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mercredi 10 novembre 2010

Le retour des dames patronesses

Je me suis souvent demandé pourquoi des ligues de vertus, aussi ridiculeusement représentatives de personne, avait autant de voix aux chapitres médiatiques. Que ce soit le Cran, le Mrap, etc... Il semble que les journalistes, qu'un minimum de déontologie retient encore, viennent chercher à l'extérieur les porte-voix de leurs arguments. On peut également ajouter que l'indignation a bonne presse, les cris outragées de nos Marie-Chantal se diffusent avec la même rapidité sans obstacle de la bonne morale dans les cerveaux de nos bisounours. Les personnalités sont choquées, indignées, estomaquées, désemparées, traumatisées, émues, déçues, pas contentes, tristes. Pauvre petite personne. L'image la plus évocatrice de notre époque pourrait être cette scène télévisuelle dans laquelle Marie-Christine Angot, hystérique, hurle en se fermant les oreilles. Bien sûr, il existe un revers plus sombre, où ces mêmes personnes, vertueuses, poursuivent d'une haine impitoyablement mesquine les personnes salies pour toujours (Frêche, Sevran, RC, Taguieff). Vous me direz qu'il devient aisé pour nos jeunes subversifs de choquer le bourgeois. Mais je crains que ma génération qui cherche tant à se caser, tout simplement n'ose pas.

dimanche 24 janvier 2010

Conte à rebours : la discrimination est totale

Riots erupted in Kenya’s capital, Nairobi, after the government said it would deport a Jamaican Muslim accused of extremism. Many of the rioters were Kenyan Muslims, especially Somalis, who say the government discriminates against them. The police raided a Nairobi suburb populated largely by Somalis and arrested scores of them for allegedly being in Kenya illegally.
source : the economist

jeudi 24 septembre 2009

Les craquements de l'irréel

Qui croit encore à l'idéal multiculturel?
-Une auteure
-une proviseure
-un sociologue
-un journaliste
-une animateure de quartier

Dans la foulée d'un article d'opinion signée par une "proviseure", publié par le journal Libération, nous lisons toute une série de réactions qui sont des témoignages que je vous engage à lire pour mesurer les tristes développements de l'idéal multiculturel. C'est ici. En substance, une dame exhorte ces concitoyens à ne pas fuir les établissements dits sensibles afin que s'accomplisse une mixité sociale indispensable à l'épanouissement de tous. Les lecteur(-e)s piqué(-e)s dans leur conscience citoyenne répliquent. "Oui, nous sommes prêts à payer le prix de l’entre-soi". Je me demande par ailleurs si ce bon journal publie volontairement ce genre de tribune pour se permettre en douce de lever le voile sur une réalité qui n'est en droite ligne avec leur objectif éditorial.

mardi 14 avril 2009

Un fait divers parisien - Le sentiment d'insécurité a encore frappé

Nous sommes toujours sur la lancée de ce fait divers pascal (qui n'y est pour rien) et qui fait couler beaucoup d'encre, un tsunami de réactions comme s'il pleuvait des dépêches sur une agence de presse en Irak. Il y a que c'est urgent il faut colmater le réel.

François Bégaudeau (écrivain, acteur, professeur de français agoraphile, palme d'or) :"Mais c'est des gamins! J'y vais banco; C'est vrai que la seule question qui compte, c'est : les a-t-on refoulé d'une discothèque? ah! pas simple".

Max Gallo (académicien, historien, Mitterandien Sarkozyste) : "De tout temps, la France a été un champ de batailles, en revanche, cette embuscade picrocoline ne rentre pas dans l'histoire de notre patrie. Néanmoins, je connais un homme qui saura redresser le pays, sur les pas de Bonaparte, dans la droite ligne de l'axe franco-allemand et son respect, c'est Nicolas Sarkozy".

D.D, militant socialiste qui tait son nom : "ça m'arrive tous les jours. Je vote socialiste, mais c'est vrai que je peux pas marcher tranquille dans la rue sans me faire importuner. Je ne suis pas raciste, mais quand je vois un groupe de quatre ou cinq écoliers issus de la diversité et de la colonisation, je change de trottoirs. Après bon, il faut savoir passer à autre chose, les élections approchent et il faut faire barrage au front National ".

