Je me suis promené dans Marseille, pas tout à fait au hasard, quatre heures durant et contre toute attente, je n'ai rencontré aucun comportement incivique, hormis la forte odeur d'urine et les tags. Même les clochards se tenaient cois. La veille, un passant m'a même demandé s'il pouvait me renseigner. Peut-être la forte propension au klaxon comme moyen d'impression peut déranger le promeneur. Moi qui ai passé tout l'été à compiler les faits divers aussi inquiétants que terrifiants, je ne peux pas dire que j'en ai eu pour mon comptant (d'émotion forte).
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mercredi 24 août 2011
mardi 6 juillet 2010
dimanche 30 mai 2010
L'autofiction des mamans

Maman m'engraisse. Nous avons mangé en tête-à-tête le délicieux repas qu'elle a mijoté depuis des heures. Le même qu'elle me sert depuis des années, à vrai dire. Je comptais lui parler d'Aurélien, mais je freine mes ardeurs. La pensée de l'héritage est trop importante, l'appartement à la côte est une richesse qui me mettrait à l'abri des défaillances de ma carrière. Mais pourquoi me nourrit-elle tant? Ne souhaite-t-elle pas que je sois un jeune homme sculpté, musculeux, dont elle pourrait être fière de montrer? Elle me parle d'un auteur que je lui ai fait découvrir, elle m'en remercie. Elle dit qu'elle a dévoré son oeuvre en un mois lors de la retraite à la côte. La côte...je la comprends. Je me glisse dans la douce rêverie de la vie confortable et de l'établissement. Aurélien relisant mes pages. Je pourrais demander à un ami homo d'en faire une photographie qui en porterait ce titre.
mardi 18 mai 2010
L'autofiction des mamans

Aujourd'hui, Maman m'a encore fait un succulent repas, je suis repu. Elle me fait quelques doux reproches sur mon poids, mais nos sourires complices atténuent sa sévérité. Je l'écoute parler, elle élabore des théories fleuves dans une belle langue. De retour, ici, quelques jours, je vais me poser, bouquiner dans la librairie de Maman, me couler dans la morne province comme dans un bon bain, avant de retourner dans la capitale, le travail, les rencontres et Aurélien. Je dois lui dire, mais ce n'est pas le meilleur calcul. J'ai eu beau glisser des allusions, mais son aveuglement me convient. Je compte m'installer avec Aurélien, Maman peut ne pas le savoir, après tout. Elle risque de faire des scènes, les garçons avec les garçons. Je ne suis pas contre garder l'appartement de la côte, j'y pense aussi, bien sûr.
lundi 19 avril 2010
Les langues mortes
Une adolescente croate de treize ans s'est réveillée d'un coma de 24 heures en étant incapable de parler sa langue maternelle mais en parlant couramment allemand, selon le site du Telegraph. D'après ses parents, la jeune fille n'avait que quelques notions scolaires de la langue au moment où elle a sombré dans le coma. Selon un psychiatre de l'hôpital où elle a été admise, "il y a une explication logique, seulement elle n'a pas encore été déterminée". De tels cas ont déjà été recensés par le passé, perçus mystiquement comme des miracles.
J'ai légèrement modifié le texte édité sur le site de la radio europe1. La phrase du psychiatre m'a fait sourire naturellement, cependant, la phrase sur le site du quotidien anglais est celle-là et pas tout aussi ridicule : You never know when recovering from such a trauma how the brain will react. Obviously we have some theories although at the moment we are limited in what we can say because we have to respect the privacy of the patient."
Les journalistes sont à l'écriture, ce que les chirurgiens de guerre à la médecine, des charcutiers.
J'ai légèrement modifié le texte édité sur le site de la radio europe1. La phrase du psychiatre m'a fait sourire naturellement, cependant, la phrase sur le site du quotidien anglais est celle-là et pas tout aussi ridicule : You never know when recovering from such a trauma how the brain will react. Obviously we have some theories although at the moment we are limited in what we can say because we have to respect the privacy of the patient."
Les journalistes sont à l'écriture, ce que les chirurgiens de guerre à la médecine, des charcutiers.
dimanche 11 octobre 2009
Contre révolution
Ce doit être étrange pour un acteur de mai 68 d'être jugé par l'ordre moral qui prévaut trente ans après. C'est glaçant de se dire que la liberté insouciante que nous accordait l'air du temps peut nous être reproché trente plus tard. Que Polanski soit jugé pour les délits dont on le poursuit depuis des décennies, c'est une affaire judiciaire, juste susceptible de lever un sourcil des spectateurs de Faites entrer l'accusé. Une mère de famille un peu hippie dépose sa charmante fillette de treize ans chez un photographe qu'elle sait être mandaté par un magazine trouble et sulfureux et dont la séance va basculer dans l'obscène et le sordide. Chacun peut se faire un avis sur cette affaire judiciaire un peu tordu où on met la main sur un prévenu trente ans après les faits dans un pays qui fait subitement du zèle et où la victime souhaitait ne plus avoir à revenir sur l'affaire, un fait divers grave, traumatisant et abominable. Sur ce, deux hystèries, deux morales radicales se sont empilées conférant à ce cas outre, des effluves nauséeuses, un intéressant combat moral qui fera quelques débris. La première manifestation hystèrique fut la levée de boucliers immédiates des professionnelles de la profession, de la caste d'une intelligentsia médiatique, culturelle qui protége un des leurs et clame haut et fort leur privilège de nouvelle aristocratie touche-pas-à-mon potiste au-delà du bien et du bien dont il nous sermonne ad journalam televisam. L'impudeur des nouveaux clercs, candides, éclate dans un contexte où la liberté de jouir sans entrave a dépassé la limite permise de la décence. Outre un corporatisme de nouveaux châtelains, on pressent la défense d'un air du temps où ce genre de pratique borderline était toléré comme un signe de témérité, d'avant-garde et de libération dans le joyeux bordel de la liberté sexuelle. C'était sans se rappeller que le consensus autour de Mai 68 était sérieusement éméché. Déjà les premières lézardes aux célébrations d'un "âge des lumières" apparurent lors des premiers procès de la période en question. Les déçus, les perdants et les sourcilleux commencaient à chercher les preuves de sa médiocrité au mieux, de sa perversité, au pire. Les procureurs fomentent des livres noirs. Après trente années de clémence, dont a bénéficié une de ces icônes, les procès idéologiques donnent lieu désormais aux chasses à l'homme. C'est la seconde manifestation qui, en réaction, prend un écho important, massif, imprécateur. L'air du temps n'est plus trop encline à protéger les indélicates cochoncetés d'un de ses apôtres sous couvert d'individualisme et de libération des mentalités. En tant que réactionnaire, on peut être effrayé par le fait que l'établissement d'un ordre puritain s'accompagne d'une violence terrible et haineuse véhiculée par l'internet et la résonnance médiatique. Les temps changent. La parenthèse d'une révolution pacifique se refermera probablement dans la violence de l'enfer. est-ce ce combat qui se joue en ce moment? A ver.
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