Un équipier de football a décidé de suivre un nouveau mouvement de soutien à une grande cause comme savent les pondre les fines équipes de communication. Pour accompagner la recherche contre un cancer (j'ai oublié lequel), il se laisse pousser la moustache. J'en prends des nouvelles régulièrement. Il m'a expliqué un des problèmes qui le préoccupe et qui à ma grande surprise m'a taraudé également. C'est ainsi que je me suis trouvé un compagnon de moustache. J'ai essayé, moi aussi, en secret, de laisser une moustache sur mon visage fleurir. Mais la tyrannique emprise de mon épouse (elle ne veut pas que je change la température intérieure de la voiture!) m'en a empêché. Il s'avère que pour certaines personnes, cette zone est moins propice à pilosité et qu'en conséquence l'efflorescence d'une moustache exige une patience acharnée. Je suis, comme tant d'autres, moustache-challenged. Je vais créer un mouvement. On va se laisser pousser les cheveux. Seront exclus les chauves, car j'estime que calvitie et moustache ne vont pas bon ménage.
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jeudi 17 novembre 2011
lundi 28 février 2011
Qu'avez-vous fait de vos résolutions?
Mes chers compatriotes, il est de mon devoir à cette période de l'année de vous rappeler aux devoirs velléitaires que vous vous promîtes à l'orée de l'année toute neuve, à la première minute du premier janvier. C'était il n'y a pas si longtemps, deux mois, pour être quasi-précis, et vous vouliez entamer un calendrier sans rature gonflé d'ambition et de prouesses qui ont été lamentablement négligées les années précédentes. En votre for intérieur, vous profitiez de cette page blanche pour y suggérer quelques grandes ou petites œuvres qui vous exhausserez du commun de vous-même. Sinon, à quoi bon une nouvelle année si ce n'est pour être le même, un dernier homme ratatiné, vidé, épuisé, par douze mois moroses, qui succèdent à douze précédents mois du même tonneau, c'est-à-dire contre lesquels on crée des nouvelles années pour permettre d'en faire table rase et être plein de bonnes résolutions. Une seconde chance, en quelque sorte ou pour être précis, une trentième, une cinquantième chance. Une résolution est quelque chose, une action, une activité qu'on n'a toujours souhaité faire, qu'on n'a manqué de faire soit par paresse, soit par faiblesse, soit par autre priorité et qu'on s'oblige à faire enfin pour être paix avec soi ou se proroger une once de fierté supplémentaire. Par exemple, cette année, j'ai décidé de me laver les dents tous les jours, je ne le faisais pas jadis parce que c'est fatigant, qu'en plus je crois que personne ne s'en rendra compte et aussi, je devais aller au bureau (autre priorité). Ma résolution serait de me laver les dents tous les jours, je m'y contraindrais, me donnant ainsi la sensation que mon année serait réussie, car elle m'aura apporté quelque chose de nouveau, un petit plus qui me ferait sentir un homme meilleur. Bien sûr, je conseillerais de ne pas être trop ambitieux dans ses résolutions, piloter un boeing n'est pas une "bonne résolution", car en plus de vous dégoûter des résolutions, vous vous sentirez affaibli, démoralisé sur votre capacité à ne pas savoir faire ce que vous vous infligez. Ne pas être à la hauteur de vos espoirs est un très mauvais signe de vitalité et vous ne rendez pas service à cette année pimpante qui vous aura accordé une nouvelle chance, en vous disant : " ah, oui, 2011, c'est l'année où je n'ai encore pas composé mon opéra!". Soyez réaliste dans vos résolutions : perdez un peu de poids, aller courir quelques mètres, achetez quelques plantes en pot, soyez attentionné avec votre copine. Pour ma part, il y a deux résolutions que je rate chaque année, envoyer des cartes de vœux et offrir une fleur à mon épouse le jour de la st-Valentin. Car, on se heurte ici à l'écueil des résolutions : on les oublie très vite. D'où ce rappel à l'ordre, doublé d'une proposition. Si d'aucuns ont la mémoire des noms, des visages, bien peu ont la mémoire des résolutions. C'est triste, mais la nature est ainsi faite. Vous pouvez les noter sur un bout de papier mais 90% des personnes qui le font déjà oublient l'endroit où ils ont laissé ce précieux sésame, c'est totalement inefficace, et obsolète à l'heure d'internet. Je propose donc que nous prenions nos résolutions chaque début de mois, car, si elles ne sont respectées ils vous restent le mois prochain pour avoir une autre chance. Les plus hyperactifs d'entre nous pourraient prendre des résolutions à chaque nouvelle heure, à chaque nouvelle minute, mais je me dois dans un souci de globalité de les mettre de côté, comme aussi les petits malins qui voudraient prendre de "mauvaises" résolutions, perdre ses cheveux, dire du bien d'Ikea ou piquer le courrier dans la boîte aux lettres des voisins. Ceux-la sont de biens mauvais sujets pour notre noble cause.
