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dimanche 26 août 2012

Porter par les ondes

Étant un auditeur régulier de radio ou de webradio, j'ai fait l'expérience au cours d'un long voyage en auto de son écoute subie et aléatoire, pour ne pas dire contrainte mais attentive. Le moins que l'on puisse dire est que les programmes radios ne sont pas conçus pour les auditeurs au long cours. Je me suis souvent embarqué dans les redites et la monotonie des kilomètres n'ont pas toujours été bouleversés par l'audace des programmes. C'est ce qu'il est convenu d'appeler, certes, les programmes d'été. Il est dommage de laisser ces terres en jachère plutôt que d'y semer des invitations pour les hautes saisons. J'ai pu néanmoins écouter l'intégralité d'une édition du point du jour (musiq'3), qui est une émission bien construite, j'ai aussi trouvé que l'animatrice des Matins de France Culture était professionnelle et livrait des entretiens de bonne facture. J'ai eu la surprise de réentendre Christian Morin vers Bordeaux, Petitrenaud à Dijon et Ruquier (trop souvent). En ces temps de jeux olympiques, nous n'avions que la célébration de Marilyn Monroe pour nous cultiver l'esprit. Je garde tout de même quelques bons souvenirs tels que la conversation avec Tareq Oubrou ou un météorologue, les chansons de Rover, l'intervention de François Rollin. J'ai bien ri lors d'émissions portant sur Chris Marker, l'homosexualité dans la chanson française, les vingt ans de l'album Nevermind, je me suis énervé contre les conférences de M.Onfray ou L.Ferry et j'ai passé un bon moment, j'avoue, à écouter les auditeurs de Rmc info répandre leurs visions du football. J'ai écouté la Copé à Saragosse, du catalan à Huesca. Pour le prochain voyage, penser à acheter des romans lus sur dvd.

dimanche 22 juillet 2012

La chance et la radio

Pour notre mariage français, nous avions loué une voiture afin de parcourir sans trop d'aventure la distance qui séparait l'aéroport de bord de mer à notre lieu de villégiature. Premièrement, nous avions flâné dans cette belle ville qu'était La Rochelle, puis nous avions emprunté les nationales des terres intérieures. Il y eut, je l'avais oublié, énormément de rond-points. Nous avions, certes fait un détour à Fouras, mais nous avions vite cheminé vers Saintes. A bord de la voiture, j'écoutai la radio, me laissant guider par le hasard de la programmation de France-Culture. Je découvrais l'émission de Marie Richeux, une productrice très critiquée sur le forum Regards sur France Culture, c'était, il faut bien le reconnaître, très maniérée et oubliable. Les lectures des textes n'étaient pas désagréables. Dans la foulée, une émission dont j'ai oublié le nom mais pas l'animateur, Martin Quenehen, lui aussi raillé par les auditeurs critiques du forum, malgré ses efforts et la certitude qu'il affichait dans les mérites de son programme. On y parlait du grand banditisme à Nice avec un goût appuyé pour le sensationnel ("vous pouvez nous dire en exclusivité pour France-Culture") et l'impuissance à cacher cette excitation toute bourgeoise devant les vrais durs. Quelques jours plus tard, j'avais déplacé le curseur vers France musique, mais je me suis senti tout aussi peu chanceux. Ce ne fut que le lundi, à hauteur de Rochefort, que j'ai pu écouter l'émission de sciences Continent Sciences, traitant des centrales nucléaires et une émission d'histoire avec de nombreux invités spécialistes de la Restauration. Bien souvent, il y a des programmes qu'on se jure d'écouter car ils allient exigence, haute tenue et érudition, pourtant, elles restent des années dans ce qui est désormais nos fonds de tiroir, c'est-à-dire nos playlistes de ballado-diffusion. J'étais bien content à ce moment de n'avoir rien d'autre à faire que de les écouter.

