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mardi 6 décembre 2011

En libre écoute

Cette semaine, quelques émissions de canal académie à télécharger et à écouter en balladodiffusion.

Organes auto-construits : l'homme peut-il se régénérer en permanence ?
Napoléon et le pape Pie VII
Fra Angelico, un nom qui sonne comme la musique des anges
Maurras, pourquoi le doctrinaire de l'antisémitisme fut considéré comme un maître à penser?
Prix Edmond Fréville - Pierre Messmer : Politique, défense, puissance, 30 ans d'opérations aériennes
La vierge à midi, un poème de Paul Claudel
Oui, le français n'a pas dit son dernier mot, la langue frnçaise dans le monde vue par deux québecois

mardi 3 août 2010

La comtesse de Ségur

La comtesse de Segur, biographie by Almendralejo (cliquez sur le premier lien)

1. Le comte Rostopchine et l'incendie de Moscou 2. L'exil en France 3. Le mariage 4.Le manuscrit dans la bibliothèque des chemins de Fer (la bibliothèque rose) 5.le succès

Fille du général comte Rostopchine, célèbre incendiaire de Moscou lors de la tentative de conquête de la Russie par Napoléon Ier, Sophie Rostopchine épousa le comte de Ségur, dont la famille a donné trois académiciens. Francophile convaincue, convertie au catholicisme, la comtesse de Ségur a passé la majeure partie de sa vie dans son château des Nouettes, en Normandie. C’est là qu’elle éleva ses nombreux enfants et qu’elle écrivit des romans restés célèbres : Les Malheurs de Sophie ; Le Général Dourakine ; Les Deux Nigauds ou bien encore L’Auberge de l’Ange Gardien.

Auteur à succès pour la collection de la "bibliothèque rose", la comtesse de Ségur a nourri l’imaginaire de générations d’enfants avec une littérature vertueuse qui a pu paraître démodée au lendemain de mai 1968 et à propos de laquelle beaucoup a été dit, souvent injustement.

Marie-José Strich nous brosse ici le portrait d’une mère et d’une épouse méconnue ; d’une femme discrète qui choisit de fuir la vie mondaine pour mener une vie simple et agreste, entourée de ses seuls enfants. Elle évoque aussi la relation que cette mère de famille inquiète entretint tout au long de sa vie avec son fils aîné, Gaston, plus tard monseigneur de Ségur. Ce prélat simple et doux fut toujours sensible à la question ouvrière et son action comme sa pensée préfigurent ce qui deviendra par la suite la doctrine sociale de l’Église.

source

Excellente émission, beaucoup d'enthousiasme, d'anecdotes et d'érudition.


dimanche 11 juillet 2010

Napoléon et la guerre permanente

Dans son Napoléon, Jacques Bainville présente un homme d'action qui déploie son génie par nécessité. C'est une vision romantique d'un Sisyphe français condamné aux exploits, à accélerer l'histoire pour tenir des résolutions qui ne sont pas les siennes, alors que tout s'acharne contre lui. Trahi par sa famille, ses ministres, harcelé de toute part, il ne peut compter que sur ces décisions pour façonner l'Europe aux circonstances qui s'imposent depuis la Révolution. Il a en effet cherché à établir un blocus économique susceptible d'asphyxier l'Angleterre, qui ne lui laissera jamais la paix. Néanmoins, une question. Il semble, et Bainville ne revient pas la-dessus, que les anglais et Napoléon ne pouvaient pas s'entendre, car les concessions qu'ils exigeaient l'un de l'autre étaient intenables. Les anglais voulaient que Napoléon remettent en cause "les frontières naturelles" acquises par les hommes de la Révolution. Etait-ce vraiment impossible?

