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mercredi 22 octobre 2008

L´exception européenne, ces mérites qui nous distinguent

Demain, sur le coup des midis zéro zéro, l'heure exacte où les informaticiens vont rechauffer leur tambouille dans le micro-onde, cependant que nos chefs vont dépenser les derniers gains de leur stock-options dans des repas gastronomiques, je filerai en douce vers une conférence philosophique. Jacques Dewitte nous présentera son essai sur l'Europe et décrira à un public de curieux et de jeûneurs l'exception européenne et nous apprendra un peu plus sur l'identité de celle-ci à l'heure où elle éprouve des difficultés à dessiner ses propres contours. Prenant à cœur mon rôle de public, j'ai acheté lundi l'ouvrage de l'intervenant, que je m'empresserai à la fin, après avoir froncé les sourcils, hoché la tête de confirmation, regardé dans le vide à l'évocation de tel auteur, puis applaudit à tout rompre, je m'empresserai, disais-je, de faire dédicacer le livre en jouant de connivence avec mon nouvel ami philosophe. Au vu des premières pages de L´exception européenne, Ces mérites qui nous distinguent, il sera question de la difficulté pour l'européen de concilier sa distance critique envers lui-même et une remise en cause nihiliste de ses propres mérites. Je réfléchis ce soir à quelques interventions savantes de ma part (je triche), mais rien ne me vient à l'esprit. Il est vrai que j'interviens fort peu et c'est bien dommage.
Quant à vous, vous pouvez toujours écouter l'émission diffusée samedi en mangeant vos bolinos.

jeudi 25 septembre 2008

La saison vingt-et-une

Tel un imperturbable lumignon dans les décombres de France-Culture, nous nous attendions à ce que Répliques, l'émission d'Alain Finkielkraut, rempile pour sa vingt-et-unième saison. Pourtant, samedi, nous eûmes droit à une rediffusion. Certes, la nouvelle saison propose quelques émissions, encore accessible sur le site, mais le programme des prochaines semaines tarde à s'afficher. Le climat ambiant dans la station ou peut-être l'état de santé de Finkie laissent craindre une suspension de ce programme indispensable. L'année de Saint-Paul, je n'ose pas y croire...

mercredi 16 juillet 2008

La citerne de la haine

Finkie, sous le regard goguenard des ravis de la modernité, a confirmé son diagnostic d'Internet : "une citerne de haine". Si une guerre civile vînt à éclater dans nos contrées connectées, les historiens consciencieux trouveraient dans les tréfonds de la toile nombre de prémisses d'une violence larvée et infernale. Le week-end dernier, délaissant le bon Weber, je remontais les fils de ce qu'il convient désormais de nommer, dans le langage webmatique, un "clash". Le dénommé Morsay du gang de musique rapeuse des Truands de la galère fait naître un culte à son nom, chacune de ses interventions sur "dailymochon" est l'objet de détournement et de vocation parodique qu'il essaime. En réponse aux messages que Morsay reçoit, ce dernier a édité une vidéo d'une violence inouïe, que vous pouvez ne pas voir (sauf Accomp.) (ici), toute une série de petits moqueurs a riposté en ridiculisant l'impétrant (ici). Dans une de ses répliques, Morsay remercie "dailymochon" d'avoir livré l'adresse d'un des internautes. Haine, virulence, dénonciation seraient le lot banal des bas-fonds. J'ai osé croire que le rap était punk parce qu'il était impulsif, spontané et as-you-are, mais je crois bien que les plus punks sont les petits imaginatifs qui se gaussent du ridicule de l'industrie institutionnalisée de la putasserie et du fric.

mardi 24 juin 2008

Les répliques fusent

Frédéric Martel, l'animateur du site non-fiction.fr et de l'émission masse critique, ne s'était pas rendu très sympathique aux yeux de la Réaction, il y a quelques années, en chipant la case horaire d'Élisabeth Lévy, le samedi matin sur France-culture. Pour rappel, le regretté premier pouvoir remplit le déjà-bondé trop plein nostalgique des réactifs sensibles et grincheux, à qui il manque tellement de choses et notamment les entretiens avec Baudrillard, l'accent de Sloterdijk et les interventions de Colosimo en prélude chauffant à Répliques. Leur permettant pourtant de se lever une heure plus tard, un jour de weekend mérité, il y avait rancunes, œillades dépitées vers le plafond et injonctions au Tout-Puissant lorsqu'on évoque la juteuse rencontre entre le concepteur d'un jeu vidéo et le responsable marketing d'une maison de disques sous les augures bienveillants du bon Martel et de ses chroniqueurs mordants. Notre homme, sympathique et cool (n'est pas ami de Denis Kessler qui veut), a chassé sur les terres de Finkie, en harponnant quelques uns de ses auditeurs fidèles. Qu'a-t-il fait? Il a émis un avis sur la pertinence d'un invité (Renaud Camus), l'avis plutôt négatif et bafouillant (mais on l'imagine sincère) était relevé en fond sonore par une chanson de Diam's. Ma France à nous contre ta France moisie, qu'est sensé représenté Camus, et qu'en conséquence, on n'a pas besoin d'inviter sur les ondes riantes où batifolent dans le rose bonbon Ali Baddou, Duhamel junior, Serres, etc...
Finkie, prévenu bien après de l'incartade (son émission était enregistrée), a corrigé l'imprudent, en préambule de sa nouvelle émission, dans des termes qu'on pourrait résumer de la sorte : "Reste poli, on n'est pas sur un blog."

J'attends vos insultes.