lundi 1 mars 2010
samedi 20 février 2010
Comme chaque moment de rêvasserie tournait à la rage!
Comme chaque moment de rêvasserie tournait à la rage. Le téléphone se mit à vibrer. Il n'avait pas envie de répondre. Son temps était compté, aujourd'hui encore, il s'était imposé un emploi du temps rempli de lectures trop brèves, de menus travaux et d'émissions instructives, toute une science dont personne, en vérité, ne lui demanderait des comptes, si ce n'est le temps, justement, qui trop compressé, l'enverrait sans embarras sur un lit d'hôpital. Il répondit. Bien assez tôt, son interlocuteur, Arthur Saurin, le célèbre assistant parlementaire, allait se mettre à parler longuement de lui même, c'est alors qu' il glissa une allusion sur son chien récemment décédé. La voix se consumait, la conversation se termina dans des doléances désolées. "Toute cette science qui s'accumule dans mon esprit, si foutraque que je ne sais plus m'exprimer clairement. Tout ce savoir, qui jamais ne vit, qui jamais ne respire, m'intoxique, c'est mon propre poison que je secrète"... Comme chaque moment de rêvasserie tournait à la rage! Il passait son temps libre de la sorte, se plaignant avec emphase de ce qu'il appelait quand il s'en souvenait, "l'empoisonnement de sa vie intérieure". En vérité, je vous le dit, tout ceci est un peu pompeux, car si vous le rencontriez, vous vous diriez qu'il n'est pas si instruit.
samedi 13 février 2010
Une poudre noire pleut doucement sur ma veillée
mercredi 15 avril 2009
De Verlossing
Magda va mourir, ses proches se sont réunis dans la maison familiale où la malade proche de la mort est hantée par des visions de sa sœur défunte revenue l’ennuyer et qui va l'aider à passer de vie à trépas. Hugo Claus met en scène de façon volontairement naturaliste quoique surréaliste. Ce qui me permet de savourer le patois flamand, les intonations populeuses et l'univers de l'écrivain en images. Ce n'est pas un grand film. On y retrouve une teinte glauque digne du cinéaste Aki Kaurismaki, avec, en plus l'obsession de la grandeur des personnes malgré leur nature sale et décevante. On peut toutefois percevoir des thèmes récurrents de l'auteur et des prémisses de son opinion sur l'euthanasie qu'il s'infligera vingt après.samedi 4 avril 2009
La version Claus selon Josse De Pauw
Josse de Pauw, acteur bilingue, joue des séries d'interviews de Claus faisant les questions et les réponses, sous la forme d'un monologue. Ce dernier devait probablement se faire ses propres interviews dans sa tête, afin d'être prêt à les restituer aux journalistes; les formules sont travaillées, les images belles. Il fait de l'entretien un genre littéraire à part entière. De surcroît, l'homme est malin, arrogant, hâbleur, habile, fabulateur, irrespecteux, bluffeur et provocant. Le type idéal qui se la raconte avec talent. Le malicieux Claus insistait beaucoup sur la valeur du mensonge, si bien que ce qu'il venait à dire était toujours dévalué par le doute, et, pourtant, il en ressortait toujours des éléments de vérité. Il le dit lui-même : "le sauvetage du monde est dans le mensonge, mais le mensonge s'effrite quand quelqu'un le croit."C'était brillant, épatant et drôle. L'acteur incarne à merveille l'écrivain de telle sorte qu'on sentait naître la fusion.
Chaudement recommandé.