Vous me remercierez plus tard.
C'était Moi, dans Cycle des conférences inutiles, partie 1 mes petits conseils à la France
Vous me remercierez plus tard.
C'était Moi, dans Cycle des conférences inutiles, partie 1 mes petits conseils à la France
jeudi 25 novembre 2010
La mémoire d'hier
J'ai trouvé cette affiche sur un site américain, il me rappelle le film que j'avais beaucoup aimé (je n'aime pas revoir les films). Une scène qui me vient de temps en temps à l'esprit est celle où un des employés marchant dans la rue tape au carreau de la voiture du héros pour savoir si tout allait bien. Il pose la question suite à une opération qui consistait à lui effacer la mémoire et aurait peut-être mal tournée. Il n'y a donc aucun intérêt à lui poser la question, mais le héros tourmenté par autre chose, répond que tout va bien sans se demander pourquoi l'inconnu s'inquiète, il est seulement dans sa voiture.Sur l'affiche, il y a des cassettes à bande magnétique de la marque Maxell (je disais toujours Maxwell). Elles sont mes premiers pas dans la haute technologie. Quelle ne fut pas ma stupeur lorsque je découvrais que cela ne coûtait que 7 francs.
lundi 15 novembre 2010
Érudit voleur
"Le cheval dort aussi bien debout que couché. La plupart du temps, il somnole debout, les yeux mi-clos, ce qui lui permet de prendre la fuite rapidement en cas de danger. Ce type de sommeil est très léger, et le cheval doit s’allonger pour pouvoir dormir plus profondément.Le cheval ne se couche que quand il se sent en sécurité, par exemple dans son box, ou au sein du troupeau".
J'ai trouvé un site d'érudition que je garde pour moi. Le savoir est croustillant.
dimanche 12 septembre 2010
Que reste-t-il, j'ai envie de dire?
Dans une conférence inutile de janvier 2009, je me posais quelques questions sur la postérité du chanteur de variété engagé Michel Sardou. J'apprends (par hasard) que la très vénérable radio France culture (où il est rarement question de France et de Culture) se penche avec le plus grand sérieux du monde sur la postérité de... Joe Dassin. Faire son beurre sur l'actualité de la mort de Joe Dassin, voilà qui ne manque pas de panache. Je ne pense pas écouter l'émission, même si monsieur On m'a indiqué qu'une des présentatrices a des tics syntaxiques très amusants. Toujours est-il, quoi qu'il en soit, si on se décide de faire une capsule sur Michel Sardou, je peux vendre une petite chronique surjouée avec le plus grand des plaisirs.
ps.: Je vois sur cette page, cerise sur le pompon, que Christophe Barratier va faire une oeuvre. Le spécialistes de Barratier qui suivent ce weblog peuvent-ils confirmer?
ps.: Je vois sur cette page, cerise sur le pompon, que Christophe Barratier va faire une oeuvre. Le spécialistes de Barratier qui suivent ce weblog peuvent-ils confirmer?
mercredi 4 août 2010
Lieu de naissance des présidents de la IIIème République
La troisième République a duré de 1870 à 1940. Divers présidents se sont succédés durant cette période. Nous allons voir leur lieu de naissance.
