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mardi 9 octobre 2012

Le lundi au soleil

Je regarde avec admiration ceux ou celles qui sont débordés de travail, leurs téléphones intelligents sonnant sans arrêt, ceux dont les horaires, les responsabilités et le champ d'action sont extensibles à l'infini, ceux qui sont dans des avions, pas joignables, des réunions. Les echt managers. C'est une catégorie à laquelle je pense, à l'heure actuelle, ne jamais appartenir. S'il est un message claire que je m'efforce pourtant de ne pas prendre en trop grande considération, malgré les faisceaux d'indices de plus en plus épais, c'est celui qui tente de me faire comprendre qu'il n'y a pas de place pour moi dans le monde du travail. L'économie tourne très bien sans toi, tes talents sont inutiles, on a pas besoin de toi, au revoir. J'imagine parfois un joueur de football trop médiocre ou trop vieux qui met un terme à sa carrière professionnelle, dans mon cas, c'est la même chose, une carrière professionnelle chaotique qui n'a jamais décollé. Retiré du monde professionnel. Une traversée du désert d'une trentaine d'année. L'ennui me poursuit.

(prologue)

mardi 20 décembre 2011

Entre balzaciens

J'avais lu il y a quelques mois L'ensorcelée de Barbey qui m'avait laissé une forte et agréable impression, aussi, je voulais lire un livre que je puisse conseiller à mon fils, quelque chose d'aventureux ou épique et de surcroît, les émissions des nouveaux chemins avaient remis Balzac au goût du jour et ravivé mon intérêt pour le maître. Cette conjonction de faits fit que je sortais de sa réserve Les chouans, oeuvre méconnu du jeune Balzac. J'ai lu avec plaisir les cent premières pages puis mes activités m'ont conduit vers d'autres lectures, c'est il y a peu que j'ai repris le chemin de l'Ouest avec l'entrain d'un convoi qui a la chouannerie collé aux basques. Je suis dans un épisode crucial et il s'avère que je n'y comprends plus grand grand chose, n'y ne démêle qui est qui, qui fait quoi? Je m'avise à chercher sur internet un résumé des premières pages qui ne révèle pas la suite des péripéties et je constate que l’œuvre a dû être au programme des scolaires, car de nombreux sites en parlent. Je parcours ces lieux-dits ou les commentaires rédigés par nos têtes blondes et c'est exquis.

Nawak à Balzac : salut sa va ?alors eske kelkun ta fé les résuné de se livre ?car moi ossi je comprend rien et jé besoin dun résumé stp répond !merci

salut sacha ! moi aussi je suis en 4EME et je n’est pas lu le livre entierement car je n’avais pas le temps pour l’examen ! juste une question : Comment meurt GALOPE-CHOPINE ? Quelle est la réaction de BARBETTE son épouse ? merci a bientot


J'hésite, dois-je rédiger un résumé complètement faux (c'est tentant, n'est-ce pas?) ou partager mon expérience de mal-comprenants?

jeudi 5 mai 2011

Le parasol métropolitain de la place de l'Incarnation


Seville capitale de l'andalousie s'est enrichie d'un nouveau monument que j'ai pu voir et que j'estime très beau. On l'appelle la Seta (le champignon). C'est un parasol en bois à forme ondulatoire qui ressemble à une chips. Son concepteur est un architecte allemand Jürgen Mayer. pour davantage d'informations, vous pouvez consulter la page wikipédia en espagnol ou des photos aériennes très réussies de ce monument qui se coulent dans la ruelle du centre de Séville. C'est un mélange ambitieux entre "une cathédrale sans murs" et la tour Eiffel qui me fait penser au travail de l'artiste Arne Quinze à Bruxelles . Séville avec ce monument, son nouveau métro, ses nouvelles rues piétonnes restent une place de choix.


dimanche 14 novembre 2010

La carte et le territoire, guide des impressions

Le seul et unique type vivant qu'ils mettent au monde, au monde de la fiction, c'est leur moi distribué sous diverses espèces et permanent sous d'innombrables hypostases ; que le perpétuel dialogue avec soi-même puisse se substituer sans vergogne à la tentative plus humble qui était jusque-là celle du roman d'imiter les accidents, les rencontres et la variété de la création, c'est l'effet non pas d'une incrédulité grandissante du lecteur vis-à-vis de la personnification romanesque, mais plutôt d'une foi presque insolente de l'auteur dans la capacité immanente à la fiction de faire tout accepter, y compris non seulement le mystère de la transsubstantiation réédité, mais encore le miracle des noces de Cana.»
Julien Gracq,En Lisant, en écrivant, Corti, p.122-3

