Je ne sais pourquoi j'apprécie tant prendre le train pour me rendre sur mon lieu de stage. J'ai besoin de cinquante minutes porte-à-porte en voiture et -attendez je calcule- cent minutes en train, avec le risque de rater une correspondance qui me laisse quatre minutes pour sauter d'un train l'autre. La plupart du temps, je me heurte au bruit. Cependant, j’apprécie cette aventure dans la routine. Je brave le froid, je pédale la nuit, j'attends sur le quai, je me presse fébrilement et je coupe à travers champ les mains gelées. C'est un exploit invisible au panache inutile comme nous savons si bien le faire dans la famille. Ma journée n'a pas commencé, je sais ce que j'ai enduré. Ce n'est pas à cela qu'on mesurera mes mérites et mon efficacité. Pourtant, comme on le dit en anglais, cela fait ma journée. Je dois dire aussi que dans le train, en plus d'économiser de l'essence, je peux lire et qu'ainsi je ne goûte guère à mon amertume.
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lundi 8 octobre 2012
samedi 25 août 2012
Les révoltes fiscales
Charles VI fut paradoxalement le premier roi berger. Durant
l'hiver 1389/1390, le jeune roi fait un voyage en Languedoc afin d'apaiser les
révoltes fiscales provoquées par les excès de Jean de Berry. Le trésorier
Bétizac est brûlé à Toulouse puisqu'il faut bien négocier sa réconciliation
avec Gaston Phébus comte de Foix et de Béarn. Ce dernier qui se fait vieux, n'a
jamais prêté hommage au roi d'autant qu'il se dit prince par la grâce de
Dieu. Mais il a malencontreusement étranglé son fils légitime et seul héritier
(qui avait projeté de l'empoisonner, il est vrai) et doit se prêter à quelques
arrangements avec le roi. Jeanne d'Arc, Colette Beaune, p.149
Trop d'impôt tue l'impôt revu en trop d'impôt tue tout court.
jeudi 2 août 2012
Dans la besace
Je me suis procuré quelques vieux livres récemment, je voudrais vous en faire part ici car une fois n'est plus coutume, la pêche a été de qualité. Peut-être l'aurez-vous remarqué, j'ai un nouvel intérêt pour les contes depuis que je me suis dévolu la mission de transmettre quelques histoires à Gamin. J'espère être prêt quand il me les demandera. L'an passé, à pareille époque, je lisais les légendes flamandes, j'ai trouvé cette fois-ci le recueil Sortilèges de M.de Ghelderode dans la même collection des nouvelles d'Audiberti que je lisais il y a exactement deux ans. Il n'est sûr que je lise Sortilèges tout de suite, mais je suis très curieux de la prose de Ghelderode dont les thèmes m'intriguent et m'amusent. L'impeccable dédicace est un très puissant incitant :
Au cher et grand Ensor, ces pages où se trouvent évoqués - avec une nostalgique diecltion - un décor, un temps, un monde abolis. Après vingt-cinq ans d'inaltérable admiration.
Aussi j'ai acheté Le spleen de Paris. Baudelaire est un maître et pour pouvoir le clamer autant, je me dois de le lire un peu plus sérieusement que cette si lointaine lecture des Fleurs du Mal. La forme du recueil, d'après un rapide coup d’œil, me fait penser à Ainsi parlait Zarathoustra. Tout cela est très bien, je pourrais à l'occasion y rejeter un œil. Mais a-t-il déjà été accrédité par nos académiciens qu'il y a une parenté avérée?
Enfin, pour le plus grand bonheur de nos dîners en ville : une merveille. Guide bilingue ménager à l'usage des employés de maison espagnoles et de leurs employeurs, 1964. J'espère en reparler car ce ne peut passer sous silence, mais voici un petit extrait de mise en bouche ( ou misa de boca)
Tous les espagnols ne sont pas bruns ni toreros ni chanteurs de flamenco. Mais presque tous sont gais de nature, vifs et enjoués. Il savent profiter de la vie sans amertume.
