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vendredi 30 mars 2012

Le jour où je voulais arrêter d'être français

Je suis en train de râler sur la France et je dis à mon épouse que je ne suis plus français, que ce pays va à vau-l'au, ce sera sans moi et elle me répond que ce que je fais est typiquement français. Ce n'est pas faux, mon autre moitié d'identité ne se pose jamais la question de savoir si elle est ou si elle n'est plus, si elle arrête de l'être ou ne veut plus l'être. Si lui venait à l'esprit de déclamer : "j'arrête d'être belge", je crois qu'elle rirait d'elle-même, en disant sous couvert d'un petit rire contrit : "Eh bien retourne à ton inexistence!". Mais qu'on me comprenne bien, je me sens tellement loin de ce qu'on appelle communément "les préoccupations des français", du sort que mes concitoyens lient à leur patrie, du futur qu'ils se forgent (ou se creusent), que je sens que je veux abandonner cette partie de moi-même, mais disant cela, je suis encore plus français, car je renforce cet esprit de considérations générales et mythico-existencielles que peu de pays possèdent, de telle sorte que j'aboutis à ce galimatias : "plus je renonce à être français, plus je suis français". Alors aidez-moi : "Comment ne plus être français?"

jeudi 15 mars 2012

Chronicle

J'ai vu un film au cinématographe du centre-ville et je dois avouer que j'ai passé un bon moment, le film a satisfait de manière adéquate à mes attentes. J'ai vu ce que je voulais voir. Si j'étais tout à fait français, je dirais que Chronicle est un des meilleurs films sur l'adolescence de ces vingt-cinq dernières années. Je ne l'écrirais pas car je n'ai pas vu tous les films sur ce thème, soyons honnête. Je ne nie pas que les français puissent être honnêtes, mais ne trouvez-vous pas qu'ils exagèrent lorsqu'ils classent les objets qu'ils se sont eux-même attribués? N'entend-on pas : "j'achète mes pains au chocolat dans la meilleure pâtisserie de la ville (Ah, tu les as toutes essayées?), "on dit que mon fils est dans une des meilleures écoles du pays" (selon quel classement et quels critères?), Paris est la plus belle ville du monde (sous-entendu, je suis quelqu'un car moi, j'habite la plus belle ville monde), il est rare en effet qu'on ne les entende dire, "je vais dans la plus mauvaise salle de sport du quartier ou je lis le 25ème meilleur journal du monde". C'est une manière d'exprimer sa fierté. Mais revenons au film en question, Chronicle. D'une part, j'aime beaucoup le principe de found footage movie, car cela exige un minimum de sérieux dans la mise en scène d'un film de genre, produire ici un effet réaliste et amateur alors qu'on a affaire à des supers pouvoirs, cela me séduit sur le papier. D'autre part, démultiplier les affres de l'adolescence à travers le prisme d'une force incontrôlée et mal canalisée, insister sur le fait qu'un adolescent est une bombe humaine, c'est bien vu, mais on me dit que c'est déjà le cas dans Spiderman, le meilleur film d'araignée humaine de tous les temps.

jeudi 10 novembre 2011

Vivre avec ses défauts

Tout comme le fait que les français n'aiment pas se laver, Accompagnateur déteste arriver à l'heure, il est de mon côté quelques aspects d'une toute grande banalité que je m'efforce de ne pas corriger en dépit de la brutalité de la main invisible, la si fameuse dévoilée par Adam Smith, celle qui nous fait rentrer dans le rang en nous tirant les oreilles, nous corrige par une fessée ou sème des embûches qui nous marquent au fer rouge. Cette organe (invisible) de correction pourrait expliquer pourquoi les "amoureux de littérature" se convertissent à partir d'un certain âge en obsédé de l'argent, pourquoi les jeunes décident de voter à droite ou de ne plus écouter de reggae musique, pourquoi soudainement on méprise le cinéma, bref cette paternelle main qui nous amène sur le haut de colline et nous impose de regarder la réalité. Il n'est pas simple de passer outre ces corrections, on peut surmonter les humiliations pour les plus stoïques, mais cela exige beaucoup d'abnégation ou un je-m'en-foutisme-certain ou un handicap définitif. Je ne sais comment classer ces deux actions que je ne peux me résoudre à faire dans la facilité : téléphoner et aller chez le coiffeur. N'insistez pas, c'est une souffrance. J'attends le moment où l'âge fera qu'on n'y pourra plus rien, que tout le monde aura renoncé à nous corriger et qu'on aura assimilé l'idée que cela fait partie de notre personnalité. Lorsqu'on dira : X n'appelle jamais à la place de X n'a toujours pas appelé, il pourrait au moins le faire, c'est un manque de politesse. On aura gagné le respect.

