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lundi 22 septembre 2008

Secretos del corazón

Carla Sarkozy, lors d'un long entretien publié dans un quotidien français, avait déclaré : "je suis épidermiquement de gauche". Révélatrice, cette citation d'une grande bourgeoise (et ce n'est pas un reproche) qui illustre un nouveau cheminement dans l'histoire des idées. Jadis, en effet, être de gauche était le fruit d'un parcours intellectuel, éclairé par le savoir et la connaissance, qui nous faisaient basculer dans le camp du progressisme, de l'avant-garde, délesté des oripeaux de l'obscurantisme conservateur. Les universités que nous fréquentons se gonflent d'être des lieux où la gauche domine, car c'est ici que le Savoir éclot. Comme il est plus aise d'être instinctivement du côté du bien, on se déclare de gauche, épidermiquement. Puis, plus tard, peut-être, embarrassé par les faits ou pas, on devient de droite, en général, lorsqu'on a l'âge de payer les impôts. De même, aux États-unis, des gens posés et intelligents, que nous croisâmes, peuvent affirmer sans être contredit que "les républicains votent avec leur cœur, les démocrates avec leur tête". J'y crois. Toutefois, si je me fie à l'excellent discours de Rudolph Guliani à la convention de St Paul, la critique du candidat Obama passait par cette phrase cinglante : "Hope is not a strategy". Le succès du candidat démocrate est quasi providentiel. Les indépendants, dont je fais parti, sont tentés par un discours transcendant qui contient une forte dose de pari historique. Voter Obama, c'est le choix de l'histoire, de l'espoir. Mon cœur me pousse à lui faire confiance. Cependant, le programme de Mc Cain, si vous l'avez lu, sa capacité à rassembler sur les dossiers, son leadership font de lui un choix rationnellement intéressant. Je suis seulement attentif à la composition de son administration à venir. En conséquence, plus on réfléchit, plus on doit se convaincre qu'on ne peut qu'écouter son "cœur"et donc, d'être un peu moins béat, un peu moins à gauche. Ce qui ne manque pas de piment, je trouve.

vendredi 4 janvier 2008

Scène d'horreur sur la rive gauche

Albert Thibaudet le disait, la politique en France est sinistrogyre.
Pour preuve renouvelée, la droite actuelle est encore tellement complexée par la dite grandeur morale de la gauche, qu'elle s'essaie à en reproduire les traits. Le nouveau président, qu'on dit pourtant décomplexé, a composé sur le papier un gouvernement à faire rosir de jalousie les tenants de la bonne pensée. Ainsi, la première ministre d'importance qui a des origines maghrébines est issue des rangs du parti conservateur, comme en Allemagne, d'ailleurs, où le chancelier est une femme. Il faut dire qu'à gauche, on est si sûrement assis et depuis bien longtemps dans ses préceptes qu'on peut se permettre le luxe d'être quelque fois sexiste, quelque fois raciste et bien souvent très éloigné du peuple. Il y a, chers amis, que de ce côté du cerveau (le bon) il n'y a plus rien à prouver.

Ce mouvement des idées, celui qui a fait passer l'âpre combat du Progrès en un confort de Rttistes, a amené avec lui toute une classe anciennement conservatrice dans les rangs du progrès social en lutte aux forces dominantes, la classe populaire se voyant là sommée de choisir parmi les notables qu'ils rêvaient jadis de pendre avec leur boyau. En conséquence, le premier parti dit de gauche et son univers intellectuel, s'il n'est pas fait de malencontreux lapsus religieux ou d'origine d'aristocrate bourguignon, s'époumonne à dire que déclin il n'y a pas, qu'il ne faut pas toucher aux acquis, alors qu'on aurait espéré de ce côté une poigne de réformistes en veux-tu-en-voilà. Pour fuir ce paradoxe, et ne pas trop se mentir à soi-même, on a dévié du social vers le culturel et une fois que tous ceci a été massacré avec la mauvaise grâce du jardinier débutant, on s'est tourné vers la société du spectacle, car dans charity business, il y a business où là, on a encore la main.