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vendredi 23 janvier 2009

La découverte de Schubert

Puisqu'il a été décidé par le comité consultatif d'amélioration de ce weblog (CCAW), conjointement au comité d'Organisation de la boda (le COB), que cette semaine serait consacrée à la découverte de l'œuvre de Schubert, les différents membres de la fine équipe, surtout moi, ont puisé dans les réserves infinies de l'internet pour se faire une idée de la musique du viennois. Je pense qu'une semaine supplémentaire ne serait pas de trop, d'autant que je n'ai pas approché les œuvres connues et célèbres, incontournables tels que la truite, Der Erkönig, ou les trios pour piano (qu'on m'a chaudement recommandé), usw... J'ai, certes, fait l'acquisition du disque Winterreise, interprété par Dietrich Fischer-Dieskau (qui n'est pas l'inventeur de la musique qui porte son nom), dont je suis tombé sous et sur le charme irrésistible, mais les différentes pièces ne nous seront d'usage pour l'objectif que nous nous assignons.
Qu'en pensez-vous?




Conférence inutile sur un chanteur de variété

Mon lecteur et ami chambérien me fit parvenir une question très pertinente et pointue, comme souvent, me plongeant dans des abîmes de perplexité et dans une réflexion intrépide quoiqu'angoissante. Et comme il faut faire des choses avec de l'angoisse, comme l'eut dit Rilke à son amie Andréas-Salomé en 1903, je me propose de réouvrir le cycle des conférences inutiles, en formulant tel un pilote d'une voiture rapide quelques éléments de réponse à la question cruciale et polémique que m'envoya bien obligeamment mon doux et rare ami de Chambéry, "peut-on dire qu'après quarante ans de carrière et trois cents chansons, il est très difficile de distinguer une quelconque cohérence idéologique dans le corpus des textes de Michel Sardou?". Sujet polémique, sujet épineux que nous embrassons là, à quelques jours de la chandeleur. J'entends des oh, j'entends des ah!, mais loin de moi l'idée d'obvier le sujet Sardou. Le cas Sardou. Michel, le polémique, Michel, le provocateur, Michel, l'homme libre, l'homme-limite, seront les axes de ma conférence en solitaire, les axes, toujours selon mon ami Rilke, so weit, so nah, des axes tels "un influx de conviction vécue que le sens de mythes immémoriaux semblait se précipiter, dissous, dans le lit de ce fleuve verbal, portant la conviction entêtée de cet étrange original sur un plus vaste courant...".
Peu d'hommes peuvent s'auréoler de l'aura de rébellion dont peut se revêtir ceux, rares, qui ont été censurés par le général de Gaulle. Comme Gainsbourg, Sardou, le polémique, l'impétueux, l'histrion, le licencieux, une fois délivré du royaume des hommes, gagnera le respect dû au poil-à-gratter bout-en-train immémoriaux. Car vous l'oubliâtes, la ritournelle sur les ricains, qui tant déplût aux autorités fit de lui un anticonformiste héritier, un fils-à-papa tranquille et insolent comme un élève de classe préparatoire d'école de commerce, une sorte de moderne anti-moderne de la chanson française, le chansonnier de la consanguinité. Mon ami et non-lecteur Yb fit une moue décomposée lorsque je lui exposai les mérites de l'homme Sardou, et me répliqua des airs du groupe de Ntm en pleine figure. Or, ce groupe-ci, monsieur, est un groupe instituée, un groupe fossilisée, un groupe académique, alors que jamais un hymne tel que le bon temps des colonies n'est enseigné à nos progénitures dans les écoles sarkozystes, Michels est laissé au peuple, il est l'incarnation de la chanson populaire, lui a fuit les têtes vides des écoliers pour se loger dans les cœurs des adultes. Ces cœurs de la plèbe qui murmurent du Sardou. Comme le dit Jean-Louis Murat, "Suicidez-vous, le peuple est mort", Sardou est l'Orphée du cortège funèbre du peuple qui s'ennuie les soirs de Noël.

jeudi 22 janvier 2009

Sur la Crise, entretien avec Michel Aglietta

Je recommande chaudement l'entretien qu'a livré le professeur Michel Aglietta sur les ondes de Canal Académie pour notre plus grand plaisir. L'économiste chambérien et chevronné a évoqué dans les grandes largeurs son livre répondant au doux nom de La Crise, qui a pour vocation d'expliquer les ressorts de la crise économique que nous traversons. On peut s'en fiche, mais il serait idiot de se priver d'un plaisir intellectuel de cet acabit. De cette conversation, digne des meilleures heures de France Culture, j'ai retenu moult idées que Aglietta a su exposer clairement à l'intelligence subsumée de ses auditeurs. Ainsi, il a expliqué en premier lieu, le mécanisme d'une crise économique où les acteurs, conscient du moment d'euphorie qu'ils traversent, rationalisent ce moment en s'assurant qu'il est infini. Greenspan a mis sur le compte de l'innovation financière la capacité à absorber l'endettement démentiel des ménages américains. De plus, l'essence de l'économie financière ne satisfait pas aux règles classiques ou néo-classiques d'autorégulation (plus un actif financier a un prix qui augmente, plus sa demande va augmenter, car la finance est une anticipation de la richesse future). Il date les origines de la crise à la crise asiatique (1997) et aux corrections qu'elle a entraînées, renversant les règles du commerce international où nous nous aperçûmes que les excédents des pays émergents finançaient la surconsommation des pays riches. Drôle de principe de solidarité. Par la suite, Michel Aglietta en bon keynésien évoque les actions des différents états et quelques scénarii futurs qu'en bon attaliste (ou adlérien, ne soyons pas sectaire) vous devriez apprécier. Je vais acheter ce livre en espérant vous en proposer quelques extraits ici même.

L'émission est en écoute sur internet : ne boudez pas votre plaisir ici

J'allais oublier deux trois rebondissements remarquables dans le cheminement logique du pédagogue. L'idée que si les taux d'intérêt sont proche de zéro, les politiques budgétaire et monétaire sont les mêmes, l'impact de l'entrée de la Chine dans l'OMC, le théorème de Irvin Fischer sur la déflation de la dette, j'adore!