sommes allés à Reims. Nous en avons profité pour faire un crochet par un des villages où j'habitais. C'était Bazancourt. En venant de Laon, nous prîmes les départementales à partir de Guignicourt. Après des noms en-y, les villages terminaient à partir d'ici en -court, je me doutais que nous étions sur le bon chemin. Les villages, petits et mornes, étaient posés dans des forêts, des bosquets qui ne durent leur heureuse existence qu'aux rivières qui les nourrissaient. En cette après midi ensoleillée, cela nous fit bonne impression. Nous longions une rivière, parfois, les routes nous en éloignaient, alors c'était les vastes champs à perte de vue, aveuglants de platitude, comme si l'espace s'était absentée, laissant en substance le néant. Bazancourt s'est bâti le long de la Suippe et contrairement aux statistiques de notre temps a très peu cru, durant mes treize années d'absence. Quelques nouvelles constructions dans le lotissement de maisons préfabriquées empiètent sur les champs de betterave qui alimentent l'immense sucrerie, vaisseau fumant sur la mer calme. Nous avons marché. Le temps a bien fait son ouvrage, le chemin de terre que nous traversions malgré la pluie pour gagner le collège a été goudronné, on a même fait construire un petit terrain de sport. Surtout, le collège n'a plus grand chose à voir avec le tas de tôle qui a accueilli deux des années de ma longue adolescence. Il flambe de nouveauté, cette partie du village me paraît plus vert. L'autre partie, la gauche de la départementale, est figée dans le temps, de grandes demeures dont la pierre m'évoque les vieux pavillons de banlieue parisienne, des fermes trop grandes et désertées et des routes qui se perdent dans les champs. Le temps a discrètement fait son ouvrage.

jeudi 1 octobre 2009

Interlude

Notre vie n'aura été qu'un interlude entre ces deux oublis (Maeterl., Autre monde, 1942, p. 39)



Fauré n'est pas seulement le nom d'une résidence universitaire d'un campus grenoblois, comme je l'ai cru en tant qu'étudiant de la ville, c'est avant tout un compositeur renommé. Dans l'émission de ce matin, il y était question de Théophile Gautier et de la musique. Avant que les batteries de mon lecteur mp3 ne flanchent, j'eus le temps d'apprendre que le célèbre écrivain, bien que novice en la matière s'était mué en féroce critique, dénigrant l'opéra italienne, lui préférant la musique allemande ou française. Il a par la suite composé des textes qui furent mis en musique par le compositeur sus-nominé dans une interprétation que vous avez loisir de découvrir dans la vidéo et qui ouvrit l'émission.

Les réjouissances musicales ne s'arrêtent pas là, chers amis. Ce mois-ci peut être considéré comme faste (sans le furious). J'ai en souvenir le concert du Swedish Radio Choir, qui en marge du klarafestival a offert une prestation nocturne dans une église. C'était des chants religieux, le Kyrié était très impressionnant et l'ensemble de bonne facture (même si c'était gratuit). Je cherche une version enregistrée pour la faire entendre à un ami choriste et néanmoins fan de Baratier qui fait carrière au Canada. Il y avait aussi un programme de fado à la Monnaie, dont la partie folklore assurée par Cristina Branco était superbe et émouvante, richement orchestrée, cependant que la partie assurée par le ténor allemand trop savante à mon goût. Je ne vous cache pas qu'il m'arrivait de regarder ma montre. Enfin, dans ma ville, il y a eu tout un tas de manifestations où se jouaient de la musique classique dans la rue, des manifestations se piquant d'avoir lieu en des endroits inédits. Ainsi l'orchestre national s'est produit sur les escaliers d'une galerie très fréquentée durant la pause déjeuner. Je ne comprends pas ces initiatives qui se veulent probablement démocratiques, mais ce n'est respectueux pour personne, ni pour les musiciens contraints de jouer devant un public fuyant, inintéressé, se montrant comme des accordéonistes de métro, ni la musique qui se mêle aux pollutions sonores qu'engendrent une ville et ni pour les badauds, les promeneurs ou les bureaucrates qui n'ont rien demandé. Mais cela est paraît-il le nouveau leitmotiv des pontes de l'art officiel. L'art est dans la rue.

mercredi 30 septembre 2009

Film français

Comme chaque semaine, le film français.