Adolphe Thiers : Marseille
Patrice de Mac-Mahon : Sully (Bourgogne)
Jules Grévy : Mont-sous-Vaudrey (Jura)
Sadi Carnot : Limoges
Jean-Casimir Perier : Paris
Félix Faure : Paris
Emile Loubet : Marsanne (Drôme)
Armand Fallières : Mézin (Lot-et-garonne)
Raymond Poincaré : Bar-le-Duc
Paul Deschanel : Schaerbeek (Bruxelles)
Alexandre Millerand : Paris
Gaston Doumergue : Aigues-Vives (Gard)
Paul Doumer : Aurillac
Albert Lebrun : Mercy-le-Haut (Moselle)
Adolphe Thiers : Marseille
Patrice de Mac-Mahon : Sully (Bourgogne)
Jules Grévy : Mont-sous-Vaudrey (Jura)
Sadi Carnot : Limoges
Jean-Casimir Perier : Paris
Félix Faure : Paris
Emile Loubet : Marsanne (Drôme)
Armand Fallières : Mézin (Lot-et-garonne)
Raymond Poincaré : Bar-le-Duc
Paul Deschanel : Schaerbeek (Bruxelles)
Alexandre Millerand : Paris
Gaston Doumergue : Aigues-Vives (Gard)
Paul Doumer : Aurillac
Albert Lebrun : Mercy-le-Haut (Moselle)
Je me réjouis de voir que des personnalités de premier plan peuvent être les fruits de la lointaine province. J'y vois à vue de nez les survivances des baronnies (régime féodale), la dispersion géographique de l'élite protestante et la promotion sociale géographiquement équitable (Le président est un gars du coin). Si vous voyez d'autres motifs, n'hésitez pas à me le signaler.
vendredi 14 août 2009
Faites entrer Accusaman
Mes chers agneaux, si le tenancier de ce blog exerçait son activité dans les années soixante-dix (par on se sait quel miracle), d'Almendralejo75 ne dirait pas à d'Almendralejo2009 que le triangle des Bermudes de la passion criminelle française fût en Alsace-Lorraine, non, non, il dirait que l'Oise, ce modeste appartement en dessus de la fête (Paris), qui porte l'indicatif soixante, serait le trou noir de la pulsion dévastatrice et terrifiante. En effet, mes doux agneaux, en peu de temps, trois hommes fanatiques de la mort ont semé la psychose sur les départementales... faites entrer les accusés : Alain Lamare, Marcel Barbeault et un autre dont j'ai oublié le nom. Dans l'Oise, à mi-chemin entre Amiens et Paris, il était courant que le conducteur pressé laissa les clés sur le contact le temps d'une petite course, chose impensable aujourd'hui et qui laisse tout de même penser qu'en dehors des crimes aveugles qui se perpètrent à rythme régulier, la vie était douce dans l'Oise. Parmi les sadiques qui troublaient la quiétude campagnarde, Lamare, gendarme modèle, qui devenait héboïdophrène durant ses jours de congés. Lamare a volé, Lamare a violenté, Lamare a tué. Sans même éveiller les soupçons de ses collègues gendarmes. Il a envoyé une lettre aux enquêteurs, il les a fait tourné en bourrique. Entre Chantilly, Clermont, Creil, Senlis, Orry-la-ville et Fitz-james.
samedi 14 mars 2009
Zeitgeist, léger ajoût passant inaperçu (mais que vous pouvez lire)
Je dope une vieille conférence inutile d'une citation extraite de la revue du débat. Vous savez l'avantage avec les conférences inutiles, qui ont la chance d'honorer leur libellé et donc de passer superbement inaperçu, c'est qu'on peut les améliorer et les retravailler à loisir.
Antoine Compagnon est le premier à le savoir et il l'a souligné au début du chapitre consacré à Thibaudet dans les Antimodernes (Gallimard, 2005) : "En ce temps-là [dans l'entre-deux-guerres], on croyait encore que la condition humaine ne pouvait être comprise sans la littérature, qu'on vivait mieux avec la littérature, et la critique littéraire faisait figure de discipline souveraine, rendait légitime de parler de tout sans être spécialiste de rien."