jeudi 15 décembre 2011

Ratage médiatique

France culture s'efforce au détriment de sa vocation originelle à devenir une radio généraliste de service publique. L'émission des Matins est là pour le confirmer, est là pour l'ancrer dans sa nouvelle mission. Cette saison, elle entend être présente dans la campagne présidentielle, comme tout le monde. C'est ainsi que les différents candidats à l'élection suprême défilent au micro. Ces dernières semaines, une émission particulière a beaucoup fait parler d'elle de telle sorte à ce que je me sois forcé de l'écouter. C'était celle qui passait sur le grill Mme Le Pen. Elle fut de l'avis unanime un ratage total. Le chef de la rédaction politique s'étant même invité dans l'émission du médiateur pour se confondre en plates excuses. Comme dit, je l'ai écoutée, mis en appétit par le spectacle annoncé d'un rendez-vous manqué. J'ai toujours déploré qu'on se serve de Culture comme d'un tremplin vers des médias mieux exposés. Il était clair que Hubert Huertas, le chef de la rédaction politique, voulait se "faire" Le Pen pour faire monter sa côte et qu'il a été mis en situation d'échec faisant se demander aux fidèles auditeurs non seulement si France Culture devait faire ce genre de programme mais aussi si elle en était capable. Ce qui est bien cruel pour nos ambitieux. Quels ont été les ingrédients du ratage? Je dirais l'impréparation flagrante de Huertas qui pensait qu'avec son angle d'attaque (car c'était d'attaque dont il était question) il allait déstabiliser Le Pen. Il affirmait que Le Front national n'apportait rien de nouveau, qu'il portait à incandescence les mauvaises nouvelles. Or, s'il y a bien un point qu'il faut concéder à travers la marginalité corrosive du Front National, c'est l'exclusivité de ses thèmes simplistes repris par la suite par les démagogues du moment. Huertas a été renvoyé dans ses filets, seulement, il s'est accroché toute l'émission durant à son crédo. Le problème a été, je pense, que les chroniques ont opposé leur idéologie, qui pour le moment n'est pas porté par la vérité de l'actualité. Un second élément était l'égo de Huertas qui l'a poussé dans des retranchements de puérilité et d'invectives. Tout cela, donc, était un inintéressant programme où nous ne pûmes pour nous consoler nous réjouir d'une punition publique, mais il est triste que les moments de radio originaux passent par ce type d'esclandre.

mardi 15 novembre 2011

Les nouveaux chemins

Raphaël Enthoven, l'animateur des nouveaux chemins de la connaissance sur France-culture, a décidé après cinq ans de loyaux services de prendre du recul et de confier les rênes de son émission à son collaboratrice Adèle Van Reeth qu'il était loisible d'entendre à la fin de son programme au cours d'un journal de la philosophie. Le programme, un des plus appréciés de la chaîne, perdait son guide. Il était intéressant d'entendre comment son successeur reprendrait le flambeau. Pour avoir été une proche collaboratrice, nous ne serions pas surpris qu'Adèle van Reeth, philosophe de formation, suivrait l'exemple satisfaisant de son mentor. Nous le retrouvons en effet dans les intonations, le choix d'un entretien au long cours peu corseté par un canevas strict. A travers quelques émissions entendues, Musil et la bêtise, la série sur Balzac, Maine de Biran, il est cependant permis de constater les premières empreintes d'une productrice qui prend le temps de s'émanciper. Ce qui m'a frappé est le choix des sujets, résolument philosophiques et littéraires. Les extraits musicaux sont classiques et plus classieux aussi, particulièrement bien choisis, à mon goût, lors de l'émission sur le Père Goriot. Les extraits lus sont plus longs. Il semble que les choix consistent à effacer le clinquant de l'ancien producteur vedette (qui fait carrière à la télévision). Pour l'instant, tout donne l'impression que la productrice se dédie entièrement à la qualité de son programme et ne s'en sert pas comme d'un tremplin vers des horizons plus exposés, comme c'est malheureusement devenu trop souvent le cas dans cette station.

mardi 18 octobre 2011

Le dimanche après-midi

J'ai écouté avec un vif plaisir la quasi-intégralité de la Table d'écoute consacrée aux concertos brandebourgeois de Bach. C'était au cours d'une promenade et bien que je les télécharge et stocke chaque semaine, il est rare que je les écoute. Le hasard a voulu que je pus le faire ce dimanche-là. Je reconnais ne pas avoir une passion débordante pour Bach, c'est surtout la présence de Gilles Cantagrel qui m'a décidé à rester. C'était évidemment du très haut niveau de raffinement et de plaisir artistique. Les intervenants ont bien insisté sur les qualités festives de ces concertos, ce qui chez Bach n'est pas toujours mis en avant.

