J'ai appris à la lecture du blog d'une connaissance anglaise que l'intellectuel Christopher Hitchens est mort. Je ne le connaissais absolument pas. Devant l'admiration qu'il semble susciter, j'ai parcouru sa fiche wikipédia. Ce n'est pas la première fois que je découvre qu'une personnalité intellectuelle a eu l'heur de se déployer sans moi, malgré les études d'élite que j'ai faites. C'est dans ce moment là que la petite chronique d'Alexandre Adler me manque, car lui n'aurait pas manqué de dérouler le parcours intellectuel du défunt. Fortuitement, une autre grande figure meurt aujourd'hui, Vaclav Havel. Dieu merci, je le connais, je l'ai même lu. Encore une fois, je pense que seul Adler aurait en quatre minutes au-bout-du-fil donné l'hommage mérité à ce grand homme.
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dimanche 18 décembre 2011
jeudi 22 avril 2010
Les virées électorales
Comme nous l'a sussuré ce matin le tout miel Adler Alexandre, le champ politique britannique est tout retourné par l'intrusion d'un troisième candidat, qui grâce à ses prestations de haute tenue dans les premiers débats télévisés de l'histoire politique anglaise a gagné en popularité et atteint des sommets, propre à troubler l'harmonie de l'alternance. Le tout soyeux Adler Alexandre ne rate jamais une occasion lorsqu'il évoque les élections anglaises et qu'il n'est pas coupé, de rappeler que les conservateurs ont élaboré leur programme économique sur le court de tennis d'Eaton, la très huppée, la très fermée université d'élite. Ce troisième homme providentiel s'appelle Nick Clegg, il est le chef du partie libéral. Il est très piquant de noter qu'il est diplômé du Collège d'Europe, situé à Bruges, où il rencontra sa femme, la fille d'un sénateur espagnol. Cette dernière a insisté pour que leurs trois enfants portent des prénoms espagnols, ce qui nous donnentAntonio Clegg, Alberto Clegg, Miguel Clegg. Le collège d'Europe est en passe de devenir un lieu incontournable de la formation des élites. Une élite européenne, plus méritocratique et terriblement fun.
mercredi 7 avril 2010
Petit bulletin médical
Peu d'entre vous ne le savent, bandes d'ingrats. Mais Alexandre Adler a été malade, très malade, puisqu'il a dû interrompre sa chronique matinale deux semaines (du 19 au 29) durant, il était à l'hôpital. Il va mieux, il est revenu, il déborde toujours sur son temps imparti, mais quand même j'aimerais qu'il se ménage.
mercredi 10 mars 2010
Alexandre Adler et les grincheux
Notre ami, le chronique Alexandre Adler a pris l'habitude, grâce aux technologies de pointe et de cri (le dernier), de se ficher en notre compagnie, en général, pour ce qui est de mon cas, lors de la promenade de midi, par laquelle je me dirige vers des intentions piètrement sustentives ou vers ma gymnastique. J'écoute avec intérêt l'alerte et débonnaire savant. Tous les jours, il nous apporte sur des points sensibles de l'actualité internationale un éclairage nouveau ou plus térébrant, nous gratifie de noms, d'intrigues, de tournant historique, d'histoires, de citations, de'événements que nos journalistes, tout aveugle autant qu'ils aiment à être peuvent l'être, passent sous silence. Je recommande particulièrement la chronique très instructive sur le Nigéria, qui devrait ravir mon ami Accompagnateur. Cependant, le plaisir n'est pas entier, je dois ici vous l'avouer. Cette douceur, ce sirop pour le cerveau est bien souvent parasité. Vous n'ignorez pas que tout sympathque qu'il soit, Alexandre Adler aime prendre ses aises, et pour nous expliquer deux ou trois points comme en mille, il préfère ne retenir que les mille, de telle sorte, qu'il déborde très largement le temps offert par sa radio. Il attire froncements de sourcils, désapprobation de l'animateur qui n'ose couper la parole de ce torrent de connaissance.s Ainsi, tous les jours, on se retrouve avec des raclements de gorge agacés, qui sont sensés faire poliment comprendre au sage qu'il est temps de s'arrêter. Mais le chroniqueur n'en a cure, si bien que l'accompagnement des augures et des raclements durent bien deux bonnes minutes.