Samuel Huntington (intellectuel méconnu, qui, de sa tombe) : "Voici enfin venu le temps du choc des civilisations....Tant que ce conflit tribal à l’échelle globale ne se manifeste que par la multiplication des conflits métalocaux, il reste gérable. Vous pouvez vous réferer à l'ensemble de mon oeuvre".

Un fait divers parisien II

La banale vidéo qui circule sur l'internet continue de provoquer réactions et remous qui font malgré tout les délices de la blogosphère en émoi. Nous recueillons pour notre part quelques réactions de quelques autorités qu'elles soient hautes zou petites.

Nicolas Sarkozy (Président de la République France 2009) : "si y en a qui croient qu'on peut ratonner comme ça en toute impunité, qui compte pas sur moi pour les laisser faire. J'irais moi même s'il le faut, montrer à ces abrutis de quel bois je me chauffe. C'est quand même pas acceptabe. Vous croyez vraiment que ce qui prend le bus tôt le matin ont envie d'être importuné. Nous vivons une période difficile, mes chers compatriotes, je demande à chacun de garder son calme, de ne pas sombrer dans la violence et ne pas se faire justice soi-même. L'Etat s'assurera et je m'y engage à garantir la sécurité de tous, car prendre le bus est une liberté. C'est pourquoi je demanderai à chaque policier de tenir des statistiques précises sur les ratonnades dans les bus, avec obligation de résultat".

Laurent Mucchielli (sociologue) : "Le phénomène des violences urbaines est un épiphénomènes qui ne peut pas en tant que tel faire l'objet d'un sujet d'étude scientifique et sérieux, les agressions dans le bus encore moins. La délinquance baisse, c'est un fait. Il ne faut pas prendre l'émoi occasionné par une vidéo que les médias ne jugent même pas bons de diffuser pour une réalité sociologique. Par ailleurs, on note que la taille des sujets est petite et leur accoutrement quasi-puéril, si ce n'est mimétique, il s'agit donc d'une délinquance juvénile confrontée tous les jours à la violence de parents incapables d'assumer leur rôle, brisés par le chômage. Le sociologue doit se méfier comme de la peste du café du commerce et du moralisme. L'agression dans les autobus est un phénomène ancien, qui est concommitant à l'utilisation des bus. Il faut juste remplacer les blousons noirs par les survets nike et on a la manifestation gonflée médiatiquement d'un phénomène ancien, bien accepté dans sa normalité normative par les groupes sociaux. Je crains pour ma part une explosion du phénomène de vidéosurveillance".

d'Almendralejo (moi-même) : "Ma nuit a été en partie gâchée, je n'ai pas pu lire comme je le souhaitais. Après mon jogging, j'ai joué à Pacman. Je crois que le policier qui a diffusé la vidéo a accomplit un acte de résistance, il a bravé son administration et risque de sévères peines. Comment les français peuvent-ils continuer à baisser la tête? C'est un peuple lâche, qu'on ne vienne pas me parler de résistance, sinon, je me fâche rouge et j'insulte sur mon blog".

La Halde.fr (Haute autorité) : "Monsieur, à la question de savoir si les actes montrés par la vidéo étaient à caractère raciste et discriminatoire, la réponse est non. Le groupe était selon les images hétérogène ethniquement, mixte et métis, l'interlocuteur était quant à elle uniformément homogène. Il y a manifestement une séquence qui ne revêt aucun caractère raciste, d'autant plus que l'injure proféré "sale français" émane de français eux-mêmes et rélève davantage d'une attitude masochiste. En revanche, nous notons une violation caractérisée des conditions de diffusion et de vie privée, c'est pourquoi nous transmettons dans les plus brefs délais le dossier à la commission nationale information et liberté (CNIL). Cordialement, la Halde"

lundi 13 avril 2009

Un fait divers parisien


Suite au déplorable faits divers récupéré par des sites d'extrême-droite, les personnalités les plus qualifiés et les intellectuels les plus estimables ont souhaité réagir pour tenter de comprendre. En exclusivité sur ce blog quelques extraits.

