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dimanche 15 juillet 2012

Un coeur simple, Gustave Flaubert

La marée basse laissait à découvert des oursins, des godefiches, des méduses; et les enfants couraient, pour saisir des flocons d'écume que le vent emportait. Les flots endormis, en tombant sur le sable, se déroulaient le long de la grève; elle s'étendait à perte de vue, mais du côté de la terre avait pour limite les dunes le séparant du Marais, large prairie en forme d'hippodrome. Quand ils revenaient par Trouville, au fond sur la pente du coteau, à chaque pas grandissait, et avec toutes ses maisons inégales semblait s'épanouir dans un désordre gai. p.36 Trois contes, Folio classique (couverture atroce) (préface inutile et notes de pages de mauvais goût)
Il était une dame appelée Félicité qui a servi fidèlement sa maîtresse, Mme Aubain et son foyer jusqu'à sa mort. Elle a aimé simplement et non sans douleur, son promis qui l'a abandonnée, la fille de sa maîtresse, sa maîtresse, "qui cependant n'était pas agréable", son neveu, marin, qui n'est jamais reparu, un vieillard délaissé puis un perroquet qui lui a offert beaucoup de joie.

mercredi 28 septembre 2011

Arthur Gordon Pym

Je lis en ce moment Aventures d'Arthur Gordon Pym, un des rares romans d'Edgar Allan Poe, celui-ci ayant surtout écrit des nouvelles et des contes. Je me suis concentré sur ce livre parce que d'une part je l'ai trouvé chez un bouquiniste à un prix modique et dans un état correct et parce que je cherchais avant tout une traduction de C.Baudelaire. J'avais appris par une émission de canal académie que de son vivant Baudelaire était surtout connu pour ces traductions. Je voulais voir ça. On ne reconnait pas la touche du poète, mis ça reste bien écrit, soigné et précis. Dans la préface, il est indiqué qu'il a été fidèle sauf pour les titres des chapitres qu'il a inventées, ils trahissent parfois le suspens. L'histoire est passionnante et terrifiante, ce n'est pas le conte que je vais raconter à mon enfant. C'est plus effrayant que Lovecraft (ou ce qu'il en subsiste dans mon souvenir) et je me base sur un livre de Lovecraft et un demi-livre de Poe pour le croire, mais je maintiens. Le vocabulaire nautique dont j'ignore une large partie m'a dérouté mais m'a bien préparé à Lord Jim ou Moby dick que je retrouverai bientôt.

mercredi 23 juin 2010

La jeunesse lente

Je ne parviens pas à terminer le Napoléon de Bainville, j'en suis au chapitre sur l'Espagne dont le titre : "Le premier nuage vient d'Espagne", est resté comme une maxime populaire. Cela me rappelle des lectures d'antan, notamment lorsque je lisais du Clausewitz par nécessité académique. L'avantage est que Godoy, Charles IV, Aranjuez, Dos del Mayo etc... tout ceci ne m'est pas inconnu. J'ai pensé reproduire ici une phrase de Bainville qui explique la vision d'un Napoléon romantique, plaisante et surannée en nos temps troubles de repentance. comme j'en suis à un moment où je débite des banalités, n'hésitons pas de le dire : Napoléon est un personnage fascinant.
Sur ma table de chevet gît des Légendes flamandes, retravaillées par Charles Coster, l'auteur de Thyl l'espiègle. Je les regarde avec envie, car après avoir lu trois pages, il me tarde de reprendre ces histoires délirantes, transgonflées de vieux français. jouxte aussi bien sagement L'ensorcelée de Barbey d'Aurevilly, que je me réserve en premier les premières semaines suivant mon licenciement (qui ne devra pas m'arriver, personne ne sait que je travaille).

Dos del Mayo ferait un chouette nom pour une chaîne de restauration semi-rapide à base de nourriture mexicaine.

dimanche 24 janvier 2010

Conte à rebours : la discrimination est totale

Riots erupted in Kenya’s capital, Nairobi, after the government said it would deport a Jamaican Muslim accused of extremism. Many of the rioters were Kenyan Muslims, especially Somalis, who say the government discriminates against them. The police raided a Nairobi suburb populated largely by Somalis and arrested scores of them for allegedly being in Kenya illegally.
source : the economist

lundi 4 janvier 2010

Conte à rebours : la philosophie du bonus

Conte indien dont la morale reste encore à établir.

