mardi 6 octobre 2009
vendredi 2 octobre 2009
Bazancourt
Dimanche dernier, nous sommes allés à Reims. Nous en avons profité pour faire un crochet par un des villages où j'habitais. C'était Bazancourt. En venant de Laon, nous prîmes les départementales à partir de Guignicourt. Après des noms en-y, les villages terminaient à partir d'ici en -court, je me doutais que nous étions sur le bon chemin. Les villages, petits et mornes, étaient posés dans des forêts, des bosquets qui ne durent leur heureuse existence qu'aux rivières qui les nourrissaient. En cette après midi ensoleillée, cela nous fit bonne impression. Nous longions une rivière, parfois, les routes nous en éloignaient, alors c'était les vastes champs à perte de vue, aveuglants de platitude, comme si l'espace s'était absentée, laissant en substance le néant. Bazancourt s'est bâti le long de la Suippe et contrairement aux statistiques de notre temps a très peu cru, durant mes treize années d'absence. Quelques nouvelles constructions dans le lotissement de maisons préfabriquées empiètent sur les champs de betterave qui alimentent l'immense sucrerie, vaisseau fumant sur la mer calme. Nous avons marché. Le temps a bien fait son ouvrage, le chemin de terre que nous traversions malgré la pluie pour gagner le collège a été goudronné, on a même fait construire un petit terrain de sport. Surtout, le collège n'a plus grand chose à voir avec le tas de tôle qui a accueilli deux des années de ma longue adolescence. Il flambe de nouveauté, cette partie du village me paraît plus vert. L'autre partie, la gauche de la départementale, est figée dans le temps, de grandes demeures dont la pierre m'évoque les vieux pavillons de banlieue parisienne, des fermes trop grandes et désertées et des routes qui se perdent dans les champs. Le temps a discrètement fait son ouvrage.
jeudi 1 octobre 2009
Interlude
Notre vie n'aura été qu'un interlude entre ces deux oublis (Maeterl., Autre monde, 1942, p. 39)
Fauré n'est pas seulement le nom d'une résidence universitaire d'un campus grenoblois, comme je l'ai cru en tant qu'étudiant de la ville, c'est avant tout un compositeur renommé. Dans l'émission de ce matin, il y était question de Théophile Gautier et de la musique. Avant que les batteries de mon lecteur mp3 ne flanchent, j'eus le temps d'apprendre que le célèbre écrivain, bien que novice en la matière s'était mué en féroce critique, dénigrant l'opéra italienne, lui préférant la musique allemande ou française. Il a par la suite composé des textes qui furent mis en musique par le compositeur sus-nominé dans une interprétation que vous avez loisir de découvrir dans la vidéo et qui ouvrit l'émission.
Les réjouissances musicales ne s'arrêtent pas là, chers amis. Ce mois-ci peut être considéré comme faste (sans le furious). J'ai en souvenir le concert du Swedish Radio Choir, qui en marge du klarafestival a offert une prestation nocturne dans une église. C'était des chants religieux, le Kyrié était très impressionnant et l'ensemble de bonne facture (même si c'était gratuit). Je cherche une version enregistrée pour la faire entendre à un ami choriste et néanmoins fan de Baratier qui fait carrière au Canada. Il y avait aussi un programme de fado à la Monnaie, dont la partie folklore assurée par Cristina Branco était superbe et émouvante, richement orchestrée, cependant que la partie assurée par le ténor allemand trop savante à mon goût. Je ne vous cache pas qu'il m'arrivait de regarder ma montre. Enfin, dans ma ville, il y a eu tout un tas de manifestations où se jouaient de la musique classique dans la rue, des manifestations se piquant d'avoir lieu en des endroits inédits. Ainsi l'orchestre national s'est produit sur les escaliers d'une galerie très fréquentée durant la pause déjeuner. Je ne comprends pas ces initiatives qui se veulent probablement démocratiques, mais ce n'est respectueux pour personne, ni pour les musiciens contraints de jouer devant un public fuyant, inintéressé, se montrant comme des accordéonistes de métro, ni la musique qui se mêle aux pollutions sonores qu'engendrent une ville et ni pour les badauds, les promeneurs ou les bureaucrates qui n'ont rien demandé. Mais cela est paraît-il le nouveau leitmotiv des pontes de l'art officiel. L'art est dans la rue.
Les réjouissances musicales ne s'arrêtent pas là, chers amis. Ce mois-ci peut être considéré comme faste (sans le furious). J'ai en souvenir le concert du Swedish Radio Choir, qui en marge du klarafestival a offert une prestation nocturne dans une église. C'était des chants religieux, le Kyrié était très impressionnant et l'ensemble de bonne facture (même si c'était gratuit). Je cherche une version enregistrée pour la faire entendre à un ami choriste et néanmoins fan de Baratier qui fait carrière au Canada. Il y avait aussi un programme de fado à la Monnaie, dont la partie folklore assurée par Cristina Branco était superbe et émouvante, richement orchestrée, cependant que la partie assurée par le ténor allemand trop savante à mon goût. Je ne vous cache pas qu'il m'arrivait de regarder ma montre. Enfin, dans ma ville, il y a eu tout un tas de manifestations où se jouaient de la musique classique dans la rue, des manifestations se piquant d'avoir lieu en des endroits inédits. Ainsi l'orchestre national s'est produit sur les escaliers d'une galerie très fréquentée durant la pause déjeuner. Je ne comprends pas ces initiatives qui se veulent probablement démocratiques, mais ce n'est respectueux pour personne, ni pour les musiciens contraints de jouer devant un public fuyant, inintéressé, se montrant comme des accordéonistes de métro, ni la musique qui se mêle aux pollutions sonores qu'engendrent une ville et ni pour les badauds, les promeneurs ou les bureaucrates qui n'ont rien demandé. Mais cela est paraît-il le nouveau leitmotiv des pontes de l'art officiel. L'art est dans la rue.
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