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jeudi 20 octobre 2011

Primaire

Les français, turfistes jusqu'au jugement dernier, ont exprimé leur goût immodéré pour le pain et les jeux à l'occasion de la primaire, élection télévisée du délégué de classe. Plus que le cirque, plus que le concours de miss, c'est la course hippique qui me vient à l'esprit.... Féroce de Lille dépassé par le hollandais roublard, avant que sur la corde, Beau du Bourg ne vienne jouer le trouble-fête et blabla.... Facebook s'emballe, Martel réécrit ses prophéties sur Twitter. Du rêve en veux-tu en voilà. Pendant ce temps, on ne sait pas si l'euro va finir le mois.

mercredi 5 octobre 2011

Le joie mauvaise et savante

J'ai trouvé dans Les Echos une citation de J.Schumpeter qui résume bien les idées de Schadenfreude que j'ai pu évoquer il y a quelques années.

«Pessimistic visions about almost anything always strike the public as more erudite than optimistic ones.» J. Schumpeter
C'est ce qui fait la fortune de l'économiste Roubini et des journaux. De mon côté, je finis par croire qu'On est mal. 2011 est un nouveau 2008.

Moi qui ai postulé la semaine dernière chez Dexia (et qui me plaignait de n'avoir aucune réponse (le con))

lundi 30 mai 2011

La fin de l'Euro

L'économiste français Christian Saint-Etienne, déjà connu par les visiteurs attentifs de ce blog, a publié en 2009 un livre polémique et prémonitoire : La fin de l'Euro. Les événements en cours ravivent cette inquiétante prédiction. J'attendais son analyse, il nous la livre dans une émission de canal académie qui ne manque pas de suite dans les idées. L'économiste fait reparaître son essai enrichi d'une analyse des événements actuels.

Voici l'introduction de l'émission que je vous conseille d'écouter (par ici) :

Lorsque Christian Saint-Étienne fit paraître, début 2009, son ouvrage, La fin de l’Euro, il suscita non seulement la surprise (à laquelle il a de longue date habitué ses lecteurs par son style direct et sans concession) mais aussi l’incrédulité voire la réprobation…Pour beaucoup par peur, pour d’autres par aveuglement.
Force est de constater qu’en réalité cette parution (qui lui valu une nomination au Prix Turgot 2010), s’est révélée à bien des égards, prémonitoire.

En effet les crises récurrentes qui sont venues perturber le douzième anniversaire de l’euro, attestent non seulement que la zone euro n’est pas une « zone monétaire optimale » mais que l’avenir de l’euro reste gravement compromis comme il l’avait diagnostiqué dans cet ouvrage.
Toutefois l’auteur reste un européen convaincu, aussi devait-il à son public, comme à ses détracteurs, de proposer un éclairage complémentaire sur « l’impuissance européenne » qu’il venait de pointer du doigt.

En effet sans gouvernement économique, sans budget fédéral et sans encadrement de la concurrence fiscale et sociale, la zone euro n’a aucune caractéristique d’une « zone unique ». Cette situation rapprochée des tensions sur les dettes souveraines de nombre de pays membres laisse planer (comme l’attestent les dégradations successives des notations) de graves menaces tant sur la zone que sur l’euro avec des scenarii de risques variables : de « l’éclatement apocalyptique » (réintroduction des monnaies nationales), à l’éclatement « contrôlé » (deux zones monétaires), en passant par des plans « sparadrap » (pour redresser les pays consommateurs et déficitaires), voire une « fédéralisation surprise » de l’Europe (que l’auteur ne désapprouverait nullement).

Christian Saint-Étienne apporte des éléments de réponse pour « sauver » la zone euro et l’avenir de la construction européenne avec en perspective la situation paradoxale de la France face aux risques d’implosion de l’euro. Il est temps pour l’auteur de passer « à un euro politique par la fédéralisation de la zone ». Faudra-t-il passer par une voie moyenne avec quelques pays précurseurs ?
Quoi qu’il en soit, l’avenir de l’Europe (et de l’euro) a rendez-vous avec des hommes et des femmes d’Etat capables de la remettre en marche. Courage pour les Européens ! « Tout n’est pas perdu », c’est la conviction de l’auteur. Mais il faudra beaucoup de lucidité et de courage pour faire accepter des solutions cohérentes fédératrices et structurantes.



