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jeudi 15 mars 2012

Chronicle

J'ai vu un film au cinématographe du centre-ville et je dois avouer que j'ai passé un bon moment, le film a satisfait de manière adéquate à mes attentes. J'ai vu ce que je voulais voir. Si j'étais tout à fait français, je dirais que Chronicle est un des meilleurs films sur l'adolescence de ces vingt-cinq dernières années. Je ne l'écrirais pas car je n'ai pas vu tous les films sur ce thème, soyons honnête. Je ne nie pas que les français puissent être honnêtes, mais ne trouvez-vous pas qu'ils exagèrent lorsqu'ils classent les objets qu'ils se sont eux-même attribués? N'entend-on pas : "j'achète mes pains au chocolat dans la meilleure pâtisserie de la ville (Ah, tu les as toutes essayées?), "on dit que mon fils est dans une des meilleures écoles du pays" (selon quel classement et quels critères?), Paris est la plus belle ville du monde (sous-entendu, je suis quelqu'un car moi, j'habite la plus belle ville monde), il est rare en effet qu'on ne les entende dire, "je vais dans la plus mauvaise salle de sport du quartier ou je lis le 25ème meilleur journal du monde". C'est une manière d'exprimer sa fierté. Mais revenons au film en question, Chronicle. D'une part, j'aime beaucoup le principe de found footage movie, car cela exige un minimum de sérieux dans la mise en scène d'un film de genre, produire ici un effet réaliste et amateur alors qu'on a affaire à des supers pouvoirs, cela me séduit sur le papier. D'autre part, démultiplier les affres de l'adolescence à travers le prisme d'une force incontrôlée et mal canalisée, insister sur le fait qu'un adolescent est une bombe humaine, c'est bien vu, mais on me dit que c'est déjà le cas dans Spiderman, le meilleur film d'araignée humaine de tous les temps.

dimanche 22 janvier 2012

En libre écoute

Les besoins de sommeil d’un adolescent peuvent varier, selon les individus, entre 9 et 11 heures, mais la réalité est loin de répondre à ces besoins ! Et pourtant, les conséquences du manque de sommeil de l’enfant peuvent être néfastes car c’est pendant le sommeil que l’hormone de croissance est sécrété et par conséquent, une mauvaise gestion du sommeil entraîne un problème général sur la qualité de vie de l’enfant et le fonctionnement harmonieux de son organisme.

La chronobiologie est l’étude de tout ce qui est rythmique dans notre organisme. Il faut savoir que notre corps est gouverné par une horloge interne et que les rythmes biologiques jouent un rôle primordial pour nous permettre une adaptation aux facteurs de l’environnement.
Ces rythmes sont circadiens, c’est-à-dire qu’ils s’établissent sur une durée de 24 heures, et qu’ils régissent nos journées. Il est donc toujours regrettable de perturber l’horloge interne, surtout chez les plus jeunes. Yvan Touitou prévient : « Les rythmes sont établis de manière définitive à l’âge de 4 ans. »
C’est pourquoi l’académicien souligne l’importance de respecter ces rythmes circadiens dès le plus jeune âge, surtout que ceux-ci s’émoussent tout au long de la vie. Mais aujourd’hui, le bilan est négatif : « Nous assistons à une véritable épidémie de l’horloge interne chez les adolescents à travers le monde. » Plusieurs éléments peuvent expliquer ce dérèglement, tout d’abord, les bornes dans lesquelles s’effectue le sommeil de l’enfant, sont souvent perturbées plusieurs fois par semaine. D’où l’importance de se coucher et de se lever à des heures régulières, en semaine comme le week-end, d’autant plus que généralement, « l’adolescent a besoin de plus de temps de sommeil qu’un adulte. »

« La semaine de 4 jours : un contresens total »

Selon Yvan Touitou, la semaine de 4 jours est responsable de la désynchronisation de l’adolescent. Une organisation que l’Académie de Médecine a déjà pointé du doigt à travers plusieurs rapports dont le dernier datant du 19 janvier 2010. Mise en place en 2008, cette décision prévoit "24 heures d’enseignement scolaire pour tous les élèves" réparties sur 4 jours à savoir le lundi, mardi, jeudi et vendredi. L’enfant bénéficie donc de 2 jours de repos, mais il va se coucher plus tard le vendredi soir par exemple et faire une grasse matinée le samedi matin, mais même si la durée de repos est là, la désynchronisation agira tout de même. L’Académicien est catégorique : quand il se rend à l’école le lundi, c’est comme si l’enfant est proche du "Jetlag". C’est comme s’il avait fait un Paris-New-York. Le mardi matin la fatigue sera toujours là et durera un jour et demi. » Et ce phénomène se répète chaque semaine.

Yvan Touitou, membre de l'Académie nationale de Pharmacie
Yvan Touitou, membre de l’Académie nationale de Pharmacie
© Canal Académie C.Moutiez
Pour le chronobiologiste, cette organisation temporelle ne favorise pas la concentration des élèves , il y a des moments dans la journée qui sont plus favorables à l’apprentissage de l’enfant. En effet, on estime qu’à partir de 9 H du matin, l’enfant commence à profiter de la totalité de ses performances intellectuelles, pour aller progressivement jusqu’au pic de 11H. Puis, il diminue pour avoir un nouveau pic à 15H.

Mais, bien sûr, l’école n’est pas le seul responsable de la désynchronisation des enfants, l’environnement familial ainsi que les activités extra-scolaires sont extrêmement importantes. Il est essentiel que l’enfant s’épanouisse, se défoule en pratiquant une activité, ainsi Yvan Touitou rejoint la proposition de l’Académie nationale de médecine d’intégrer à la journée scolaire une heure et demi en plus afin que l’élève fasses ses devoirs sur place et puisse rentrer à la maison, plus détendu, plus serein pour s’adonner à d’autres activités.
De plus, ces activités peuvent apporter une fatigue naturelle à l’enfant, à condition qu’il ne s’agisse pas de jeux vidéos ou de télévision...car Yvan Touitou précise que la sédentarisation, en plus de ne pas provoquer de la fatigue naturelle, entraîne des problèmes de surpoids liés à un manque de dépense énergétique.