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vendredi 26 septembre 2008

Un avant et un après

Pour peu qu'on accorde à ce modeste blog valeur de témoignage dans des temps futurs, je me dois donc de livrer aux curieux mes impressions de particulier balayé de plein fouet par la crise financière, "le 11 Septembre financier", qui ébranle tout sur son passage. Probablement, cette crise aura un avant et un après, comme tous les lundis noir, les 21 avril ou annus horribilis de saison. Tout le monde se rappelle de son 11 septembre 2001, je ne voudrais pas avoir l'air penaud, à la question : "que faisiez-vous en Septembre 2008?".

L'entreprise qui m'emploie croît fortement et satisfait aux injonctions de croissance de notre propriétaire, lui même un fonds d'investissement anglo-saxon. Le marché de niche dans lequel nous sommes confortablement cramponné est profitable. Ici, la crise n'a pas autant de répercussions sonores que le chahut des employés, seul, le dollar bas a minoré quelques unes de nos performances, c'est du moins l'excuse pour ne pas gonfler nos augmentations. Pourtant, tout mon département est secoué par une vague de départ, de démissions et de claquements de porte, comme si les rats quittaient l'opulent navire. Certains, même, quittent leur poste, sans avoir trouvé un autre gagne-pain, arguant qu'au bout du préavis, ils auront basket à leur pied. Le marché est ouvert. C'est largement possible de gagner plus à l'extérieur. C'est dire si la crise nous fait bien rigoler. Il sera même possible, fort de ce pouvoir de pression, de gagner plus en travaillant moins dans quelques semaines. Cela vaut, bien sûr, si vous avez quitté la France.

mardi 2 septembre 2008

Un autre monde plein au As est possible

Du livre écrit par nos deux journalistes, mentionnées il y a quelques jours, m'est resté une idée, qui a fait son petit bout de chemin dans mon cerveau. Vous verrez, ce ne sera pas long. Depuis la guerre, les entreprises faisant fortune, investissaient leur surplus dans de nouvelles activités, qui permettait de diversifier leur succès toujours plus grand, toujours plus étendu au sein de la matrice du grand complot capitaliste. C'est ainsi qu'apparaissaient les conglomérats. Il ne vous a pas échappé que désormais les grandes entreprises vendent certaines de leurs branches jugées non-stratégiques, car la tendance -moutonnière, comme toujours- est au pure player. Les entreprises investissent leurs bénéfices dans le domaine financier à l'aide de tous les artifices comptables et effet de levier qui leur rapportent des mille et des cents sans lever le petit pouce. Les entreprises ne produisent plus, elles placent leur argent, bien plus rentable. C'est la financiarisation de l'économie. S'ils s'en trouvent d'aucuns, de préférence journaliste ou millénariste, pour le regretter amèrement, j'en suis qui s'en trouve satisfait. Les sociétés produisent et nous vendent moins leur camelote, c'est donc moins de consommation et de gaspillage.