Jean louis CHAMBON
Président du prix TURGOT

jeudi 2 avril 2009

Keynes et les zombies

Je reviens, si vous le voulez bien, sur l'éclatement de la bulle financière, ou ce qui est mieux connu sous le label, la plus-grande-crise-depuis-1929. Je cherchais un article qui remet en cause l'absolu nécessité des plans massifs d'Etat. Nous entendons souvent de la bouche des politiciens que les plans ne sont assez importants, mais s'est-on interrogé sur la pertinence de ces plans de relance qui endette les états. Je reproduis un article d'Augustin Landier et David Thesmar qui s'interrogent sur les politiques keynésiennes et les travers qu'elles induisent. C'est assez stimulant et pédagogique, isn't it?

Keynes et les zombies, publié dans le journal Les Echos, le 1er avril2009

Face au creusement de la récession, et à l'ampleur des moyens mis en œuvre outre-Atlantique pour relancer l'économie, un consensus semble se former : il faudra un second plan de relance. La logique de ces plans de relance est keynésienne. Lorsque l'État donne du revenu aux agents (entreprises, ménages), ceux-ci le dépensent, ce qui crée en retour davantage d'activité, de revenu et à nouveau de dépense. C'est l'effet multiplicateur : en théorie, chaque euro de dépense publique doit engendrer plusieurs euros d'activité supplémentaire. En pratique, pourtant, les macroéconomistes sont bien loin d'être unanimes sur l'existence du miracle keynésien. Selon certaines estimations basées sur l'histoire passée, chaque euro de dépense publique crée moins de 1 euro de PIB. Il y a donc des pertes en ligne.

La réponse française à cette incertitude est celle de la relance par l'investissement. L'idée est simple. Puisqu'on n'est pas sûr de pouvoir redémarrer la machine en stimulant directement le pouvoir d'achat, il pourrait sembler plus judicieux de soutenir l'investissement. Ainsi, les deniers publics serviraient au moins à accroître la croissance de long terme. La politique économique en France cherche donc à faire d'une pierre deux coups : relancer la demande à court terme en investissant pour l'avenir via la politique de grands travaux (autoroutes), la protection des industries stratégiques (automobile), la subvention de l'investissement (extension des garanties de crédit).

Mais, précisément parce qu'ils sont taillés pour ce double emploi, ces dispositifs risquent de peser durablement sur la capacité de notre pays à retrouver le chemin de la croissMaance. Lors d'une récession, certains secteurs subissent des vagues de faillites et de restructurations. Dans ces cas, la tentation est grande de chercher à protéger les emplois et les entreprises menacés via des subventions à l'investissement, à l'emploi, voire des protections tarifaires. Mais outre que les nécessaires ajustements doivent tôt ou tard se produire, les interventions publiques dans la politique d'investissement détournent les ressources que certaines entreprises pourraient mettre à profit pour se développer, pour les diriger vers des entreprises sans avenir mais à fort poids politique.

La « décennie perdue » de l'économie japonaise nous apporte un exemple frappant des effets pervers de ce type de cécité. A l'aube des années 1990, les banques ont continué à prêter aux entreprises en faillite, car cela leur évitait de reconnaître les créances douteuses dans leurs bilans. Ce faisant, le système bancaire japonais, avec la bénédiction des pouvoirs publics, a entretenu une armée de zombies, qui ont mobilisé capital et travail tout au long des années 1990 dans des secteurs et des entreprises sans perspective. Privées de ressources, les entreprises saines se sont étiolées, perpétuant la stagnation économique pendant près de dix ans. Les morts-vivants ont donc vampirisé les vivants en les privant de ressources. Plus proche de nous, l'expérience des réformes bancaires des années 1980 en France montre que le fait de laisser les banques prêter seulement aux entreprises rentables, plutôt que de multiplier les prêts subventionnés, a été un bon moyen de promouvoir l'emploi et la croissance.