Hormis une page sur Ryanair et d'amusantes remarques sur des produits de consommation, je ne retire pas grand chose d'excitant du dernier livre de Michel Houellebecq, La carte et le territoire. Or l'excitation, c'est ce qui attirait chez lui, l'observation polémique qui désormais n'est qu'un contre-pied prévisible, et aussi le fait qu'il faisait des hommes moyens des héros involontaires de leur temps. Les bons écrivains de nos jours doivent se tordre de douleur devant ce succès. Comme souvent, la critique consacre les œuvres les moins réussies et fécondes de leurs auteurs. Je salue tout de même ce talent français de gloser avec art et profondeur.
Jusqu'à la page 200, on dénombre quelques ratés exemplaires, la relation amoureuse entre Olga et Jed, dérisoire et insignifiante, les conversations entre Houellebecq, personnage et Jed, sans intérêt et presque puériles, le personnage Begbeider, une commande sans conviction, le pastiche de Kéchichian, grossier. Nous aimions les héros houellebecqien, celui-ci (Jed Martin) n'en est qu'une ébauche. On garde tout de même l'impression d'une oeuvre bâclée. Faible par le style, il commence à ressembler à MG Dantec, j'ai la malchance de le lire après Barbey, faire l'expérience de la comparaison d'une lecture à voix haute est un exercice cruel.

dimanche 8 novembre 2009

Un coeur intelligent

Dans Un coeur intelligent, Alain Finkielkraut réunit en neuf chapitres sa lecture personnelle de livres qui l'ont marqué. Si l'intellectuel démontre une certaine forme de rancune envers notre époque, force est de constater qu'il se rattrape dans les exercices d'admiration littéraire. Au constat de notre temps post-littéraire, il tient à montrer en dépit des croyances qui courent que la littérature peut être riche de leçons et d'apprentissage, qu'elle peut délivrer des clés de compréhension, qu'elle peut changer un homme. Il revient donc sur ces livres, la plupart des romans, qu'il replace dans un contexte général et personnel. Parmi les neufs livres choisis, j'en ai lu par le passé deux, Histoire d'un allemand et La tâche, conseillé que je fus par Finkielkraut lui-même, dont j'apprécie à travers ses émissions notamment la finesse et l'enthousiasme de lecteur. Finkielkraut a participé avec fougue aux événements de mai 68, l'intelligentsia progressiste de l'époque a modelé ses premières aventures intellectuelles, on s'aperçoit que ces lectures ont permis de le tempérer et de faire de la modération un principe de vie. mêdén ágan, "rien de trop". C'est devenu ma devise.
Ici, il entend démontrer que la littérature permet la juste mesure entre l'émotion et la raison.

vendredi 20 février 2009

Guide des impressions - sur la crise financière



Plusieurs points intéressants comme souvent avec le professeur Aglietta. On notera dans son explication sur le mécanisme du marché immobilier qui est à l'œuvre, un cas d'école de la théorie de la déflation par la dette développée par Irving Fisher.

Doit-on s'inquiéter?
Mon sentiment de la semaine est que oui, nous devrions nous inquiéter.
A la lecture des points de vue d'Eric le Boucher, Dominique Strauss-Kahn et Christian Saint-Etienne (qui prévoit même l'implosion de l'Euro), je me fais à l'idée que nous n'échapperons pas à un choc, né d'une seconde vague. Les crédits de bonne qualité deviendront sous l'effet de la contraction de l'activité des actifs toxiques disséminés dans des titres réparties dans les actifs des banques. Même si le monde croule sous la liquidité, les banques ne prêteront pas (credit crunch et crise de confiance) et les investisseurs eux seront trop endettés. Sale temps.

vendredi 26 septembre 2008

Un avant et un après

Pour peu qu'on accorde à ce modeste blog valeur de témoignage dans des temps futurs, je me dois donc de livrer aux curieux mes impressions de particulier balayé de plein fouet par la crise financière, "le 11 Septembre financier", qui ébranle tout sur son passage. Probablement, cette crise aura un avant et un après, comme tous les lundis noir, les 21 avril ou annus horribilis de saison. Tout le monde se rappelle de son 11 septembre 2001, je ne voudrais pas avoir l'air penaud, à la question : "que faisiez-vous en Septembre 2008?".

L'entreprise qui m'emploie croît fortement et satisfait aux injonctions de croissance de notre propriétaire, lui même un fonds d'investissement anglo-saxon. Le marché de niche dans lequel nous sommes confortablement cramponné est profitable. Ici, la crise n'a pas autant de répercussions sonores que le chahut des employés, seul, le dollar bas a minoré quelques unes de nos performances, c'est du moins l'excuse pour ne pas gonfler nos augmentations. Pourtant, tout mon département est secoué par une vague de départ, de démissions et de claquements de porte, comme si les rats quittaient l'opulent navire. Certains, même, quittent leur poste, sans avoir trouvé un autre gagne-pain, arguant qu'au bout du préavis, ils auront basket à leur pied. Le marché est ouvert. C'est largement possible de gagner plus à l'extérieur. C'est dire si la crise nous fait bien rigoler. Il sera même possible, fort de ce pouvoir de pression, de gagner plus en travaillant moins dans quelques semaines. Cela vaut, bien sûr, si vous avez quitté la France.