L’univers transformé en après-midi de dimanche… c'est la définition de l’ennui – et la fin de l’univers. (Précis de décomposition)
Bach's music is the only argument proving the creation of the Universe cannot be regarded a complete failure"

mardi 31 mai 2011

Le grain de sel

On devrait toujours mettre son grain de sel avec des pincettes (Sous-titre de ma revue imaginaire)

Quelques recommandations pour mon ami du bout du monde, le joggeur casqué, papajulien (Que Dieu te Remi Garde!)

Je te recommande l'émission Tire ta langue du dimanche 15 mai. L'invité un professeur d'anglais de Besançon a fait une thèse sur la titrologie des journaux anglais aka Contribution à la caractérisation du titre de presse britannique comme genre discursif spécialisé. La première partie de l'émission est byzantin, mais la suite devrait te ravir toi qui est tout autant anglophile qu'interessé par l'économie des médias. A travers des exemples précis, on y évoque la langue particulière qui est celle que l'on utilise pour faire les titres et l'évolution de cette langue depuis la présence du mogul Murdoch à la tête de journaux populaires. Si intéressant que j'ai même pensé que cela vaudrait la peine d'en faire une émission hebdomadaire like Vie anglaise, la langue et les médias. J'aurais un demi-million de questions à poser à Jean-Louis Legalery.
Sur le site de France culture, des professeurs d'anglais révulsés par une mauvaise intonation de l'invité le discrédite. La France est un des rares pays, je crois, où des débats pour une syllabe mal accentuée, peuvent attteindre ces degrés d'intensité. Je vais placer un commentaire pour calmer ce beau monde à la manière d'accompagnaman le grand : "ouaw, calm down!"

Je te recommande cette émission de poésie, A quoi ça rime? Nous ne sommes pas connus pour être des inconditionnels de la poésie, mais cette émission offre la curiosité de suivre Xavier Darcos présenter son anthologie historique de la poésie française. C'est passionnant. Ce que je vais dire est trivial mais la poésie gagne beaucoup à être lu publiquement et écouté, comme le théâtre. L'émission en deux soirs est remarquable, je vais probablement acheter l'anthologie. A un moment, il est question des aphorismes de René Char, j'ai très honte des miens (heureusement que ce n'est qu'un blog sous pseudonyme).

Je te recommande l'émission un jour dans l'histoire qui évoque longuement la personnalité de Lattre de Tassigny, il est aussi question de Churchill et du rôle qu'il a joué pour la promotion de la France au rang des pays vainqueurs. C'est épique et passionnant. Je te renvoie aussi vers l'émission sur Jacques Bainville. Christophe Dickès affirme que la culture est en train de se droitiser à l'heure actuelle. Je le crois aussi, nous pourrions en discuter.

J'hésite à te recommander des émissions d'économie et de sciences, je ne sais si tu es versé dans ces domaines. Néanmoins, les scientifiques sont très généralement des personnalités humbles, savantes et didactiques. Ils aiment transmettre leur savoir, j'ai entendu l'émission sur quarante ans de neurosciences, j'ai appris beaucoup de choses et les anecdotes sont retentissantes.

jeudi 17 mars 2011

Une vie, une oeuvre

Papajulien, puis-je te recommander une émission qui accompagne nombre de mes dernières promenades? Elle s'appelle Une vie, une oeuvre. Ce sont des documentaires bien faits. J'en ai écouté quelques-uns. Voici mon classement provisoire.

1.Wagner
-personnage fascinant
2.H.Pinter
-Très rapidement, le documentaire a su me rémémorer l'univers que je connaissais
3.B.Pascal
-le documentaire n'hésite pas à affronter la complexité du mathématicien croyant
4.Carl Theodor Dreyer
-On passe des extraits du film en bande-son, à l'aveugle, j'ai rêvé
5.Diogène de Sinope
-Michel Onfray sait se rendre aimable.
6.W.Faulkner
-un entretien du sudiste en français

J'ai commencé par le meilleur, ce qui donne un crédit illimité.