De cette analyse, nous tirons deux leçons pour la France d'aujourd'hui. Premièrement, pour préserver notre capacité à croître dans le moyen terme, il faut laisser le marché opérer les restructurations douloureuses. Il faut cesser de maintenir une industrie déclinante sous perfusion de fonds publics mais au contraire accélérer le transvasement du capital et des hommes de notre économie vers les services : l'obsession industrialiste de nos hommes politiques est à ce titre néfaste. Deuxièmement, quelle que soit en définitive la taille du multiplicateur keynésien, orienter les fonds publics vers les ménages paraît très largement préférable à la relance par l'investissement. En effet, la subvention de l'investissement aboutit toujours à encourager les entreprises peu rentables à investir davantage et à protéger les secteurs déclinants. A l'inverse, la relance par la consommation permettra de limiter la casse sociale liée aux nécessaires restructurations à venir. La relance keynésienne par la consommation n'est sans doute pas le miracle de la multiplication des pains mais elle aura au moins le mérite de nous éviter la nuit des morts-vivants.

Augustin Landier est professeur assistant à l'université de New York (NYU Stern). David Thesmar est professeur associé à HEC et directeur scientifique du BNP Paribas Hedge Fund Center


Qu'en pensez-vous?




mardi 24 février 2009

Trois héros



En 1999, le magazine Time célébrait trois acteurs de premier plan qui auraient sauvé le monde, sans savoir que dix années plus tard ils allaient être au centre de toutes les condamnations. Cruelle ironie.
On leur impute aujourd'hui des décisions cataclysmiques qui ont encouragé la crise financière et économique. Qui sont ces trois dude? A notre droite, nous avons Larry Summers, regard un peu vide, absorbé dans son bleu pâle, double menton et la réputation de dire crûment ce qu'il pense ("Je pense que la logique économique qui veut que des masses de déchets toxiques soient déversées là où les salaires sont les plus faibles est imparable. » ou encore ces propos sur la faiblesse des femmes en mathématiques), rien n'arrête ce brillant économiste qui atteint le poste de secrétaire d'Etat au Trésor, poste qui lui était destiné, lui fils d'un couple d'économistes, neveu d'un ou deux prix nobel de la discipline (Samuelson et Arrow), un héritier qui n'a pas déçu, donc. L'homme a, sous son activité, promulgué l'abrogation du Glass-Steagall Act, loi votée en 1933, qui, tirant les leçons de la Crise, instaurait l'impossibilité de marier une banque de dépôts avec une banque d'investissement. En l'autorisant, pour faciliter à l'époque la naissance de Citigroup, Summers n'imaginait pas que ce diabolique mélange des genres allaient mettre le feu au poudre. Les banques d'investissment tapaient dans les fonds propres de la partie dépôt, pour alimenter leur machinerie financière. C'est ainsi que Northern Rock, respectable banque à papa, a été acculé à la faillite dans la même foulée que Bear Stearns, richissime banque d'investissement, disait adieu au royaume des vivants et de l'argent-roi. Il faut dire que l'argent coulait à flot, avant les scandales qui tétanisent le monde capitaliste, et s'il y en avait à ne plus savoir qu'en faire, on le doit à un homme, un génie déchu, Alan Greenspan. Alan Greenspan, l'iconoclaste, un mélange de Woody Allen et de Panoramix, que tout le monde célébrait, joueur de saxophone et amateur de belles-lettres, il était l'américain intellectuel et pragmatique que le monde enviait à l'Amérique, un Obama avant l'heure en quelque sorte. En tant que directeur de la FED et donc pilote de la politique monétaire de la première puissance du monde et donc du monde, il a maintenu artificiellement les taux d'intérêt à un niveau extrêmement bas pour pousser les agents économiques à la consommation. Devant un tel afflux de liquidités, les financiers ont inventé des instruments financiers (l'économiste Bouzou invoque Schumpeter pour parler des conséquences néfastes de l'innovation dans l'ingénierie financière) et mis au point le fameux "effet de levier" qui allait disséminer le risque en s'enrichissant par la dette. L'effet de levier faisait des miracles, des fusions-acquisitions gargantuesques, une croissance qui semblait infinie, le temps était au beau fixe, avant que la dette ne servit plus qu'à financer, faute de débouchés, des canaux insolvables. On aboutit pour l'heure à des bilans calamiteux et la crise du crédit. Enfin, à notre gauche, Robert E. Rubin, des faux airs d'Attali grisonnant, est voué aux gémonies, (nommé parmi les 10 personnalités les moins éthiques du business par Marketwatch), une sorte d'Hiltler de la finance, parce qu'il participe activement en tant que consultant grassement rémunéré à la déconfiture de Citigroup, importante banque américaine.
Mesdames, Messieurs, les héros d'hier sont les bouc-émissaires d'aujourd'hui.

vendredi 20 février 2009

Guide des impressions - sur la crise financière



Plusieurs points intéressants comme souvent avec le professeur Aglietta. On notera dans son explication sur le mécanisme du marché immobilier qui est à l'œuvre, un cas d'école de la théorie de la déflation par la dette développée par Irving Fisher.