Pascal Perrineau (directeur du Centre de recherches politiques de Sciences Po, Cevipof): Les chiffres ainsi que les enquêtes d'opinions sont grâce à notre institut très pointues: on constate un déficit de popularité du président Sarkozy, qui n'a pas su convaincre son électorat traditionnel de la pertinence de ses plans de relance du pouvoir d'achat. Dans un monde dominé par l'image, et encore une fois, les chiffres le prouvent, il fallait puiser dans les grands thèmes qui ont fait ses succès électoraux. A quelques mois des élections européennes cruciales pour son mi-mandat, il fallait remobiliser l'électorat de droite, déçu par son mariage avec Carla Bruni. Cette vidéo - non-destiné a être vu, je le rappelle- tombe à pic pour soulever chez les français ce sentiment d'insécurité qui peuple à 47% l'imaginaire des français. Sarkozy s'est fait élir sur ça, il le sait, il veut déstabiliser une gauche qui est crédité d'excellentes intentions de vote par ce coup qui flatte à l'extrême-droite qu'il maîtrise très bien par ailleurs.

Alain Soral (boxeur) : La France a peur, si vous voulez, parce que la jeunesse se réveille. Les déshérités, les véritables prolos, commencent à mettre des gifles à la bourgeoisie-bohème de Sciences-Po. C'est pas innocent que le petit mec, mou de la bite, qui gémit à sa maman est un type formaté par l'école des élites. Dans une analyse marxiste, ça en dit long sur les futurs patrons qui licencient, c'est une réminiscence de leur déficit sexuel et masculin. C'est une lopette... qu'il vienne prendre des cours de boxe avec moi, et on verra si la France de demain, elle pourra dire amen au complot judéo-sioniste du grand capitalisme mondialisé, si vous voulez.


Marie-Pierre de la Gontrie (secrétaire nationale du PS aux libertés publiques et à la justice, auteure de le Livre noir sur les libertés publiques) : Ces actes inqualifiables qui consistent à dévoiler des vidéos destinées à être non-vues sont une atteinte au droit à l'image et un nouveau pas dans la répression des classes défavorisées. En sortant de leur contexte d'utilisation privée ou semi-privée ces images, on viole les chartes élémentaires de la Cnil et le respect des libertés. Des millions de personnes ont vu ces images à caractère privée et nous transforme de fait en petit flic et procureur. Prendre le bus sous le règne du président Sarkozy signifie que nos libertés sont bafouées. Le règne de Big Brother s'étend dans nos sphères d'intimité et de socialisation contrôlé par l'Etat. C'est encore un exemple à charge de plus a ajouté au Livre noir sur les libertés publiques.


Alexandre Adler (historien, journaliste): Lorsqu'en février 1977, à Abu Dhabi, le grand fils du cheick Adaam-Al-islam déclarait devant un parterre d'officiel chiites de Jordanie du sud reprenant à mon ami Bismarck ces sages paroles : "On peut tout faire avec une baïonnette, sauf s'asseoir dessus", il ne s'imaginait pas par un effet papillon inédit les faits divers déplorables, désagréables mais dérisoires des autobus parisiens. Car que s'est-il passé en réalité? L'élection d'Obama a changé beaucoup de choses de chaque côté de l'Atlantique. La crise financière marginalise le secteur tertiaire, le sentiment antisémite gagne les banlieues qui cultivent un ressenti douloureux du conflit israëlo-palestinien, mais c'est plus que cela qui fait qu'un jeune blanc de type caucasien est roué de coup dans un transport public comme il le serait dans n'importe quelle banlieue du Nigeria ou d'Afrique du Sud. C'est un sentiment d'impunité et de toute-puissance qui gagnent les déçus du protectionnisme. Alors que va-t-il se passer? Mes fidèles auditeurs le savent, il m'arrive de me tromper, mais dans ce cas-ci, il est évident, le futur s'annonce pour le moins délicat. Le protectionnisme et la chute du Yuan vont entraîner une paupérisation des classes moyennes de l'occident laïc, ajoutant à l'arrêt de l'immigration un fort sentiment de solidarité antisémite qui sont à l'image des guerres houleuses des Pays-bas au XVIIème siècle un climat de tension et de guerre civile d'une rare ampleur. C'est bien ce qui s'annonce aujourd'hui et à quoi nous devons nous préparer.