Suzanne a la quarantaine. Femme de médecin et mère de famille, elle habite dans le sud de la France, mais l'oisiveté bourgeoise de cette vie lui pèse. Elle décide de reprendre son travail de kinésithérapeute qu'elle avait abandonné pour élever ses enfants et convainc son mari de l'aider à installer un cabinet. A l'occasion des travaux, elle fait la rencontre d'Ivan, un ouvrier en charge du chantier qui a toujours vécu de petits boulots et qui a fait de la prison. Leur attraction mutuelle est immédiate et violente et Suzanne décide de tout quitter pour vivre cette passion dévorante.



Partir, Catherine Corsini

The Office

Une série britannique se nommant The Office a connu un succés tel qu'elle a été décliné dans divers pays. Le principe est simple, il s'agit d'un faux reportage qui suit au jour le jour les péripéties routinières d'une petite société de papier. Il ne faut pas y voir une description grinçante du monde de l'entreprise, comme ont bien voulu le croire ceux qui n'y ont jamais mis les pieds, mais davantage comme l'expression sans limite d'un comique dérangeant qui a pour cadre le monde professionnel, vu comme une contrainte scénique où divers types de personnage sont obligés de cohabiter et de se supporter pour le meilleur ou pour le pire. Les américains, peu flexisouple, se sont emparés du concept qu'ils ont transposé en Pennsylvanie. Au départ, les scénaristes sont restés très fidèles à la version anglaise, répétant à l'identique certaines situations burlesques, mais en adoucissant toutefois la cruauté du chef. Puis peu à peu ils se sont affranchis du modèle anglais afin de proposer une copie si réussie qu'elle allait connaître un succès supérieur à la version d'origine qui ne compte que douze épisodes, soit deux saisons, contre les six saisons en cours que les scénaristes américains ont fiévreusement pondues. En effet, les personnages secondaires ont pris corps, une importance grandissante si bien que la dernière saison est centrée sur le mariage entre le commercial et la réceptionniste. Je ne me souviens plus très bien des épisodes de la version anglaise, seulement un chef pathétique qui se croyant drôle imposait de force son humour ridicule à ses subordonnés, mais je n'ai pas trop accroché, la version américaine se démarquait d'emblée par plus d'humanité (tristesse et émotion) et de nuance dans les situations. Même si les débuts souffraient d'un timing et d'un montage approximatif (on ne comprenait pas certains gags pas assez mûri), l'inventivité des scénaristes qui ont certainement vu loin, a permis de réequilibrer la série et d'explorer en toute liberté d'autres champs d'activités.

Un épisode résumé : ici

mardi 29 septembre 2009

Rosencrantz et Guildenstern sont morts

Actuellement se joue à Bruxelles Rosencrantz et Guildenstern sont morts, une pièce du dramaturge britannique Tom Stoppard, par ailleurs scénariste du film Brazil. Rosencrantz et Guildenstern sont des personnages très secondaires de la fameuse pièce de Shakespeare, Hamlet. Ils y interviennent assez peu, quelques répliques. Ce sont des amis d'enfance du prince d'Elseneur et d'après ce que l'on peut comprendre dans la représentation qui nous occupe, ils sont chargés d'informer le couple cruel Claudius et Gertrude des folles intentions d'Hamlet puis de le livrer au roi d'Angleterre. Tom Stoppard a imaginé une pièce centrée sur les moments où ces personnages n'occupent pas le devant de la scène d'Hamlet, une sorte de off. Seules quelques scènes d'Hamlet viennent s'introduire dans la pièce. Entre temps, ils devisent en tentant de comprendre l'histoire d'Hamlet et les raisons pour lesquelles ils sont là. Ce sont des remplaçants qui ne comprennent rien au match qui est en train de se jouer, faisant d'eux des comiques involontaires et bavards. Il ressort des sensations étranges à l'écoute de digressions philosophiques parmi l'incompréhension et l'absurdité de la situation (ils attendent l'entrée en scène, en quelque sorte). Si les bavardages peuvent rebuter le public belge adepte des ricaneries et de la gaudriole, on saluera l'audace du théâtre des martyrs de porter sur scène une pièce exigeante au texte difficile, qui se plaît à être illogique, absurde et déroutant, cependant, on note avec joie qu'il n'a pas renoncé à ses ambitions spectaculaires, les pantomimes sont de délicieux moments, les artifices assurent un bon spectacle visuel.