Doit-on s'inquiéter?
Mon sentiment de la semaine est que oui, nous devrions nous inquiéter.
A la lecture des points de vue d'Eric le Boucher, Dominique Strauss-Kahn et Christian Saint-Etienne (qui prévoit même l'implosion de l'Euro), je me fais à l'idée que nous n'échapperons pas à un choc, né d'une seconde vague. Les crédits de bonne qualité deviendront sous l'effet de la contraction de l'activité des actifs toxiques disséminés dans des titres réparties dans les actifs des banques. Même si le monde croule sous la liquidité, les banques ne prêteront pas (credit crunch et crise de confiance) et les investisseurs eux seront trop endettés. Sale temps.

mardi 17 février 2009

Le protectionnisme en question


La semaine dernière, l'hebdomadaire anglais, the economist, affichait sur une de ses plus laides couvertures, sa hantise du retour du protectionnisme économique. De fait, le journal n'a jamais caché ses penchants libéraux (ou ultranéolibéraux selon les terminologies). Alors que les banques sont recapitalisées en toute hâte par les Etats, force est de constater que tous se sont mis d'accord de la nécessité -du moins provisoire, de l'acteur étatique d'intervenir dans la bonne marche de l'économie. En pareil cas, le "spectre" du protectionnisme refait surface, comme l'atteste la mention du "Buy America" dans le plan de stimulation présenté au Sénat américain. "Spectre", le mot est un peu forcé, car l'éditorial de la semaine ne convainc guère sur la nocivité de la doctrine. On peut devant l'irresponsabilité, la rapacité, la vénalité dont on fait preuve les agents économiques mondialisés affirmer une manoeuvre responsable, solidaire (contre les délocalisations) et original face à l'épandage de la camelote uniforme. Les echos proposait une tribune intitulée "il n'y a pas de bon protectionnisme". Martin du guiers, le von Gibus du monde papier a rétorqué ceci :

Je partage votre sentiment. Le protectionnisme est un repli sur soi inefficace à long terme, de surcroît, la France n'a pas à rougir de ses atouts dans la compétition internationale. Néanmoins, je ne souhaite pas que les ennemis du protectionnisme s'appuient sur des aspects moraux, tels qu'on peut le lire dans cet article sous ces phrases "encourageant les penchants les plus sordides et les moins avouables de la nature humaine". La mondialisation a révélé la rapacité et la malveillance de ceux qui se débarrassaient de toute responsabilité, on peut arguer dans le sens du protectionnisme d'un principe de solidarité et de mesure.


La protectionnisme comme retour du politique?

Je me suis enfin procuré l'ouvrage d'aglietta, qui semble facile et rapide à lire. Mais avec ma proverbiale lenteur, on ne sait si je serais en mesure de proposer un résumé avant la prochaine crise.


