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mercredi 1 août 2012

Chacun sa chimère

Aussi surprenant que cela puisse paraître pour ceux qui me connaissent, je le clame sans détour, j'ai besoin de vacances. Je traverse une longue période de fatigue qui m'ôte toute force et à cause de quoi l'incessante consommation de café commence à endolorir mes tripes. J'ai le moral si bas que je passe mon temps à m’appesantir sur les menus détails qui gâchent la vie du sociopathe que je suis devenu plutôt que sur les  perspectives joyeuses qui vont me retaper. Je n'ai plus la force de lire quoi qu'il en soit et les petits contes de Flaubert sont très lentement ingurgités. Je préfère me lamenter sur le démontage de la station de service vélo la plus proche de chez moi, les poignées de miette que la vieille du haut balance sur mon balcon que je balaie de façon maniaque, les voitures qui se garent n'importe où pour éviter à leurs propriétaires de marcher quelques mètres de plus, les gens qui pissent partout. Aussi à force d'être sur la même longueur d'ondes qu'Elle et de n'avoir plus à développer ce que j'appelle des évidences, je ne comprends plus pourquoi je dois discuter, argumenter, détailler ces faits qui ne doivent pas être des conclusions mais les postulats d'un passionnant monologue. Cependant, je dois bien admettre que certaines évocations suffisent à me calmer : le jardinage, Gamin, l'Andalousie, le sommeil, les pronostics, Excel, le guide bilingue ménager, la bibliothèque, les matchs de Football, la plage, le néerlandais.

Chacun sa chimère est emprunté au spleen de Paris.

dimanche 15 juillet 2012

Un coeur simple, Gustave Flaubert

La marée basse laissait à découvert des oursins, des godefiches, des méduses; et les enfants couraient, pour saisir des flocons d'écume que le vent emportait. Les flots endormis, en tombant sur le sable, se déroulaient le long de la grève; elle s'étendait à perte de vue, mais du côté de la terre avait pour limite les dunes le séparant du Marais, large prairie en forme d'hippodrome. Quand ils revenaient par Trouville, au fond sur la pente du coteau, à chaque pas grandissait, et avec toutes ses maisons inégales semblait s'épanouir dans un désordre gai. p.36 Trois contes, Folio classique (couverture atroce) (préface inutile et notes de pages de mauvais goût)
Il était une dame appelée Félicité qui a servi fidèlement sa maîtresse, Mme Aubain et son foyer jusqu'à sa mort. Elle a aimé simplement et non sans douleur, son promis qui l'a abandonnée, la fille de sa maîtresse, sa maîtresse, "qui cependant n'était pas agréable", son neveu, marin, qui n'est jamais reparu, un vieillard délaissé puis un perroquet qui lui a offert beaucoup de joie.

vendredi 22 janvier 2010

Eclipse de l'inculture

Samedi dernier, l'émission radiophonique avait pour thème L'éducation sentimentale, et chose difficilement croyable, il se trouve que, pour une fois, j'avais lu le livre dont il a été largement question. Bien sûr, j'ai dodeliné de la tête à chacune des remarques qui me renvoyaient au coeur de ma rêverie satisfaite les images et les paysages mentaux du roman. D'habitude, une fois l'émission terminée, je cours acheter des livres évoquées que je liraient peut-être. Il fait bon, parfois, d'être un peu moins inculte.

lundi 28 septembre 2009

Amour à la française

"Et ils s'imaginaient une vie exclusivement amoureuse, assez féconde pour remplir les plus vastes solitudes, excédant toutes joies, défiant toutes les misères, où les heures auraient disparu dans un continuel épanchement d'eux-mêmes, et qui aurait fait quelque chose de resplendissant et d'élevé, comme les palpitations des étoiles".
Gustave Flaubert, L'éducation sentimentale, p.272

mardi 8 septembre 2009

Le cerveau lent

"J'ai des scrupules que je dois avouer avant tout. Je n'ai mis qu'une journée à lire ce livre qui a coûté à l'auteur six ans de travail et de soins". Voici ce que disait en introduction Emile Zola dans une critique de L'éducation sentimentale, livre de Gustave Flaubert. A mon tour, je dois rassurer l'auteur, je mettrai sept ans à lire ce livre qui lui a coûté six ans de travail.

A ce jour, je suis parvenu sans peine jusqu'à la quatre-vingt dixième page, il faut dire que je vais toujours très vite dans les premières pages, la curiosité m'emporte, puis cela devient plus laborieux. Je m'essouffle et le plaisir de lecture s'en trouve altéré, hélas. J'aimerais lire de telles sommes en très peu de temps.