dimanche 13 mars 2011

A nous deux Wagner

Je découvre que la station radiophonique France-culture propose une émission, Une vie, une oeuvre consacrée à la biographie d'artistes, d'intellectuels, aux grands de l'esprit. A disposition de la ballado-diffusion, il y a Richard Wagner, que je vais écouter en premier, avant Baudelaire ou Diogène, afin de voir ce que vaut cette émission, qui s'organise selon une production tournante. Ce principe de production tournante me plaît. Sous la bannière d'une émission, plusieurs producteurs se chargent de l'animer à tour de rôle, selon leurs efforts et leur goûts tout en respectant un cahier des charges qui est la marque de fabrique identifiable du programme en question. On évite ainsi la routine et la saturation des quotidiennes comme celle que peut connaître les matins de cette même chaîne où l'unique producteur ne peut tout assumer sans se fatiguer ou être débordé.
J'ai choisi Wagner car ces derniers temps, je le rencontre souvent, au programme de l'opéra, près de Nietzsche, même dans la sitcom que je regarde au soir. C'est ce que j'appelerais mon moment Wagner. Il est dans l'air, nos rencontres deviennent incontournables. Darwin est dans ce même cas. Je baigne sans le vouloir dans une mare wagnérienne. Peut-être m'accroche-t-il plus que d'autres et que je me dis que " on y est, on ne peut plus en échapper". Il est là comme un fantôme hospitalier.
Avez-vous votre Wagner?

jeudi 24 février 2011

Seriez-vous prêt à renoncer au capitalisme?

La semaine dernière, il y a eu dans l'émission radiophonique Les nouveaux chemins de la connaissance, une rediffusion de la semaine consacrée à Marx. Ce n'était pas inintéressant, mais pas complètement satisfaisant. Un des intérêts de ce programme est la lecture à voix haute de bribes de l'œuvre du penseur et nous pouvons le dire, le jeune Marx écrit bien. Marx est un penseur passionnant, car il satisfait à tous les niveaux de compréhension et d'implication; pour le dire plus trivialement, il y a à boire et à manger. Ce que ne sont pas privés les différents intervenants qui picoraient dans les gamelles les plus alléchantes, au détriment des poubelles de l'Histoire, on aurait aimé davantage de contradictions, surtout dans les points de vues économiques. Marx est un philosophe hégélien qui dans son travail d'interprétation du monde, constatant les contradictions mortelles, s'est mis en tête de le transformer. C'est pourquoi de philosophe, il a pris place dans la nouvelles discipline montante : l'économie politique. Ce qui a d'amusant parmi les invités marxiens (on ne dit plus marxistes), c'est leur vision archaïque du monde du travail, un des invités a pris comme exemple : le meunier. A de nombreuses reprises, nous pouvions entendre des lamentations sur le capitalisme d'aujourd'hui et le sort atroce qu'il réserve aux sociétés qu'il vampirise ("Quand on voit ce qu'on voit"...). J'aurais aimé un diagnostic plus détaillé du capitalisme d'aujourd'hui qui ne se satisfasse pas du Schadenfreude de la dernière et toute récente crise. L'espérance de vie augmente, les pays du monde connaissent la richesse, le niveau général de l'éducation est à un niveau paroxystique, les révolutions techniques s'enchaînent sans qu'on puisse encore les digérer et rien n'empêche "la conscience écologique" qui trouvera une concrétisation sur le marché, la réduction du temps de travail et l'avènement du divertissement. Rien donc qui ne fasse penser aux conditions propices à la révolte. De ce fait, je ne suis pas sûr que les peuples soient prêts à renoncer au capitalisme.

