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vendredi 1 janvier 2010

.Prairie, Saskatchewan, 2008


No hay dos cerros iguales, pero en cualquier lugar de la tierra la llanura es una y la misma. Yo iba por un camino de la llanura. Me pregunté sin mucha curiosidad si estaba en Oklahoma o en Texas o en la región que los literatos llaman la pampa. Ni a derecha ni a izquierda vi un alambrado.
Borgés, Utopía de un hombre que está cansado

lundi 7 décembre 2009

Femme espagnole

Ses magnifiques cheveux du noir le plus éclatant, ses vastes yeux de gitane captive, "d'où semblaient couler des ténèbres", mais où flottait l'escadre vaincue des Résignations, la pâleur douloureuse de son visage enfantin dont les lignes, modifiées par de très savantes angoisses, étaient devenues presque sévères, enfin la souplesse voluptueuse de ses attitudes et de sa démarche lui avaient valu la réputation de posséder ce que les bourgeois de Paris appellent entre eux une tournure espagnole.

La femme pauvre -épisode contemporain- Léon Bloy, 1887, p.25

mardi 12 mai 2009

Le vieil homme qui lisait des nouvelles d'amour

Aux premières ombres du jour finissant se déchaîna le déluge et, en peu de temps, quelques minutes, il devenait impossible de voir plus loin que le bras étendu. Le vieil homme s'étendait dans son hamac guettant l'arrivée du sommeil, bercé par la violence monocorde du murmure de la rivière puissante.
Antonio José Bolívar Proaño dormait peu. Tout au plus, cinq heures par nuit et deux durant la sieste. Cela le lui suffisait. Le reste du temps était consacré aux romans, grâce auxquels il divaguait au sujet des mystères de l'amour et imaginaient les lieux où se déroulent les histoires.
Les lectures qui évoquaient Paris, Londres ou Genève exigeaient de lui un effort de concentration considérable pour se les représenter. Il n'a visité qu'une seule fois, une grande ville, Ibarra, de laquelle il ne se souvint sans grande précision que des rues pavées, des îlots de maisons basses, semblables, toutes blanches, et aussi la place de Armas pleine de personnes se promenant sur le parvis de la cathédrale.
Ce sont pour lui ses plus grandes connaissances du monde et en lisant les trames se tenant dans des villes portant des noms austères et lointains tels que Prague ou Barcelone, il décida que Ibarra n'était pas un nom digne d'accueillir les amours grandioses.

Traduction libre du chapitre cinq, p.73-74, de Un viejo que leía novelas de amor, par le bloggeur

jeudi 11 décembre 2008

Bar à Tapas



Lors d'un cours du soir d'espagnol, dans une de ces trop nombreuses discussions de comptoir, où le bon alcool est remplacé par le mauvais espagnol, tout aussi saoulant, j'ai eu l'occasion unique de mettre en avant, d'exposer les effets de la surpopulation. Je trouvais un peu risible qu'on s'échine à insulter les gens qui ne ferment pas le robinet au moment du brossage de dents, alors que pendant ce temps, l'accroissement démographique, l'explosion démographique, engendrait les dégâts que l'on imagine en un temps où l'activité humaine occasionne des effets de toute sorte qu'on dénonce à l'envi. Toujours dégourdi par mon énervement quoique tempéré par les effluves quasi-éthylliques de mon mauvais espagnol, j'ai demandé ce qu'ils pensaient des OGM, ce moyen techno-scientifique à la productivité redoutable, qui seul permettraient de nourrir tout ce beau monde. J'ai fait, je dois le reconnaître, une erreur stratégique, OGM est tabou depuis que l'assistance a un jour vu à la télévision un reportage conspirationniste sur la question. Une donzelle m'a répondu à propos de la surpopulation : "Ben qué, no vamos a matarlos." Parole d'ivrogne ibérique, certes, mais qui a le mérite de mettre en lumière l'inconscient de l'argument, dénoncer la surpopulation est criminel. Le malthusianisme n'a pas bonne presse, il fallait à ce moment aller à contre courant avec une force qui me dépassait et qui sous l'emprise de mon espagnol bafouillant aurait été pathétique. Je suis reparti avec la sensation d'une occasion perdue.


N'est pas Claude Lévi-Strauss le premier ivrogne venu. Dans la vidéo ci-dessous, il dit à propos de la surpopulation, que c'est "un régime d'empoisonnement interne, en quelque sorte". Parole pythique qu'il faudra quelques décennies à demêler et à saisir, imaginez bien qu'un esprit vacillant en mode hispanique à bien du mal à exprimer devant des acolytes hostiles.





jeudi 23 octobre 2008

L'anglais des affaires a du plomb dans l'aile

Chers amis, ne riez pas trop à l'écoute de ce vieil espagnol usant de la langue de Shakespeare et de Rooney. Cette vidéo est un outil précieux pour les spécialistes des accents.



Fijate, Cet homme est la crème de la crème de l'industrie espagnol : Emilio Botin Sanz de Sautuola y Garcia de los Rios.