jeudi 4 mars 2010
Les oiseaux de mauvaise augure sont tombés de leur nid
Je n'ai pas beaucoup de temps pour moi, hélas, malheureusement accaparé par le travail. Il a fait chaud dans le bureau, toute l'après-midi, j'étais ensuqué. J'ai entendu une conversation menée par Régis Debray, il y a aussi le disque d'un groupe nommé Fugazi que j'écoute avec beaucoup d'enthousiasme. Puis Beethoven, qui nous réveille le matin, m'accompagne. Il est sur le disque du mois, on s'en imprègne comme d'un tube du moment. J'ai dû rédiger un texte de présentation d'un match de football tout à fait quelconque, comme prévu cela m'a pris des heures, j'ai travaillé, tourné ce texte imposé qui sera sur l'internet demain matin et oublié dans la foulée. Je n'ai eu que peu de temps pour ma nouvelle lecture dont j'attendais plus d'effort, de labeur, d'apreté, non, c'est bourré d'anecdotes, comme j'aime, et comme j'arrive à retenir. Impossible, en revanche, de me souvenir de la date de naissance de Napoléon. J'espère que j'arriverais prochainement à continuer ma série de textes inspirés par Belladonna. Aussi, j'aimerais écouter avec attention la semaine consacrée à la bioéthique dans les (nouveaux) chemins de la connaissance. On a regardé sur vroum.be les plus belles "poubelles" roulantes disponibles sur le marché. A ce moment, on a bien rigolé. Ce matin, Alexandre Adler a évoqué un mémoire de fin d'étude d'Obama. Ces occurences soudaines des mémoires dans ma vie ne manquent pas de sel. Mais, enfin, bon, il n'y a aucune raison qu'elles apparaissent à ce moment précis.
vendredi 27 novembre 2009
Alexandre Adler, petit pain de sucre
Quitte à m'attirer les quolibets et les sarcasmes, je tiens à dire tout le bien que je pense des très utiles chroniques (les TUC) de notre ami, le doux et le sucré Alexandre Adler, le tout-ñiel Alexandre Adler. Ces derniers jours en particulier, les magies de la technologie m'ont permis de transporter le dodu savant dans une minuscule clé usb que j'actionne durant mes promenades de midi, qui me mènent à la salle de sport ou chez moi. Cette saison, un nouvel animateur a pris les commandes de la grande émission du matin. Il se montre moins impatient, plus magnanime envers notre docte chroniqueur, même lorsque ce dernier en retard commence à chroniquer en direct de son taxi ou de sa cuisine. J'attire l'attention sur deux interventions, une concernant la politique internationale d'Obama (ici je crois) et l'autre concernant Dubaï. Cliquez sur les hyperliens, c'est gratuit et c'est bon.
samedi 1 août 2009
Les frasques d'Alexandre Adler
Je dois vous confesser mes doux amis que pour la première ou deuxième fois de ma vie Alexandre Adler, notre inamovible et si unique chroniqueur, notre quintal préféré que je supporte années après années en dépit des moqueries de la basse intelligentsia que je fréquentai, m'a déçu dernièrement. Lors de sa dernière chronique matinale, alors qu'il se projetta dans le futur proche, recensant les rendez-vous importants de la rentrée, il se satisfit de résumer sans les citer les dernières livraisons de the economist, tel le simple et mauvais stagiaire que j'ai pu être. Il fut question des élections au Japon, en Allemagne et les incidents au Pakistan, narrés doctement. Or, Monsieur Adler, il s'avère que j'ai lu les articles que vous repompâtes éhontément et j'eus un soupir d'ennui et de déception car vous abordiez les mêmes constats, les mêmes analyses que le vénérable journal britannique faisant de vous un lecteur de gazette et non pas un analyste des relations internationales pour lequel vous êtes appointés avec nos impôts (c'est important de le préciser). Je ne dirais pas que vous êtes un usurpateur, je metttrai ces facilités sur le compte d'une bénigne impatience à rejoindre votre maison de vacances et à préparer vos bagages, qu'on imagine copieux.
jeudi 14 mai 2009
Narciso Sarkozy
Un éditorialiste d'El Paìs, profitant de la parution du livre de François Bayrou, Abus de pouvoir, a livré une analyse somme toute fine et savante de la situation politique française. Ce regard, venant de l'étranger proche, permet de prendre la distance nécessaire à l'euphorie et l'excitation partisane qui secoue notre pays chagrin.