dimanche 12 décembre 2010

Une semaine, France-Culture, par l'entremise des nouveaux chemins de la connaissance, a diffusé une série d'émissions qui prenait pour thème quatre personnages de la Recherche du temps perdu. C'était instructif et intéressant, animé par un enthousiasme communicatif, sans trop de pédanterie pour le badaud ignorant que je représente si bien et intentionné par la transmission du goût d'en découvrir davantage. Attiré par les nombreux commentaires élogieux et plein de gratitude laissés sur le site, j'ai téléchargé les émissions que j'ai écouté en plusieurs temps. J'ai aimé l'émission sur Albertine, celle sur la Verdurin était coupée, sur le baron de Charlus, agréable et la dernière qui se concentrait sur Charles Swann un peu en-deçà. Il y a eu à vrai dire un incident curieux qui m'a nécessité un temps certain pour en dissiper le trouble qu'il m'a coûté. L'invitée, une spécialiste de l'œuvre de Proust, je crois même qu'elle y consacre sa vie, affirme qu'elle a compté à la main les occurrences de Swann dans toute la Recherche et qu'elles étaient au nombre de cinq cents, autant que celles de Charlus, voulant dire par là que Swann est à peine mentionné par rapport à l'importance qu'il occupe dans toute l'œuvre. Peu de temps après, mais pas tout de suite, l'animateur, R.Enthoven, philosophe et sémillant, la reprend pour corriger : "non, madame, je viens de vérifier il y a 1647 occurences de Swann". Un passage a dû être coupé au montage, car on n'entend pas l'invitée se défendre et elle ne parle plus pendant un moment assez long enchaînant sur un autre aspect, toute honte bue. J'ai trouvé, même au nom de la vérité, cette reprise disgracieuse. Je ne crois pas que l'animateur, occupé à son émission "d'août à juillet, du lundi au vendredi", puisse dans ses moyens, quoiqu'il semble travailleur et savant, lire toute la Recherche pour préparer son émission, comme il ne peut pas lire tout Hannah Arendt la semaine dernière, et enchaîner sur l'œuvre de Bergson. Il est aidé d'une bombardée de collaborateurs, qu'il cite tous les jours au commencement de son émission. C'était inélégant, parce qu'il a pris un ton je-monte-sur-mes-grands-chevaux, alors que probablement il venait de consulter google. J'ai eu du mal à avoir un avis tranché de suite, je crois qu'il a été pris dans le piège du ton qu'il aime employer -un ton dramatique et sautillant, d'autant qu'il faisait tout pour montrer qu'il connaissait La Recherche, plaçant de-ci de-là quelques informations complémentaires, pas toujours utiles et même accessoires et coupantes. J'ai souvent pensé à un sketch comique qui pourrait en être extrait. Cependant, ces émissions furent d'excellentes invitations à la lecture de l'œuvre.

vendredi 26 novembre 2010

L'esprit public entendu par un auditeur

Je ne suis pas un grand participant au forum, en règle générale, cela demande trop de temps et d'application. Néanmoins, l'exercice de style est exigeant.

Voici ma première contribution à un nouveau forum plutôt confidentiel :

Je souscris à certains points de l'analyse développé par Nessie (que je salue et remercie pour ses posts). L'esprit public était une excellente émission de table ronde, dont le succès et la qualité n'ont pas servi France Culture. J'ai découvert cette émission il y a de nombreuses années et m'y suis accrochée, car elle était ce que je cherchais sans trouver partout ailleurs: une discussion sur l'actualité sans coupure de paroles et sans gloussement, avec des intervenants de haute-tenue (j'admire Bourlanges, j'appréciais Michaud et B.Poulet faisait des interventions de bonne facture) et du temps pour des développements. J'aimais aussi les brèves, invitation à la culture et la présence d'un ou d'une journaliste étrangère qui apportait un regard différent de nos points de vue français. La chaîne a attiré bon nombre de journalistes et débatteurs qui y voyaient ici un espace pour faire les émissions qu'ils rêvaient (je crois le concept des grands entretiens de la grande table en est l'exemple-type, se servir de Fc pour faire ce qu'on rêverait faire sur France-inter, France II, etc...). Par la suite, je me suis aperçu que les interventions de Max Gallo était loin d'être transcendante, d'autant qu'il justifiait son récent Sarkozysme de façon caricaturale. Comme vous l'avez dit, ça devenait tiède et j'ai cessé d'écouter. Je me rappelle qu'un des bons moments était lorsque j'écoutais l'émission qui suivait, mélangeant littérature et cuisine. Quelqu'un d'obligeant parmi vous pourrait me rappeller le nom?

Je suis venu à Fc par la Rumeur du monde, l'esprit public et répliques, je suis donc involontairement responsable de son naufrage actuel.

mercredi 17 novembre 2010

Gai savoir

Amis bruxellois de la ballado-diffusion, Goed dag, bonjour. Profitons de ce temps remarquable pour écouter quelques instructifs programmes tout en nous promenant dans les avenues jonchées de feuilles mortes. Cette semaine, nous proposons une émission dont je me suis longtemps méfié. Il s'agit d'une émission d'actualité des relations internationales animée par Th. de Montbrial (que je confondais avec Pas.Boniface). Il est question, entre autres d'Obama et des élections perdues, complément à la lecture d'article de The Economist que j'entame sur le sujet avec quelques semaines de retard. Concomittament, nous soulignons avec joie et emphase le retour dans nos oreilles de Christian Saint-Etienne dans un exercice de futurologie bienvenue et plaisant et stimulant comme un plan de relance. Un autre intellectuel se distingue au cours de cette semaine riche en intelligence, Jean-Luc Marion, dont l'oeuvre tente de respecter une ambition "Penser "autrement" la mort de Dieu", à entendre. Enfin, une histoire du nombre Pi (Л), avec des réminescences de nos années de cinquième.

