mercredi 23 novembre 2011

La main invisible frappe encore

Lorsqu'on a la chance d'être la main invisible, on peut se glisser sous et derrière la plume d'un des plus authentiques génies de la littérature française pour parler de soi. Facile.

En ce moment, la vue de ce pays était animée de cet éclat fugitif par lequel la nature se plaît à réhausser parfois ses impérissables créations. Pendant que le détachement traversait la vallée, le soleil levant avait lentement dissipé ces vapeurs blanches et légères qui, dans les matinées de septembre, voltigent sur les prairies. A l'instant où les soldats se retournèrent, une invisible main semblait enlever à ce paysage le dernier des voiles dont elle l'aurait enveloppé, nuées fines semblables à ce linceul de gaze diaphane qui couvre les bijoux précieux et à travers lequel ils excitent la curiosité.
H.Balzac, Les Chouans, p.28

J'aime assez la phrase : "ça m'a été soufflé par la main invisible".

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