Je profite de votre venue pour que vous ne repartiez pas complètement les mains vides. Il y a dans ce même débat, un extrait d'une fable de la Fontaine, agréablement chantournée :
Un baudet, chargé de reliques,
S'imagina qu'on l'adorait.
Dans ce penser, il se carrait,
Recevant comme siens l'encens et les cantiques.
Quelqu'un vit l'erreur et lui dit :
"Maìtre Baudet, ôtez-vous de l'esprit
Une vanité si folle.
Ce n'est pas vous, c'est l'idole
À qui cet honneur se rend,
Et que la gloire en est due.
"L'âne portant des reliques",
Fable de la Fontaine, livre V, fable XIV
Appelez-moi Guilbeaudet
Antoine Compagnon est le premier à le savoir et il l'a souligné au début du chapitre consacré à Thibaudet dans les Antimodernes (Gallimard, 2005) : "En ce temps-là [dans l'entre-deux-guerres], on croyait encore que la condition humaine ne pouvait être comprise sans la littérature, qu'on vivait mieux avec la littérature, et la critique littéraire faisait figure de discipline souveraine, rendait légitime de parler de tout sans être spécialiste de rien."
Je profite de votre venue pour que vous ne repartiez pas complètement les mains vides. Il y a dans ce même débat, un extrait d'une fable de la Fontaine, agréablement chantournée :
Un baudet, chargé de reliques,
S'imagina qu'on l'adorait.
Dans ce penser, il se carrait,
Recevant comme siens l'encens et les cantiques.
Quelqu'un vit l'erreur et lui dit :
"Maìtre Baudet, ôtez-vous de l'esprit
Une vanité si folle.
Ce n'est pas vous, c'est l'idole
À qui cet honneur se rend,
Et que la gloire en est due.
"L'âne portant des reliques",
Fable de la Fontaine, livre V, fable XIV
Appelez-moi Guilbeaudet
vendredi 6 février 2009
Alexandre Adler a eu raison
Nombreux sont parmi vous qui raillez ma bienveillante et aveugle admiration pour Alexandre Adler, je n'en ai cure. Rares sont, il est vrai, les motifs de réjouissance, de fanfariole* ou de ces instants en bandoulière où je fais plastron. Ces dernières années, il fallait être solidement accroché à son adlerophilie (qui n'est pas le porté d'Adler) et je le fus. Mais cette semaine, nasillards coquins, je suis récompensé de mon opiniâtreté de marin breton, de mon sisu alsaco-flamand, Adler a eu raison. Lors des conférences de Davos, qui n'est que la pâle copie suisse des fora altermondialistes et tropicaux, j'en conviens, il a été reconnu qu'Alan Greenspan, l'ancien directeur de la Réserve fédérale américaine, a fait des erreurs intellectuelles, notamment sur sa politique du crédit, dont nous mesurons les conséquences aujourd'hui et demain. A l'inverse, le tant moqué, le tant critiqué, Jean-Claude Trichet, intransigeant à la limite du rigorisme, est désormais et bien tardivement célébré. Je glisse entre parenthèse qu'Alain Madelin s'est une nouvelle fois trompé, comme souvent et comme tant d'autre. Alexandre Adler a souvent vanté le courage de Trichet et pas seulement par une amitié partagée et suspecte pour Chirac, il l'a nommé "homme de l'année", je m'en souviens, au moment où le directeur de la Banque Centrale fut vilipendé par ses confrères économistes, plus faux-frères que confrères. Comme souvent, Alexandre A. a eu le nez creux et pour une fois, les événements se sont conformés à la vérité, la vérité sort toujours de la bouche d'Adler, c'est la réalité qui divague.
*fanfariole : mélange de fanfaronnade et de gloriole
*fanfariole : mélange de fanfaronnade et de gloriole
vendredi 30 janvier 2009
Zeitgeist
Je me permettrai cette fois-ci non pas de reprendre un article du magazine britannique connu et tant chéri de tous pour alimenter le Zeitgeist, mais plutôt de soumettre mes menues réflexions à voix haute sur l'ère du temps. On entend fleurir sur le goudron fumant l'expression "un ère post-littéraire", qu'est-ce? comme dirait la caissière.
