mardi 5 mai 2009

Entropa


Pour la présidence de l'union européenne qui lui est temporairement échue, les dirigeants de la république tchèque ont commandé une œuvre d'art qu'elle entrepose à l'entrée du bâtiment qui va accueillir toutes les réunions que sa fonction suscite. Comme il est de coutume, un maître d'œuvre, un artiste local, David Cerny, coordonne un travail artistique et -j'imagine- pédagogique qui lutte contre les stéréotypes circulant forcément faussement sur les pays de la dite union. L'œuvre, Entropa, a fait babiller dans le sérail. Il s'avère que les clichés font trop cliché et perturbent les laudateurs du café babel. Vous avez le livret à disposition à cette adresse (ici).

J'ai beaucoup aimé la représentation de l'Espagne sur une dalle de béton et les explications de l'artiste italien :"C’est une vision personnelle kitsch et freudienne de l’Italie actuelle qui se débat entre des traditions insensées et un divertissement inutile, elle apparaît comme le système auto-érotique d’un spectacle à sensation qui n’arrive jamais à son paroxysme".

Système auto-érotique d’un spectacle à sensation qui n’arrive jamais à son paroxysme, je n'ai jamais entendu aussi bonne définition du football.

Il y a par ailleurs certaines représentations polémiques que je ne mentionne pas par pudibonderie conformiste (eh, je suis un jeune français) mais qui me paraissent être de la provocation de la plus belle eau ou de la plus belle farine (j'adore...en cachette). Tout aussi punchy, l'article de L.Rosenzweig, toujours aussi épatant (ici), en passe d'incruster au burin dans la face lisse de la vieille europe cette présidence dans l'anecdote panache.

le business plan de la gloire

The Economist s'est penché sur le succès inédit d'un club de football allemand qui a occupé les cîmes du championnat national, alors qu'il ne représente qu'un minuscule village badois de 3300 âmes. S'il doit son succès à l'investissement massif de son président, Dietmar Hopp, bienheureux fondateur de la société SAP, il semblerait que le club qui a connu cinq accessions en huit ans peut se prévaloir d'un management moderne et performant dont les rouages ont fait leur preuve dans la société de logiciel informatique SAP, partenaire du club.

Dietmar Hopp, tout capitaliste conquérant, intrépide et riche qu'il soit, n'en demeure pas moins un sentimental barrésien attaché à son enfance dans le Bade-Wurtemberg. Pour cette raison, il décida de couvrir de gloire la modeste équipe de football où il joua bambin,avant de monter sa petite boîte informatique. Le succès répond aux ambitions de l'homme, qui en plus d'allouer quelques enveloppes bien pleines pour le bon fonctionnement du club (180m d'euros) a importé les bonnes pratiques de son management professionnel. Il a su s'entourer de gens compétents aux larges prérogatives et responsabilisés dans un organigramme aplati. En outre, la partie sportive dispose des outils informatiques modernes qui réduit au maximum "la glorieuse incertitude du sport". L'article nous apprend également que l'entrepreneur jette un œil attentif sur l'origine des joueurs, car s'ils viennent tous de même pays, il y a une tendance au rassemblement qui divise et forme des cliques.

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