Sachez que l'Espagnole n'est pas paresseuse mais plutôt courageuse et qu'elle ne renâcle pas devant le travail, surtout si elle se sent en confiance. Ne vous affolez pas si vous trouvez la cuisine envahie par une troupe de parents ou amis espagnols débarqués en France depuis peu et n'ayant pas de quoi se loger ou se nourrir. p.20 (Ah! si j'avais su!)
On y apprend comment répondre au téléphone, dans quel ordre servir la tablée, comment placer les couverts, etc... Il n'est pas impossible que Buñuel l'ai lu.
samedi 28 juillet 2012
Pareille à une vague
Sortilèges, Michel de Ghelderode, trouvé chez le bouquiniste
Pareille à une vague dressée et suspendue sur moi, la végétation me menace ; je serai roulé en elle, avec des silex et des ossements un jour... Ma volonté mollit sous l'action de la chaleur. On ne saurait assez prendre garde aux lieux où on s'établit.
samedi 30 juin 2012
Le naufragé, de T.Bernhard
Le titre du livre Der Untergeher écrit en 1983 par Thomas Bernhard a été traduit en français par Le naufragé et en anglais, The Loser. Je crois que la traduction de ce titre en anglais est tout à fait inconvenant, presque scandaleux et tendrait à éloigner davantage cette langue des canons de la Littérature, comme j'ai pu le penser un temps. Le livre est un monologue intérieur d'une centaine de pages que je m'étais procuré car il semblait centrer sur la personnalité du pianiste Glenn Gould. Je pensais naïvement y trouver l'équivalent du joueur d'échec, de Zweig transposé dans l'univers du célèbre pianiste. A sa lecture, je dirais que nous suivons l'ombre raté de ce pianiste virtuose, celui qui a été brisé par le génie de Glenn Gould, Wertheimer. Dans le livre français, il est nommé le sombreur. C'est un mot qui lui colle assez bien, bien qu'il semble incorrect, inélégant à l'oreille, à coup sûr, le mot allemand est mieux inspiré. C'est le désavantage de la traduction. J'ai essayé de trouver quelque chose de satisfaisant pour Untergeher, unter, sous et gehen, aller, j'ai à l'esprit l"idée d'aller en dessous, aller en deçà, puis à la page 162, nous avons la notion de cul-de-sac, d'impasse, j'ai alors développé l'idée - probablement incorrect- de celui qui va dans les impasses, les mauvais chemins. Je n'invente pas grand chose : et je me dis qu'il avait toujours été le sombreur dont Glenn Gould avait parlé, un cul-de-sac, voilà ce que Wertheimer avait été, me dis-je, sorti d'un cul-de-sac, il est entré encore et toujours dans un autre cul-de-sac. Wertheimer est la part maudite d'un Glenn Gould qui n'aurait pas été cet artiste si accompli en tout point, génie, perfection, célébrité, intégrité artistique, Wertheimer est un artiste, quoiqu'extrêmement brillant qui n'a jamais atteint le sommet de son art. Il y a un film qui s'appelait Der Untergang, qu'on a traduit la chute. Il est paradoxal qu'on a choisi un beau titre en français, Le naufragé et qu'on passe son temps dans le livre à employer un autre mot sombreur qui n'est pas usité.
Mais la catastrophe, pour Werheimer, s'est déjà manifestée au moment où Glenn a dit à Wertheimer qu'il était le sombreur ; ce que Wertheimer avait toujours su avait été formulé par Glenn Gould, soudainement et sans prévention, comme je dois le dire, à sa manière bien canadienne-américaine ; Glenn a porté un coup fatal à Wertheimer avec son sombreur, pensai-je, non pas parce que Wertheimer a entendu pour la première fois ce concept, mais parce que Wertheimer, sans connaître ce mot de sombreur, était depuis longtemps familiarisé avec le concept de sombreur et que Glenn Gould a formulé le mot sombreur à un moment décisif, pensai-je. Nous disons un mot et nous anéantissons un homme, sans que cet homme anéanti par nous n'aperçoive, au moment où l'anéantissons d'un mot, qu'il a reçu un coup fatal, pensai-je. (p.170)
C'est un très bon livre dont je recommande la lecture d'une seule traite, si vous pouvez en être capable.
