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mardi 11 décembre 2012

En libre écoute



Debussy et la nature : "Je me suis fait une religion de la mystérieuse nature"
par François-Bernard Mâche, lors de la "Journée Debussy" à l’ACADEMIE DES BEAUX-ARTS
L’Académie des beaux-arts a proposé une "Journée Debussy" le 24 octobre 2012, en commémoration du 150è anniversaire de la naissance du célèbre compositeur, mort trop jeune juste avant d’avoir pu être élu membre de cette académie. Plusieurs intervenants, parmi les meilleurs connaisseurs, ont été invités par le président de l’année François-Bernard Michel. La journée était animée par le musicologue Gilles Cantagrel. Canal Académie retransmet ici l’intervention du compositeur François-Bernard Mâche, membre de l’Académie depuis 2020 intitulée "Debussy et la nature", belle occasion de mesurer, par un choix de citations, combien elle fut source d’inspiration, et une sorte de "religion". Les autres interventions de cette Journée sont également disponibles à l’écoute et au téléchargement.



Littérature comparée (3/11) : Ovide et ses Métamorphoses
Dialogue entre Pierre Brunel et Xavier Darcos autour de la postérité d’Ovide
Les textes et la figure d’Ovide (vers 43 av. J.C.- 18 ap. J.C.) constituent une référence en Occident en littérature et dans tous les arts. Les Métamorphoses sont considérées comme un des textes fondateurs de l’Antiquité. Xavier Darcos, Secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences morales et politiques, présente son livre "Ovide et la mort", un éclairage sur l’orientation tragique de l’œuvre entière d’Ovide. Et avec le comparatiste Pierre Brunel, ils évoquent la continuité stupéfiante des sujets ovidéens au Moyen -âge et dans les romans modernes. Pourquoi cette postérité littéraire d’Ovide et ses Métamorphoses ? Nos invités furent tous deux professeurs de littérature comparée à l’Université de Paris IV- Sorbonne.






avec Christian Dumas, de l’Académie des sciences
Le monde végétal est beaucoup moins paisible qu’il n’y paraît. Pour survivre certaines plantes ont développé des stratagèmes de survie pour les moins originaux dans des conditions extrêmes. Certaines espèces résistent au feu, d’autres peuvent subsister sans oxygène ou sans eau. Christian Dumas, biologiste des plantes, nous livre une partie de leurs secrets !

Quarante ans de neurosciences avec Jean Rossier, de l’Académie des sciences
Recherches et découvertes autour du cerveau-machine
Jean Rossier vous propose dans cette émission de faire un tour rapide et ludique sur 40 ans de neurosciences : de la découverte de la plasticité du cerveau à l’interface cerveau-machine, il n’y a qu’un pas à franchir ! Ce tour d’horizon se termine par quelques pathologies du cerveau qui restent aujourd’hui encore bien curieuses pour les neuroscientifiques.

Rubens, Van Dyck, Jordaens et les autres : les baroques flamands à l’honneur
Visite au Musée Marmottan-Monet, patrimoine de l’ACADEMIE DES BEAUX ARTS, en partenariat avec les Musées royaux des beaux-arts de Belgique
Le Musée Marmottan-Monet appartenant au patrimoine de l’Académie des Beaux-Arts présente des œuvres sélectionnées parmi les collections des Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique. On peut y admirer une quarantaine de toiles des anciens Pays-Bas méridionaux du « Siècle d’Or ». Tous les grands genres y sont représentés, de la peinture d’histoire à la nature morte, en passant par le portrait, la scène de genre et le paysage. Rencontre avec la commissaire de cette exposition, Madame Sabine Van Sprang, en visite à Paris.
 

 

jeudi 4 mars 2010

Eloge de la Picardie

Trouvé et recopié dans le magazine Diapason de ce mois

La Picardie, terre de somptueuses cathédrales, fut aussi, durant les XVe et XVIe siècles, pourvoyeuse de compositeurs. Certaines coururent à la gloire sous d'autres cieux, tandis que d'autres choisissaient de mener une carrière relativement banale dans une des nombreuses collégiales de cette vaste province « coincée » entre Paris et les Pays-Bas. Loyset Compère, Antoine Bruhier et Jean Mouton furent des maîtres célébrés dans tout le royaume de France et ailleurs. Nicolas de Marle publia trois messes entre 1557 et 1568, et fut « simplement » maître des enfants de chœur de l'église de Noyon (cité où était né et où se retira Mathieu Sohier, après une belle carrière à Notre-Dame de Paris). Des parcours radicalement différents qui couvrent un siècle d'Histoire, de 1470 à 1570 ; des manières de composer qui répondent à des esthétiques contrastées. Mais un fil tendu : la Picardie.
Les onze voix masculines d'Odhécaton sont passées maîtres dans l'art de dessiner une perspective polyphonique, de donner sa lisibilité à une pâte sonore assez dense — mais jamais compacte. Comme hier dans leur magnifique anthologie bâtie autour du Miserere de Josquin (Assai, Diapason d'Or), on ne cesse d'admirer la fluidité des lignes contrapuntiques chantées à pleine voix, la puissance de leurs arabesques — notamment dans la messe de Marle sur O gente brunette. L'inventivité de l'ensemble italien a raison des pages difficiles de Compère : les trois motets dégagent des atmosphères formidablement contrastées, par un judicieux assemblage des effectifs et des timbres. L'auditeur en sort convaincu de l'immense talent de ce maître encore méconnu, étoile picarde trop souvent dans l'ombre de Josquin.
Dans l'Ave Maria à cinq de Jean Mouton, Odhecaton est à mille lieues de l'homogénéité souvent lassante des formations anglaises (Brabant Ensemble, Oxford Camerata), mais s'éloigne aussi du fondu et du type de résonances vocales cultivés par certains ensembles flamands (Capilla Flamenca, Cappella Pratensis). Avec Paolo Da Col et ses chantres, l'Italie entre en force dans le monde des polyphonies renaissantes et impose un ton à nul autre pareil. Ils s'expriment librement, avec élégance et grandeur, jouant essentiellement sur deux tableaux, celui de la diversité du flux et celui de l'émotion textuelle. En une heure, défile tout un siècle de l'excellence picarde.