Une bonne livraison!
Les liens : Affaires internationales, Guerre et paix au XXIè, comprendre le monde de demain, Jean-Luc Marion, Pi : un nombre irrationnel

lundi 1 novembre 2010

Les chansons du hangar


En 1878, à vingt et un ans, Edward Elgar était un musicien obscur, employé au magasin de musique paternel dans la rue commerçante, High Street, de Worcester (la cathédrale de Worcester recevait, tous les trois ans, le célèbre Festival annuel dit des Trois Choeurs). Le jeune homme dut laisser passer le bel âge, c’est-à-dire attendre encore vingt ans avant de se faire connaître du grand public, grâce au succès londonien des Variations Enigma. Entre-temps, il fut organiste, musicien d’orchestres locaux, amateurs ou semi-professionnels, et il se consacra de plus en plus à la composition. Les morceaux enregistrés ici font partie d’un assortiment qu’il écrivit en 1878 –1879 pour le plaisir de jouer avec quatre amis. À vrai dire, les cinq musiciens entre eux formaient un ensemble assez peu orthodoxe: deux flûtes, hautbois, clarinette et basson – pas de cor. Les flûtistes: Hubert Leicester et Frank Exton, l’hautboïste, Frank Elgar, jeune frère du compositeur, étaient des musiciens de bon niveau professionnel, tandis que William Leicester, frère de Hubert, clarinettiste d’un niveau inférieur aux autres, ne pouvait exécuter que des morceaux très simples. Le compositeur, au demeurant excellent violoniste (il allait bientôt devenir chef d’attaque des premiers violons de l’Orchestre de la Worcester Philharmonic Society) n’était pas bassoniste, mais il avait appris lui-même à jouer du basson et savait mettre ses connaissances à profit. À la partie la plus conséquente de son assortiment, une série de plusieurs numéros, il donna le nom d’Harmony Music, selon le terme allemand Harmoniemusik qui désigne un ensemble d’instruments à vent. Les quintettes de cette série s’appelaient aussi “Musique du hangar”, du fait que les musiciens répétaient dans une espèce de remise. Jerrold Northrop Moore, biographe spécialiste d’Elgar, précise, d’après les mémoires du compositeur, que les cinq musiciens se réunissaient tous les dimanches après-midi, et chaque semaine ils exécutaient un morceau nouveau, fraichement composé ou arrangé. Le morceau avait été écrit le plus souvent dans la tribune de l’orgue de l’église catholique Saint George, pendant le sermon “qui durait en moyenne plus d’une demi-heure”.

Extrait du livret Complete Works for Wind Quartet, Athena Ensemble

mercredi 6 octobre 2010

Le destin de France Culture

"Le problème de la consommation de la culture n'est pas lié aux contenus culturels à proprement parler, ni au "public culturel". Ce qui est décisif, c'est que l'oeuvre, comme la voiture de l'année, soit condamnée à n'être que signe éphémère, parce produite, délibérément ou non, dans la dimension aujourd'hui éphémère du cycle et du recyclage. La culture n'est plus produite pour durer. Elle est soumise à la même vocation d'"actualité" que les biens matériels".
Jean Baudrillard.

Sur l'onglet du site de France culture, France Culture, actualité politique et culturelle.

lundi 23 août 2010

Boonnnjoouuuuuuurrr

Ce matin, notre ami Éric "le chronique" Zemmour est revenu de vacances, il revient affoler le bourgeois, choquer les professionnels de l'indignation, dévergonder le souchien. Un peu baillant et mal coiffé, la voix douce, heureuse, il nous prend un peu par surprise, car la rentrée médiatique coïncide en général au premier lundi du mois de Septembre. Ce blog, vigilant parmi les vigilants, est là pour vous rappeler que la bête rugit encore, la parole se libère, à l'heure du retour des nazis.


vendredi 6 août 2010

Charles Péguy : une humanité française

Les émissions de Canal académie révèle l'excellence de la recherche et la passion de nos concitoyens les plus érudits. Très souvent, c'est un plaisir que de les écouter. Ici, une émission sur le grand écrivain, Charles Péguy, évoque moins son œuvre littéraire que sa pensée politique, synthétique, mystérieuse, trouble. Fruit de l'héritage français, on retrouve cette transmission chez le Général de Gaulle.