Le propos de François Bayrou est simple. Nicolas Sarkozy gouverne le pays comme un "égocrate". Effaçant les membres du gouvernement et le parlement, il gère seul les affaires du pays, disséminant la crainte de son autorité tenace et omniprésente. Selon Lluis Bassets, l'auteur du pamphlet politique souhaite rééditer le coup de François Mitterrand qui, publiant sa charge anti-gaulliste en 1964, Le coup d'état permanent, a su s'imposer dans les esprits comme l'opposant le plus farouche, le plus crédible et donc le plus légitime au général de Gaulle. C'est pourquoi, il n'est pas surprenant que le représentant centriste tente de s'approcher du parti socialiste afin de rassembler les forces de l'antisarkozysme destinées à faire tomber le golpista de Paris. Il a de bonnes raisons de croire très fort à son ambition d'être le nouveau Mitterrand. D'une part, il est celui qui hait le plus puissamment le président de la République, en bon démocrate-chrétien, il abhorre le personnage et veut son poste, d'autre part, le parti socialiste, qui n'est plus vraiment un parti de gauche, est suffisamment divisé pour tomber sous les assauts d'une OPA hostile.
Je voudrais de mon côté, m'élever contre le reproche d'"égocratie". Le sarkozysme a d'autres défauts. A l'écoute d'Henri Guaino, son conseiller spécial, on comprend mieux ce qui meut le président Sarkozy. Parce que le pays s'est figé, regardant les trains de la mondialisations passer, il semblait que la politique avait disparu. L'action sarkozienne est de replacer le politique, (la volonté, la décision, le choix) dans la gestion des affaires, dans le gouvernement d'un pays. Peut-être que l'histoire savante retiendra l'engagement d'un président qui compte sur sa force politique pour changer le cours des choses.
A leer por aquì
Le propos de François Bayrou est simple. Nicolas Sarkozy gouverne le pays comme un "égocrate". Effaçant les membres du gouvernement et le parlement, il gère seul les affaires du pays, disséminant la crainte de son autorité tenace et omniprésente. Selon Lluis Bassets, l'auteur du pamphlet politique souhaite rééditer le coup de François Mitterrand qui, publiant sa charge anti-gaulliste en 1964, Le coup d'état permanent, a su s'imposer dans les esprits comme l'opposant le plus farouche, le plus crédible et donc le plus légitime au général de Gaulle. C'est pourquoi, il n'est pas surprenant que le représentant centriste tente de s'approcher du parti socialiste afin de rassembler les forces de l'antisarkozysme destinées à faire tomber le golpista de Paris. Il a de bonnes raisons de croire très fort à son ambition d'être le nouveau Mitterrand. D'une part, il est celui qui hait le plus puissamment le président de la République, en bon démocrate-chrétien, il abhorre le personnage et veut son poste, d'autre part, le parti socialiste, qui n'est plus vraiment un parti de gauche, est suffisamment divisé pour tomber sous les assauts d'une OPA hostile.
Je voudrais de mon côté, m'élever contre le reproche d'"égocratie". Le sarkozysme a d'autres défauts. A l'écoute d'Henri Guaino, son conseiller spécial, on comprend mieux ce qui meut le président Sarkozy. Parce que le pays s'est figé, regardant les trains de la mondialisations passer, il semblait que la politique avait disparu. L'action sarkozienne est de replacer le politique, (la volonté, la décision, le choix) dans la gestion des affaires, dans le gouvernement d'un pays. Peut-être que l'histoire savante retiendra l'engagement d'un président qui compte sur sa force politique pour changer le cours des choses.
