samedi 14 mars 2009

Séville avant la crise

Almendralejo-Séville : 161 km

Zeitgeist, léger ajoût passant inaperçu (mais que vous pouvez lire)

Je dope une vieille conférence inutile d'une citation extraite de la revue du débat. Vous savez l'avantage avec les conférences inutiles, qui ont la chance d'honorer leur libellé et donc de passer superbement inaperçu, c'est qu'on peut les améliorer et les retravailler à loisir.

Antoine Compagnon est le premier à le savoir et il l'a souligné au début du chapitre consacré à Thibaudet dans les Antimodernes (Gallimard, 2005) : "En ce temps-là [dans l'entre-deux-guerres], on croyait encore que la condition humaine ne pouvait être comprise sans la littérature, qu'on vivait mieux avec la littérature, et la critique littéraire faisait figure de discipline souveraine, rendait légitime de parler de tout sans être spécialiste de rien."

Je profite de votre venue pour que vous ne repartiez pas complètement les mains vides. Il y a dans ce même débat, un extrait d'une fable de la Fontaine, agréablement chantournée :

Un baudet, chargé de reliques,
S'imagina qu'on l'adorait.
Dans ce penser, il se carrait,
Recevant comme siens l'encens et les cantiques.
Quelqu'un vit l'erreur et lui dit :
"Maìtre Baudet, ôtez-vous de l'esprit
Une vanité si folle.
Ce n'est pas vous, c'est l'idole
À qui cet honneur se rend,
Et que la gloire en est due.

"L'âne portant des reliques",
Fable de la Fontaine, livre V, fable XIV

Appelez-moi Guilbeaudet

jeudi 12 mars 2009

L'heure de la Halde : une lettre de dénonciation

le 10 Mars 2009

Cher-(e)-s Mesdames, messieurs, membre-(e)-s de la Haute Autorité,

Citoyen engagé dans l'action solidaire, "militant équitable" comme j'aime à m'appeler, j'estime mettre depuis cinquante ans mes maigres forces dans le but de voir un jour réaliser mes utopies dans ce monde imparfait. Je salue votre travail vigilant, utile et de salubrité publique et je me félicite de votre opiniâtreté. Votre travail est le combat de tous les français, c'est une œuvre de résistance qui me réconcilie avec ce pays qui traverse, hélas, des heures sombres. Je me permets par cette présente lettre de porter à votre connaissance un ouvrage qui fait l'apologie des inégalités, et même pire sa promotion. Peu informées, mes yeux candides ont été atrocement salis par des pages d'un livre disponible de tous, à la portée des innocents, il s'agit d'Ainsi parlait Zarathoustra de F.Nietzsche. Les pages incriminées sont les pages 166 de mon édition Rivages poche, elles comportent les phrases suivantes: "Avec ces prédicateurs de l'égalité je ne veux pas être mêlé ni confondu. Car à moi la justice me dit ceci : "les hommes ne sont pas égaux." Et il ne faut pas non plus qu'ils le deviennent!". Il y a, un peu avant, d'inaceptables propos diffamatoires qui me blessent : "Ainsi la tyrannique folie de la faiblesse réclame "l'égalité" par votre voix, prédicateurs de l'égalité : vos plus secrets appétits de tyran se griment sous des paroles de vertus." Il y a par ailleurs des phrases d'une misogynie tellement obscène que la décence m'interdit de les porter à votre attention ("des petites vieilles et des petites jeunes, p.113). J'espère que les sages de la Haute Autorité sauront faire le nécessaire pour nous débarrasser des phrases de ce"philosophe" qu'il faut condamner. Les inégalités et la Discrimination sont des épines dans le coeur des femmes et hommes modernes, aidez-nous à nous en débarrasser.

Veuillez accepter l'expression de ma plus haute considération.
S#### J####


-----
Vous aussi, entraînez-vous à dénoncer ici.