J'entends par ère post-littéraire un moment culturel où la littérature n'est plus utilisée pour produire une vision du monde (une cosmogonie?). Ses contemporains se servent d'instruments sociologiques, ou psychologiques, ou idéologiques pour comprendre le monde. De la sorte, un écrivain est toujours assimilé à ce qu'il écrit. Houellebecq s'étonna qu'on lui fit un procès parce qu'une de ses créations, le narrateur, d'un de ses romans, émit des opinions critiques sur l'islam. L'auteur était dans l'esprit de beaucoup un raciste et malade d'une phobie inconnue jusque lors, inventée pour lui, l'islamophobie. On juge l'homme avant de juger l'œuvre. On estime que ce qui doit être écrit, c'est ce qui doit être, selon la fameuse devise de la halde. Ce n'est plus l'œuvre qui est à l'avant-garde, c'est l'idéologie qui est aux avant-postes.
Qu'en pensez-vous?
J'entends par ère post-littéraire un moment culturel où la littérature n'est plus utilisée pour produire une vision du monde (une cosmogonie?). Ses contemporains se servent d'instruments sociologiques, ou psychologiques, ou idéologiques pour comprendre le monde. De la sorte, un écrivain est toujours assimilé à ce qu'il écrit. Houellebecq s'étonna qu'on lui fit un procès parce qu'une de ses créations, le narrateur, d'un de ses romans, émit des opinions critiques sur l'islam. L'auteur était dans l'esprit de beaucoup un raciste et malade d'une phobie inconnue jusque lors, inventée pour lui, l'islamophobie. On juge l'homme avant de juger l'œuvre. On estime que ce qui doit être écrit, c'est ce qui doit être, selon la fameuse devise de la halde. Ce n'est plus l'œuvre qui est à l'avant-garde, c'est l'idéologie qui est aux avant-postes.
Qu'en pensez-vous?
vendredi 23 janvier 2009
Conférence inutile sur un chanteur de variété
Mon lecteur et ami chambérien me fit parvenir une question très pertinente et pointue, comme souvent, me plongeant dans des abîmes de perplexité et dans une réflexion intrépide quoiqu'angoissante. Et comme il faut faire des choses avec de l'angoisse, comme l'eut dit Rilke à son amie Andréas-Salomé en 1903, je me propose de réouvrir le cycle des conférences inutiles, en formulant tel un pilote d'une voiture rapide quelques éléments de réponse à la question cruciale et polémique que m'envoya bien obligeamment mon doux et rare ami de Chambéry, "peut-on dire qu'après quarante ans de carrière et trois cents chansons, il est très difficile de distinguer une quelconque cohérence idéologique dans le corpus des textes de Michel Sardou?". Sujet polémique, sujet épineux que nous embrassons là, à quelques jours de la chandeleur. J'entends des oh, j'entends des ah!, mais loin de moi l'idée d'obvier le sujet Sardou. Le cas Sardou. Michel, le polémique, Michel, le provocateur, Michel, l'homme libre, l'homme-limite, seront les axes de ma conférence en solitaire, les axes, toujours selon mon ami Rilke, so weit, so nah, des axes tels "un influx de conviction vécue que le sens de mythes immémoriaux semblait se précipiter, dissous, dans le lit de ce fleuve verbal, portant la conviction entêtée de cet étrange original sur un plus vaste courant...".
Peu d'hommes peuvent s'auréoler de l'aura de rébellion dont peut se revêtir ceux, rares, qui ont été censurés par le général de Gaulle. Comme Gainsbourg, Sardou, le polémique, l'impétueux, l'histrion, le licencieux, une fois délivré du royaume des hommes, gagnera le respect dû au poil-à-gratter bout-en-train immémoriaux. Car vous l'oubliâtes, la ritournelle sur les ricains, qui tant déplût aux autorités fit de lui un anticonformiste héritier, un fils-à-papa tranquille et insolent comme un élève de classe préparatoire d'école de commerce, une sorte de moderne anti-moderne de la chanson française, le chansonnier de la consanguinité. Mon ami et non-lecteur Yb fit une moue décomposée lorsque je lui exposai les mérites de l'homme Sardou, et me répliqua des airs du groupe de Ntm en pleine figure. Or, ce groupe-ci, monsieur, est un groupe instituée, un groupe fossilisée, un groupe académique, alors que jamais un hymne tel que le bon temps des colonies n'est enseigné à nos progénitures dans les écoles sarkozystes, Michels est laissé au peuple, il est l'incarnation de la chanson populaire, lui a fuit les têtes vides des écoliers pour se loger dans les cœurs des adultes. Ces cœurs de la plèbe qui murmurent du Sardou. Comme le dit Jean-Louis Murat, "Suicidez-vous, le peuple est mort", Sardou est l'Orphée du cortège funèbre du peuple qui s'ennuie les soirs de Noël.