A leer por aquì
lundi 13 avril 2009
Un fait divers parisien
Suite au déplorable faits divers récupéré par des sites d'extrême-droite, les personnalités les plus qualifiés et les intellectuels les plus estimables ont souhaité réagir pour tenter de comprendre. En exclusivité sur ce blog quelques extraits.
Pascal Perrineau (directeur du Centre de recherches politiques de Sciences Po, Cevipof): Les chiffres ainsi que les enquêtes d'opinions sont grâce à notre institut très pointues: on constate un déficit de popularité du président Sarkozy, qui n'a pas su convaincre son électorat traditionnel de la pertinence de ses plans de relance du pouvoir d'achat. Dans un monde dominé par l'image, et encore une fois, les chiffres le prouvent, il fallait puiser dans les grands thèmes qui ont fait ses succès électoraux. A quelques mois des élections européennes cruciales pour son mi-mandat, il fallait remobiliser l'électorat de droite, déçu par son mariage avec Carla Bruni. Cette vidéo - non-destiné a être vu, je le rappelle- tombe à pic pour soulever chez les français ce sentiment d'insécurité qui peuple à 47% l'imaginaire des français. Sarkozy s'est fait élir sur ça, il le sait, il veut déstabiliser une gauche qui est crédité d'excellentes intentions de vote par ce coup qui flatte à l'extrême-droite qu'il maîtrise très bien par ailleurs.
Alain Soral (boxeur) : La France a peur, si vous voulez, parce que la jeunesse se réveille. Les déshérités, les véritables prolos, commencent à mettre des gifles à la bourgeoisie-bohème de Sciences-Po. C'est pas innocent que le petit mec, mou de la bite, qui gémit à sa maman est un type formaté par l'école des élites. Dans une analyse marxiste, ça en dit long sur les futurs patrons qui licencient, c'est une réminiscence de leur déficit sexuel et masculin. C'est une lopette... qu'il vienne prendre des cours de boxe avec moi, et on verra si la France de demain, elle pourra dire amen au complot judéo-sioniste du grand capitalisme mondialisé, si vous voulez.
Marie-Pierre de la Gontrie (secrétaire nationale du PS aux libertés publiques et à la justice, auteure de le Livre noir sur les libertés publiques) : Ces actes inqualifiables qui consistent à dévoiler des vidéos destinées à être non-vues sont une atteinte au droit à l'image et un nouveau pas dans la répression des classes défavorisées. En sortant de leur contexte d'utilisation privée ou semi-privée ces images, on viole les chartes élémentaires de la Cnil et le respect des libertés. Des millions de personnes ont vu ces images à caractère privée et nous transforme de fait en petit flic et procureur. Prendre le bus sous le règne du président Sarkozy signifie que nos libertés sont bafouées. Le règne de Big Brother s'étend dans nos sphères d'intimité et de socialisation contrôlé par l'Etat. C'est encore un exemple à charge de plus a ajouté au Livre noir sur les libertés publiques.
Alexandre Adler (historien, journaliste): Lorsqu'en février 1977, à Abu Dhabi, le grand fils du cheick Adaam-Al-islam déclarait devant un parterre d'officiel chiites de Jordanie du sud reprenant à mon ami Bismarck ces sages paroles : "On peut tout faire avec une baïonnette, sauf s'asseoir dessus", il ne s'imaginait pas par un effet papillon inédit les faits divers déplorables, désagréables mais dérisoires des autobus parisiens. Car que s'est-il passé en réalité? L'élection d'Obama a changé beaucoup de choses de chaque côté de l'Atlantique. La crise financière marginalise le secteur tertiaire, le sentiment antisémite gagne les banlieues qui cultivent un ressenti douloureux du conflit israëlo-palestinien, mais c'est plus que cela qui fait qu'un jeune blanc de type caucasien est roué de coup dans un transport public comme il le serait dans n'importe quelle banlieue du Nigeria ou d'Afrique du Sud. C'est un sentiment d'impunité et de toute-puissance qui gagnent les déçus du protectionnisme. Alors que va-t-il se passer? Mes fidèles auditeurs le savent, il m'arrive de me tromper, mais dans ce cas-ci, il est évident, le futur s'annonce pour le moins délicat. Le protectionnisme et la chute du Yuan vont entraîner une paupérisation des classes moyennes de l'occident laïc, ajoutant à l'arrêt de l'immigration un fort sentiment de solidarité antisémite qui sont à l'image des guerres houleuses des Pays-bas au XVIIème siècle un climat de tension et de guerre civile d'une rare ampleur. C'est bien ce qui s'annonce aujourd'hui et à quoi nous devons nous préparer.