lundi 18 juin 2012
She reads his diary
I borrowed a book in the library. It was Portret van een jongeman by Coetzee. I am really keen on reading this author once again. I read the very first page in Dutch, I understood. So I brought home and read twenty pages with pain and dictionary. The boy brings back his girlfriend at home and she decides to stay days. He writes what he feels in his diary and she reads it. She gets angry. Can she be?
jeudi 24 mai 2012
Magna testantur voce per umbras
Je poursuis la lecture de Quatrevingt-treize de Victor Hugo. J'ai été dans toute la première partie captivé par l'épopée des chouans. Hugo n'est pas réputé pour être un royaliste, mais il peint avec une certaine honnêteté la révolte des blancs. La bataille navale fut un monument, la fuite de Lantenac un grand moment. Puis, l'histoire se déporte à Paris, où elle perd de son intérêt. L'écrivain procède par listes pour décrire la Convention et ne parvient pas à soulever les tempêtes de l'histoire. Hormis la rencontre entre MArat, Robespierre et Danton, théâtralisée à outrance, l'agitation à Paris ennuie. Ce n'est qu'au retour en Vendée que l'action reprend son nerf. A croire que Hugo était plus inspiré par les bois plutôt que la ville, l'obscurantisme plutôt que le progrès, la légende plutôt que l'Histoire.
Il est possible d'écouter une lecture à haute voix (pour mes lecteurs aveugles ou/et yeux gourds) à partir de ce lien : ici
jeudi 10 mai 2012
Faire d'une Pierre, trois Michel
J'ai essayé de rédiger quelques textes dans la foulée des événements électoraux en France, et, peut-être la fatigue ou la lassitude ou le manque d'inspiration, m'ont fait rendre des copies très médiocres que je dois pudiquement placer dans la corbeille.
Il y a quelque mois, j'ai lu L'ensorcelée de Barbey D'Aurevilly. Il est pour moi un classique qui a mis en lumière des acteurs digne d'intérêt de l'histoire de France, les chouans. La révolution, c'est notre guerre civile. Je voulais en savoir plus, d'autant que je me soupçonne d'avoir une lointaine descendance avec ces specimen. Je me suis tourné vers Balzac dont j'avais commencé le roman Les chouans, avant de l'abandonner, puis, ces derniers jours, j'ai entrepris avec le plus grand plaisir, Quatrevingt-treize de Victor Hugo. Ainsi, je lisais une œuvre d'Hugo, un roman sur les chouans et une épopée, faisant ainsi d'une pierre trois Michel. Je ne suis aucunement déçu. C'est très spectaculaire, agréable, bien écrit, trépidant comme un feuilleton, vif comme du théâtre et parfois ramassé comme de la poésie. L'âge idéal de lecture se situerait néanmoins en fin de l'adolescence à la suite de Dumas, Verne et Rabelais. J'espère livrer ici un peu plus tard quelques citations. A travers ce livre, j'admire le grand-écrivain qui s'adresse à tous, comme Mozart, Goethe ou La Fontaine, de l'ouvrier à l'érudit.