lundi 28 septembre 2009

Amour à la française

"Et ils s'imaginaient une vie exclusivement amoureuse, assez féconde pour remplir les plus vastes solitudes, excédant toutes joies, défiant toutes les misères, où les heures auraient disparu dans un continuel épanchement d'eux-mêmes, et qui aurait fait quelque chose de resplendissant et d'élevé, comme les palpitations des étoiles".
Gustave Flaubert, L'éducation sentimentale, p.272

samedi 26 septembre 2009

Le cas Dumont

Le film français se penche sur le réalisateur Bruno Dumont.

Jeudi soir, je vous ne le cache pas, j'étais empli de perplexité. D'Espagne nous parvenait une vidéo d'un critique cinéma d'un journal bien établi et sérieux, laquelle évoquait un film présenté lors d'un festival ibérique en des termes tabloïdiques, si vous me permettez cette expression ou alors en des termes westcoast évoquant des filles et les désirs qu'elles peuvent susciter si vous préférez. Le critique disait pis que pendre sur le nouveau film de Bruno Dumont. Vous connaissez peut-être mon inclination doucereuse pour le Film français, alors j'entendais avec intérêt un avis étranger et extérieur sur la sensible question, tel un opposant son samizdat. Tant il est vrai qu'en France, la critique autorisée, puissante, a institué un épais brouillard qui se fait d'elle-même une caste retranchée dont l'influence va à un point tel qu'il existe une légion de réalisateurs qui ne tourne des films que pour elle et ne vit que par elle, suivant le chemin bien huilé de subventions sans passer par l'assentiment du public (introuvable et à moitié-inculte). Bruno Dumont connaît une carrière de réalisateur honorable, sur le curriculum, vaquant de films en films puis de récompenses en récompenses lors de festivals internationaux. Il résiste donc aisément à l'absence de succès public car il persévère dans une oeuvre exigeante, sans concession, libre, dans la veine d'un réalisme cru et métaphysique, ce sont à peu près les mêmes termes qui reviennent à chacun de ses films dans l'encre des professionnels avertis, sans qu'il soit d'ailleurs nécessaire de ne plus aller les voir par ailleurs. Bruno Dumont, donc, est bien installé dans le paysage, entraînant dans son sillage un petit groupe de fans, des critiques et des cinéphiles qui veulent le devenir. Qu'est-ce qui les poussent donc à supporter et même à se réclamer d'un cinéaste que Carlos Boyero, l'homme de la vidéo, n'encense pas, parlant pour son dernier film d'un film "indescriptiblement mauvais", d'un film prétentieux et lent qui se veut profond mais qui est bête, un film boursouflé de vanités intellectuelles? Toutefois, Dumont est philosophe et je suis enclin à lui accorder de ce fait crédit, pas mal de crédits. J'ai écouté quelques uns des entretiens qu'il accorda et je reste mitigé sur les théories primaires sur le cinéma, qu'il débite "ben, le cinéma c'est une situation réelle qui n'est pas vraie." ou "moi ça m'intéresse pas de fournir aux spectateurs les émotions dans la forme à laquelle il s'attendent, conformément à leurs clichés". Mais il n'est pas là pour s'expliquer avec des mots, car son métier est de s'exprimer avec des images, des scènes, des situations, des films. Je suis partagé, zweifärbig, "deux couleurs", comme diraient mes amis teutons (rares amis). J'ai vu dans mes folles années de adolescents français La vie de Jésus, mais je n'en ai garde aucun souvenir, sauf peut-être un type qui se ballade en mobylette. Dois-je m'entêter sur son cas? peut-être quelques lecteurs pourraient m'éclairer. Ses scénarii n'en demeurent pas moins d'authentiques perles pour alimenter la rubrique le film français de ce weblog.

