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mardi 29 mars 2011

Qui l'eut cru 2030 ?

Mes ouailles, permettez moi de soumettre aujourd'hui à votre sagacité le mélange de deux genres qu'affectionnent particulièrement le tenanciers de ce weblog : la futurologie, nous ne sommes pas attalistes sans raison et l'étonnemment rétrospectif qui se manifestent par l'intermédiaire de nos interjections "Qui l'eut cru?". Je propose à vos oreilles mises en appétit, donc salivantes, un "qui l'eut cru 2030"? C'est ambitieux, mais vous le valez bien.
Le journal économique belge L'écho m'apprend que la tendance à la chirurgie esthétique chez les mâles américains est de plus en plus visible dans les courbes qu'elles soient statistiques ou ventrales. Comme tout ce qui vient des Etats-unis a de fortes chances de s'ancrer dans nos habitudes, le mâle européen va plus que certainement se laisser aller à ce rafistolage physique avec un engouement moutonnier. Vous pouvez déjà imaginer un de vos amis, pas portés sur l'apparence physique, vous annoncer dans vingt ans : "Ecoute, je suis allé chez le chirurgien esthétique, ne ris pas, je te recommande de faire de même, je suis un autre homme". Pensez à quelqu'un d'intègre, un ami écolo par exemple qui critique la marchandisation du corps de la femme même saôul, vous devez bien en connaître un, ou alors une connaissance qui n'a pas bâti l'estime sur son attraction physique et dont le charme vient d'un mélange si unique qui lui appartient et qu'il manie à merveille et écriez-vous "purée, qui l'eut cru?" On imagine toujours que ces pratiques sont l'apanage de personnes vieillissantes, un peu sur le déclin, complexées ou vexées de ne plus pouvoir compter sur un atout physique et superficiel, mais bientôt, ce sera commun, répandu comme le blackberry ou les prénoms d'enfant ridicules. Alors repensez à ce moment présent qui sera le passé, le "bon temps" où au moins on pouvait reconnnaître les enfants et les parents, où le terme poupée ne s'utilisait qu'au figuré, et vous vous direz à propos d'un tel, "qui l'eut cru?"

jeudi 22 janvier 2009

Sur la Crise, entretien avec Michel Aglietta

Je recommande chaudement l'entretien qu'a livré le professeur Michel Aglietta sur les ondes de Canal Académie pour notre plus grand plaisir. L'économiste chambérien et chevronné a évoqué dans les grandes largeurs son livre répondant au doux nom de La Crise, qui a pour vocation d'expliquer les ressorts de la crise économique que nous traversons. On peut s'en fiche, mais il serait idiot de se priver d'un plaisir intellectuel de cet acabit. De cette conversation, digne des meilleures heures de France Culture, j'ai retenu moult idées que Aglietta a su exposer clairement à l'intelligence subsumée de ses auditeurs. Ainsi, il a expliqué en premier lieu, le mécanisme d'une crise économique où les acteurs, conscient du moment d'euphorie qu'ils traversent, rationalisent ce moment en s'assurant qu'il est infini. Greenspan a mis sur le compte de l'innovation financière la capacité à absorber l'endettement démentiel des ménages américains. De plus, l'essence de l'économie financière ne satisfait pas aux règles classiques ou néo-classiques d'autorégulation (plus un actif financier a un prix qui augmente, plus sa demande va augmenter, car la finance est une anticipation de la richesse future). Il date les origines de la crise à la crise asiatique (1997) et aux corrections qu'elle a entraînées, renversant les règles du commerce international où nous nous aperçûmes que les excédents des pays émergents finançaient la surconsommation des pays riches. Drôle de principe de solidarité. Par la suite, Michel Aglietta en bon keynésien évoque les actions des différents états et quelques scénarii futurs qu'en bon attaliste (ou adlérien, ne soyons pas sectaire) vous devriez apprécier. Je vais acheter ce livre en espérant vous en proposer quelques extraits ici même.

L'émission est en écoute sur internet : ne boudez pas votre plaisir ici

J'allais oublier deux trois rebondissements remarquables dans le cheminement logique du pédagogue. L'idée que si les taux d'intérêt sont proche de zéro, les politiques budgétaire et monétaire sont les mêmes, l'impact de l'entrée de la Chine dans l'OMC, le théorème de Irvin Fischer sur la déflation de la dette, j'adore!


samedi 25 octobre 2008

Confèrence inutile sur une anecdote linguistique

Contrairement à l'anglais répandu aux quatre coins du globe (hé, hé) ou au flamand répandu aux quatre coins de la Flandre, la langue espagnole présente une unité qui fait d'elle un véhicule accessible et liant pour toute la communauté. Ainsi un angelino comprend mieux un petit gars d'Almendralejo, qu'un limbourgeois un petit ketje de Veurne, pourtant distant de quelques encablures belges -notons en parenthèse que la Belgique est une unité de mesure forestière qui comptabilise les étendues de forêts qui disparaissent chaque année - mais de rien-. Néanmoins, comme pour toute langue vernaculaire, il existe des variations bien distinctes qui marquent son homme et son territoire. Il y a certes trois grandes aires linguistiques, l'espagnol américain (sur lequel j'espère revenir plus tard), l'espagnol latino-américain et l'espagnol classique, jalousement et sévèrement chaperonné par Real academia. Toutefois, à l'heure de l'uniformisation mondialisée dont on goûte tous les jours les ravages, un vocabulaire propre à chaque pays, à chaque village, distingue les origines. Ce que nous pouvons voir à travers le mot pololo. Un pololo, pour un espagnol, ne sera rien d'autre qu'un pantalon court, non, je vous vois venir, pas un panta-court popularisé dans les années deux-mil par le sportif mallorquin Rafaël Nadal, mais plutôt les antédiluviens pantalons légers qu'on enfilait sous ses jupes dans des siècles barbares et obscurantistes qui ignoraient le chauffage et le réchauffement climatique. Vous comprenez bien que cet antique et aimable accoutrement risque de disparaître de nos gardes-robes et de notre vocabulaire à l'ère du tout-Lagerfeld. Or, il est un coin de la mappemonde où l'usage de ce mot fera de vous un amigo, fera scintiller dans l'œil de votre interlocuteur le brillant et émouvant sentiment d'appartenance qui existe encore, c'est le Chili. Là-bas, un pololo est un petit ami, un novio. Le mot tire son origine d'un insecte de Valparaiso, devenu l'emblème des pompiers du coin vaillants, musclés et bon à marier, attirant toute la concupiscence de la fine fleur du sexe faible. Ainsi, une fille qui a conquis le cœur d'un pompier se vante dans les bals d'avoir un pololo. C'est de là où s'est répandu l'expression comme une trainée de poudre dans tout le pays.

Mi pololo, amor de mi vida