L'investigation continue.

samedi 10 juillet 2010

Hommage au colonel Roly

Le Colonel Roly, de son vrai nom, Roland L###, fut ou est encore un universitaire obscur qui terrorisa, tant il était odieux, des élèves, redoutant la foudre arbitraire de l'atrabilaire. Ce fumeur impénitent n'hésitait pas à griller une gitane en salle de cours, s'accordant la pause qu'il ne jugeait pas bon nécessaire pour ses élèves qui le supportait trois ou quatre heures de temps. Il s'en prenait régulièrement à un bouc-émissaire, de préférence une fille très timide, dont il rappellait régulièrement la prestation "merdique". Sa sortie la plus célèbre fut lorsqu'à demi-ivre, il nota au tableau devant deux cent personnes : "Napopoléon".
Colonel Roly, l'addition, s'il vous plaît.

mercredi 23 juin 2010

La jeunesse lente

Je ne parviens pas à terminer le Napoléon de Bainville, j'en suis au chapitre sur l'Espagne dont le titre : "Le premier nuage vient d'Espagne", est resté comme une maxime populaire. Cela me rappelle des lectures d'antan, notamment lorsque je lisais du Clausewitz par nécessité académique. L'avantage est que Godoy, Charles IV, Aranjuez, Dos del Mayo etc... tout ceci ne m'est pas inconnu. J'ai pensé reproduire ici une phrase de Bainville qui explique la vision d'un Napoléon romantique, plaisante et surannée en nos temps troubles de repentance. comme j'en suis à un moment où je débite des banalités, n'hésitons pas de le dire : Napoléon est un personnage fascinant.
Sur ma table de chevet gît des Légendes flamandes, retravaillées par Charles Coster, l'auteur de Thyl l'espiègle. Je les regarde avec envie, car après avoir lu trois pages, il me tarde de reprendre ces histoires délirantes, transgonflées de vieux français. jouxte aussi bien sagement L'ensorcelée de Barbey d'Aurevilly, que je me réserve en premier les premières semaines suivant mon licenciement (qui ne devra pas m'arriver, personne ne sait que je travaille).

Dos del Mayo ferait un chouette nom pour une chaîne de restauration semi-rapide à base de nourriture mexicaine.

jeudi 17 juin 2010

Concordance des temps tragicomique


"Pour comprendre l'affaire espagnole sous le règne de Napoléon, il suffit de se rappeler les affaires grecques pendant la guerre européenne". Napoléon, J.Bainville, éd.Fayard, p.344

"L'Espagne marche sur les pas de la Grèce", L'Echo du jour, p.1

vendredi 30 avril 2010

Féroce comme Zeus et doux comme un papa

Les allemands, du moins les universitaires que j'ai brièvement côtoyé, pensent que la révolution française a permis au général Napoléon de fournir en nombre les bataillons partant à l'assaut de l'Europe. Parallèlement, des français, historiens ou amateur d'histoire, assurent comme un fait accompli que Bismarck a fortifié l'Allemagne en l'encasernant. Zemmour, qui a une grille de lecture d'historien, a une dent contre le pays germain, que ce soit pour sa politique économique, sociale ou même son football, il se trouve toujours pour les critiquer, réveillant là une querelle que je croyais enfoui et éloignée de notre génération de tout mou. L'Allemagne se reprend de sa culpabilité et réaffirme ses intérêts, il est prévisible que ça frotte dans le moteur franco-allemand. Toujours est-il que je me suis longtemps, longtemps mais vaguement, demandé comment Napoléon a succédé à la Révolution. N'ayant pas les mêmes certitudes que les allemands. Dans le flou de mes souvenirs, je ne voyais que deux séquences historiques distincts d'années ou de décennies. Les lectures qui m'accompagnent ces jours-ci apportent toute la lumière qui m'a fait défaut. Le livre de Bainville est plus éclairant que celui de Chateaubriand et ce soir, j'ai écouté une émission de canalacadémie sur les Thermidoriens approfondissant encore le sujet. C'est passionnant. Je me demande pourquoi je n'ai jamais lu ces livres durant mes études. Pour les enfants, il peut être intéressant de donner goût à l'histoire à travers les aventures napoléoniennes.