J'ai reçu un smartphone (un téléphone intelligent?), j'y voyais au premier abord un nouveau gadget pour technophiles pressés, mais je dois maintenant confesser les joies que son usage m'apporte. En plus, des photographies que je glisserai dans mon futur site tumblr, je me suis surpris à lire des articles de The economist sans me douter que j'étais sur un tout petit écran et l'application wasap est très bien. Comme toutes les innovations qu'on nous présente, on se demandera plus tard si tout ce qu'on nous offre est réellement utile.
mardi 24 avril 2012
Va où tu veux aller, car personne ne t'attend
Dans sa description succincte du panorama intellectuelle français, Michel Winock, au cours de l'émission que je mentionnai cibilo, rappelait un moment, durant les années suivant soixante-huit, où on faisait silence sur son anticommunisme, car il était de notoriété universelle que tout anticommuniste est un chien, j'y ai repensé, parce qu'hier à l'entraînement, un coéquipiers irlandais tempêtait contre les millions de nazis qui ont porté le front national aussi haut dans les résultats électoraux en France. J'imagine bien que c'est cette terreur molle qui pousse ces mêmes nadzisse à taire leur intentions de votes aux creux des oreilles des sondeurs. Les salauds ont des manières de résistance ricanante.
Rossbeef, notre ami bloggeur-footballeur-poète, exprime dès qu'il le peut son rejet de la religion et la pauvreté d'esprit de ceux qui l'embrasse. Je me dis qu'une telle obsession le conduit à penser à God (il est anglais) bien plus souvent que moi qui m'efforce d'être mieux qu'un chrétien du dimanche. Il connaît beaucoup de choses et je me dis que le point de bascule va bientôt arriver, toutes les choses accumulées vont s'inverser, a contrario des anciens séminaristes de la IIIème République française. Il m'a amusé dans son weblog lorsqu'il pestait contre tel joueur de football professionnel qui pour célébrer son but exhibe un tee shirt où y était inscrit Thanks God, lui proposerait un tee-shirt God is overrated qu'il voudrait montrer dès qu'il inscrit un but, je suis tenté de mon côté de préparer un tee-shirt, Thanks God, I score goals. Le Tout-Puissant et moi-même serions bien finauds si je ne marque pas et qu'on remarque ce tee-shirt dans le vestiaire.
Dans le livre que je lis, où il est question d'un poète bruxellois, nous traversons avec lui deux périodes particulièrement fécondes d'un point de vue intellectuel, d'une part, la constitution d'un mouvement littéraire La jeune Belgique, et l'essor des sciences qui met à mal la religion. Notre poète tente de concilier les deux à travers un panthéisme idéaliste, qui pourrait bien faire son retour dans les années qui arrivent. Emerveillement-Dégrisement-physique/métaphysique, explication d'un cosmos. Je constate, mais peut-être, je subis mes propre lubies que le succès populaire des zombies et de l'apocalypse (Mc Carthy) sont très fin de siècle alors que nous sommes en 2012. Il serait temps d'aimer enfin l'an 2000.
A deux reprises, j'ai entendu des intellectuels passionnés de littérature, de fins connaissances revenir de la même manière sur le cas Victor Hugo. Après une phase d'oubli dédaigneux, dû probablement au succès populaire, à la réputation de l'homme, ils ont eu à revenir sur son œuvre dont désormais ils savourent le génie indépassable. L'un d'eux parlait de son théâtre, l'autre de ses romans, et y consacre tout deux le reste de leur temps à lire ou relire le maximum d'une œuvre qui exigerait une à deux vies de lectures.
mercredi 11 avril 2012
Les Lectures de saison
Il est possible d'établir un programme de lecture dont je me tiens inconsciemment depuis quelques années. S'y mettent un roman classique de la littérature française, des livres sur l'histoire, la littérature, le patrimoine ou l'existence de la Belgique, quelques biographies, un roman en anglais, de la littérature du moyen-âge, un recueil de poésie, un essai d'économie et parfois un roman contemporain. Parfois, des contes et Nietzsche en mars. Il y a les lectures dans les transports publics, les lectures avant de s'endormir, les lectures en rejet des bourdes journalistiques, les lectures conseillées, les lectures imposées par les trouvailles dans la bibliothèque, les lectures sur le fauteuil, les lectures lentes, les lectures pressées.