Gibi (journaliste d'investigation au Jdd et bien connu de nos services) : C'est une tronche de fake (ah! elle est bien bonne). Cette vidéo n'a aucun contenu informatif, ma déontologie m'oblige à ne pas me prononcer. D'après Morandini, c'est un canular de Gérald Dahan (-le-petit-patapan).
Lilian Thuram (futur ministre, intellectuel et joueur de football, réécrit par un journaliste du monde) : Le cri de détresse de ces jeunes me fait mal. C'est l'histoire de quatre excités qui mettent à mal des politiques d'intégration. C'est un spectacle désolant, mais je crois que ces jeunes ont gravé en eux les images des abus de la colonisation. C'est une sorte de hymne à leur père, ils font courber l'échine à ceux qui ont bafoué la dignité du peuple métis.
Christine Boutin (ministre d'Etat) : Ce sont des images affreuses, horribles qui sont diffusées sur des médias grand public. Il faut donc les retirer, car elles heurtent les sensibilités et ne décrit pas une situation plus complexe et plus humaine qu'on veut bien le dire. Depuis la prise de fonction de Nicolas Sarkozy, nous œuvrons pour un contrôle responsable des images. Les enfants ne doivent pas voir ça[...] J'ai appris que la scène avait eu lieu à proximité de Montparnasse, un quartier de Paris intra-muros, je me félicite de cette mixité sociale dans des quartiers auparavant imperméables à la diversité. Ce sont les premiers fruits de notre politique du logement et nous ne nous arrêterons pas là.
Je ne suis pas doué dans l'art du pastiche, mais c'est un exercice assez plaisant, j'ai pu le constater il y a peu. Et après tout, je suis chez moi, je continuerai.
jeudi 5 février 2009
Une mine à exploiter
On devrait écouter plus souvent ce qui se dit dans les fora de Davos. Dans un article qui résumait les idées qui ont germées sur un parterre fleui de maîtres du monde, les journalistes des Echos ont glissé dans le nouveau lexique, des mots d'un effrayant cynisme. La notion qui commence à faire fleurs est celle de « Crowdsourcing », voici la manière dont il nous l'est expliqué: " faire faire un travail gratuitement par une foule de gens n'appartenant pas à l'entreprise. Exemple : un programme informatique, une encyclopédie sur Internet. Mine à exploiter." Un peu comme lorsque M.Didier Goux voyait les textes de son blog repompé par une publication hebdomadaire, un peu comme ce qui est exposé ici par un dénommé Chictype. On nous parlera partage du travail, solidarité, valeurs libertaire, intelligence collective, universalité. Je ne crois pas qu'à Belem, où on nous peinturlure un monde meilleur dans des combats d'arrière-garde, on ait pleinement conscience de cette régression sociale (j'ose le mot) où le travailleur est privé de la récompense de son salaire. Ces dernières années, est monté en moi une méfiance pour les entrepreneurs, dont je respecte pourtant la perspicacité, la maîtrise de l'engagement et de l'idée, j'ai de moins en moins envie de les croire, surtout lorsqu'en 2009, ils insistent sur l'éthique et expulsent de leurs cerveaux avides, fièvreusement avides des "mines à exploiter" telles que le crowdsourcing.
