Je suis en train de râler sur la France et je dis à mon épouse que je ne suis plus français, que ce pays va à vau-l'au, ce sera sans moi et elle me répond que ce que je fais est typiquement français. Ce n'est pas faux, mon autre moitié d'identité ne se pose jamais la question de savoir si elle est ou si elle n'est plus, si elle arrête de l'être ou ne veut plus l'être. Si lui venait à l'esprit de déclamer : "j'arrête d'être belge", je crois qu'elle rirait d'elle-même, en disant sous couvert d'un petit rire contrit : "Eh bien retourne à ton inexistence!". Mais qu'on me comprenne bien, je me sens tellement loin de ce qu'on appelle communément "les préoccupations des français", du sort que mes concitoyens lient à leur patrie, du futur qu'ils se forgent (ou se creusent), que je sens que je veux abandonner cette partie de moi-même, mais disant cela, je suis encore plus français, car je renforce cet esprit de considérations générales et mythico-existencielles que peu de pays possèdent, de telle sorte que j'aboutis à ce galimatias : "plus je renonce à être français, plus je suis français". Alors aidez-moi : "Comment ne plus être français?"
vendredi 30 mars 2012
jeudi 29 mars 2012
Révélations
(Pourquoi a-t-on encore changé l'interface de blogger? Sur l'internet, le changement c'est tout le temps).
Puisque les fidèles parmi les fidèles se sont pris d'intérêt pour la saga des chaussures, je suis donc obligé d'apporter quelques éclairages fâcheux sur ce point. J'avais, rappelez-vous, loué mes chaussures de football, qui n'était pas, contrairement à ce que je craignais, si grandes qu'elles m'empêchassent de faire bonne figure sur le terrain. Cela n'était pas tout à fait juste. J'ai trébuché une fois sur le ballon, mes transversales n'étaient pas très précises et je fus encore plus lent. J'ai fait le tour des boutiques et j'ai trouvé par chance, à moitié prix, la paire qui me convient. De laides petites chaussures blanches et vertes de marques allemande me redonnent une confiance terrible. Le match de samedi en est la preuve. Le coach anglais "Oh my word!" a même (Arrachement suprême de sa GG) voté pour moi. La saison est bientôt terminée, mais je pourrais bien m'amuser le soleil revenu.
Notre coach anglais qui révèle ses pensées sur son blog où il n'y gomme aucune de ses humeurs et aucun de ses sarcasmes a évoqué un joueur nommé par lui a more than a rubbish player et qui lui aurait gâché le plaisir de l'entraînement par ses interventions verbales. Je me suis moi-même fait sur le champ une réflexion autour de ce joueur, qui donnait des conseils de placement et qui avait une aisance relationnelle saisissante pour l'ensemble de son œuvre. Il m'amuse à chaque fois qu'il rate un geste et qu'il se lamente bruyamment comme s'il avait raté l'immanquablement facile, alors qu'il n'a jamais réussi aucun geste de ce type. Les perceptions de nous autres sont si différentes que je m'étonne chaque jour qu'on nous arrivons à cohabiter.
mercredi 28 mars 2012
Oderint, dum probent
J'ai décidé que pour combler mon retard de lecture, je mènerai de front deux livres à la fois. Le premier sera une œuvre classique nécessitant une grande concentration et que j'effectuerai depuis mon bureau, le second un livre à la lecture plus commode et que je peux amener avec moi dans les transports en communs et son cortège de bruits, un livre qu'il est aisé de lire dans des arrêts de bus, sur des terrasses et qui comble bien plus avantageusement l'attente qu'un journal gratuit. Comme évoqué quelques jours plus tôt, je m'attaque à l’œuvre tant convoitée jamais conquise de Marcel Proust et force est de reconnaître que c'est une pièce ambitieuse qui va me prendre le temps, en revanche, j'enchaîne les livres de bus comme des petits donuts de l'ikea. Après avoir fini Une douce destruction d'Hugo Claus, je parcours d'un pas intrépide la biographie de Tibère par Suétone. Un jour dans l'histoire a proposé une émission sur le Princeps romain, forte intéressante, qui m'a rappelé que j'avais en étagère cette version bilingue (latin-français) d'une partie de Vies des douze Césars. Ce n'est pas aisé de bien comprendre l'intégralité des détails, je suis bien aidé cependant par le souvenir de l'émission de canalacademie. Je ne peux toutefois me résoudre à mettre une distance avec le biographe qui trace avec avidité la légende noire. Comment peut-on être un gestionnaire scrupuleux et humble et un monstre pervers?
Inscription à :
Articles (Atom)