vendredi 7 octobre 2011

La compétition est rude

Grande déception du côté de la blogosphère où mon indispensable et solaire page personnelle perd deux mille places durement acquises au classement wikio, dégringolant dans d'imaginables tréfonds au-delà de la 30000ème places). Je paie cash un relâchement coupable, mais surtout la rentrée des bureaux où le français résolument blogue durant ses occupations professionnelles et productives. Bravo à lui! Mais que la concurrence est rude, je tiens ici à m'incliner bien bas devant sa seigneurie sarkofrance qui en a rédigé deux mille billets en trois ans (sans compter les tweets et ses TROIS autres blogues). Je ne suis pas aussi multitâche et malheureusement d'autres activités et un nouveau blog collectif m'ont détourné des sommets de la reconnaissance de la communauté internet. Toutes mes excuses (quand j'aurai un vrai travail, ça ira mieux, promis).

samedi 28 août 2010

No lo olvides


Les Thévenot viennent dîner chez les Sénéchal. Surprise : le repas était prévu pour le lendemain.

Belles photos d'une départementale.

vendredi 13 août 2010

Ils quittèrent la France

Pour me constituer une histoire de l'émigration française (qui doit exister), l'alimenter de façon lacunaire, partielle, au hasard des lectures, je consigne sur ce blog des extraits de livres qui en parle.


En 1661, Louis XIV monta sur le trône. il interpréta bientôt l'édit de Nantes dans un sens restrictif et vexatoire : comme le texte ne précisait pas que les protestants pouvaient bâtir de nouveaux temples, il fit détruire tous ceux qui avaient été construits depuis 1599. Des limitations du droit de propriété leur furent imposées. Certaines écoles leur furent interdites.
Nombreux étaient les huguenots qui sentirent que les vraies persécutions risquaient de recommencer. Dans les années qui précédèrent la révocation de l'édit de Nantes, entre soixante mille et cent mille protestants quittèrent la France pour trouver refuge en Hollande.
La suite des événements leur donna raison. Le 17 octobre 1685, au cours d'une cérémonie solennelle, Louis XIV révoqua l'édit de Nantes. Pour les protestants demeurés en France, la situation était tragiquement claire : privés de tout droit ils étaient placés dans l'obligation de se convertir. Quant aux passteurs, ils avaient deux semaines pour quitter la France. (...)
Quarante mille à soixante mille huguenots de plus réussirent cependant à fuir le royaume. De 1572 à 1686, deux cent mille à trois cent mille protestants préférèrent tout abandonner plutôt que leur croyance et prirenmt les chemins de l'exil volontaire.
Comme ils étaient en général plus instruits que la moyenne des Français, qu'ils étaient bons artisans, ils n'eurent guère de problème d'intégration. L'Angleterre, la Prusse, l'Amérique mais surtout la Hollande, les accueillirent volontiers.

Bernard Lugan, Huguenots et Français, ils ont fait l'Afrique du Sud, éd. La Table Ronde, p.58

Le livre est passionnant, et ne trahit pas les excellents extraits vidéos dans lesquels intervient l'auteur.

vendredi 6 août 2010

Charles Péguy : une humanité française

Les émissions de Canal académie révèle l'excellence de la recherche et la passion de nos concitoyens les plus érudits. Très souvent, c'est un plaisir que de les écouter. Ici, une émission sur le grand écrivain, Charles Péguy, évoque moins son œuvre littéraire que sa pensée politique, synthétique, mystérieuse, trouble. Fruit de l'héritage français, on retrouve cette transmission chez le Général de Gaulle.