La video en question : ici en espagnol

vendredi 25 septembre 2009

Schaerbeek

Je me suis procuré un petit manuel fraîchement paru, un manuel qui a rejoint la collection des Guides des communes de la Région bruxelloise. Celui que je tiens en main s'intitule Schaerbeek, car il y est exclusivement question de cette commune. Bien que pour la multitude d'expatriés venus gonflés les rangs bruxellois, Schaerbeek soit un repoussoir ou un lieu peu amène à cause notamment de son insécurité, je m'entête à penser qu'elle recèle parmi les endroits les plus charmants de la métropole. Les connoisseurs s'accordent à dire que le patrimoine le mieux préservé des ravages de la bruxellisation est à Schaerbeek. On attend par ailleurs avec impatience que le fantastique site de l'inventaire du patrimoine bruxellois (celui-ci) se penche sur les splendeurs de la commune, comme ce fut fait pour St-Gilles, Ixelles ou Woluwé. Schaerbeek, du nom d'un affluent de la Senne, le grand fleuve de Bruxelles s'est construit comme un faubourg, une extension du "pentagone" du centre. Les bourgeois édifièrent des maisons inspirées et charmantes, libres de s'accaparer toutes les modes architecturales. Le livre fourmille d'anecdotes plaisantes, comme par exemple dans les premières pages qui rappellent qu'avant son urbanisation la commune très rurale était fameuse pour ces cerises et ses ânes. j'espère vous faire part d'autres anecdotes et même de photos que je prendrai on the field le livre propose seulement des reproductions en noir et blanc.


Une peinture d'Hippolyte Boulenger, la vallée de Josaphat, qui représente Schaerbeek avant Schaerbeek.




jeudi 24 septembre 2009

Les craquements de l'irréel

Qui croit encore à l'idéal multiculturel?
-Une auteure
-une proviseure
-un sociologue
-un journaliste
-une animateure de quartier

Dans la foulée d'un article d'opinion signée par une "proviseure", publié par le journal Libération, nous lisons toute une série de réactions qui sont des témoignages que je vous engage à lire pour mesurer les tristes développements de l'idéal multiculturel. C'est ici. En substance, une dame exhorte ces concitoyens à ne pas fuir les établissements dits sensibles afin que s'accomplisse une mixité sociale indispensable à l'épanouissement de tous. Les lecteur(-e)s piqué(-e)s dans leur conscience citoyenne répliquent. "Oui, nous sommes prêts à payer le prix de l’entre-soi". Je me demande par ailleurs si ce bon journal publie volontairement ce genre de tribune pour se permettre en douce de lever le voile sur une réalité qui n'est en droite ligne avec leur objectif éditorial.

mardi 22 septembre 2009

Pressons

Les grands écarts de José Luis Zapatero, le président espagnol, un des hommes politiques les plus chanceux du monde et pas des moins méritants, semble connaître des déboires qui le conduisent à vau-l'au, notamment en matière économique.... à lire ici

On the web at warp speed,, La bataille des navigateurs. Tout mâle moderne a un browser qui lui permet en général de rouler des mécaniques virtuelles auprès des donzelles inaptes à l'informatique. Depuis que google s'est lancé dans la bataille avec Chrome, la question est de savoir lequel est le meilleur. Vous feriez bien d'y réfléchir c'est un sujet qui est mis sur la table lors de dîner mondain.... à lire ici

Trains in spain signal the future. Pour quiconque passe un peu de temps en Espagne, force est de constater que le pays connaît, en dépit de l'actuelle crise de conjoncture, un épanouissement digne des trente glorieuses. L'ambitieuse conquête du rail est là pour le démontrer...à lire por aqui

Le dernier grand rêve de Frank Stronach. Frank Stronach est un personnage à l'ancienne qui réussit dans les affaires. rien ne dit qu'il n'y avait pas une petite place pour lui dans la comédie humaine. Ce mogul qui rachète les voitures Opel a fondé des communautés ouvrières aux Etats-unis, entre choses d'une vie bien déroutante.... suivez le chemin Très intéressant comme souvent avec Escande.