jeudi 22 janvier 2009

Sur la Crise, entretien avec Michel Aglietta

Je recommande chaudement l'entretien qu'a livré le professeur Michel Aglietta sur les ondes de Canal Académie pour notre plus grand plaisir. L'économiste chambérien et chevronné a évoqué dans les grandes largeurs son livre répondant au doux nom de La Crise, qui a pour vocation d'expliquer les ressorts de la crise économique que nous traversons. On peut s'en fiche, mais il serait idiot de se priver d'un plaisir intellectuel de cet acabit. De cette conversation, digne des meilleures heures de France Culture, j'ai retenu moult idées que Aglietta a su exposer clairement à l'intelligence subsumée de ses auditeurs. Ainsi, il a expliqué en premier lieu, le mécanisme d'une crise économique où les acteurs, conscient du moment d'euphorie qu'ils traversent, rationalisent ce moment en s'assurant qu'il est infini. Greenspan a mis sur le compte de l'innovation financière la capacité à absorber l'endettement démentiel des ménages américains. De plus, l'essence de l'économie financière ne satisfait pas aux règles classiques ou néo-classiques d'autorégulation (plus un actif financier a un prix qui augmente, plus sa demande va augmenter, car la finance est une anticipation de la richesse future). Il date les origines de la crise à la crise asiatique (1997) et aux corrections qu'elle a entraînées, renversant les règles du commerce international où nous nous aperçûmes que les excédents des pays émergents finançaient la surconsommation des pays riches. Drôle de principe de solidarité. Par la suite, Michel Aglietta en bon keynésien évoque les actions des différents états et quelques scénarii futurs qu'en bon attaliste (ou adlérien, ne soyons pas sectaire) vous devriez apprécier. Je vais acheter ce livre en espérant vous en proposer quelques extraits ici même.

L'émission est en écoute sur internet : ne boudez pas votre plaisir ici

J'allais oublier deux trois rebondissements remarquables dans le cheminement logique du pédagogue. L'idée que si les taux d'intérêt sont proche de zéro, les politiques budgétaire et monétaire sont les mêmes, l'impact de l'entrée de la Chine dans l'OMC, le théorème de Irvin Fischer sur la déflation de la dette, j'adore!


samedi 17 janvier 2009

Zeitgeist

Il pensait que les entreprises usaient de la publicité pour attirer les consommateurs vers des objets qu'ils n'avaient pourtant jamais rêvés envisager, que le crédit facile conduisait vers des catastrophes financières et que le meilleur moyen de revigorer l'économie se produisait en procédant à de grands investissements dans les infrastructures publiques. Ce n'est pas du président élu de fraîche date, Barack Obama, dont il s'agit mais du grand, de l'iconoclaste et néanmoins diplomate J.K. Galbraith, régulièrement promu conseiller des dirigeants démocrates depuis Kennedy. Pendant des années, son livre le plus connu était l'ère de l'opulence, (“The Affluent Society”), qui a paru en l'année 1958. Mais, la crise financière actuelle provoque un regain d'intérêt pour une œuvre antérieure, La crise économique de 1929, dans laquelle il démontra à quel point les marchés se déconnectaient de la réalité économique au cours de propension spéculative.

Libre et fluette traduction d'un article de The Economist

jeudi 25 décembre 2008

Manuel informatique et aléatoire d'anglais des affaires

La vocation pédagogique de ce weblog est quelque peu en berne, nous proposons d'inaugurer un manuel aléatoire d'expressions et mots pour améliorer votre anglais des affaires.

Shrug it off!
: ignore-le
To haul sb over the coals : passer un savon à quelqu'un
to outsmart the competition : surclasser les concurrents à force d'ingéniosité
is bearing fruits : porte ses fruits
unapologetic : convaincu
Notwithstanding : nonobstant, malgré

Mise en situation :

Notwithstanding the insistent sollicitations of my fellows, I decided to shrug them off. I am sorry, but each time I have followed their advice, the result has been my boss hauling me over the coals. Now I have so many doubts, that I am not unapologetic about the last plan for outsmarting the competiton in these times of crisis would bear fruits.

Cette courte nouvelle raconte l'histoire d'un employé de bureau qui confie son désarroi suite aux remontrances qu'il subit de la part de son supérieur hiérarchique. Dans un tel état de doute et d'égarement, il n'a plus les capacités d'insuffler l'optimisme, la cohésion et l'esprit de conquête pour surmonter les épreuves qui viennent à lui et à son entreprise.