Les Thermidoriens : entre Robespierre et Napoléon, dans tes écoutilles par ici
L'éclatante victoire de Sarrebrück, d'un célèbre poète français

vendredi 2 avril 2010

Le moment Bonaparte


Comme nombre de français, un moment dans leur existence, je vis une intense période Napoléon. Le prétexte fut la trouvaille d'un livre de Chateaubriand, qui avait pour titre Napoléon. Le lire me permettait de faire deux pierres vingt coups (pourquoi pas, c'est gratuit). N'avoir jamais parcouru des pages de Chateaubriand et ne connaître que peu de choses sur la personnalité préférée des français eut été un peu léger et indigne d'un bloggeur semi-professionnel et d'1bAC+8. D'autant que je prendrais le risque d'être la risée des générations qui vont descendre tels des singes savants de mon arbre génialogique. En dépit de la grande documentation disponible et de mes études d'élite, j'étais limitrophe sur le sujet, hormis quelques généraux qui s'étaient jumelés avec des arrêts de métro. Il fallait régler ça, je le fais tranquillement. C'est un moment qu'on est tous amener à rencontrer.
J'ai écouté quelques conférences sur canalacadémie. Cette semaine, par une coïncidence aussi pure que l'eau de roche, il a été question du frère, Joseph Bonaparte à l'occasion d'un ouvrage biographique paraissant. Enfin, pour couronner le tous de lauriers impériaux, j'ai trouvé à midi pour quatre euros, Napoléon de Jacques Bainville, dont Zemmour a touché quelques mots dans l'émission la plus intéressante consacrée à son livre Mélancolie française.

vendredi 12 mars 2010

Le vif ressentiment de son étroitesse

Quels que soient les efforts de la démocratie pour réhausser ses moeurs par le grand but qu'elle se propose, ses habitudes abaissent ses moeurs; elle a le vif ressentiment de son étroitesse : croyant la faire oublier, elle versa dans la Révolution des torrents de sang; inutile remède, car elle ne put tout tuer, et, en fin de compte, elle se retrouva en face de l'insolence des cadavres. La nécessité de passer par les petites conditions donne quelque chose de commun à la vie ; une pensée rare est réduite à s'exprimer dans un langage vulgaire, le génie est emprisonné dans le patois, comme, dans l'aristocratie usée, des sentiments abjects sont renfermés dans de nobles mots.
Chateaubriand, Napoléon, La petite vermillon, p.52, Livres XIX à XIV des Mémoires d'outre-tombe

Livre très vivant, bien plus accessible que le seul nom de Chateaubriand pouvait pourtant éloigner. Seule la forte culture classique peut décourager. L'auteur rédige dans ses propres mémoires la vie de Napoléon. Dans un souci d'impartialité, il relate les hauts faits et les petites atrocités. Cependant, l'épopée et la gloire, quoique plus ramassées, marquent davantage le lecteur. La campagne d'Italie, dix pages formidables, qui font la gloire de l'empereur.

mercredi 3 mars 2010

Mémoires


Bonaparte n'était pas aimé à son nouveau prytanée : morose et frondeur, il déplaisait à ses maîtres, il blâmait tout sans ménagement. Il adressa un mémoire au sous-principal sur le vices de l'éducation que l'on y recevait. [...] Attentif aux questions académiques, il y répondait; il s'adressait avec assurance aux personnes puissantes qu'il ne connaissait pas : il se faisait l'égal de tous avant d'en devenir le maître. Tantôt il parlait sous un nom emprunté, tantôt il signait son nom qui ne trahissait point l'anonyme. Il écrivait à l'abbé Raynal, à M.Necker; il envoyait aux ministres des mémoires sur l'organisation de la Corse, sur des projets de défense de Saint-Florent, de la Mortella, du golfe d'Ajaccio, sur la manière de disposer le canon pour jeter des bombes. On ne l'écoutait pas plus qu'on n'avait écouté Mirabeau lorsqu'il rédigeait à Berlin des projets relatifs à la Prusse et à la Hollande.
Chateaubriand, Napoléon, La petite vermillon, p.34, Livres XIX à XIV des Mémoires d'outre-tombe

Ainsi nous apprenons que faire des mémoires sur tout est une passion bien française. Lorsque j'étais à l'hôpital, que les médicaments faisaient leurs fol effets de drogues, j'avais promis au médecin que j'allais faire un rapport pour "améliorer l'organisation du travail de cet hôpital". Tous les fous se prennent un peu pour Napoléon.

Cela étant, si Napoléon nous était contemporain, il n'écrirait pas des mémoires (seulement des bâclés), il ouvrirai un blog et couvrirait des sites amis de commentaires signés Nap.