mercredi 29 avril 2009

Les chants de la nuit

C'est la nuit : à présent toutes les fontaines qui jaillissent parlent à plus haute voix. Et mon âme aussi est une fontaine qui jaillit.
C'est la nuit : à présent s'éveillent tous les chants des amoureux. Et mon âme aussi est le chant d'un amoureux.
Quelque chose d'inapaisé, d'inapaisable est en moi ; et qui veut parler à haute voix.
F.Nietzsche, Ainsi parla Zarathoustra, p.173


Émissions à écouter:

"La morale de la langue", avec Renaud Camus, l'auteur du Syntaxe ou l'autre dans la langue, Répertoire des délicatesses du français contemporain, charmes et difficultés de langue du jour; ici

"Qu'est-ce que le christianisme?" avec Gérard Mordillat, auteur de Jésus sans Jésus et Jean-Marie Salamito ici; Emission animée par Finkielkraut, polémique sur l'institution de l'Eglise dans les premiers temps du christianisme

"Regards sur l'Euthanasie", entretien avec le professeur Lucien Israël, auteur de Les dangers de l'euthanasie à écouter ici; Emission importante dont je reparlerai.

Une lecture de bon père de famille

Source

Dans la livraison de l'economist datant de la semaine du onze avril, il y a en couverture, sur fond noir, un fragment d'un discours de Barack Obama, dont la mise en page forme le nuage d'un champignon nucléaire. C'est bien entendu en référence à son rêve qu'il a formulé : "I have a dream of a world without nuclear weapons". Je passe vite (alors que je ne devrais pas) sur le fait que le discours de Prague se veut comme le discours historique qui devrait faire date, symbole pour l'histoire de l'œuvre du nouveau président américain. Le magazine anglais a étudié les cent premiers jours du nouveau gouvernement américain dans un article critique très intéressant que vous pouvez bien sûr lire ici (Coming down to Earth). Dans ce numéro-ci, du sérieux as usual. Il profite de cette déclaration dont l'idéalisme est écornée par le lancement du missile nord-coréen le lendemain pour remettre en question la sécurité d'un monde sans nucléaire. Pendant que je vous tiens, je vous envoie directement à l'éditorial Charlemagne qui narre la désastreuse impression que peut donner à l'étranger le front désuni de l'union européenne (A surfeit of leaders), éloquent, puis picorez les bonnes choses, notamment sur le FMI, le tremblement de terre en Italie, le rôle des fonds activistes, le remaniement ministériel en Espagne et tutti quanti.

Une saine lecture dans le lit, le soir, les enfants couchés, un verre d'armagnac sur le chevet de nuit (vous avez cette soirée profiter d'un concert de musique classique pour dîner avec madame et le repas vous empêche de vous endormir).


mardi 28 avril 2009

Oublis et postérité

Au regard des commémorations de nos grands défunts, on peut dire que certains ont plus belle mort que d'autres. Un professeur de français mien nous expliquait qu'un homme de lettres fraîchement décédé au grand dam de la société cultivée passait en quelques mois dans un état d'oubli, plus ou moins long d'une cinquantaine d'année que l'on appelait "purgatoire", avant de revenir, porté par de précieux critiques qui travaillent avec passion à faire entrer l'oeuvre ensevelie dans la postérité. Il serait, si le vocable n'était si tristement connoté, l'occasion de parler de lobbying. L'année 2009 offre un moment riche en anniversaires de décès, il est intéressant donc de nous pencher sur les forces et courants. Pour celui qui suit de près l'actualité, fait le nécessaire pour être un moderne, il ne lui aura pas échappé que nous célébrons en grande pompe les deux cent cinquante ans d'Haëndel, alors que nous passons sous silence les deux cent ans de la naissance de Mendelssohn. En outre, peu ou prou ont une pensée recueillie et respectueuse pour le cinq centième anniversaire de Jean Calvin. Qui s'émeut du fait que Ionesco aurait eu cent ans aujourd'hui? Je suis bien incompétent pour lire dans les entrailles de notre époque et pour connaître les raisons pour lesquelles on célèbre plutôt un Tel et pas un Autre, tout aussi génial que soient l'un que l'autre. J'ai peut-être une idée sur le fait qu'on omet de célébrer le deux cent cinquantième anniversaire de la mort de Tocqueville, préférant jeter toutes nos forces dans la glorification du cent deuxième anniversaire de la naissance ... de Jacques Tati.