mercredi 28 mars 2012
Oderint, dum probent
J'ai décidé que pour combler mon retard de lecture, je mènerai de front deux livres à la fois. Le premier sera une œuvre classique nécessitant une grande concentration et que j'effectuerai depuis mon bureau, le second un livre à la lecture plus commode et que je peux amener avec moi dans les transports en communs et son cortège de bruits, un livre qu'il est aisé de lire dans des arrêts de bus, sur des terrasses et qui comble bien plus avantageusement l'attente qu'un journal gratuit. Comme évoqué quelques jours plus tôt, je m'attaque à l’œuvre tant convoitée jamais conquise de Marcel Proust et force est de reconnaître que c'est une pièce ambitieuse qui va me prendre le temps, en revanche, j'enchaîne les livres de bus comme des petits donuts de l'ikea. Après avoir fini Une douce destruction d'Hugo Claus, je parcours d'un pas intrépide la biographie de Tibère par Suétone. Un jour dans l'histoire a proposé une émission sur le Princeps romain, forte intéressante, qui m'a rappelé que j'avais en étagère cette version bilingue (latin-français) d'une partie de Vies des douze Césars. Ce n'est pas aisé de bien comprendre l'intégralité des détails, je suis bien aidé cependant par le souvenir de l'émission de canalacademie. Je ne peux toutefois me résoudre à mettre une distance avec le biographe qui trace avec avidité la légende noire. Comment peut-on être un gestionnaire scrupuleux et humble et un monstre pervers?
jeudi 8 mars 2012
Longtemps, je me suis couché de bonne heure.
Longtemps, je me suis couché de bonne heure. Parfois, à peine ma bougie éteinte, mes yeux se fermaient si vite que je n'avais pas le temps de me dire : « Je m'endors. » Et, une demi-heure après, la pensée qu'il était temps de chercher le sommeil m'éveillait ; je voulais poser le volume que je croyais avoir dans les mains et souffler ma lumière ; je n'avais pas cessé en dormant de faire des réflexions sur ce que je venais de lire, mais ces réflexions avaient pris un tour un peu particulier ; il me semblait que j'étais moi-même ce dont parlait l'ouvrage : une église, un quatuor, la rivalité de François Ier et de Charles-Quint. Cette croyance survivait pendant quelques secondes à mon réveil ; elle ne choquait pas ma raison, mais pesait comme des écailles sur mes yeux et les empêchait de se rendre compte que le bougeoir n'était plus allumé. Puis elle commençait à me devenir inintelligible, comme après la métempsycose les pensées d'une existence antérieure ; le sujet du livre se détachait de moi, j'étais libre de m'y appliquer ou non ; aussitôt je recouvrais la vue et j'étais bien étonné de trouver autour de moi une obscurité, douce et reposante pour mes yeux, mais peut-être plus encore pour mon esprit, à qui elle apparaissait comme une chose sans cause, incompréhensible, comme une chose vraiment obscure.
Marcel Proust, Du côté de chez Swann
Bientôt!
Marcel Proust, Du côté de chez Swann
Bientôt!
vendredi 6 janvier 2012
Bordeaux Bourgogne, les passions rivales

Je lis Bordeaux Bourgogne, Les passions rivales de J-R. Pitte, j'y retrouve avec plaisir mon goût pour la géographie culturelle, le chant de l'esprit pionnier, les terroirs que je rapproche de la poésie des départementales, les destins généalogiques, usw... Il y a à l'intérieur de nombreuses citations que je peux vous livrer vous donnant ainsi l'eau à la bouche, je me contente de celles-ci trouvée page 77 et qui peut vous être utile.