vendredi 7 novembre 2008
Main basse sur les médias
La réalité étant ce qu'elle est : compliquée, vous n'aurez pas toujours à vos côtés un Alexandre Adler pour vous narrer les soubassements du pourquoi du comment, un Jacques Attali pour vous prédire le futur et un Emmanuel Todd pour vous l'avoir bien dit et bien prévenu, heureusement que patrouille la blogosphère, qui s'est autoconfiée l'auguste mission quasi-zoophile de lever les lièvres. C'est ce que je vais faire de ce pas pressé, non par plaisir pervers, mais par devoir, je vais donc débusquer des complots, jeter une lumière crue et insupportable sur des agissements de l'ombre. Ces derniers mois, saignée par l'interminable crise sur le gâteau, le monde de la presse, après les États généraux, a décidé de prendre les mesures indispensables à sa survie. On s'est donc activement remué dans les couloirs mais toujours dans le secret d'alcôve et le silence des échotiers, toujours prompts pourtant au nombrilisme et à l'auto-satisfaction de ses grandes manœuvres. Que s'est-il passé? Un des plus puissants et redoutés journal, j'ai nommé la dernière heure-les sports (la vénérable "dh"), qui doit son prestige, sa solidité, sa réputation aux faits divers les plus sordides, qu'elle raconte avec poésie et objectivité mêlant déontologie et style, s'est appropriée tous les journaux francophones. Sans le dire, -la presse est modeste-, nous avons donc le soir-les sports mais aussi le figamonde-les sports (né d'une triple fusion que votre perspicacité aura deviné). Le dernier en date : Libération-Les sports, j'en détiens la preuve formelle. Un article sur les mœurs cavalières d'un patron de station radiophonique avec tous les détails affriolants qui satisfont d'ordinaire la curiosité des amateurs de gazettes à scandale et qui se trouve désormais étalé sur les étagères de nos plus brillantes universités. C'est par là. Il manque le flegme des plumitifs expérimentés de la dh ainsi que l'ironie mordante des commentateurs, mais on ne s'improvise pas maître de l'information comme cela.
samedi 25 octobre 2008
Confèrence inutile sur une anecdote linguistique
Contrairement à l'anglais répandu aux quatre coins du globe (hé, hé) ou au flamand répandu aux quatre coins de la Flandre, la langue espagnole présente une unité qui fait d'elle un véhicule accessible et liant pour toute la communauté. Ainsi un angelino comprend mieux un petit gars d'Almendralejo, qu'un limbourgeois un petit ketje de Veurne, pourtant distant de quelques encablures belges -notons en parenthèse que la Belgique est une unité de mesure forestière qui comptabilise les étendues de forêts qui disparaissent chaque année - mais de rien-. Néanmoins, comme pour toute langue vernaculaire, il existe des variations bien distinctes qui marquent son homme et son territoire. Il y a certes trois grandes aires linguistiques, l'espagnol américain (sur lequel j'espère revenir plus tard), l'espagnol latino-américain et l'espagnol classique, jalousement et sévèrement chaperonné par Real academia. Toutefois, à l'heure de l'uniformisation mondialisée dont on goûte tous les jours les ravages, un vocabulaire propre à chaque pays, à chaque village, distingue les origines. Ce que nous pouvons voir à travers le mot pololo. Un pololo, pour un espagnol, ne sera rien d'autre qu'un pantalon court, non, je vous vois venir, pas un panta-court popularisé dans les années deux-mil par le sportif mallorquin Rafaël Nadal, mais plutôt les antédiluviens pantalons légers qu'on enfilait sous ses jupes dans des siècles barbares et obscurantistes qui ignoraient le chauffage et le réchauffement climatique. Vous comprenez bien que cet antique et aimable accoutrement risque de disparaître de nos gardes-robes et de notre vocabulaire à l'ère du tout-Lagerfeld. Or, il est un coin de la mappemonde où l'usage de ce mot fera de vous un amigo, fera scintiller dans l'œil de votre interlocuteur le brillant et émouvant sentiment d'appartenance qui existe encore, c'est le Chili. Là-bas, un pololo est un petit ami, un novio. Le mot tire son origine d'un insecte de Valparaiso, devenu l'emblème des pompiers du coin vaillants, musclés et bon à marier, attirant toute la concupiscence de la fine fleur du sexe faible. Ainsi, une fille qui a conquis le cœur d'un pompier se vante dans les bals d'avoir un pololo. C'est de là où s'est répandu l'expression comme une trainée de poudre dans tout le pays.
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