Gibi (journaliste d'investigation au Jdd et bien connu de nos services) : C'est une tronche de fake (ah! elle est bien bonne). Cette vidéo n'a aucun contenu informatif, ma déontologie m'oblige à ne pas me prononcer. D'après Morandini, c'est un canular de Gérald Dahan (-le-petit-patapan).

Lilian Thuram (futur ministre, intellectuel et joueur de football, réécrit par un journaliste du monde) : Le cri de détresse de ces jeunes me fait mal. C'est l'histoire de quatre excités qui mettent à mal des politiques d'intégration. C'est un spectacle désolant, mais je crois que ces jeunes ont gravé en eux les images des abus de la colonisation. C'est une sorte de hymne à leur père, ils font courber l'échine à ceux qui ont bafoué la dignité du peuple métis.

Christine Boutin (ministre d'Etat) : Ce sont des images affreuses, horribles qui sont diffusées sur des médias grand public. Il faut donc les retirer, car elles heurtent les sensibilités et ne décrit pas une situation plus complexe et plus humaine qu'on veut bien le dire. Depuis la prise de fonction de Nicolas Sarkozy, nous œuvrons pour un contrôle responsable des images. Les enfants ne doivent pas voir ça[...] J'ai appris que la scène avait eu lieu à proximité de Montparnasse, un quartier de Paris intra-muros, je me félicite de cette mixité sociale dans des quartiers auparavant imperméables à la diversité. Ce sont les premiers fruits de notre politique du logement et nous ne nous arrêterons pas là.

Je ne suis pas doué dans l'art du pastiche, mais c'est un exercice assez plaisant, j'ai pu le constater il y a peu. Et après tout, je suis chez moi, je continuerai.


jeudi 12 mars 2009

L'heure de la Halde : une lettre de dénonciation

le 10 Mars 2009

Cher-(e)-s Mesdames, messieurs, membre-(e)-s de la Haute Autorité,

Citoyen engagé dans l'action solidaire, "militant équitable" comme j'aime à m'appeler, j'estime mettre depuis cinquante ans mes maigres forces dans le but de voir un jour réaliser mes utopies dans ce monde imparfait. Je salue votre travail vigilant, utile et de salubrité publique et je me félicite de votre opiniâtreté. Votre travail est le combat de tous les français, c'est une œuvre de résistance qui me réconcilie avec ce pays qui traverse, hélas, des heures sombres. Je me permets par cette présente lettre de porter à votre connaissance un ouvrage qui fait l'apologie des inégalités, et même pire sa promotion. Peu informées, mes yeux candides ont été atrocement salis par des pages d'un livre disponible de tous, à la portée des innocents, il s'agit d'Ainsi parlait Zarathoustra de F.Nietzsche. Les pages incriminées sont les pages 166 de mon édition Rivages poche, elles comportent les phrases suivantes: "Avec ces prédicateurs de l'égalité je ne veux pas être mêlé ni confondu. Car à moi la justice me dit ceci : "les hommes ne sont pas égaux." Et il ne faut pas non plus qu'ils le deviennent!". Il y a, un peu avant, d'inaceptables propos diffamatoires qui me blessent : "Ainsi la tyrannique folie de la faiblesse réclame "l'égalité" par votre voix, prédicateurs de l'égalité : vos plus secrets appétits de tyran se griment sous des paroles de vertus." Il y a par ailleurs des phrases d'une misogynie tellement obscène que la décence m'interdit de les porter à votre attention ("des petites vieilles et des petites jeunes, p.113). J'espère que les sages de la Haute Autorité sauront faire le nécessaire pour nous débarrasser des phrases de ce"philosophe" qu'il faut condamner. Les inégalités et la Discrimination sont des épines dans le coeur des femmes et hommes modernes, aidez-nous à nous en débarrasser.