mercredi 17 septembre 2008

Les millénaristes sautent de joie

Le 28 août, le journal Libération, en une, affichait son titre : "le krach au bout de la rue", en écho à la phrase du président Hoover qui quelques jours avant la crise de 1929 plastronnait que la prospérité était au coin de la rue. Les programmes scolaires ont largement inculqué à leurs ouailles la fausseté et l'aveuglement de cette phrase benoîte et optimiste avant le désastre économique, que tout le monde connaît. Je suis donc étonné que nos titreurs se laissent, probablement aveuglés par leur joie mauvaise, glisser dans cette allusion mal venue. Puisqu'en se plaçant sur le même registre, on joue la comparaison avec le prophétisme angélique ou diabolique, l'incantation et pas le domaine factuel. Tous les jours, en effet, on nous prophétise la déroute du système, comme on l'eût constaté pour le système soviétique. Les prix du pétrole flambait selon la formule consacrée, une crise pétrolière sans précédent alimentait le fourneau des âmes trépidantes, son prix s'est dégonflé. L'immobilier défaillait, nos esprits malins mettaient tout le monde à la rue. Ce week-end a été noir. On entend les rires sataniques couvrir la faillite de la quatrième plus grande banque d'investissement (à ne pas confondre avec une banque de dépôt). Bien sûr, sévère est la crise, es liegt mir fern de contredire le vénérable Economist, la fin des modèles que constituaient General Motors pour le versant sociale et Dell pour l'aspect économique forcent les américains à une mutation, car il faut raison garder, cette crise est une des nombreuses qui ont secoué l'économie américaine ou pour voir ample, cosmique. Qui se souvient de l'éclatement de la bulle internet, de la crise de l 'épargne (ici), du 11 septembre, et j'en oublie et des passes et des meilleurs?

Je me réjouirais d'une chose, c'est de l'érosion violente de la place de la finance dans l'économie mondiale.

jeudi 31 juillet 2008

un cas concret de politique industrielle : le choix de la fibre optique

Extrait de mon journal économique de comptoir du jour:

Dans une tribune du « New York Times », subtilement intitulée « French Connection », l'économiste Paul Krugman faisait récemment l'éloge du « modèle français » de l'Internet haut débit : un équilibre délicat entre compétition et régulation qui a produit des résultats spectaculaires en termes de prix et de débit (trois fois plus élevé qu'aux Etats-Unis). Et Paul Krugman de rappeler que la France était, à l'inverse, très à la traîne des Etats-Unis au début des années 2000 (pénétration américaine quatre fois supérieure alors).

Cet équilibre est pourtant menacé sous l'effet d'une concentration exacerbée : disparition de Cegetel, AOL, Club-Internet, certains n'hésitant pas à ajouter Alice et Free à la liste, par anticipation. Le « modèle » finirait ainsi en une compétition sans compétiteurs... Triste issue pour les consommateurs (diversité d'offre réduite, prix plus élevés...) et pour la collectivité (frein à l'innovation et à la création de richesses associée). Or cette concentration intervient au moment où se profile une nouvelle frontière, celle du « très haut débit », qui implique le déploiement de réseaux en fibre optique, avec des investissements chiffrés non plus en centaines de millions, mais en milliards. La logique de concentration en sera mécaniquement exacerbée.

Certains Etats avancent malgré tout. Les pays scandinaves, les Pays-Bas ou l'Italie ont des déploiements du très haut débit plus avancés que la France. Mais, surtout, une « Asian Connection » est en train de se constituer : en Corée du Sud, à Hong Kong ou au Japon, les internautes sont connectés en masse via la fibre optique, dont l'usage se banalise totalement. C'est notamment le cas de plus de 10 millions de Japonais, soit bientôt plus que le nombre d'usagers d'une ligne DSL dans ce pays. L'histoire bégaie : les Asiatiques ont également de l'avance dans la téléphonie mobile de troisième génération, alors que les Européens avaient été pionniers de la génération technologique précédente (avec le GSM).

Pour réinventer le modèle français et éviter la menace d'une compétition sans compétiteurs, la création d'un réseau de la fibre de France est une piste. Une telle entité pourrait opérer sous statut de délégation de service public, sous contrôle du régulateur, et être ouverte à l'ensemble des investisseurs potentiels, privés et publics. On retrouve l'idée des « autoroutes de l'information », sauf qu'au lieu d'en faire l'apanage d'un acteur, il s'agirait de mettre en commun les moyens du secteur. Les avantages sont évidents : maximiser le déploiement en évitant le gaspillage des ressources et éviter une hyperconcentration par la sortie du marché des acteurs qui animent la concurrence en prix et en innovation. Autrement dit, cela permettrait de sortir de l'impasse actuelle qui interdit d'avoir à la fois, pour l'avenir, le bon réseau et des acteurs économiques aptes à y proposer des services.

PATRICE GEOFFRON, professeur à l'université Paris-Dauphine (Les Echos du 31 juillet)