Peut-être l'avez-vous noté, comme moi, sur les étiquettes des bouteilles de vins, il peut être lu "contient des sulfites". Par ignorance, j'essayais de m'en procurer dépourvues de cette mention. Voici ce que l'on peut lire :
Peut-être l'avez-vous noté, comme moi, sur les étiquettes des bouteilles de vins, il peut être lu "contient des sulfites". Par ignorance, j'essayais de m'en procurer dépourvues de cette mention. Voici ce que l'on peut lire :
La grande révolution du XVIIIème siècle dans le domaine de le domaine de l'hygiène vient de Hollande : c'est l'usage du soufre. Une mèche soufrée est brûlée dans le fût rincé - qui accueille ensuite le vin provenant d'une barrique soutirée - afin de l'aseptiser, c'est-à-dire tuer la faune bactérienne. Même si le vin perd un peu de couleur à cette occasion, il la retrouve vite et il se conserve longtemps...On conçoit, d'ailleurs, que les Néerlandais aient cherché à se prémunir contre les fermentations secondaires et les oxydations fâcheuses des vins, puisqu'ils étaient grands amateurs de vins liquoreux qu'ils importaient en quantité et que ceux-ci étaient fragiles.
mardi 20 décembre 2011
Entre balzaciens
J'avais lu il y a quelques mois L'ensorcelée de Barbey qui m'avait laissé une forte et agréable impression, aussi, je voulais lire un livre que je puisse conseiller à mon fils, quelque chose d'aventureux ou épique et de surcroît, les émissions des nouveaux chemins avaient remis Balzac au goût du jour et ravivé mon intérêt pour le maître. Cette conjonction de faits fit que je sortais de sa réserve Les chouans, oeuvre méconnu du jeune Balzac. J'ai lu avec plaisir les cent premières pages puis mes activités m'ont conduit vers d'autres lectures, c'est il y a peu que j'ai repris le chemin de l'Ouest avec l'entrain d'un convoi qui a la chouannerie collé aux basques. Je suis dans un épisode crucial et il s'avère que je n'y comprends plus grand grand chose, n'y ne démêle qui est qui, qui fait quoi? Je m'avise à chercher sur internet un résumé des premières pages qui ne révèle pas la suite des péripéties et je constate que l’œuvre a dû être au programme des scolaires, car de nombreux sites en parlent. Je parcours ces lieux-dits ou les commentaires rédigés par nos têtes blondes et c'est exquis.
J'hésite, dois-je rédiger un résumé complètement faux (c'est tentant, n'est-ce pas?) ou partager mon expérience de mal-comprenants?
Nawak à Balzac : salut sa va ?alors eske kelkun ta fé les résuné de se livre ?car moi ossi je comprend rien et jé besoin dun résumé stp répond !merci
salut sacha ! moi aussi je suis en 4EME et je n’est pas lu le livre entierement car je n’avais pas le temps pour l’examen ! juste une question : Comment meurt GALOPE-CHOPINE ? Quelle est la réaction de BARBETTE son épouse ? merci a bientot
J'hésite, dois-je rédiger un résumé complètement faux (c'est tentant, n'est-ce pas?) ou partager mon expérience de mal-comprenants?
mercredi 23 novembre 2011
La main invisible frappe encore
Lorsqu'on a la chance d'être la main invisible, on peut se glisser sous et derrière la plume d'un des plus authentiques génies de la littérature française pour parler de soi. Facile.
En ce moment, la vue de ce pays était animée de cet éclat fugitif par lequel la nature se plaît à réhausser parfois ses impérissables créations. Pendant que le détachement traversait la vallée, le soleil levant avait lentement dissipé ces vapeurs blanches et légères qui, dans les matinées de septembre, voltigent sur les prairies. A l'instant où les soldats se retournèrent, une invisible main semblait enlever à ce paysage le dernier des voiles dont elle l'aurait enveloppé, nuées fines semblables à ce linceul de gaze diaphane qui couvre les bijoux précieux et à travers lequel ils excitent la curiosité.H.Balzac, Les Chouans, p.28
J'aime assez la phrase : "ça m'a été soufflé par la main invisible".
dimanche 13 novembre 2011
La prairie
Il existe une heure de la soirée où la prairie va dire quelque chose. Elle ne le dit jamais. Peut-être le dit-elle infiniment et nous ne l'entendons pas, ou nous l’entendons, mais ce quelque chose est intraduisible comme une musique... Fictions, p.170
Hay una hora de la tarde en que la llanura está por decir algo; nunca lo dice o tal vez lo dice infinitamente y no lo entendemos, o lo entendemos pero es intraducible como una música…
mardi 8 novembre 2011
La mort et la boussole
La maison n'est pas si grande, pensa-t-il. Elle est agrandie par la pénombre, la symétrie, les miroirs, l'âge, mon dépaysement, la solitude.