Veuillez accepter l'expression de ma plus haute considération.
S#### J####


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Vous aussi, entraînez-vous à dénoncer ici.

mercredi 24 décembre 2008

Faites entrer Accusaman

Dans une de ces fameuses et trépidantes émissions, qui font la gloire du service public télévisuel français, j'ai nommé la dite émission "Faites entrer l'accusé", le spectateur attentif et méditatif a pu dans la demi-saison écoulée se laisser aller à quelques réflexions que je vous livre à la ericcantonade.

Un homme, bien que sauvé le croit-on par ses origines vendéenne (le vendéen est bon), se révèle être en vérité un ignoble et froid dépeceur de compagnes, qui en dix années d'intervalle a tué et enterré les femmes avec qui il partageait sa modeste vie de cafetier. Condamné à des années de prison, le criminel tombe gravement malade dans sa cellule. Il est atteint, de l'avis des spécialistes, d'un cancer incurable, si bien qu'en vertu d'une loi pondue opportunément par Kouchner en ce temps, il put, en sa qualité d'agonisant, terminé sa sinistre vie dans son chaleureux et réconfortant foyer familial dans un douillet pavillon d'un modeste lotissement de la côte Atlantique comme notre pays en regorge tant. Cependant, bien que condamné par les plus éminents spécialistes tant judiciaires que médicaux, notre homme se remet peu à peu, difficilement, mais par on ne sait quel miracle redevient un homme valide à la grande stupeur du voisinage, qui surprend le criminel libre bricoler ou chercher des baguettes pour ses bien-aimés parents. Le voisinage prend peur, en toute connaissance de la réputation de l'homme qui devrait dans un monde normal leur laisser la tranquilité en croupissant dans de sinistres cellules de condamné. Passons sur l'ambiance, peur sur la ville, et remémorons nous les propos du maire, interrogé par les méticuleux journalistes. Le maire sortait les lettres des habitants se plaignant de l'activité du dangereux quidam, il lisait des lignes qui faisaient état des moindres faits et gestes du malade. Alors, il dit : "il est plus surveillé que s'il était en prison". C'est certainement cette passion française que la Halde a voulu réveiller en exhortant nos concitoyens à dénoncer les cas patents de "discrimination", mot entre guillemet qui conserve toute sa subjectivité d'opinion et de sentiment. après quelques allers-retours spectaculaires, l'homme mourut en prison au grand soulagement des familles des victimes et des épistoliers enthousiastes.

lundi 8 décembre 2008

L'heure de la Halde, à propos d'Agathe Cléry

Alors qu'il y a quelques semaines le cinéma américain nous livrait un film anar et corrosif, cocasse et railleur, sorti de l'esprit tordu et ricanant de Ben Stiller, Tonnerres sous les tropiques, la France du cinémonde, toujours avide de rendre la monnaie de sa pièce aux forces de l'Empire, réplique ces jours-ci par le surprenant et militant, Agathe Cléry, la femme raciste qui va devenir noire. Tandis que l'un, revenu de vingt années de politiquement correct, se plaisait à moucher la caste hors sol des comédiens du cinémonde ayant trop ingurgiter de black studies sur Mtv (Robert Downey est un acteur capricieux qui découvre et épouse la cause noire jusqu'à se faire implanter des pigments noirs), l'autre pense faire grincer en enfonçant les portes ouvertes de la lutte contre les salauds. Gré soit rendu à Ben Stiller d'avoir été irrespectueux et de pouvoir aussi rapidement ridiculisé un film de commande idéologique, qui, comme, pour paraphraser Montherlant, a "un conformisme du désordre qui a toute la sottise qu'il prête au conformisme de l'ordre". Agathe Cléry se présente comme la première œuvre de la période dominée en France par "l'antiracisme dogmatique", du divertissement de masse et du flicage de la pensée.