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mercredi 24 septembre 2008

Mon Minnesota

En franchissant le Mississippi, l'automobiliste quitte les terres du Wisconsin pour rejoindre le Minnesota, fleuron tranquille du Midwest. Le Minnesota, mon Minnesota, n'est pas seulement la terre natale de Brandon Walsh, cet état du "frosty belt" a accouché également de Bob Dylan et Prince. C'est dire si la contrée se distingue parmi les autres états agricoles du Midwest. A quelques encablures du Wisconsin, se dressent les twin cities, St Paul et Minneapolis, rivales et jumelles. St Paul, la capitale administrative, Minneapolis, la capitale économique se repoussent et s'embrassent, mêlées par la banlieue qui s'étend et ne se distingue plus. Les allemands, les norvégiens, les français descendant du Canada ont relégué les indiens dans quelques réserves après avoir fait main basse sur le commerce au point d'en faire un centre économique important, trente entreprises parmi les plus riches du monde, 3M, des mineurs qui ont inventé le scotch, Honeywell, Carlson. L'hiver est terrible, créant une solidarité entre les gens, affables et humbles, tranquilles. On y voit ici des joggeurs dans des banlieues bordées de centres commerciaux identiques. C'est du moins l'impression partielle que j'ai eu. Je ne connais pas Duluth, qui sur les bords du lac supérieur, inaugure la route de splendides paysages.

jeudi 18 septembre 2008

Mon Wisconsin

Le Wisconsin, mon Wisconsin pour parodier Hillary, se pose comme un État charnière entre les deux centres économiques du Midwest, Minneapolis et Chicago. Les terres désolées, les campagnes agricoles lui valent la réputation d'être le "Dairyland of America". C'est ici en effet que les migrants teutons et helvètes, peu regardant sur l'hiver rugueux à l'époque des exodes religieux, ont amené et développé leur science de la bière (à Milwaukee) mais surtout du lait et du fromage (et de la canneberge à Warren, mais c'est anecdotique). Pour cette raison, d'ailleurs, le Wisconsite est aussi connu sous le sobriquet un peu moqueur et péjoratif de "cheesehead", dont eux même s'amusent en portant souvent sur la tête un inélégant chapeau en forme de gruyère. En traversant la contrée par les grands hasards du tourisme, nous vîmes des obèses, des Amishs, des gens qui, en général, s'attirent toutes les moqueries des centres urbains du monde entier, sourcilleux des bonnes vieilles valeurs pro-choice, diététique et éclairées. La visite du lieu-dit Black River Falls nous confirma cette impression d'étrange Twin Peaks. A ces quelques détails, chers amis qui avaient la fibre politiste, je sens que vous jugez les citoyens de l'État comme des fieffés électeurs républicains de la première heure et des enthousiastes de Mrs Palin. Je dis : "wouaw". L'automobiliste (s'il existe et ils sont peu ou alors n'ont pas leur permis) se demandera pourquoi les habitants du coin affichent leurs origines allemandes (parce qu'ils n'ont pas connu la seconde Guerre Mondiale?). Les premiers immigrants allemands ont emmené dans leur bagage une solide conviction sociale démocrate (sociale libérale) qui fit du Wisconsin un des États les plus avancés dans la protection sociale des ouvriers et de Madison, une des villes les plus left-leaning du pays. L'Etat dispose de nombreuses usines, dans la construction automobile, entre Beloit et Janesville, nous vîmes une usine Chrysler, la papèterie, l'agroalimentaire, si bien que les syndicats ont prospéré aux côtés d'un environnement universitaire enclin au progressisme, à Madison, notamment, siège de l'université du Wisconsin. Etonnant, vous dis-je dans l'État qui a vu naître Harley-Davidson.