Peu d'hommes peuvent s'auréoler de l'aura de rébellion dont peut se revêtir ceux, rares, qui ont été censurés par le général de Gaulle. Comme Gainsbourg, Sardou, le polémique, l'impétueux, l'histrion, le licencieux, une fois délivré du royaume des hommes, gagnera le respect dû au poil-à-gratter bout-en-train immémoriaux. Car vous l'oubliâtes, la ritournelle sur les ricains, qui tant déplût aux autorités fit de lui un anticonformiste héritier, un fils-à-papa tranquille et insolent comme un élève de classe préparatoire d'école de commerce, une sorte de moderne anti-moderne de la chanson française, le chansonnier de la consanguinité. Mon ami et non-lecteur Yb fit une moue décomposée lorsque je lui exposai les mérites de l'homme Sardou, et me répliqua des airs du groupe de Ntm en pleine figure. Or, ce groupe-ci, monsieur, est un groupe instituée, un groupe fossilisée, un groupe académique, alors que jamais un hymne tel que le bon temps des colonies n'est enseigné à nos progénitures dans les écoles sarkozystes, Michels est laissé au peuple, il est l'incarnation de la chanson populaire, lui a fuit les têtes vides des écoliers pour se loger dans les cœurs des adultes. Ces cœurs de la plèbe qui murmurent du Sardou. Comme le dit Jean-Louis Murat, "Suicidez-vous, le peuple est mort", Sardou est l'Orphée du cortège funèbre du peuple qui s'ennuie les soirs de Noël.
mercredi 24 décembre 2008
Faites entrer Accusaman
Dans une de ces fameuses et trépidantes émissions, qui font la gloire du service public télévisuel français, j'ai nommé la dite émission "Faites entrer l'accusé", le spectateur attentif et méditatif a pu dans la demi-saison écoulée se laisser aller à quelques réflexions que je vous livre à la ericcantonade.
Un homme, bien que sauvé le croit-on par ses origines vendéenne (le vendéen est bon), se révèle être en vérité un ignoble et froid dépeceur de compagnes, qui en dix années d'intervalle a tué et enterré les femmes avec qui il partageait sa modeste vie de cafetier. Condamné à des années de prison, le criminel tombe gravement malade dans sa cellule. Il est atteint, de l'avis des spécialistes, d'un cancer incurable, si bien qu'en vertu d'une loi pondue opportunément par Kouchner en ce temps, il put, en sa qualité d'agonisant, terminé sa sinistre vie dans son chaleureux et réconfortant foyer familial dans un douillet pavillon d'un modeste lotissement de la côte Atlantique comme notre pays en regorge tant. Cependant, bien que condamné par les plus éminents spécialistes tant judiciaires que médicaux, notre homme se remet peu à peu, difficilement, mais par on ne sait quel miracle redevient un homme valide à la grande stupeur du voisinage, qui surprend le criminel libre bricoler ou chercher des baguettes pour ses bien-aimés parents. Le voisinage prend peur, en toute connaissance de la réputation de l'homme qui devrait dans un monde normal leur laisser la tranquilité en croupissant dans de sinistres cellules de condamné. Passons sur l'ambiance, peur sur la ville, et remémorons nous les propos du maire, interrogé par les méticuleux journalistes. Le maire sortait les lettres des habitants se plaignant de l'activité du dangereux quidam, il lisait des lignes qui faisaient état des moindres faits et gestes du malade. Alors, il dit : "il est plus surveillé que s'il était en prison". C'est certainement cette passion française que la Halde a voulu réveiller en exhortant nos concitoyens à dénoncer les cas patents de "discrimination", mot entre guillemet qui conserve toute sa subjectivité d'opinion et de sentiment. après quelques allers-retours spectaculaires, l'homme mourut en prison au grand soulagement des familles des victimes et des épistoliers enthousiastes.