Charles-Peguy-une-humanite by Almendralejo

L'historien Arnaud Teyssier vient présenter son ouvrage, une biographie de Charles Péguy. Le titre du livre Charles Péguy, une humanité française est très intéressant (peut-être un peu raciste pour certains babéliens). J'espère que vous écouterez l'émission.

mardi 16 mars 2010

Le coeur français

Le concept de French paradox est né il y a près de vingt ans lorsque statisticiens et cardiologues se sont intéressés aux données concernant des maladies des artères coronaires (infarctus du myocarde…). L’analyse des données mettait en évidence qu’en dépit de facteurs de risque identiques, les Français jouissent d’une santé cardiovasculaire à faire pâlir nos voisins européens et américains. Pour certains chercheurs, cette énigme, le fameux French paradox, trouverait son explication -entre autres- dans la consommation de vin. Pas si simple cependant puisque la santé cardiovasculaire d’un individu résulte de facteurs génétiques et de facteurs environnementaux comme l’alimentation, l’activité physique, la consommation d’alcool et de tabac. Les études épidémiologiques sont difficiles dans ce domaine où les facteurs de risque sont nombreux, certains liés entre eux, et où les paramètres sociaux jouent un rôle important.

Le French paradox alimentaire ou comment les Français, qui mangent plus de graisses et boivent plus de vin rouge que les autres, bénéficient d’un taux aussi faible d’accidents cardio-vasculaires. Tel est le sujet de cette quatrième Conférence Louis Pasteur. L’accent est mis sur les rôles que peuvent jouer les vins sur les maladies cardio-vasculaires.
Malgré tout, le French paradox intrigue tout particulièrement les cardiologues anglosaxons, qui ne cessent de se demander pourquoi le taux de mortalité par infarctus du myocarde est inférieur de moitié en France à celui que l’on observe aux États-Unis.

Une émission est consacrée à ce sujet sur canalacadémie, ici

vendredi 28 décembre 2007

L' esprit du peuple

Dans son journal, Renaud Camus évoque ce jeu de l'esprit qui occupe son ami, le photographe Frank Horvat. Il est tout à fait stimulant.

Frank Horvat adhère sans réserve à cette idée de Nietzsche selon laquelle les peuples honorent entre toutes les vertus la plus contraire à leur caractère, celle qu'ils possèdent le moins, qui leur est le moins naturelle. Nietzsche donne l'exemple des Allemands qui, s'ils placent au premier rang la loyauté, c'est parce qu'ils sont traîtres comme pas deux.

Corée, l'absente, journal 2004, éditions Fayard, Renaud Camus p.153


Elle me demande pourquoi convoquer Nietzsche alors que l'adage populaire espagnol le dit aussi bien et sans droit d'auteur : "dime de qué presumes, y te dire de qué careces ».

Pour ce qui concerne les français, je ne crois pas me tromper en mettant en avant son esprit ou -prétendu - esprit de résistance. Au pays d’Astérix, il n’est pas un jour sans qu’on entende quelqu’un entrer bruyamment en résistance. Un fonctionnaire des postes, un étudiant à la charge de ses parents, des blogeurs, des rolléristes, tous se satisfont d’être en opposition avec l’ordre des choses et d’y risquer beaucoup, plus que tout. Il m’a toujours semblé que la France, dans ses plus tristes manies, épousait avec vingt ans de retard les modes américaines. Comme rarement se déchaîne le politiquement correct, comme rarement tout le monde est en résistance. J’essaie de trouver à quoi nous résistons, nous français, à la mondialisation ? à l’avenir ? à l’argent ? au nazisme ? au chiraquisme ? Que ceux qui le font fougueusement ne résistent pas pour une fois à la tentation de nous le révéler.