dimanche 9 octobre 2011
Livres qu'on lit dans les trams
Un jour de libre, je me promenais dans ma bouquinerie favorite. J'avais déjà suffisamment de livres en souffrance à la maison que je me promettais de ne pas en acheter de nouveau. Il y avait seulement un enregistrement de la Comédie Divine de Liszt qui me convenait très bien et je continuais à circuler parmi les rayonnages. Je pensais déjà au trajet en tramway que je devais effectuer pour rentrer à la maison, m'avisant que je n'avais rien à lire. Je décidai qu'il me fallait en cette occasion un livre agréable, accrocheur et instructif pour passer ces quelques minutes de transports en commun. J'ai cherché longtemps, j'ai cherché plus que de raison. Soudain m'est apparu une courte biographie de Borgès par F. Taillandier, un écrivain dont j'ai pratiqué le blog. Dans le tramway, l'essai a été au-delà de mes attentes. C'est ainsi que il est devenu le livre que je lis après celui d'Allan Poe enfin terminée.
Borgès était pour moi inconnu. Ce livre me le rend tout à fait intéressant. Borges, j'arrive! Il y a semble-t-il dans le livre histoire de l'infamie, un personnage qui s 'appelle Mélanchton. Ce n'est pas magnifique?
Borgès était pour moi inconnu. Ce livre me le rend tout à fait intéressant. Borges, j'arrive! Il y a semble-t-il dans le livre histoire de l'infamie, un personnage qui s 'appelle Mélanchton. Ce n'est pas magnifique?
mercredi 28 septembre 2011
Arthur Gordon Pym
Je lis en ce moment Aventures d'Arthur Gordon Pym, un des rares romans d'Edgar Allan Poe, celui-ci ayant surtout écrit des nouvelles et des contes. Je me suis concentré sur ce livre parce que d'une part je l'ai trouvé chez un bouquiniste à un prix modique et dans un état correct et parce que je cherchais avant tout une traduction de C.Baudelaire. J'avais appris par une émission de canal académie que de son vivant Baudelaire était surtout connu pour ces traductions. Je voulais voir ça. On ne reconnait pas la touche du poète, mis ça reste bien écrit, soigné et précis. Dans la préface, il est indiqué qu'il a été fidèle sauf pour les titres des chapitres qu'il a inventées, ils trahissent parfois le suspens. L'histoire est passionnante et terrifiante, ce n'est pas le conte que je vais raconter à mon enfant. C'est plus effrayant que Lovecraft (ou ce qu'il en subsiste dans mon souvenir) et je me base sur un livre de Lovecraft et un demi-livre de Poe pour le croire, mais je maintiens. Le vocabulaire nautique dont j'ignore une large partie m'a dérouté mais m'a bien préparé à Lord Jim ou Moby dick que je retrouverai bientôt.
mardi 13 septembre 2011
Les patronymes
En lisant la préface des Aventures d'Arthur Gordon Pym, j'ai découvert que son auteur le célèbre Edgar Allan Poe a pour nom Allan Poe et non pas pour prénom Edgar Allan, contrairement à ce que j'ai toujours cru en référence au modèle (et quel modèle!) de Bernard-Henri Lévy et non pas Bernard Henri-Lévy. Et personne ne m'avait tenu courant de cette subtilité ? C'est triste. Pour que l'anecdote soit complète et que vous ne continuez pas aussi idiot que je le fus, il faut savoir que Edgar Poe, enfant, alors que ses parents venaient de disparaître, a été adopté par les Allan. C'est à peu près la même histoire avec Carl Dreyer, mais là je vous laisse faire les recherches.
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