Un homme, bien que sauvé le croit-on par ses origines vendéenne (le vendéen est bon), se révèle être en vérité un ignoble et froid dépeceur de compagnes, qui en dix années d'intervalle a tué et enterré les femmes avec qui il partageait sa modeste vie de cafetier. Condamné à des années de prison, le criminel tombe gravement malade dans sa cellule. Il est atteint, de l'avis des spécialistes, d'un cancer incurable, si bien qu'en vertu d'une loi pondue opportunément par Kouchner en ce temps, il put, en sa qualité d'agonisant, terminé sa sinistre vie dans son chaleureux et réconfortant foyer familial dans un douillet pavillon d'un modeste lotissement de la côte Atlantique comme notre pays en regorge tant. Cependant, bien que condamné par les plus éminents spécialistes tant judiciaires que médicaux, notre homme se remet peu à peu, difficilement, mais par on ne sait quel miracle redevient un homme valide à la grande stupeur du voisinage, qui surprend le criminel libre bricoler ou chercher des baguettes pour ses bien-aimés parents. Le voisinage prend peur, en toute connaissance de la réputation de l'homme qui devrait dans un monde normal leur laisser la tranquilité en croupissant dans de sinistres cellules de condamné. Passons sur l'ambiance, peur sur la ville, et remémorons nous les propos du maire, interrogé par les méticuleux journalistes. Le maire sortait les lettres des habitants se plaignant de l'activité du dangereux quidam, il lisait des lignes qui faisaient état des moindres faits et gestes du malade. Alors, il dit : "il est plus surveillé que s'il était en prison". C'est certainement cette passion française que la Halde a voulu réveiller en exhortant nos concitoyens à dénoncer les cas patents de "discrimination", mot entre guillemet qui conserve toute sa subjectivité d'opinion et de sentiment. après quelques allers-retours spectaculaires, l'homme mourut en prison au grand soulagement des familles des victimes et des épistoliers enthousiastes.
samedi 13 décembre 2008
Anecdotes chevelues
Une fois n'est pas coutume, nous allons sombrer dans la retape la plus honteuse, il serait question de stars et de cheveux.


Céline Dion s'est attirée la rancœur de tous les coiffeurs du monde par le fait qu'elle ne souhaite pas que son jeune enfant, huit ans, se fasse couper les cheveux. Ce qui semble être tout à fait criminel pour la profession. Les statistiques seraient formelles si on les consultait, si on les passait au peigne fin pour ainsi dire (mais n'est-ce pas le but de ce blog de mettre le doigt dans la plaie, de couper les cheveux en quatre?) on ne passe plus de Dion dans les salons de coiffure; pire, les ventes de disques dans les CSP coiffure sont en chute libre.
En Belgique, la coupe de cheveux est un véritable allié sociologique. Dans les quartiers plus ou moins aisés, Uccle ou Woluwé, pour ne pas les nommer, des hordes d'adolescents aux coupes de cheveux bien reconnaissable, se baladent insouciant dans le métro Montgomery, se donnent rendez-vous pour un prochain karaoké, rue Bailly ou pour la sortie scout du weekend.
Il existe en Savoie un petit village nommé St-Jean-de-Chevelu, sur la route de Belley à Chambéry. A l'entrée du tunnel qui s'enfonce dans le mont du chat, le village souffre de l'important trafic de camions qui rendent la vie impossible aux 584 quiets chevelans (et non chevelus).
En Belgique, la coupe de cheveux est un véritable allié sociologique. Dans les quartiers plus ou moins aisés, Uccle ou Woluwé, pour ne pas les nommer, des hordes d'adolescents aux coupes de cheveux bien reconnaissable, se baladent insouciant dans le métro Montgomery, se donnent rendez-vous pour un prochain karaoké, rue Bailly ou pour la sortie scout du weekend.
