mardi 31 mai 2011

Le grain de sel

On devrait toujours mettre son grain de sel avec des pincettes (Sous-titre de ma revue imaginaire)

Quelques recommandations pour mon ami du bout du monde, le joggeur casqué, papajulien (Que Dieu te Remi Garde!)

Je te recommande l'émission Tire ta langue du dimanche 15 mai. L'invité un professeur d'anglais de Besançon a fait une thèse sur la titrologie des journaux anglais aka Contribution à la caractérisation du titre de presse britannique comme genre discursif spécialisé. La première partie de l'émission est byzantin, mais la suite devrait te ravir toi qui est tout autant anglophile qu'interessé par l'économie des médias. A travers des exemples précis, on y évoque la langue particulière qui est celle que l'on utilise pour faire les titres et l'évolution de cette langue depuis la présence du mogul Murdoch à la tête de journaux populaires. Si intéressant que j'ai même pensé que cela vaudrait la peine d'en faire une émission hebdomadaire like Vie anglaise, la langue et les médias. J'aurais un demi-million de questions à poser à Jean-Louis Legalery.
Sur le site de France culture, des professeurs d'anglais révulsés par une mauvaise intonation de l'invité le discrédite. La France est un des rares pays, je crois, où des débats pour une syllabe mal accentuée, peuvent attteindre ces degrés d'intensité. Je vais placer un commentaire pour calmer ce beau monde à la manière d'accompagnaman le grand : "ouaw, calm down!"

Je te recommande cette émission de poésie, A quoi ça rime? Nous ne sommes pas connus pour être des inconditionnels de la poésie, mais cette émission offre la curiosité de suivre Xavier Darcos présenter son anthologie historique de la poésie française. C'est passionnant. Ce que je vais dire est trivial mais la poésie gagne beaucoup à être lu publiquement et écouté, comme le théâtre. L'émission en deux soirs est remarquable, je vais probablement acheter l'anthologie. A un moment, il est question des aphorismes de René Char, j'ai très honte des miens (heureusement que ce n'est qu'un blog sous pseudonyme).

Je te recommande l'émission un jour dans l'histoire qui évoque longuement la personnalité de Lattre de Tassigny, il est aussi question de Churchill et du rôle qu'il a joué pour la promotion de la France au rang des pays vainqueurs. C'est épique et passionnant. Je te renvoie aussi vers l'émission sur Jacques Bainville. Christophe Dickès affirme que la culture est en train de se droitiser à l'heure actuelle. Je le crois aussi, nous pourrions en discuter.

J'hésite à te recommander des émissions d'économie et de sciences, je ne sais si tu es versé dans ces domaines. Néanmoins, les scientifiques sont très généralement des personnalités humbles, savantes et didactiques. Ils aiment transmettre leur savoir, j'ai entendu l'émission sur quarante ans de neurosciences, j'ai appris beaucoup de choses et les anecdotes sont retentissantes.

lundi 30 mai 2011

La fin de l'Euro

L'économiste français Christian Saint-Etienne, déjà connu par les visiteurs attentifs de ce blog, a publié en 2009 un livre polémique et prémonitoire : La fin de l'Euro. Les événements en cours ravivent cette inquiétante prédiction. J'attendais son analyse, il nous la livre dans une émission de canal académie qui ne manque pas de suite dans les idées. L'économiste fait reparaître son essai enrichi d'une analyse des événements actuels.

Voici l'introduction de l'émission que je vous conseille d'écouter (par ici) :

Lorsque Christian Saint-Étienne fit paraître, début 2009, son ouvrage, La fin de l’Euro, il suscita non seulement la surprise (à laquelle il a de longue date habitué ses lecteurs par son style direct et sans concession) mais aussi l’incrédulité voire la réprobation…Pour beaucoup par peur, pour d’autres par aveuglement.
Force est de constater qu’en réalité cette parution (qui lui valu une nomination au Prix Turgot 2010), s’est révélée à bien des égards, prémonitoire.

En effet les crises récurrentes qui sont venues perturber le douzième anniversaire de l’euro, attestent non seulement que la zone euro n’est pas une « zone monétaire optimale » mais que l’avenir de l’euro reste gravement compromis comme il l’avait diagnostiqué dans cet ouvrage.
Toutefois l’auteur reste un européen convaincu, aussi devait-il à son public, comme à ses détracteurs, de proposer un éclairage complémentaire sur « l’impuissance européenne » qu’il venait de pointer du doigt.

En effet sans gouvernement économique, sans budget fédéral et sans encadrement de la concurrence fiscale et sociale, la zone euro n’a aucune caractéristique d’une « zone unique ». Cette situation rapprochée des tensions sur les dettes souveraines de nombre de pays membres laisse planer (comme l’attestent les dégradations successives des notations) de graves menaces tant sur la zone que sur l’euro avec des scenarii de risques variables : de « l’éclatement apocalyptique » (réintroduction des monnaies nationales), à l’éclatement « contrôlé » (deux zones monétaires), en passant par des plans « sparadrap » (pour redresser les pays consommateurs et déficitaires), voire une « fédéralisation surprise » de l’Europe (que l’auteur ne désapprouverait nullement).

Christian Saint-Étienne apporte des éléments de réponse pour « sauver » la zone euro et l’avenir de la construction européenne avec en perspective la situation paradoxale de la France face aux risques d’implosion de l’euro. Il est temps pour l’auteur de passer « à un euro politique par la fédéralisation de la zone ». Faudra-t-il passer par une voie moyenne avec quelques pays précurseurs ?
Quoi qu’il en soit, l’avenir de l’Europe (et de l’euro) a rendez-vous avec des hommes et des femmes d’Etat capables de la remettre en marche. Courage pour les Européens ! « Tout n’est pas perdu », c’est la conviction de l’auteur. Mais il faudra beaucoup de lucidité et de courage pour faire accepter des solutions cohérentes fédératrices et structurantes.



Jean louis CHAMBON
Président du prix TURGOT

Bien à vous

Je m'attends impatient.