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vendredi 26 août 2011

Vie de l'esprit

J'ai entendu deux émissions sur canal académie. Il m'en reste un certain nombre en stock. Une m'intéressait particulièrement, car elle concernait la langue alsacienne. Ne me demandez pas pourquoi, mais je trouve qu'il y a quelque chose d'émouvant dans les langues régionales. Un monde qui se meurt, peut-être. Aussi une émission traitant de la parution d'un dictionnaire subjectif de la littérature n'était pas déplaisante. Notez la grande mode des dictionnaires, comme un esprit de compilation. Un monde qui se meurt, peut-être.

jeudi 18 novembre 2010

L'homme et le psittacisme

Comme procrastination, psittacisme est un mot, savant à l'oreille, qui entendu chaque fois, nécessite de ma part une recherche de sa signification dans le dictionnaire (ou sur google), ignorance persistante qui se rapproche de celle des mots dont on doute toujours de l'orthographe correcte ("j'appelle", dans mon cas). C'est dommage, c'est un mot très utile, qui m'aurait beaucoup servi à l'université. Je lis qu'en vérité, ce nom si compliqué provient de la traduction littérale de perroquet en latin, psittacus, mais alors pourquoi pas une francisation en "perroquisme," bien plus clair et immédiat pour le badaud?

dimanche 29 août 2010

"Il pleut des métaphores comme à Gravelotte"

"Il pleut des métaphores comme à Gravelotte" est une expression toute faite dont j'ignorais le sens (et même l'existence) jusqu'à il y a dix minutes. Pendant toute mon enfance, j'entendais l'expression : "la méthode Coué". Je cherchai vainement le début d'une signification sans en trouver aucune. et internet n'existait pour éclairer nos lanternes. Je restais bon ignare dans mon coin. Pour ne pas revivre semblable calvaire, amis empêtrés dans la toile, je vous donne l'origine de cette expression, afin de vous éviter les efforts engourdissants du copier-coller dans votre moteur de recherche.

Gravelotte et ses environs sont le siège de terribles combats au cours de la guerre franco-allemande de 1870, au point que les deux batailles de Rezonville le 16 août et de Saint-Privat le 18 août sont parfois englobées sous la dénomination de « bataille de Gravelotte ». On ne sait si c'est la densité du tir des armes à feu et des canons ou le nombre de soldats tombés sur le champ de bataille qui a donné naissance à l'expression « ça tombe comme à Gravelotte » ou « pleuvoir comme à Gravelotte » lorsqu'il pleut ou grêle énormément.
Ainsi la prochaine fois qu'il pleut, au lieu de vous aventurer dans un banal et vulgaire, il pleut comme vache qui pisse, ou suicidaire, il tombe des cordes, essayez donc il pleut comme à Gravelotte, vous ferez honneur à l'education nationale, en montrant que vos connaissances historiques précèdent la seconde guerre mondiale.

jeudi 12 août 2010

L'homme et son procrastinomètre

Procrastination est un mot, savant à l'oreille, qui entendu chaque fois, nécessite de ma part une recherche de sa signification dans le dictionnaire (ou sur google), ignorance persistante qui se rapproche de celle des mots dont on doute toujours de l'orthographe correcte ("j'appelle", dans mon cas).

vendredi 23 janvier 2009

Conférence inutile sur un chanteur de variété

Mon lecteur et ami chambérien me fit parvenir une question très pertinente et pointue, comme souvent, me plongeant dans des abîmes de perplexité et dans une réflexion intrépide quoiqu'angoissante. Et comme il faut faire des choses avec de l'angoisse, comme l'eut dit Rilke à son amie Andréas-Salomé en 1903, je me propose de réouvrir le cycle des conférences inutiles, en formulant tel un pilote d'une voiture rapide quelques éléments de réponse à la question cruciale et polémique que m'envoya bien obligeamment mon doux et rare ami de Chambéry, "peut-on dire qu'après quarante ans de carrière et trois cents chansons, il est très difficile de distinguer une quelconque cohérence idéologique dans le corpus des textes de Michel Sardou?". Sujet polémique, sujet épineux que nous embrassons là, à quelques jours de la chandeleur. J'entends des oh, j'entends des ah!, mais loin de moi l'idée d'obvier le sujet Sardou. Le cas Sardou. Michel, le polémique, Michel, le provocateur, Michel, l'homme libre, l'homme-limite, seront les axes de ma conférence en solitaire, les axes, toujours selon mon ami Rilke, so weit, so nah, des axes tels "un influx de conviction vécue que le sens de mythes immémoriaux semblait se précipiter, dissous, dans le lit de ce fleuve verbal, portant la conviction entêtée de cet étrange original sur un plus vaste courant...".
Peu d'hommes peuvent s'auréoler de l'aura de rébellion dont peut se revêtir ceux, rares, qui ont été censurés par le général de Gaulle. Comme Gainsbourg, Sardou, le polémique, l'impétueux, l'histrion, le licencieux, une fois délivré du royaume des hommes, gagnera le respect dû au poil-à-gratter bout-en-train immémoriaux. Car vous l'oubliâtes, la ritournelle sur les ricains, qui tant déplût aux autorités fit de lui un anticonformiste héritier, un fils-à-papa tranquille et insolent comme un élève de classe préparatoire d'école de commerce, une sorte de moderne anti-moderne de la chanson française, le chansonnier de la consanguinité. Mon ami et non-lecteur Yb fit une moue décomposée lorsque je lui exposai les mérites de l'homme Sardou, et me répliqua des airs du groupe de Ntm en pleine figure. Or, ce groupe-ci, monsieur, est un groupe instituée, un groupe fossilisée, un groupe académique, alors que jamais un hymne tel que le bon temps des colonies n'est enseigné à nos progénitures dans les écoles sarkozystes, Michels est laissé au peuple, il est l'incarnation de la chanson populaire, lui a fuit les têtes vides des écoliers pour se loger dans les cœurs des adultes. Ces cœurs de la plèbe qui murmurent du Sardou. Comme le dit Jean-Louis Murat, "Suicidez-vous, le peuple est mort", Sardou est l'Orphée du cortège funèbre du peuple qui s'ennuie les soirs de Noël.