Charles-Peguy-une-humanite by Almendralejo

L'historien Arnaud Teyssier vient présenter son ouvrage, une biographie de Charles Péguy. Le titre du livre Charles Péguy, une humanité française est très intéressant (peut-être un peu raciste pour certains babéliens). J'espère que vous écouterez l'émission.

mardi 3 août 2010

La comtesse de Ségur

La comtesse de Segur, biographie by Almendralejo (cliquez sur le premier lien)

1. Le comte Rostopchine et l'incendie de Moscou 2. L'exil en France 3. Le mariage 4.Le manuscrit dans la bibliothèque des chemins de Fer (la bibliothèque rose) 5.le succès

Fille du général comte Rostopchine, célèbre incendiaire de Moscou lors de la tentative de conquête de la Russie par Napoléon Ier, Sophie Rostopchine épousa le comte de Ségur, dont la famille a donné trois académiciens. Francophile convaincue, convertie au catholicisme, la comtesse de Ségur a passé la majeure partie de sa vie dans son château des Nouettes, en Normandie. C’est là qu’elle éleva ses nombreux enfants et qu’elle écrivit des romans restés célèbres : Les Malheurs de Sophie ; Le Général Dourakine ; Les Deux Nigauds ou bien encore L’Auberge de l’Ange Gardien.

Auteur à succès pour la collection de la "bibliothèque rose", la comtesse de Ségur a nourri l’imaginaire de générations d’enfants avec une littérature vertueuse qui a pu paraître démodée au lendemain de mai 1968 et à propos de laquelle beaucoup a été dit, souvent injustement.

Marie-José Strich nous brosse ici le portrait d’une mère et d’une épouse méconnue ; d’une femme discrète qui choisit de fuir la vie mondaine pour mener une vie simple et agreste, entourée de ses seuls enfants. Elle évoque aussi la relation que cette mère de famille inquiète entretint tout au long de sa vie avec son fils aîné, Gaston, plus tard monseigneur de Ségur. Ce prélat simple et doux fut toujours sensible à la question ouvrière et son action comme sa pensée préfigurent ce qui deviendra par la suite la doctrine sociale de l’Église.

source

Excellente émission, beaucoup d'enthousiasme, d'anecdotes et d'érudition.


vendredi 16 juillet 2010

France Culture

La station radiophonique France Culture est devenue l'équivalent d'une sorte de république des blogs, à l'image de ce que nous découvrions hier. Point de scrapping (du moins pour l'instant), mais l'update cocasse des préoccupations culturelles avec un petit c. J'en connais qui doivent être content de la confusion de la culture et des pratiques culturelles. Alors que je naviguais dans le programme du vendredi, dans l'espoir d'entendre de toutes nouvelles expressions et syntaxes flamblantes neuves, je tombais sur cette émission dont l'ambition est noble.

Après la mort de son chien, Geneviève, 75 ans, a décidé de s’offrir « Aïbo », le premier chien-robot. Tous les avantages d’un animal de compagnie sans les contraintes. En écoute


Cela rappelle un reportage qui a bien amusé les élites d'outre-quiévrain (Belgique-Culture ?)







vendredi 2 juillet 2010

"Crime de lèse-diversité", l'expression est de Finkielkraut



Notre ami Finkielkraut s'explique sur l'équipe de France, l'esprit des cités, le syndrome Domenech, le climat de cruauté et dérision.

Je n'aime pas trop qu'il s'implique dans des faits divers et l'actualité. Il se livre à la critique facile de ses détracteurs, "philosophe à la petite semaine", etc... Mais sa voix reste toujours précieuse et éclairante.

mardi 25 mai 2010

France culture

Grâce à l'outil Google Reader, il est possible de s'abonner aux podcast d'émissions et de pouvoir les écouter in situ. Cela permet d'éviter notamment de se promener sur le nouveau site de France culture qui décontenance. La station ne se cache plus dans sa volonté de ne devenir qu'un France Inter deux. On ne compte plus en effet les émissions qui collent à l'actualité im-médiate, qui se fendent de décryptage et du monde d'aujourd'hui. On cherche en peine des émissions qui placent le savoir, la connaissance, la Culture sur un piédestal. Je crois que la station souffre de l'entrisme d'animateur-producteurs qui l'utilisent comme tremplin pour des cieux mieux exposés.