Il existe en Savoie un petit village nommé St-Jean-de-Chevelu, sur la route de Belley à Chambéry. A l'entrée du tunnel qui s'enfonce dans le mont du chat, le village souffre de l'important trafic de camions qui rendent la vie impossible aux 584 quiets chevelans (et non chevelus).
mardi 9 décembre 2008
The Day Robert Metcalfe ate his words
En 1995, Robert Metcalfe, le grisonnant patron d'une puissante société spécialisée dans les équipements en réseaux, alarmait le grand public de la disparition d'internet devant advenir l'année suivante, lors de la ténébreuse année 1996. L'homme est pris au sérieux, il n'est pas un Paco Rabanne de supérette, il est l'inventeur de l'ethernet (que je ne m'aventurerais pas à décrire aujourd'hui). Il explique que l'internet souffrira d'un phénomène de "gigalapses" dans lequel on peut comprendre que les infrastructures ne pourront plus accueillir le trafic, en conséquence de quoi, l'internet sera inutilisable au grand désarroi de mon sournoise ignorance (en ce temps-là, je n'avais jamais entendu parler de la chose). Il promit qu'il mangerait ses mots, si sa prédiction s'avérait fausse. En 1997, l'homme se présenta devant un auditoire impitoyable, déchira l'article dans lequel il s'était majestueusement trompé, voulut le mélanger à un cake pour l'ingurgiter. L'auditoire, qui n'avait pas inventé l'ethernet, protesta vigoureusement contre l'allégement de la peine. Il le but. Car, déjà, il fut un temps, où on ne badinait pas avec les déclinologues, ma petite dame.
Eating my Collapse Column
Eating my Collapse Column
samedi 25 octobre 2008
Confèrence inutile sur une anecdote linguistique
Contrairement à l'anglais répandu aux quatre coins du globe (hé, hé) ou au flamand répandu aux quatre coins de la Flandre, la langue espagnole présente une unité qui fait d'elle un véhicule accessible et liant pour toute la communauté. Ainsi un angelino comprend mieux un petit gars d'Almendralejo, qu'un limbourgeois un petit ketje de Veurne, pourtant distant de quelques encablures belges -notons en parenthèse que la Belgique est une unité de mesure forestière qui comptabilise les étendues de forêts qui disparaissent chaque année - mais de rien-. Néanmoins, comme pour toute langue vernaculaire, il existe des variations bien distinctes qui marquent son homme et son territoire. Il y a certes trois grandes aires linguistiques, l'espagnol américain (sur lequel j'espère revenir plus tard), l'espagnol latino-américain et l'espagnol classique, jalousement et sévèrement chaperonné par Real academia. Toutefois, à l'heure de l'uniformisation mondialisée dont on goûte tous les jours les ravages, un vocabulaire propre à chaque pays, à chaque village, distingue les origines. Ce que nous pouvons voir à travers le mot pololo. Un pololo, pour un espagnol, ne sera rien d'autre qu'un pantalon court, non, je vous vois venir, pas un panta-court popularisé dans les années deux-mil par le sportif mallorquin Rafaël Nadal, mais plutôt les antédiluviens pantalons légers qu'on enfilait sous ses jupes dans des siècles barbares et obscurantistes qui ignoraient le chauffage et le réchauffement climatique. Vous comprenez bien que cet antique et aimable accoutrement risque de disparaître de nos gardes-robes et de notre vocabulaire à l'ère du tout-Lagerfeld. Or, il est un coin de la mappemonde où l'usage de ce mot fera de vous un amigo, fera scintiller dans l'œil de votre interlocuteur le brillant et émouvant sentiment d'appartenance qui existe encore, c'est le Chili. Là-bas, un pololo est un petit ami, un novio. Le mot tire son origine d'un insecte de Valparaiso, devenu l'emblème des pompiers du coin vaillants, musclés et bon à marier, attirant toute la concupiscence de la fine fleur du sexe faible. Ainsi, une fille qui a conquis le cœur d'un pompier se vante dans les bals d'avoir un pololo. C'est de là où s'est répandu l'expression comme une trainée de poudre dans tout le pays.
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