The governor of the Indian state of Andhra Pradesh, N.D. Tiwari, resigned after a television news channel aired pictures purporting to show him having sex in the company of three women. Mr Tiwari is 84.
source : the economist



vendredi 25 décembre 2009

Conte pour enfants #1

Il était une fois un jeune homme d'une gentillesse hors du commun et d'une grande bonté. Il était parmi les hommes les plus drôles de toutes les nations, de telle sorte que tout le monde se pressait à sa compagnie pour l'entendre dire les plaisanteries et les calembourgs les plus fameux. De plus, il avait, lorsqu'il chantait, une voix cristalline comme seule les anges peuvent en rêver. Il chantait souvent avec sa douce et tendre princesse qui venait d'une très noble famille française. Notre héros avait toutes les qualités si bien qu'un jour il a rejoint naturellement la plus prestigieuse école de son pays, une école où tout le monde savait tout sur tout à partir de très peu. Il avait rencontré d'autres amis aussi doux que le miel et aussi joyeux qu'un anniversaire. Il y avait juju, richie, jojo, kéké et yoyo et beaucoup, beaucoup d'autres. Ensemble, ils riaient, ils riaient, ils riaient beaucoup. Malheureusement, notre preux chevalier avait un problème, il souffrait d'une maladie cruelle dont la fatalité l'avait accablé. C'était une maladie spéciale, on l'appelait : la maladie des doigts gourds. Ses doigts étaient paralysés et il ne pouvait pas communiquer avec ses amis, qui peu à peu, avec le temps, s'éloignaient, l'oubliaient, jusqu'à l'isoler dans le plus triste des silences. Un jour, il dût aller loin, il dût traverser les océans pour des aventures et des rencontres. Jamais sa drôlerie n'en était affaibli, des quatre coins du monde, les inconnus riaient à ses histoires, admiraient sa bonté, on disait de lui en quelques minutes qu'il était une très bonne et une très hônnete personne, mais, malheureusement, ses doigts qui étaient raides comme des bâtons ne lui permettaient pas de raconter par lettres les bons moments qu'ils voulaient avec ses amis partager. On raconte qu'une fois, quand il était un enfant aux cheveux dorés, il ne put pas tenir un stylo et écrire au Père Noël, qui l'ignora et ne lui apporta pas les cadeaux qu'il méritait pourtant. Pendant longtemps, il souffrait, il souffrait en silence, car il n'aime pas dire aux autres son malheur, on dit aussi de lui qu'il est très pudique. Mais ses amis lui manquaient, ses amis n'était pas là et il ne pouvait pas entrer en contact avec eux. Quand, soudain, un jour, il y eut une nouvelle terrible. Un bon ami eut un accident, il avait perdu connaissance et restait évanoui sur son lit pendant des jours et des jours et des jours. Notre héros était très triste, car c'était un ami avec qui il riait et il parlait avec joie. Penser qu'il ne pourrait plus un jour rire avec lui était la pensée la plus triste qu'il eut. Alors il décida de répandre la nouvelle de l'accident à tous les amis de son bon ami, de leur dire ce qui s'était passé et de les rassurer, car lui savait comment son ami se rétablissait. Alors, il écrivit des lettres à juju, à richie, à jojo, des lettres à kéké et yoyo et à beaucoup d'autres, en espérant les rassurer. En lui, il était inquiet et avait très peur pour son ami, alors pour un peu oublier, il se montra très actif. Et sans s'en rendre compte, il avait écrit plus de courriels que jamais il ne l'avait fait dans toute sa vie. Il toucha un téléphone, composa un numéro et s'aperçut que sa maladie des doigts gourds avait complètement disparu ! Cependant, il ne pouvait pas profiter de sa joie, car son ami était toujours cloué sur son lit d'hôpital. Ainsi c'est dans le malheur et la difficulté des temps durs que notre héros a surmonté son handicap. Il a su faire ce que le moment imposait de faire malgré ses faiblesses. Il s'est comporté en héros. Les amis le remercièrent pour les nouvelles et la façon dont il s'occupa de son ami malade, qui guérit peu de temps après car il était dur comme le roc. Par la suite, notre doux héros, soulagé et heureux, envoya des courriels qui enchantèrent ses amis, car il était un témoignage de sa drôlerie et de sa bonté. Puis il créa un blog qui le rendit célèbre, car les gens venaient se nourrir de la joie et la fantaisie qu'il offrait aux inconnus, puis après le blog, ses doigts dont les souffrances n'étaient que lointains souvenirs s'activaient comme rarement de telle sorte qu'il rédigea un livre puis un autre puis un autre qui contribuaient à rendre le monde meilleur.