Je viens de maladroitement effacer tout mon petit texte sur ma lecture de Tlön Uqbar Orbis Tertius de Borgès. Cela doit faire une demi-douzaine d'année que cela ne m'était pas arrivé. Au début de notre intense manipulation du courriel, c'était monnaie courante et a provoqué des ruptures d'anévrisme au moins aussi fréquente que la disquette. Je suis sidéré.
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dimanche 23 octobre 2011
vendredi 29 juillet 2011
mardi 11 mai 2010
Alphaville
J'ai vu il y a quelques semaines Alphaville, un film de science-fiction tourné par Godard. C'est très bien. Exigeant et audacieux. Je dois lui rendre justice, la scène d'introduction est formidable, j'adore ce plan séquence parodique et maîtrisé, mais surtout la scène où l'héroïne récite un poème d'Eluard m'a renvoyé vers la poésie, qu'il en soit remercié. Je conseillerais à quiconque peu habitué à la poésie de l'écouter d'abord déclamer, on saisit mieux la beauté que lorsqu'on peut le lire.
Alphaville est une ville des planètes extérieures dans laquelle tout est réglé selon la logique. Des mots comme amour disparaissent du dictionnaire. L'agent secret Lemmy Caution est chargé de détruire l'ordinateur Alpha 60 qui régit la ville.
Alphaville est une ville des planètes extérieures dans laquelle tout est réglé selon la logique. Des mots comme amour disparaissent du dictionnaire. L'agent secret Lemmy Caution est chargé de détruire l'ordinateur Alpha 60 qui régit la ville.
jeudi 6 mai 2010
La mer dont le sanglot faisait mon roulis doux
J'ai découvert ce site. Il fournit des liens vers des œuvres lues, poèmes, livres ou textes que l'on peut télécharger et balladodiffuser. La liste des auteurs est longue et les instigateurs de cette heureuse initiative débordent de générosité. Comme je lis de la poésie en ce moment, je me suis approprié des poèmes lues de Rimbaud et Jammes. Écouter Le bateau ivre en achetant un sandwich à une caisse automatique est ce que l'on pourrait nommer une expérience moderne. Francis Jammes se prête très bien à ce moment. Nietszche, moins. C'est un étalon de mesure commode de la modernité d'un littérateur. En revanche, j'ai fait preuve de trop de gourmandise en téléchargement deux chapitres de l'éducation sentimentale, mais je suis projeté sur le bateau et me suis rémémoré quelques souvenirs de lectures point désagréables. Flaubert, anti-moderne.
Je m'imagine bien sur le canapé de ma terrasse, un soir avant le week end de l'employé, somnolant dans la douce chaleur du printemps, me concentrant sur quelques poèmes et pourquoi pas fumant un cigare. Peut-être cela se prête aussi bien à la conduite sur l'autoroute, la promenade du chien, le repassage, un voyage en transport en commun, la descente des poubelles.
Je m'imagine bien sur le canapé de ma terrasse, un soir avant le week end de l'employé, somnolant dans la douce chaleur du printemps, me concentrant sur quelques poèmes et pourquoi pas fumant un cigare. Peut-être cela se prête aussi bien à la conduite sur l'autoroute, la promenade du chien, le repassage, un voyage en transport en commun, la descente des poubelles.
mercredi 7 avril 2010
La campagne de Russie
Le 6 novembre (1812) le thermomètre descendit à dix-huit degrés au-dessous de zéro : tout disparaît sous la blancheur universelle. Les soldats sans chaussures sentent leur pied mourir; leurs doigts violâtres et roidis laissent échapper le mousquet dont le toucher brûle; leurs cheveux se hérissent de givre, leurs barbes de leur haleine congelée; leurs méchants habits deviennent une casaque de verglas. Ils tombent, la neige les couvre; ils forment sur le sol de petits sillons de tombeaux. On ne sait plus de quel côté les fleuves coulent; on est obligé de casser la glace pour apprendre à quel orient il faut se diriger. Egarés dans l'étendue, les divers corps font des feux de bataillon pour se rappeler et se reconnaître, de même que des vaisseaux en péril tirent le canon de détresse. Les sapins changés en cristaux immobiles s'élèvent çà et là, candélabres de ces pompes funèbres. Des corbeaux et des meutes de chiens blancs sans maîtres suivaient à distance cette retraite de cadavres.
Que c'est beau! Les doigts gourds dans la littérature, les doigts gourds dans la légende des siècles!
A apprendre par cœur et à réciter quand nous serons tous en exil.
p.206-207
Que c'est beau! Les doigts gourds dans la littérature, les doigts gourds dans la légende des siècles!
A apprendre par cœur et à réciter quand nous serons tous en exil.
samedi 25 octobre 2008
Emerveillement pour un programme télévisé
Le vénérable Jean-Luc Petitrenaud, lors de son émission cultissime, s'est baladé ce samedi en plein cœur de la capitale pour rencontrer des restaurateurs déracinés. Nos humbles et nostalgiques cuisiniers, banals génies, ont préparé devant mes yeux de téléspectateur émerveillé des spécialités de Libourne, de Toulouse et d'Auvergne, de leur vie antérieur. Dans chaque regard, la nostalgie, dans chaque geste, la beauté. Je suis bien loin de l'âme poétique, les seules minuscules parcelles qui me sont accessibles sont par le truchement de ce programme télévisé. Merci.
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